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ÉDITORIAL : Zelenskyy et les 800 000 corps – Le prix astronomique de l’ambition russe dans l’Est ukrainien
Crédit: Adobe Stock

Vladimir Poutine a démontré, tout au long de ce conflit, une disposition à accepter des pertes humaines que les démocraties occidentales considèrent comme inacceptables. Cette asymétrie fondamentale dans la valeur accordée à la vie humaine constitue l’un des avantages stratégiques les plus significatifs de Moscou. Le Kremlin peut mobiliser, contraindre, sacrifier ses citoyens avec une efficacité bureaucratique que seuls les régimes autoritaires peuvent déployer. Les familles des soldats tombés reçoivent des compensations financières dérisoires, les protestations sont étouffées, et les médias d’État transforment chaque mort en héros de la « mission spéciale ».

Pourtant, même cette capacité à absorber les pertes connaît des limites que le conflit ukrainien commence à mettre en lumière de manière criante.

Les rapports en provenance des régions russes les plus touchées par la mobilisation partielle décrétée en septembre 2022 révèlent une réalité sociale explosive. Les villages de Sibérie, du Caucase du Nord, des républiques de la Volga se vident de leurs hommes en âge de combattre. Les cimetières s’étendent, les monuments aux morts se multiplient, et avec eux, une colère sourde qui ne trouve pas encore d’expression politique mais qui couve sous la surface d’une société russe apparemment résignée. Les témoignages qui filtrent à travers les réseaux sociaux et les médias indépendants décrivent des communautés dévastées, des mères qui recherchent désespérément leurs fils disparus, des veuves qui luttent pour obtenir les compensations promises.

Le système de recrutement russe cible délibérément les populations les plus vulnérables : les prisonniers à qui l’on promet la liberté en échange de six mois au front, les minorités ethniques des régions périphériques, les habitants des zones rurales pauvres où l’engagement militaire représente l’une des rares sources de revenus. Cette stratégie cynique permet au Kremlin de préserver relativement les grandes métropoles, Moscou et Saint-Pétersbourg, où toute contestation serait plus visible et plus dangereuse politiquement. Mais elle crée aussi un ressentiment profond dans les régions sacrifiées, une fracture sociale qui pourrait avoir des conséquences à long terme.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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