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COMMENTAIRE : 1443 jours de guerre en Ukraine, le bilan humain russe qui défie l’entendement
Crédit: Adobe Stock

Au-delà des pertes humaines, le bilan matériel de cette guerre constitue un autre indicateur de l’intensité exceptionnelle des combats qui se déroulent quotidiennement sur le sol ukrainien. Les chiffres avancés par l’Ukraine donnent le vertige : 9 845 chars de combat détruits ou capturés, 20 568 véhicules blindés de combat, 22 673 systèmes d’artillerie, 1 273 lance-roquettes multiples, 1 068 systèmes de défense antiaérienne. Ces nombres, même s’ils doivent être accueillis avec la prudence méthodologique qui s’impose face à toute source partisane, dessinent le portrait d’une armée russe qui a littéralement consumé une part considérable de son arsenal hérité de l’ère soviétique. La Russie de 2026 ne dispose plus des mêmes capacités militaires qu’en février 2022, et cette érosion de sa puissance aura des conséquences durables sur son statut de grande puissance militaire.

La destruction de près de 10 000 chars est particulièrement significative dans le contexte de la doctrine militaire russe, qui a toujours accordé une place centrale aux forces blindées. La Russie disposait, selon les estimations d’avant-guerre, d’environ 3 000 chars modernes en service actif, auxquels s’ajoutaient plusieurs milliers de blindés stockés depuis des décennies dans des dépôts de réserve répartis sur l’ensemble du territoire russe. Les images satellites et les reportages de terrain ont confirmé que Moscou a massivement puisé dans ces réserves, remettant en service des T-62 et même des T-55 datant de la guerre froide. Cette résurrection de matériels vétustes témoigne de l’épuisement progressif des stocks de blindés modernes, malgré les efforts de l’industrie de défense russe pour accélérer la production de nouveaux chars et pour moderniser les anciens modèles.

Les véhicules blindés de transport de troupes et les véhicules de combat d’infanterie ont subi des pertes proportionnellement encore plus élevées. Les 20 568 véhicules détruits représentent une flotte colossale de BMP, BTR et autres engins blindés qui constituaient l’ossature de la mobilité tactique de l’armée russe. Ces pertes ont des conséquences directes sur la capacité des unités russes à manœuvrer sur le champ de bataille. L’infanterie russe est de plus en plus souvent contrainte de se déplacer à pied ou dans des véhicules civils réquisitionnés, ce qui augmente considérablement sa vulnérabilité face aux frappes ukrainiennes. Les images de soldats russes transportés vers le front dans des voitures de tourisme ou des camionnettes commerciales sont devenues tristement courantes.

La Russie est en train de dilapider en Ukraine un héritage militaire constitué sur des décennies, hypothéquant sa capacité à projeter sa puissance dans les décennies à venir et réduisant son statut de superpuissance à une façade creuse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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