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ÉDITORIAL : La Russie au bord du gouffre économique — quand les chiffres révèlent l’effondrement
Crédit: Adobe Stock

Le piège des dépenses militaires

En 2023 et 2024, la Russie a connu une croissance artificielle, dopée par les dépenses militaires. Le budget fédéral est passé de 32,35 billions de roubles en 2023 à 40,2 billions en 2024, soit une augmentation de 25%. Mais cet effet « sugar rush », comme l’appelle The Moscow Times, s’est dissipé en 2025. Pire : il a laissé derrière lui une économie exsangue, dépendante d’un secteur militaire qui ne crée ni richesse ni emploi durable. Selon le ministre de la Défense Andrei Belousov, les dépenses militaires réelles — y compris les budgets classifiés — ont atteint 7,3% du PIB en 2025, soit bien plus que les 2,9% officiellement déclarés.

Le problème ? Cette manne ne profite qu’à une infime minorité. Les usines d’armement, comme celle de Motovilikha Plants à Perm, tournent à plein régime, mais le reste de l’industrie civile s’effondre. Un dirigeant de NPN Holding, une entreprise manufacturière, a déclaré à la radio régionale de Pskov : « Relancer l’industrie russe est désormais impossible. Il n’y a ni marché, ni crédits, ni possibilité d’acheter des équipements high-tech. » Même la Chine, pourtant réputée pour son pragmatisme, refuse désormais de vendre à la Russie des machines-outils, par crainte des sanctions occidentales.


Il y a quelque chose de profondément immoral dans cette économie de guerre. Pendant que des oligarques et des généraux s’enrichissent, des millions de Russes ordinaires voient leur niveau de vie s’effondrer. À Volgograd, des mères de famille font la queue pendant des heures pour acheter des produits de base à des prix exorbitants. À Pskov, des retraités choisissent entre se chauffer et se nourrir. Et pendant ce temps, le Kremlin dépense des milliards pour fabriquer des missiles qui tuent des Ukrainiens. Cette guerre n’est pas seulement un crime contre l’Ukraine. C’est aussi un crime contre le peuple russe.

Le piège du rouble fort

Ironie cruelle : le rouble, qui s’est apprécié de 25% en un an, aggrave la crise. Une monnaie forte, en temps normal, est un signe de santé économique. Mais pour la Russie, c’est une malédiction. Les entreprises exportatrices — pétrole, gaz, métaux — gagnent leurs revenus en dollars, mais paient leurs coûts en roubles. Résultat : leurs marges fondent comme neige au soleil. Le budget 2026 a été calculé sur la base d’un prix du baril d’Urals à 59 dollars, soit environ 5 400 roubles. Mais si le prix chute à 50 dollars, comme le prévoit la Banque mondiale, chaque baril vendu coûtera 1 000 roubles de moins à l’État. Une perte potentielle de 0,5 à 0,7% du PIB, selon l’ancien ministre ukrainien des Infrastructures Volodymyr Omelyan.

Le Fonds national de richesse, censé servir de matelas de sécurité, a fondu comme peau de chagrin : il ne reste plus que 53,4 milliards de dollars de liquidités, contre 185 milliards en 2021. La Chine, sollicitée pour un soutien macroéconomique, a poliment décliné. Selon l’économiste ukrainien Volodymyr Vlasiuk, la Russie n’a plus que 12 à 18 mois de financement pour sa guerre. L’horloge tourne.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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