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CHRONIQUE : Washington tend la main à Moscou et Pékin pour désarmer le monde nucléaire – Une révolution diplomatique à l’aube de l’expiration du traité New START
Crédit: Adobe Stock

Pour comprendre l’importance capitale de cette initiative, il faut d’abord saisir l’ampleur de la menace qui pèse sur notre monde. Actuellement, neuf pays possèdent des armes nucléaires : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Ensemble, ces nations détiennent environ 12 500 ogives nucléaires, dont la grande majorité appartient aux États-Unis et à la Russie, chacun disposant d’environ 5 500 têtes nucléaires.

Une seule de ces ogives, larguée sur une grande métropole, pourrait tuer des millions de personnes instantanément. L’explosion initiale, d’une puissance équivalente à des centaines de milliers de tonnes de TNT, serait suivie d’une onde de choc dévastatrice, puis d’un incendie généralisé et enfin des radiations mortelles qui contamineraient les survivants et l’environnement pour des décennies. L’hiver nucléaire qui résulterait d’un échange nucléaire même limité pourrait mettre fin à la civilisation humaine telle que nous la connaissons, en provoquant une baisse drastique des températures mondiales et l’effondrement de l’agriculture.

Ce n’est pas de la science-fiction, c’est la réalité mathématique de notre époque. Chaque jour, nous vivons sous cette épée de Damoclès atomique, et trop souvent, nous l’oublions. Les générations nées après la fin de la Guerre froide n’ont pas connu l’angoisse permanente de la menace nucléaire qui a marqué leurs aînés. Cette amnésie collective est peut-être compréhensible sur le plan psychologique, mais elle est dangereuse sur le plan politique, car elle diminue la pression populaire pour le désarmement.

Les tensions géopolitiques actuelles n’ont fait qu’aggraver cette menace. Le conflit en Ukraine, les frictions en mer de Chine méridionale, les rivalités technologiques et économiques entre grandes puissances, les crises au Moyen-Orient : autant de points de friction qui pourraient, dans le pire des scénarios, déclencher une escalade nucléaire. La doctrine de la destruction mutuelle assurée, qui a maintenu une paix fragile pendant la Guerre froide, semble aujourd’hui plus précaire que jamais, notamment parce que de nouveaux acteurs nucléaires, moins prévisibles, sont entrés dans l’équation.

Nous avons collectivement normalisé l’innormalisable, accepté comme inévitable une situation qui menace l’existence même de notre espèce. Il est temps de nous réveiller de cette torpeur et de reprendre le combat pour un monde sans armes nucléaires.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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