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BILLET : Quand les balles et les mots s’entremêlent – Le jour où la diplomatie et la violence se sont croisées
Crédit: Adobe Stock

Un « bon début » qui sonne creux

À Muscat, les négociations avancent… ou du moins, elles donnent cette impression. Abbas Araghchi parle d’un « bon début », une expression qu’il a déjà utilisée par le passé, lors d’autres rounds de discussions qui n’ont mené nulle part. Cette fois, pourtant, il y a quelque chose de différent : la présence d’un haut gradé militaire américain. Un signal ? Une menace ? Les deux, probablement. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump (de retour à la Maison Blanche depuis 2024), ont adopté une ligne dure : « zéro capacité nucléaire » pour l’Iran. Une position intenable pour Téhéran, qui voit dans son programme nucléaire une question de souveraineté et de survie.

Les Iraniens, eux, insistent sur la levée des sanctions. Des sanctions qui étouffent leur économie, qui privent leur population de médicaments, de nourriture, d’espoir. Araghchi le sait : si ces négociations échouent, ce ne sera pas seulement un échec diplomatique. Ce sera un désastre humain. Pourtant, il joue le jeu. Il sourit aux caméras, serre des mains, parle de « progrès possibles ». Derrière les portes closes, pourtant, les discussions sont tendues. Les Américains exigent des garanties. Les Iraniens refusent de céder sur l’essentiel. Et pendant ce temps, à Téhéran, les conservateurs montent au créneau, accusant le gouvernement de faiblesse. « On ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe », tonne un député au parlement iranien. Pourtant, c’est exactement ce qui se passe.

Je me souviens d’une interview d’Araghchi, il y a quelques années. Il parlait de la diplomatie comme d’un « art de l’impossible ». Aujourd’hui, en le regardant à Muscat, je me demande s’il y croit encore. Parce que la diplomatie, c’est aussi l’art de faire semblant. De sourire alors qu’on vous serre la gorge. De parler de paix alors qu’on prépare la guerre. Et je me demande : est-ce qu’un jour, on arrêtera de jouer cette comédie ? Est-ce qu’un jour, on osera dire la vérité, même si elle fait mal ? Même si elle signifie qu’on doit tout recommencer ?

L’ombre de la guerre

Pendant que les diplomates discutent, les militaires bougent. Dans le golfe Persique, les navires de guerre américains et iraniens se croisent, se surveillent, se provoquent. Un faux mouvement, et tout peut exploser. À Tel-Aviv, le gouvernement israélien observe, méfiant. L’Iran reste l’ennemi numéro un. Et si les États-Unis signent un accord avec Téhéran, Israël pourrait décider d’agir seul. Comme en 2025, quand ses frappes aériennes ont failli déclencher une guerre totale.

À Washington, on joue sur deux tableaux. D’un côté, on négocie. De l’autre, on prépare des plans de frappe. « Toutes les options sont sur la table », répète-t-on à la Maison Blanche. Une phrase qui, dans le jargon diplomatique, signifie une seule chose : nous sommes prêts à bombarder. Les Iraniens le savent. Les Saoudiens, les Émiratis, les Israéliens le savent aussi. Tout le monde sait. Pourtant, on continue à parler. Parce que parler, c’est toujours mieux que se battre. Même si, parfois, ça ne mène à rien.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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