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CHRONIQUE : Xi Jinping entre deux mondes – Les coulisses des appels consécutifs avec Poutine et Trump
Crédit: Adobe Stock

La conversation vidéo avec Vladimir Poutine débuta dans la matinée, heure de Pékin, et dura près d’une heure et demie selon le conseiller du Kremlin Youri Ouchakov. Les deux hommes se connaissaient depuis plus de deux décennies, s’étant rencontrés plus de quarante fois entre 2013 et 2025, forgeant une relation personnelle qui transcendait les simples intérêts d’État. Mais cette fois, l’échange revêtait une importance toute particulière dans le contexte des négociations d’Abou Dabi.

Xi Jinping écouta attentivement les doléances de son homologue russe. La situation sur le front ukrainien restait complexe, malgré des gains territoriaux russes obtenus au prix de pertes humaines considérables. L’économie russe, sous le coup de sanctions occidentales massives et de restrictions financières sans précédent, ne survivait que grâce aux échanges croissants avec la Chine. Le rouble avait perdu une grande partie de sa valeur internationale, et seul le yuan offrait une alternative crédible au dollar pour les transactions commerciales de Moscou.

Le président chinois adopta un ton résolument rassurant mais ferme. La Chine continuerait à soutenir la Russie économiquement, mais Pékin ne souhaitait pas voir le conflit ukrainien s’éterniser indéfiniment. Les achats de pétrole et de gaz russes seraient maintenus, voire augmentés selon les besoins énergétiques chinois, mais Xi Jinping insista sur la nécessité impérieuse d’une solution diplomatique négociée. Il exprima son « fort soutien » aux pourparlers de paix russo-ukrainiens qui se déroulaient simultanément à Abou Dabi.

Poutine, homme d’une autre époque mais fin tacticien politique, comprit parfaitement le message implicite de son interlocuteur. La Chine ne le soutiendrait pas indéfiniment dans une guerre d’usure coûteuse et impopulaire. Le Kremlin devait sérieusement envisager des compromis acceptables, même si ceux-ci devaient être présentés domestiquement comme des victoires stratégiques. Xi Jinping proposa une approche progressive et réaliste : un cessez-le-feu vérifiable sur le terrain, suivi de négociations substantielles sur le statut des territoires contestés.

Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, Moscou avait été informé à l’avance de la conversation ultérieure entre Xi et Trump, démontrant le niveau de confiance et de transparence entre les deux capitales. Cette coordination préalable témoignait de la maturité de la relation sino-russe, même si celle-ci comportait des asymétries de plus en plus prononcées.

L’amitié sino-russe, aussi solide soit-elle en apparence, reste soumise aux impératifs impitoyables de la realpolitik. Pékin ne sacrifiera jamais ses intérêts stratégiques fondamentaux sur l’autel de la loyauté déclarée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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