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CHRONIQUE : La doctrine Donroe ou le retour fracassant de l’hégémonie américaine sur l’Amérique latine
Crédit: Adobe Stock

De Monroe à Donroe : l’évolution d’une obsession

L’arrivée de Trump à la Maison Blanche pour un second mandat n’a pas seulement marqué le retour d’un style politique brutal et transactionnel. Elle a signifié la réactivation d’une vision hégémonique de l’Amérique que beaucoup croyaient révolue. Dès son investiture, les signaux étaient clairs : renommer le golfe du Mexique en « golfe d’Amérique », menacer d’annexer le Groenland et peut-être même le Canada, reprendre le canal de Panama. Ces déclarations, que beaucoup ont prises pour des rodomontades trumpiennes, cachaient en réalité une stratégie cohérente de reconquête impériale. La doctrine Donroe n’est pas née du jour au lendemain. Elle est le fruit d’une réflexion stratégique menée par les faucons de l’administration Trump, avec en tête le secrétaire d’État Marco Rubio, lui-même d’origine cubaine et obsédé par la lutte contre les régimes de gauche en Amérique latine.

Le document clé pour comprendre cette nouvelle doctrine est la Stratégie de sécurité nationale publiée en décembre 2025. Dans ce texte dense et agressif, l’administration Trump redéfinit l’hémisphère occidental comme une zone d’intérêt vital pour les États-Unis. Plus qu’une simple sphère d’influence, c’est désormais un domaine à protéger contre toute intrusion extérieure, qu’elle vienne de la Chine, de la Russie ou de l’Iran. Le document parle explicitement d’un « corollaire Trump » à la doctrine Monroe, établissant que les États-Unis se réservent le droit d’agir unilatéralement pour préserver leurs intérêts dans la région. Cette formulation, d’une brutalité rare dans les documents diplomatiques modernes, marque un tournant radical dans la politique étrangère américaine.

Les architectes de la nouvelle hégémonie

Derrière cette doctrine se cachent des hommes et des femmes convaincus que l’Amérique a baissé la garde face aux menaces extérieures. Marco Rubio, le nouveau secrétaire d’État, incarne parfaitement cette ligne dure. Fils d’immigrés cubains ayant fui le régime castriste, Rubio a fait de la lutte contre le socialisme latino-américain son cheval de bataille. Dans ses interventions publiques, il martèle un message simple : l’hémisphère occidental appartient aux États-Unis, et toute présence hostile sera éradiquée. Cette rhétorique, qui rappelle les heures les plus sombres de la guerre froide, trouve un écho favorable dans une administration obsédée par la compétition avec la Chine.

Car c’est bien là le cœur du problème. La doctrine Donroe ne vise pas seulement les régimes de gauche latino-américains. Elle cherche avant tout à contrer l’influence grandissante de Pékin dans la région. Les investissements chinois en Amérique latine ont explosé ces dernières années : ports, mines, infrastructures, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de nombreux pays de la région. Pour Washington, cette présence représente une menace existentielle. D’où cette réaction brutale, cette volonté de reprendre le contrôle par tous les moyens, y compris militaires. La capture de Maduro n’est que la première manifestation spectaculaire de cette nouvelle politique. D’autres suivront, c’est une certitude.

En écrivant ces lignes, je ressens un mélange de colère et d’effroi. Cette doctrine Donroe, avec son nom ridicule qui sonne comme une marque de fast-food, représente un retour en arrière de plusieurs décennies. Nous qui pensions que l’Amérique latine avait gagné son droit à l’autodétermination, nous découvrons que les vieux démons ne sont jamais vraiment morts. Ils dormaient, attendant qu’un Trump vienne les réveiller.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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