Mais voilà. Le contexte a changé. Trump n’est pas Obama. Il n’a pas la patience pour des négociations interminables. Il n’a pas la retenue diplomatique. Et il a déjà prouvé, lors de son premier mandat, qu’il était prêt à utiliser la force militaire de façon imprévisible.
Souvenez-vous de l’assassinat du général Qassem Soleimani en janvier 2020. Une frappe ciblée qui a tué l’homme le plus puissant d’Iran après le Guide suprême. Une action que beaucoup considéraient comme impossible, trop risquée, trop provocante. Trump l’a fait quand même.
La menace n’est pas vide
Quand Trump dit que Khamenei devrait être « très inquiet », ce n’est pas de la rhétorique vide. C’est un avertissement basé sur des antécédents. Trump a montré qu’il était capable de frapper fort, vite, et de façon inattendue. L’Iran le sait. Mais apparemment, ça ne suffit pas à le faire reculer.
La question est: jusqu’où Trump est-il prêt à aller cette fois? Une frappe contre des installations nucléaires iraniennes? Un assassinat ciblé de hauts responsables? Une campagne de sabotage élargie? Toutes ces options sont sur la table.
Les négociations qui n'ont jamais vraiment commencé
Officiellement, il y a eu des discussions. Des canaux diplomatiques. Des tentatives de relancer un accord sur le nucléaire iranien. En réalité, ça n’a jamais vraiment décollé.
L’Iran exige la levée complète des sanctions. Les États-Unis exigent des garanties impossibles à vérifier. Chaque camp accuse l’autre de mauvaise foi. Et pendant ce temps, les centrifugeuses tournent. L’uranium s’enrichit. Les missiles se perfectionnent. Le compte à rebours continue.
L’accord de 2015 est mort et enterré
Le JCPOA, cet accord nucléaire de 2015 qui était censé tout résoudre, est mort. Trump l’a tué en 2018 quand il a retiré les États-Unis unilatéralement. Biden a essayé de le ressusciter, sans succès. Et maintenant Trump est de retour, encore moins intéressé par un accord qu’avant.
L’Iran, de son côté, a progressivement abandonné tous ses engagements. Ils enrichissent l’uranium bien au-delà des limites de l’accord. Ils ont installé des centrifugeuses avancées. Ils limitent l’accès des inspecteurs internationaux. Bref, l’accord n’existe plus que sur le papier.
Ce que cache vraiment ce nouveau site nucléaire
Parlons franchement. Un nouveau site nucléaire iranien ne sert probablement pas à produire de l’électricité pour éclairer les foyers de Téhéran. L’Iran a des ressources pétrolières et gazières gigantesques. Il n’a pas vraiment besoin du nucléaire civil.
Ce site, comme les autres, fait partie d’un programme qui a une dimension militaire évidente. Peut-être pas aujourd’hui. Peut-être pas demain. Mais la capacité est en train de se construire. Et une fois que vous avez cette capacité, la décision de franchir le pas vers l’arme nucléaire devient une question politique, pas technique.
Le seuil de rupture approche
Les experts parlent de « breakout time », le temps qu’il faudrait à l’Iran pour produire suffisamment de matière fissile pour une bombe. Il y a quelques années, c’était estimé à plusieurs mois, voire un an. Aujourd’hui, certains analystes parlent de quelques semaines.
C’est cette proximité qui rend la situation si explosive. Israël a toujours dit qu’un Iran nucléaire était une ligne rouge infranchissable. Les États-Unis ont dit la même chose. Et maintenant, cette ligne rouge se rapproche dangereusement.
Israël dans l'équation
Impossible de parler du nucléaire iranien sans parler d’Israël. Pour Tel-Aviv, un Iran doté de l’arme atomique représente une menace existentielle. Les dirigeants iraniens parlent régulièrement de « rayer Israël de la carte ». Ce ne sont pas des paroles en l’air qu’on peut ignorer. Ce sont des déclarations officielles d’un régime qui finance et arme des groupes hostiles à Israël dans toute la région.
Israël a déjà frappé des installations nucléaires par le passé. L’Irak en 1981. La Syrie en 2007. Et il a mené des opérations de sabotage sophistiquées contre le programme iranien. Le virus Stuxnet. Des assassinats de scientifiques. Des explosions mystérieuses dans des usines.
La frappe préventive n’est pas exclue
Beaucoup d’experts pensent qu’Israël pourrait décider de frapper les installations nucléaires iraniennes avant qu’il ne soit trop tard. Une opération militaire massive, risquée, potentiellement catastrophique pour la stabilité régionale. Mais peut-être préférable, du point de vue israélien, à un Iran nucléaire.
Et maintenant, avec Trump de retour, Israël sait qu’il aurait probablement le soutien américain. Ou au minimum, qu’il ne ferait pas face à l’opposition féroce de Washington. C’est une fenêtre d’opportunité qui pourrait ne pas se représenter.
L'Arabie saoudite regarde et attend
Il y a un autre acteur clé dans cette histoire: l’Arabie saoudite. Les Saoudiens sont les rivaux régionaux de l’Iran. Une course à l’armement entre les deux puissances du Golfe se déroule depuis des années. Et si l’Iran obtient la bombe, que fera Riyad?
Les Saoudiens ont déjà fait savoir qu’ils n’accepteraient pas d’être les seuls du voisinage sans arme nucléaire. Ils ont les moyens financiers d’en acquérir une, probablement via le Pakistan. C’est le début d’une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient. Et ça ne finit jamais bien.
La domino theory nucléaire
C’est le cauchemar des experts en non-prolifération. Un Iran nucléaire pousse l’Arabie saoudite à obtenir sa propre arme. Ce qui pousse la Turquie à envisager la même chose. Et l’Égypte. Et peut-être d’autres. Soudain, la région la plus instable du monde se retrouve avec une demi-douzaine de puissances nucléaires.
Les risques d’accident, d’escalade involontaire, d’utilisation terroriste, explosent. C’est exactement ce que le régime de non-prolifération nucléaire était censé empêcher. Et il est en train d’échouer.
La Russie et la Chine compliquent tout
Évidemment, ce n’est pas juste un face-à-face entre l’Iran et l’Occident. La Russie et la Chine sont dans le jeu. Les deux pays ont des intérêts économiques et stratégiques majeurs en Iran. Ils s’opposent systématiquement aux sanctions trop dures au Conseil de sécurité de l’ONU.
Pour Moscou et Pékin, un Iran fort et indépendant est utile. Il occupe Washington. Il déstabilise le Moyen-Orient, ce qui fait monter les prix du pétrole dont dépend l’économie russe. Il offre un contre-poids à l’influence américaine dans la région.
Le veto russe et chinois
Si les États-Unis veulent obtenir une résolution du Conseil de sécurité autorisant une action militaire contre l’Iran, ils se heurteront au veto russe et chinois. C’est garanti. Ce qui signifie que toute action devra être unilatérale ou dans le cadre d’une coalition restreinte. Illégale aux yeux du droit international.
Trump s’en fiche probablement. Mais ça complique les choses pour les alliés européens qui pourraient hésiter à soutenir une action non-autorisée par l’ONU. Et ça donne à l’Iran des protecteurs puissants.
Les conséquences économiques d'un conflit
Parlons aussi d’économie. Une guerre avec l’Iran, même limitée, aurait des répercussions économiques mondiales massives. L’Iran contrôle le détroit d’Ormuz, par où passe environ 20% du pétrole mondial. Si ce détroit est bloqué ou devient trop dangereux pour la navigation, les prix de l’énergie s’envolent.
On parle de 200, 300, peut-être 400 dollars le baril. Une inflation galopante. Des pénuries. Une récession mondiale. Les conséquences seraient catastrophiques pour une économie globale déjà fragilisée.
L’arme énergétique iranienne
L’Iran le sait. C’est l’une de ses principales cartes. Il peut ne pas avoir la puissance militaire pour affronter les États-Unis directement, mais il peut infliger des dommages économiques énormes. Des attaques contre des pétroliers. Des mines dans le détroit. Des frappes de missiles contre des infrastructures pétrolières saoudiennes.
Tout ça s’est déjà produit à petite échelle. Imaginez si c’était systématique et coordonné dans le cadre d’un conflit ouvert. Le monde entier en ressentirait les effets en quelques jours.
La population iranienne prise en otage
Au milieu de tout ça, il y a 85 millions d’Iraniens. Des gens qui, pour beaucoup, n’ont rien demandé. Qui aimeraient juste vivre normalement. Qui en ont marre des sanctions qui appauvrissent leur pays. Qui en ont marre du régime théocratique qui les opprime. Qui en ont marre d’être coincés entre les ambitions nucléaires de leurs dirigeants et les menaces militaires occidentales.
Ces gens sont pris en otage d’un conflit qui les dépasse. Les sanctions les frappent. Une guerre les frapperait encore plus. Mais personne ne leur demande leur avis. Les dirigeants à Téhéran décident. Les dirigeants à Washington décident. Et le peuple iranien subit.
Le mouvement de contestation écrasé
Il y a eu des mouvements de protestation massifs en Iran ces dernières années. Des jeunes qui descendaient dans la rue pour réclamer des libertés, de meilleures conditions économiques, un changement de régime. Le pouvoir a répondu par la répression brutale. Des centaines de morts. Des milliers d’arrestations.
Une guerre contre l’Occident permettrait au régime de consolider son pouvoir. De rallier la population autour du drapeau national. De justifier encore plus de répression au nom de la sécurité nationale. C’est l’un des aspects les plus cyniques de cette crise.
Trump a-t-il un plan
La grande question est: Trump sait-il ce qu’il fait? A-t-il une vraie stratégie concernant l’Iran, ou improvise-t-il au jour le jour selon son humeur et ce qu’il voit sur Fox News?
Lors de son premier mandat, Trump a quitté l’accord nucléaire sans plan de rechange clair. Il a imposé des sanctions maximales qui n’ont pas fait plier l’Iran. Il a failli déclencher une guerre après l’assassinat de Soleimani. Bref, la cohérence stratégique n’était pas vraiment au rendez-vous.
Les faucons autour de lui
Le problème, c’est que Trump est entouré de gens qui veulent un changement de régime en Iran. Pas juste arrêter le programme nucléaire. Renverser les ayatollahs. Installer un gouvernement pro-occidental. Un objectif beaucoup plus ambitieux et dangereux.
Ces faucons poussent pour une confrontation. Ils pensent que l’Iran est faible, que le régime va s’effondrer sous la pression. Ils se trompent probablement, mais ils ont l’oreille du président.
Que va-t-il se passer maintenant
Personne ne le sait vraiment. Mais plusieurs scénarios se dessinent. Le premier: le statu quo tendu continue. L’Iran avance sur son programme nucléaire. Les États-Unis et Israël multiplient les opérations de sabotage et les menaces. On reste au bord du gouffre sans tomber dedans.
Deuxième scénario: une frappe israélienne ou américaine contre les installations nucléaires iraniennes. Limitée, chirurgicale, censée retarder le programme de quelques années. L’Iran riposte avec des attaques asymétriques contre des cibles occidentales et israéliennes dans la région. Ça dégénère ou ça se calme selon les calculs de chacun.
Le pire des scénarios
Troisième scénario: une guerre totale. Une campagne de bombardements massifs contre l’Iran. Une riposte iranienne qui embrase toute la région. Le Hezbollah attaque Israël depuis le Liban. Les milices chiites en Irak s’en prennent aux intérêts américains. Les Houthis au Yémen intensifient leurs attaques. Le détroit d’Ormuz est bloqué. Les prix du pétrole s’envolent. L’économie mondiale plonge.
C’est le scénario catastrophe. Et il n’est pas impossible. Pas avec les personnalités en jeu. Pas avec le niveau d’escalade actuel. Pas avec si peu de communication et de confiance entre les parties.
L'absence de leadership international
Ce qui est frappant dans cette crise, c’est l’absence de leadership international pour la désamorcer. L’ONU est paralysée par les divisions au Conseil de sécurité. L’Union européenne est marginalisée, incapable d’influencer ni Washington ni Téhéran. Les puissances régionales poursuivent leurs propres agendas.
Il n’y a personne pour jouer le rôle de médiateur crédible. Personne pour proposer un compromis acceptable. Personne pour arrêter la spirale. C’est terrifiant quand on réalise à quel point le système international est dysfonctionnel.
Le vide diplomatique
La diplomatie traditionnelle ne fonctionne plus. Les canaux de communication sont rompus ou inefficaces. Les positions sont trop éloignées. La méfiance est trop profonde. Et les dirigeants des deux côtés ont des raisons politiques internes de maintenir la confrontation plutôt que de chercher un compromis.
Trump peut se présenter en dur face à l’Iran, ce qui plaît à sa base. Khamenei peut galvaniser la population contre l’ennemi américain. Personne n’a intérêt à apparaître faible. Même si tout le monde pourrait perdre dans un conflit.
Nous sommes tous concernés
Cette crise peut sembler lointaine. Le Moyen-Orient, l’Iran, les ayatollahs, tout ça peut paraître très éloigné de nos vies quotidiennes. Mais nous serions tous affectés par une guerre.
Les prix à la pompe exploseraient. L’inflation s’accélèrerait. Des milliers de personnes mourraient. Des millions deviendraient réfugiés. La région sombrer dans le chaos pour des décennies. Et il y aurait le risque, aussi improbable soit-il, qu’une arme nucléaire soit utilisée pour la première fois depuis 1945. Pensez-y une seconde.
Nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer cette crise. De la traiter comme un sujet de politique étrangère abstrait. C’est notre avenir qui se joue. Et les décisions prises maintenant vont nous affecter tous pendant des années.
Signé Maxime Marquette
Note de transparence du chroniqueur : Cet article analyse une situation géopolitique en évolution rapide. Les informations sont basées sur des sources publiquement disponibles et des analyses d’experts. Les scénarios présentés sont des hypothèses basées sur les tendances actuelles. Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et visent à susciter une réflexion sur les enjeux de cette crise.
Sources
Sources primaires
Defense Romania – Iran plans opening of new nuclear site, negotiations with USA on the verge of collapse – 5 février 2026
IAEA – International Atomic Energy Agency Press Releases – 2026
Sources secondaires
Arms Control Association – Iran Nuclear Analysis – 2026
International Crisis Group – Iran Coverage – 2026
Council on Foreign Relations – Iran Nuclear Program Status – 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.