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ANALYSE : La Chine médiateur de l’ombre – Xi Jinping peut-il réconcilier Washington et Moscou sur le dossier ukrainien ?
Crédit: Adobe Stock

Pour comprendre pourquoi la Chine pourrait prétendre à un rôle de médiateur dans le conflit ukrainien, il convient d’examiner les atouts dont dispose Pékin dans cette entreprise délicate. Contrairement à d’autres acteurs internationaux, la Chine entretient des relations substantielles avec toutes les parties prenantes du conflit, directement ou indirectement impliquées.

Avec la Russie, la Chine a développé depuis deux décennies un partenariat stratégique de plus en plus étroit. Xi Jinping et Vladimir Poutine se sont rencontrés plus de quarante fois entre 2013 et 2025, tissant une relation personnelle que peu de dirigeants mondiaux peuvent revendiquer. Ce lien privilégié confère à Pékin une capacité d’influence sur Moscou que ni les Européens ni les Américains ne possèdent. La dépendance économique croissante de la Russie envers la Chine, conséquence des sanctions occidentales, renforce encore ce levier.

Avec les États-Unis, malgré une rivalité systémique indéniable, la Chine maintient des canaux de communication fonctionnels. Les échanges commerciaux bilatéraux restent colossaux, créant une interdépendance que ni Washington ni Pékin ne peuvent ignorer. La conversation entre Xi et Trump illustre cette capacité à dialoguer malgré les différends : les deux dirigeants ont abordé des sujets sensibles comme Taïwan tout en discutant d’accords commerciaux mutuellement bénéfiques.

Avec l’Ukraine, certes, les relations sont plus distantes, mais pas inexistantes. Avant la guerre, la Chine était un partenaire commercial important de Kiev, notamment dans le secteur agricole. Xi Jinping s’est entretenu avec Volodymyr Zelensky en avril 2023, rompant un silence diplomatique de plusieurs mois. Cette ouverture, bien que timide, démontre que des canaux de communication existent et pourraient être réactivés si les circonstances l’exigeaient.

Une neutralité calculée mais crédible

La position officielle de la Chine sur le conflit ukrainien, souvent qualifiée de neutralité pro-russe par les observateurs occidentaux, présente en réalité des nuances qui méritent examen. Pékin n’a jamais explicitement soutenu l’invasion russe et a constamment appelé au respect de l’intégrité territoriale des États, principe cardinal de sa propre politique étrangère. Simultanément, la Chine a refusé de condamner la Russie et s’est abstenue lors des votes aux Nations unies censurant l’agression.

Cette ambiguïté, souvent critiquée en Occident, pourrait paradoxalement constituer un atout dans une perspective de médiation. Un médiateur efficace doit être acceptable pour toutes les parties, ce qui exclut généralement les acteurs ayant pris position trop ouvertement pour l’un des camps. La Chine, en maintenant une posture équilibrée, préserve sa capacité à dialoguer avec tous les protagonistes sans être perçue comme partisane par aucun d’entre eux.

L’ambiguïté chinoise sur l’Ukraine n’est pas de l’indécision mais de la stratégie. En refusant de s’enfermer dans un camp, Pékin préserve ses options futures et maintient une position de médiateur potentiel que des engagements plus tranchés auraient irrémédiablement compromise.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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