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CHRONIQUE : Licenciée au milieu d’une zone de guerre – Le cas tragique de Lizzie Johnson, correspondante du Washington Post en Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Imaginez recevoir votre lettre de licenciement pendant que des sirènes d’alerte aérienne hurlent au-dessus de votre tête et que vous manquez d’électricité pour recharger votre téléphone.

Lizzie Johnson n’est pas n’importe quelle journaliste. Son parcours professionnel témoigne d’un engagement exceptionnel envers le journalisme de terrain et le récit des catastrophes humaines. Avant de couvrir la guerre en Ukraine pour le Washington Post, elle s’était distinguée pendant six années au San Francisco Chronicle par sa couverture remarquable des incendies dévastateurs en Californie, récoltant une reconnaissance unanime pour son travail rigoureux et profondément humain. Elle a couvert quinze des incendies les plus meurtriers, les plus importants et les plus destructeurs de l’histoire moderne de la Californie, suivant plus de trente communautés impactées par les flammes.

Son livre « Paradise : One Town’s Struggle to Survive an American Wildfire », publié en 2021 par Crown, raconte la tragédie du Camp Fire qui a ravagé la ville de Paradise en novembre 2018, tuant quatre-vingt-cinq personnes et détruisant une communauté entière en moins de deux heures. Cet ouvrage magistral a été salué par la critique comme un exemple de journalisme narratif de haut niveau, remportant la médaille d’or de la catégorie non-fiction aux California Book Awards en 2022. Le livre a même été adapté en film par Apple, avec Matthew McConaughey et America Ferrera dans les rôles principaux. Pour écrire ce livre, Johnson a vécu partiellement à Paradise et a même suivi une formation professionnelle de pompier pour mieux comprendre la réalité du terrain.

Diplômée de la prestigieuse Missouri School of Journalism avec un double cursus en journalisme et en sciences politiques, Johnson a forgé son expertise dans plusieurs rédactions respectées : The Dallas Morning News, The Omaha World-Herald, The Chicago Tribune, et même El Sol de San Telmo à Buenos Aires. Originaire du Nebraska, elle a toujours montré une attirance particulière pour les histoires difficiles, celles qui exigent courage et persévérance. Elle a rejoint le Washington Post en 2022, d’abord au sein de l’équipe « narrative accountability », puis comme correspondante en Ukraine à partir de juin 2025, précisément pour couvrir ce qui était devenu le plus grand conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Son parcours exemplaire lui a valu quatre nominations aux prestigieux Livingston Awards, dont la plus récente pour son travail en Ukraine où elle rapporte depuis 2023. La California News Publishers Association l’a récompensée pour la meilleure écriture, le meilleur profil, la meilleure enquête, le meilleur reportage et le meilleur article sur les incendies. En 2021, elle a remporté la première place en écriture de long format dans le concours Best of the West. Ce CV impressionnant aurait dû lui valoir le respect et la considération de sa hiérarchie. Au lieu de cela, elle a reçu un message impersonnel, probablement rédigé par un service des ressources humaines qui ignorait tout de sa situation sur le terrain et des conditions extrêmes dans lesquelles elle travaillait.

Quelques heures avant d’apprendre son licenciement, Lizzie Johnson avait publié sur les réseaux sociaux un message décrivant les conditions difficiles dans lesquelles elle travaillait en Ukraine : sans électricité, sans chauffage, sans eau courante, dans l’hiver le plus rude depuis le début de l’invasion russe à grande échelle. Malgré ces conditions épouvantables, elle restait engagée envers son travail, déterminée à continuer d’informer le monde sur la réalité de la guerre. Et voilà qu’en plein milieu de ce travail héroïque, alors qu’elle risquait sa vie pour informer le public américain et mondial de ce qui se passe réellement sur le terrain ukrainien, quelqu’un au siège du Washington Post a décidé que son poste devait être supprimé. Pas plus tard. Maintenant. Sans même lui laisser le temps de quitter la zone de combat.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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