Pour comprendre l’importance capitale de cette initiative, il faut d’abord saisir l’ampleur de la menace qui pèse sur notre monde. Actuellement, neuf pays possèdent des armes nucléaires : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Ensemble, ces nations détiennent environ 12 500 ogives nucléaires, dont la grande majorité appartient aux États-Unis et à la Russie, chacun disposant d’environ 5 500 têtes nucléaires.
Une seule de ces ogives, larguée sur une grande métropole, pourrait tuer des millions de personnes instantanément. L’explosion initiale, d’une puissance équivalente à des centaines de milliers de tonnes de TNT, serait suivie d’une onde de choc dévastatrice, puis d’un incendie généralisé et enfin des radiations mortelles qui contamineraient les survivants et l’environnement pour des décennies. L’hiver nucléaire qui résulterait d’un échange nucléaire même limité pourrait mettre fin à la civilisation humaine telle que nous la connaissons, en provoquant une baisse drastique des températures mondiales et l’effondrement de l’agriculture.
Ce n’est pas de la science-fiction, c’est la réalité mathématique de notre époque. Chaque jour, nous vivons sous cette épée de Damoclès atomique, et trop souvent, nous l’oublions. Les générations nées après la fin de la Guerre froide n’ont pas connu l’angoisse permanente de la menace nucléaire qui a marqué leurs aînés. Cette amnésie collective est peut-être compréhensible sur le plan psychologique, mais elle est dangereuse sur le plan politique, car elle diminue la pression populaire pour le désarmement.
Les tensions géopolitiques actuelles n’ont fait qu’aggraver cette menace. Le conflit en Ukraine, les frictions en mer de Chine méridionale, les rivalités technologiques et économiques entre grandes puissances, les crises au Moyen-Orient : autant de points de friction qui pourraient, dans le pire des scénarios, déclencher une escalade nucléaire. La doctrine de la destruction mutuelle assurée, qui a maintenu une paix fragile pendant la Guerre froide, semble aujourd’hui plus précaire que jamais, notamment parce que de nouveaux acteurs nucléaires, moins prévisibles, sont entrés dans l’équation.
Nous avons collectivement normalisé l’innormalisable, accepté comme inévitable une situation qui menace l’existence même de notre espèce. Il est temps de nous réveiller de cette torpeur et de reprendre le combat pour un monde sans armes nucléaires.
La réponse russe : entre ouverture et conditions préalables
La position de la Russie dans ce contexte mérite une attention particulière. Dès septembre 2022, le président Vladimir Poutine avait exprimé sa disposition à continuer à respecter les limites du traité New START pendant une année supplémentaire après son expiration. Cette déclaration témoignait d’une volonté de maintenir un certain cadre de stabilité stratégique, même en l’absence d’accord formel.
Cependant, comme l’a confirmé le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov le 4 février 2026, soit la veille de l’expiration du traité, la Russie n’avait reçu aucune réponse officielle américaine à cette proposition. Ce silence diplomatique est révélateur des difficultés persistantes dans les relations russo-américaines, compliquées notamment par le conflit en Ukraine et les sanctions économiques occidentales.
Pour Moscou, cette offre américaine arrive donc à un moment délicat. Le pays fait face à des défis économiques importants, en partie dus aux sanctions imposées par l’Occident. Le maintien et la modernisation de son immense arsenal nucléaire représentent un fardeau financier considérable, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an. La Russie doit simultanément financer ses opérations militaires conventionnelles, maintenir sa triade nucléaire opérationnelle et développer de nouveaux systèmes d’armes hypersoniques.
Le Kremlin a toujours considéré ses armes nucléaires comme le garant ultime de sa sécurité nationale et de son statut de grande puissance sur la scène internationale. Toute réduction significative de cet arsenal serait donc perçue comme une concession majeure, nécessitant des contreparties substantielles. Cependant, les réalités économiques pourraient pousser Moscou à considérer sérieusement l’offre américaine, surtout si elle est assortie de garanties de sécurité crédibles et d’un allègement partiel des sanctions.
La Russie doit choisir entre l’orgueil de la puissance nucléaire et le pragmatisme de la coopération internationale. L’histoire jugera ce choix, et il serait regrettable que des considérations de prestige l’emportent sur l’intérêt commun de l’humanité.
La position chinoise : l'objection du « petit arsenal »
L’inclusion de la Chine dans ces discussions représente un changement majeur dans l’architecture du contrôle des armements nucléaires. Historiquement, les accords de désarmement ont été essentiellement bilatéraux, impliquant uniquement les États-Unis et la Russie en tant que détenteurs des plus grands arsenaux. La Chine, avec un arsenal estimé à environ 350 ogives nucléaires, a toujours refusé de participer à ces négociations.
L’argument de Pékin est clair et a été réaffirmé à l’occasion de cette nouvelle initiative américaine : il serait déraisonnable de demander à une nation possédant un arsenal significativement plus petit de négocier aux côtés de pays disposant de stocks considérablement plus importants. Du point de vue chinois, les États-Unis et la Russie devraient d’abord réduire drastiquement leurs arsenaux avant que la Chine n’accepte de participer à des négociations multilatérales.
Cependant, la situation évolue rapidement. Pékin modernise ses forces nucléaires à un rythme sans précédent et, selon certaines estimations du Pentagone, pourrait disposer de plus de 1 000 ogives d’ici 2030, voire 1 500 d’ici 2035. Cette expansion rapide inclut la construction de nouveaux silos à missiles, le développement de sous-marins lanceurs d’engins de nouvelle génération et la mise au point de missiles hypersoniques à capacité nucléaire.
Cette modernisation change fondamentalement l’équation stratégique et rend l’inclusion chinoise dans tout accord de désarmement non seulement souhaitable, mais nécessaire. L’offre américaine de discuter avec Pékin sur ces questions est donc stratégiquement astucieuse. Elle place la Chine face à un choix : soit participer aux discussions et accepter certaines contraintes sur son programme nucléaire, soit refuser et apparaître comme le principal obstacle à la non-prolifération mondiale.
La Chine ne peut plus se cacher derrière l’argument du petit arsenal. Son ascension nucléaire rapide lui confère des responsabilités qu’elle doit maintenant assumer pleinement sur la scène internationale.
L'appel urgent du Secrétaire général des Nations Unies
Le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a choisi ce même 5 février 2026 pour lancer un appel pressant aux deux principales puissances nucléaires. Dans une déclaration solennelle, il a exhorté Washington et Moscou à « revenir immédiatement à la table des négociations » et à établir un cadre successeur au traité New START.
M. Guterres a qualifié la situation de « critique pour la paix internationale », soulignant que l’expiration du traité sans accord de remplacement créait un vide dangereux dans l’architecture de la sécurité mondiale. Le chef de l’ONU a rappelé que l’organisation qu’il dirige a été fondée précisément pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, et que la menace nucléaire représente la forme ultime de ce fléau.
Cette intervention du Secrétaire général n’est pas simplement symbolique. Elle reflète l’inquiétude croissante de la communauté internationale face à la dégradation du régime de contrôle des armements nucléaires. Depuis plusieurs années, les mécanismes de dialogue et de vérification entre les grandes puissances se sont progressivement érodés, victimes des tensions géopolitiques et de la méfiance mutuelle.
L’ONU, et plus particulièrement la Conférence du désarmement basée à Genève, pourrait jouer un rôle de facilitateur dans les négociations à venir. Même si les discussions principales se dérouleront nécessairement en bilatéral ou en trilatéral entre les puissances nucléaires majeures, le cadre onusien offre une légitimité internationale et des ressources techniques qui pourraient s’avérer précieuses.
La voix de l’ONU reste essentielle dans ce débat crucial. António Guterres a raison de rappeler l’urgence de la situation. Les grandes puissances doivent l’écouter avant qu’il ne soit trop tard.
Le traité New START : anatomie d'un accord historique
Le traité New START (Strategic Arms Reduction Treaty) représente l’aboutissement de décennies de négociations sur le contrôle des armements nucléaires entre les États-Unis et la Russie. Signé à Prague le 8 avril 2010 par les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev, il a remplacé le traité START I qui avait expiré en décembre 2009.
Les dispositions centrales du traité méritent d’être détaillées pour comprendre leur importance. Chaque partie s’engage à ne pas dépasser 1 550 ogives nucléaires stratégiques déployées. Ce chiffre représente une réduction significative par rapport aux limites précédentes et constitue le niveau le plus bas jamais atteint dans un accord bilatéral russo-américain. Le traité limite également le nombre de vecteurs de livraison déployés (missiles balistiques intercontinentaux, missiles lancés par sous-marins et bombardiers lourds) à 700, avec un plafond supplémentaire de 800 pour les vecteurs déployés et non déployés combinés.
Le régime de vérification du traité est particulièrement élaboré et constitue peut-être sa contribution la plus importante à la stabilité stratégique. Il prévoit jusqu’à 18 inspections sur site par an, des échanges de données semestriels sur les forces nucléaires et des notifications obligatoires dans les 48 heures suivant tout changement significatif. Ces mécanismes ont permis de maintenir une transparence sans précédent entre les deux puissances nucléaires, réduisant ainsi les risques de malentendus et d’escalade involontaire.
La prolongation du traité en février 2021 pour cinq années supplémentaires a été l’un des premiers actes de politique étrangère de l’administration Biden. Cette extension, qui ne pouvait être effectuée qu’une seule fois selon les termes de l’accord, a été saluée par la communauté internationale comme un succès diplomatique majeur dans un contexte de relations russo-américaines particulièrement tendues.
Le New START n’était pas parfait, mais il était infiniment préférable au vide juridique qui s’installe désormais. Nous devions bâtir sur ses fondations, pas les laisser s’effondrer. L’occasion a été manquée, mais il n’est pas trop tard pour reconstruire.
Les défis techniques d'un accord de désarmement trilatéral
L’idée d’un accord de désarmement nucléaire trilatéral impliquant les États-Unis, la Russie et la Chine pose des défis techniques considérables que les négociateurs devront surmonter. Les trois pays ont des doctrines nucléaires fondamentalement différentes, des structures de forces diverses et des préoccupations de sécurité distinctes. Harmoniser ces différences dans un cadre juridique unique représente un défi diplomatique sans précédent dans l’histoire du contrôle des armements.
La question de la vérification est particulièrement complexe. Le régime établi par le New START a été conçu pour un accord bilatéral et devrait être substantiellement modifié pour accommoder un troisième participant. La Chine, qui n’a jamais accepté d’inspections étrangères de ses installations nucléaires militaires, devrait faire des concessions significatives en matière de transparence. Cette exigence se heurte à la culture du secret qui entoure traditionnellement le programme nucléaire chinois.
De plus, les asymétries entre les trois arsenaux compliquent toute négociation. La Russie et les États-Unis possèdent chacun environ 5 500 ogives nucléaires au total, tandis que la Chine en détient moins de 400 actuellement. Un plafond commun serait inacceptable pour Moscou et Washington, qui verraient leur avantage stratégique réduit, tandis qu’un système de quotas différenciés serait difficile à négocier, à justifier politiquement et à vérifier efficacement.
Il faudrait également définir précisément ce qui compte comme « arme nucléaire » dans le cadre d’un tel accord. Les armes nucléaires tactiques, les systèmes de défense antimissile, les armes hypersoniques à double capacité : autant de catégories qui posent des problèmes de définition et de comptabilisation. Le New START se concentrait sur les armes stratégiques, mais un accord plus ambitieux devrait probablement élargir son champ d’application.
Les obstacles techniques sont réels mais surmontables avec suffisamment de volonté politique et de créativité diplomatique. Ce qui manque souvent, c’est précisément cette volonté. L’annonce de Vance suggère qu’elle existe peut-être enfin du côté américain.
L'impact sur les alliés et la crédibilité du parapluie nucléaire américain
Toute réduction de l’arsenal nucléaire américain aurait des implications significatives pour les dizaines de pays alliés qui dépendent du parapluie nucléaire américain pour leur sécurité. Le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, l’Allemagne et les autres membres de l’OTAN comptent sur la dissuasion nucléaire étendue américaine comme élément central de leur stratégie de défense nationale.
Ces alliés pourraient s’inquiéter légitimement qu’une réduction des forces nucléaires américaines affaiblisse cette garantie de sécurité. Cette inquiétude est d’autant plus aiguë dans le contexte actuel de tensions avec la Russie en Europe et avec la Chine en Asie-Pacifique. Certains pays alliés pourraient même être tentés de développer leurs propres capacités nucléaires, ce qui irait directement à l’encontre de l’objectif de non-prolifération que l’initiative américaine cherche précisément à promouvoir.
La communication avec les alliés sera donc cruciale dans les mois à venir. L’administration américaine devra rassurer ses partenaires que toute réduction négociée sera calibrée de manière à maintenir une dissuasion crédible. Les mécanismes de consultation au sein de l’OTAN, notamment le Groupe des plans nucléaires, devront être pleinement utilisés pour associer les alliés européens aux discussions et prendre en compte leurs préoccupations légitimes.
En Asie, où il n’existe pas de structure équivalente à l’OTAN, l’administration américaine devra développer des formats de consultation bilatéraux ou multilatéraux avec le Japon, la Corée du Sud et l’Australie. Ces pays sont particulièrement sensibles à la montée en puissance nucléaire de la Chine et à la menace persistante que représente la Corée du Nord.
La sécurité des alliés ne doit pas être sacrifiée sur l’autel du désarmement. Un équilibre délicat doit être trouvé entre réduction des arsenaux et maintien d’une dissuasion crédible. C’est possible, mais cela exige une diplomatie sophistiquée.
Le rôle de la société civile et du mouvement international pour le désarmement
L’annonce de JD Vance a été accueillie avec un optimisme prudent par les organisations de la société civile engagées dans la lutte pour le désarmement nucléaire. Des groupes comme l’International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix en 2017, ont salué cette ouverture tout en appelant à des actions concrètes et vérifiables.
Ces organisations rappellent que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), entré en vigueur en janvier 2021, interdit complètement les armes nucléaires pour les États qui l’ont ratifié. Bien que les puissances nucléaires n’aient pas signé ce traité, son existence crée une pression normative croissante et délégitimise progressivement la possession d’armes nucléaires sur le plan du droit international humanitaire.
Le mouvement pour la paix espère que l’initiative américaine conduira non seulement à des réductions quantitatives des arsenaux, mais aussi à un changement qualitatif dans la façon dont les nations perçoivent les armes nucléaires. L’objectif ultime reste l’abolition complète de ces armes de destruction massive, un objectif qui peut sembler utopique mais qui est inscrit dans l’article VI du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), auquel les cinq puissances nucléaires officielles ont adhéré.
Les hibakusha, survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, continuent de porter leur témoignage malgré leur âge avancé. Leur message simple mais puissant, que plus jamais aucun être humain ne devrait subir ce qu’ils ont vécu, résonne avec une urgence particulière alors que le risque nucléaire semble croître plutôt que diminuer.
Les voix de la société civile sont essentielles dans ce débat. Elles rappellent aux gouvernements que la sécurité véritable ne vient pas des arsenaux, mais de la coopération et de la confiance mutuelle entre les peuples.
Les implications économiques considérables du désarmement nucléaire
Au-delà des considérations stratégiques et humanitaires, le désarmement nucléaire présente des avantages économiques significatifs qui méritent d’être soulignés. Le maintien et la modernisation des arsenaux nucléaires coûtent des sommes astronomiques qui pèsent lourdement sur les budgets nationaux des puissances concernées.
Les États-Unis prévoient de dépenser plus de 1 700 milliards de dollars sur les trente prochaines années pour moderniser leur triade nucléaire. Ce programme comprend le remplacement des missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III par le nouveau système Sentinel, la construction de sous-marins lanceurs d’engins de classe Columbia pour remplacer les Ohio vieillissants, et le développement du bombardier furtif B-21 Raider. À ces coûts s’ajoutent la maintenance des ogives nucléaires existantes et la modernisation des infrastructures du complexe industriel nucléaire.
Ces ressources colossales pourraient être redirigées vers des besoins plus pressants : santé publique, éducation, infrastructures, transition énergétique, lutte contre le changement climatique. Dans un monde où des milliards de personnes vivent encore dans la pauvreté, l’allocation de ressources aussi massives à des armes dont l’utilisation signifierait la fin de la civilisation pose des questions éthiques fondamentales que nos sociétés ne peuvent plus éluder.
La Russie et la Chine font face à des contraintes similaires, voire plus aiguës. Pour Moscou en particulier, le fardeau économique du maintien d’un arsenal nucléaire comparable à celui des États-Unis est considérable, surtout dans le contexte des sanctions économiques actuelles et des dépenses militaires liées au conflit en Ukraine. Un accord de réduction permettrait aux trois puissances de réallouer des ressources vers des secteurs plus productifs de leurs économies.
Chaque dollar, chaque rouble, chaque yuan dépensé pour des armes nucléaires est un investissement dans notre destruction potentielle plutôt que dans notre prospérité commune. Il est temps de choisir la vie plutôt que la mort, le développement plutôt que la destruction.
Les prochaines étapes diplomatiques : un chemin long et semé d'embûches
La déclaration de JD Vance, aussi significative soit-elle, ne représente que le début d’un long processus diplomatique qui pourrait s’étendre sur plusieurs années. Les négociations sur le contrôle des armements sont notoirement complexes et ont historiquement nécessité des efforts soutenus sur de longues périodes. Le traité New START original a nécessité plus d’un an de négociations intensives, et il ne concernait que deux parties avec une longue expérience de ce type de discussions.
Les prochaines étapes incluront probablement des consultations préliminaires entre les trois capitales pour établir les paramètres des discussions formelles. La question de savoir si les trois parties négocieront simultanément dans un format trilatéral, ou si des discussions bilatérales entre Washington et Moscou d’une part, et entre Washington et Pékin d’autre part, précéderont un accord global, reste entièrement à déterminer.
L’administration américaine devra également obtenir le soutien du Congrès, où les questions de sécurité nationale sont traditionnellement sujettes à des débats partisans intenses. Tout traité formel nécessiterait une ratification par le Sénat avec une majorité des deux tiers, un seuil élevé qui a parfois bloqué des accords internationaux dans le passé. L’équipe diplomatique américaine devra donc travailler en parallèle sur les fronts international et domestique.
Du côté russe et chinois, des signaux positifs seraient nécessaires dans les prochaines semaines pour maintenir l’élan diplomatique créé par l’annonce de Vance. Des déclarations publiques de soutien au principe de négociations, même assorties de conditions, permettraient d’établir une base pour des discussions plus approfondies. Le silence ou le rejet catégorique de l’offre américaine serait un mauvais signe pour les perspectives de désarmement.
Le chemin sera long et semé d’embûches, mais chaque voyage commence par un premier pas. L’administration américaine vient de faire ce premier pas courageux. À Moscou et Pékin maintenant de répondre avec la même ouverture d’esprit.
Un espoir pour les générations futures : le monde que nous laisserons à nos enfants
En fin de compte, la question du désarmement nucléaire transcende les calculs stratégiques froids et les considérations économiques immédiates. Il s’agit fondamentalement de l’avenir même de l’humanité, du monde que nous laisserons aux générations qui nous suivront. Les armes nucléaires représentent la seule menace existentielle créée entièrement par l’homme, la seule technologie capable d’exterminer notre espèce en quelques heures.
Les générations futures nous jugeront sur la façon dont nous avons géré cet héritage terrible de la Guerre froide. Leur avons-nous légué un monde plus sûr, débarrassé progressivement de cette épée de Damoclès, ou avons-nous perpétué indéfiniment une menace qui aurait pu être éliminée si nous avions eu le courage politique de le faire ? L’initiative américaine offre une opportunité historique de choisir la première option, de prendre des mesures concrètes vers un monde libéré de la menace nucléaire.
Bien sûr, le scepticisme est de mise face à cette annonce. Des initiatives similaires ont échoué par le passé, victimes des rivalités géopolitiques persistantes, des changements de gouvernement qui remettaient en cause les engagements de leurs prédécesseurs, ou simplement de la complexité inhérente à ce type de négociations multilatérales. Mais le scepticisme légitime ne doit pas se transformer en fatalisme paralysant. L’histoire nous enseigne que des progrès sont possibles, même dans les domaines les plus difficiles, quand la volonté politique existe des deux côtés.
L’annonce de JD Vance représente peut-être le début d’une nouvelle ère dans les relations entre les grandes puissances nucléaires. Une ère où la coopération sur les questions existentielles pourrait coexister avec la compétition dans d’autres domaines moins critiques. Une ère où la sécurité commune prendrait le pas sur la recherche illusoire d’une sécurité unilatérale absolue. Une ère où l’humanité commencerait enfin à se libérer du joug nucléaire qu’elle s’est elle-même imposé il y a plus de quatre-vingts ans.
Les enfants qui naissent aujourd’hui, en ce 5 février 2026, méritent de grandir dans un monde où la menace d’annihilation nucléaire aura été significativement réduite, sinon complètement éliminée. C’est notre responsabilité collective envers eux, une dette morale que nous ne pouvons pas ignorer plus longtemps.
Nous avons le choix entre la peur et l’espoir, entre la destruction et la construction, entre le passé et l’avenir. Le choix devrait être évident. Choisissons l’avenir. Choisissons la vie. Choisissons de laisser à nos enfants un monde meilleur que celui que nous avons hérité.
Conclusion : une main tendue qu'il ne faut pas ignorer
La main tendue par Washington vers Moscou et Pékin sur la question du désarmement nucléaire est un événement diplomatique majeur qui mérite notre attention soutenue et notre soutien actif. Dans un monde fragmenté par les conflits régionaux, les rivalités commerciales et les tensions idéologiques, cette initiative rappelle que sur certaines questions véritablement fondamentales pour la survie de l’humanité, la coopération entre adversaires reste possible et absolument nécessaire.
Le chemin vers un monde sans armes nucléaires sera indéniablement long et difficile. Il y aura des revers décourageants, des moments de doute profond, des tentations de revenir aux vieilles habitudes de confrontation et de course aux armements. Mais l’alternative, soit la perpétuation indéfinie d’une menace existentielle planant sur chaque homme, femme et enfant de cette planète, soit pire encore, la réalisation catastrophique de cette menace, est simplement inacceptable pour toute personne dotée d’une conscience morale.
Les prochains mois et années nous diront si l’initiative audacieuse de l’administration américaine portera ses fruits. La réponse de la Russie et de la Chine sera évidemment cruciale, tout comme le soutien de la communauté internationale dans son ensemble et la pression constante de la société civile mondiale. Les obstacles sont nombreux et considérables, mais ils ne sont pas insurmontables.
Quelle que soit l’issue finale de cette initiative, le fait même que les États-Unis aient fait cette offre publique et solennelle représente un pas significatif dans la bonne direction. C’est un signe que même dans les moments les plus sombres de l’histoire contemporaine, quand les tensions internationales semblent atteindre des sommets dangereux, l’espoir d’un monde meilleur, plus sûr et plus pacifique persiste dans le coeur des dirigeants comme dans celui des peuples.
Il nous appartient maintenant, citoyens du monde, de faire entendre notre voix pour que cette opportunité ne soit pas gâchée. Le désarmement nucléaire n’est pas seulement l’affaire des diplomates et des généraux : c’est l’affaire de chacun d’entre nous, car c’est notre survie collective qui est en jeu.
Signé : Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Cette chronique reflète les opinions personnelles de l’auteur et n’engage que lui seul. L’auteur n’a aucun lien financier, politique ou autre avec les gouvernements, administrations ou organisations mentionnés dans cet article. Les informations factuelles présentées sont basées exclusivement sur des sources publiques citées ci-dessous et vérifiables par tout lecteur souhaitant approfondir le sujet. L’auteur s’engage à rectifier promptement toute erreur factuelle qui lui serait signalée par les lecteurs ou par les parties concernées. Cette chronique a été rédigée dans un esprit d’analyse critique et constructive, avec l’espoir sincère que les négociations évoquées aboutiront à un monde plus sûr pour tous.
Sources
Source primaire
Tuoi Tre Online – Mỹ muốn bắt tay Nga, Trung Quốc cắt giảm vũ khí hạt nhân (5 février 2026)
Sources complémentaires
Département d’État américain – Traité New START
Nations Unies – Bureau des affaires de désarmement
International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN)
Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) – Recherche sur le désarmement nucléaire
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