Pourquoi Trump défend-il Clinton maintenant? La réponse est simple et cynique. Parce qu’en défendant Clinton, il se défend lui-même. Si Clinton est coupable par association avec Epstein, alors Trump l’est aussi. Si on commence à scruter sérieusement les connexions d’Epstein avec des figures politiques, les deux hommes ont beaucoup à perdre.
C’est une alliance tacite. Une entente entre prédateurs politiques qui comprennent que leur survie dépend d’une défense mutuelle. Peu importe les années de guerre politique. Peu importe les attaques venimeuses. Face à Epstein, ils sont dans le même bateau. Et ce bateau prend l’eau.
Le président du Comité de surveillance de la Chambre, James Comer, a convoqué Bill et Hillary Clinton pour témoigner sous serment sur leurs liens avec Epstein. C’est cette convocation qui a provoqué la réaction de Trump. Une réaction qui n’est pas de la compassion, mais de l’auto-préservation déguisée en solidarité.
Les documents qui ne pardonnent pas
Les milliers de pages de documents Epstein récemment déclassifiés contiennent des mentions répétées de Trump et Clinton. Pas des accusations directes de crimes. Mais des preuves de fréquentation, de proximité, de complicité au moins sociale avec un prédateur notoire.
Trump apparaît dans plusieurs témoignages de victimes. Certaines le décrivent présent à des fêtes chez Epstein dans les années 1990 et début 2000. D’autres mentionnent des conversations où Epstein se vantait de sa proximité avec le futur président. Trump a toujours nié toute participation à des activités illégales, mais sa présence répétée dans ces cercles est documentée.
Clinton, de son côté, a voyagé au moins 26 fois dans l’avion d’Epstein selon les registres de vol. Sa présence sur l’île privée reste contestée, mais plusieurs témoins affirment l’avoir vu là-bas. Les services secrets qui l’accompagnaient à l’époque n’ont jamais commenté publiquement ces voyages.
Une défense qui ressemble à une admission
En défendant Clinton, Trump commet une erreur stratégique. Il attire l’attention sur un sujet qu’il devrait vouloir enterrer. À moins que ce ne soit calculé autrement. Peut-être espère-t-il qu’en normalisant les liens avec Epstein, en suggérant que « tout le monde le connaissait », il dilue sa propre responsabilité dans un océan de culpabilité collective.
C’est une technique éprouvée. Quand tout le monde est coupable, personne ne l’est vraiment. Si Clinton et Trump sont tous les deux compromis, alors les partisans des deux camps peuvent justifier leur soutien en pointant du doigt l’autre camp. Une équivalence morale toxique qui empêche toute véritable reddition de comptes.
Les victimes d’Epstein regardent ce spectacle avec dégoût. Elles voient deux hommes puissants se protéger mutuellement pendant qu’elles continuent à se battre pour une once de justice. Le message est clair: les élites se protègent. Toujours. Peu importe leurs différences politiques apparentes.
Le précédent dangereux de Comer
La convocation des Clinton par James Comer établit un précédent. Pour la première fois, un ancien président et une ancienne secrétaire d’État sont forcés de témoigner sous serment sur leurs liens avec un prédateur sexuel condamné. C’est historique. Et dangereux pour Trump.
Parce que si les Clinton doivent témoigner, pourquoi pas Trump? Sa présidence passée ne le protège pas d’une assignation à comparaître. En s’opposant à la convocation de Clinton, Trump essaie de fermer une porte qui, une fois ouverte, pourrait se retourner contre lui.
Comer, républicain et allié de Trump, marche sur une ligne fine. Il veut embarrasser les Clinton sans créer un précédent qui pourrait être utilisé contre son propre camp. Mais le génie est sorti de la bouteille. Une fois qu’on accepte que les présidents peuvent être convoqués pour témoigner sur Epstein, tous les présidents concernés deviennent des cibles potentielles.
Ce que Trump ne dit pas
Dans sa défense de Clinton, Trump n’a pas mentionné plusieurs faits gênants. Il n’a pas parlé de ses propres fêtes à Mar-a-Lago où Epstein était un invité régulier. Il n’a pas évoqué les témoignages qui le placent dans l’entourage d’Epstein à des moments clés. Il n’a pas reconnu qu’il a lui-même qualifié Epstein de « gars formidable » dans une interview de 2002.
« J’ai connu Jeff pendant quinze ans, » disait Trump en 2002. « Gars formidable. C’est très amusant d’être avec lui. On dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d’entre elles sont plutôt jeunes. » Cette citation, exhumée des archives, prend aujourd’hui une résonance glaçante. Trump savait. Ou du moins, il soupçonnait.
Le silence complice des partisans
Ce qui est peut-être le plus troublant dans cette affaire, c’est la réaction des partisans. Les supporters de Trump balaient ses liens avec Epstein comme des connexions sociales insignifiantes. Les défenseurs de Clinton font exactement la même chose. Chaque camp utilise les mêmes arguments, les mêmes justifications, les mêmes techniques de minimisation.
Cette symétrie devrait être un signal d’alarme. Quand les deux camps politiques utilisent exactement les mêmes excuses pour défendre des comportements identiques, peut-être que le problème n’est pas partisan. Peut-être que le problème est systémique.
Les élites américaines, qu’elles soient démocrates ou républicaines, ont créé un système où les hommes puissants peuvent opérer au-dessus des lois. Epstein n’était pas une anomalie. Il était un symptôme. Un produit de ce système. Et Trump et Clinton sont tous les deux des bénéficiaires de ce même système.
Les vraies questions qu'on refuse de poser
Plutôt que de se demander si Trump devrait défendre Clinton, il faudrait poser d’autres questions. Combien de fois Trump a-t-il rencontré Epstein exactement? Que s’est-il passé lors de ces rencontres? Pourquoi a-t-il continué à socialiser avec lui après 2002, quand ses « préférences » pour les jeunes femmes étaient apparemment connues?
Et pour Clinton: pourquoi tant de voyages dans l’avion d’Epstein? Qu’est-ce qui justifiait cette proximité? Qui d’autre était présent lors de ces voyages? Ces questions dérangent parce qu’elles n’ont pas de bonnes réponses. Seulement des explications embarrassées et des dénégations peu convaincantes.
Le FBI possède des milliers d’heures de vidéo saisies dans les propriétés d’Epstein. Des caméras étaient installées partout. Dans les chambres. Dans les salons. Sur l’île. Epstein filmait tout. Pour se protéger. Pour avoir un levier. Qu’est-ce que ces vidéos montrent? Qui y apparaît? Pourquoi ne sont-elles pas rendues publiques?
L'hypocrisie monumentale
Trump a passé des années à accuser Clinton de tous les maux imaginables. Il a alimenté des théories du complot sur la mort de Jeffrey Epstein, suggérant que les Clinton étaient impliqués. Il a tweeté, avant son bannissement de Twitter, des insinuations sur les « Clinton kill list ». Et maintenant, face aux documents qui les compromettent tous les deux, il joue la carte de la solidarité. L’hypocrisie est tellement flagrante qu’elle en devient presque comique.
Mais ce n’est pas comique pour les victimes. Pour elles, c’est une trahison supplémentaire. Voir deux des hommes les plus puissants d’Amérique se protéger mutuellement pendant qu’elles continuent à se battre pour être entendues. Pendant qu’elles continuent à vivre avec les traumatismes que le réseau Epstein leur a infligés.
Le message envoyé aux futures victimes
Quand Trump défend Clinton dans l’affaire Epstein, il envoie un message clair à toutes les victimes potentielles de prédateurs puissants: ne vous embêtez pas à parler. Le système est truqué. Les élites se protègent entre elles. Peu importe ce que vous avez subi, peu importe la force de vos preuves, les puissants s’en sortiront toujours.
C’est un message d’impunité. Un message qui dit que le pouvoir et l’argent comptent plus que la justice et la vérité. Et tant que ce message continue à être envoyé, tant qu’il continue à être validé par les faits, le système qui a permis à Epstein d’opérer pendant des décennies continuera à fonctionner.
La responsabilité des médias
Les médias ont une responsabilité dans cette affaire. Trop souvent, ils ont traité les liens Epstein-Trump et Epstein-Clinton comme des sujets équivalents, permettant une fausse équivalence qui dilue la gravité des deux situations. Il faudrait plus de rigueur. Plus d’investigation. Plus de courage pour nommer les choses.
Certains médias ont fait leur travail. Le Miami Herald, avec sa série d’articles en 2018, a forcé la réouverture de l’affaire Epstein. Le New York Times et le Wall Street Journal ont documenté méticuleusement les connexions du financier. Mais trop d’autres ont préféré la sécurité du « il dit / elle dit », évitant les conclusions qui dérangent.
Quand Trump défend Clinton, les médias devraient souligner l’absurdité et le cynisme de cette position. Pas juste la rapporter comme une déclaration politique de plus. Contextualiser. Analyser. Critiquer. C’est leur rôle. C’est leur responsabilité.
Vers une vraie reddition de comptes
La convocation des Clinton est un premier pas. Mais ce n’est qu’un début. Pour qu’il y ait une vraie reddition de comptes, il faudrait que tous ceux qui ont fréquenté Epstein, tous ceux qui ont fermé les yeux, tous ceux qui ont profité de son réseau soient appelés à témoigner. Trump inclus. Les princes inclus. Les scientifiques inclus. Les PDG inclus.
Mais cela n’arrivera probablement jamais. Parce que le système est conçu pour protéger les puissants. Parce que les élites écrivent les règles. Parce que l’argent achète le silence et l’oubli.
L’affaire Epstein aurait dû être un moment de rupture. Une occasion de repenser comment nous traitons les prédateurs puissants. Mais au lieu de ça, nous assistons à un spectacle de protection mutuelle où Trump défend Clinton, où les partisans des deux camps trouvent des excuses, où les victimes restent dans l’ombre.
Ce que nous devons exiger
En tant que citoyens, nous devons exiger mieux. Nous devons refuser la fausse équivalence. Nous devons rejeter les excuses faciles. Nous devons insister pour que tous ceux qui ont des questions à répondre soient appelés à le faire. Sous serment. Publiquement.
Trump doit témoigner sur ses liens avec Epstein. Clinton doit répondre aux questions sur ses voyages. Tous les noms dans les documents doivent être investigués sérieusement. Les vidéos du FBI doivent être examinées par des enquêteurs indépendants. Les victimes doivent être entendues et crues.
Mais surtout, nous devons comprendre que cette affaire dépasse Epstein lui-même. Elle révèle un système entier de privilèges, de protections, d’impunité. Un système où les règles ne s’appliquent pas de la même façon à tous. Où la justice est à géométrie variable. Où les puissants échappent toujours aux conséquences.
Quand Trump défend Clinton dans l’affaire Epstein, il nous montre ce système en action. Il nous montre comment les élites se protègent mutuellement, comment elles ferment les rangs face au danger. Et en nous le montrant si crûment, si cyniquement, il nous offre peut-être sans le vouloir une opportunité. Celle de voir enfin le système pour ce qu’il est. Et de décider collectivement que ça suffit.
Signé Maxime Marquette
Note de transparence du chroniqueur: Cet éditorial exprime une opinion forte et engagée sur la défense par Donald Trump de Bill Clinton dans le contexte de l’affaire Epstein. Les faits rapportés (déclarations de Trump, convocation des Clinton, documents déclassifiés) sont vérifiés et sourcés. Mon analyse du cynisme de cette position et de la protection mutuelle des élites est une interprétation assumée. Je ne prétends pas à la neutralité journalistique – je suis un chroniqueur qui prend position. Les liens documentés entre Trump et Epstein, comme ceux entre Clinton et Epstein, sont avérés et publics. Mon propos n’est pas de les mettre en équivalence morale, mais de souligner comment le pouvoir protège le pouvoir, au-delà des clivages partisans.
Sources
Sources primaires
Forbes – Trump Says He’s Bothered ‘Somebody Is Going After Bill Clinton’ Amid Epstein Files Scrutiny – 5 février 2026
Seattle Times – In forcing the Clintons to testify on Epstein, Comer sets a new precedent – 5 février 2026
Sources secondaires
Vanity Fair – The Epic Bromance of Jeffrey Epstein and Donald Trump – Janvier 2021
The New York Times – Trump and Epstein: A Timeline of Their Friendship – Juillet 2019
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