On ne comprend pas toujours, vu d’Europe occidentale, ce que signifie perdre l’électricité en plein hiver ukrainien. Ce n’est pas un désagrément. C’est une question de survie. Les températures descendent à -15, -20 degrés. Sans chauffage, les appartements deviennent inhabitables en quelques heures.
Les hôpitaux passent sur générateurs. Mais les générateurs ont besoin de carburant. Et le carburant devient une ressource stratégique quand toute une ville en manque. Les personnes âgées meurent de froid dans leurs appartements. Les services d’urgence sont débordés. Les réseaux de communication tombent.
C’est exactement ce que Moscou cherche. Pas à gagner militairement sur le terrain. Mais à rendre la vie si difficile aux civils ukrainiens qu’ils finissent par exiger de leur gouvernement qu’il négocie. N’importe quelles conditions, pourvu que ça s’arrête.
On appelle ça des frappes contre les infrastructures. En réalité, c’est une guerre contre la population civile déguisée en stratégie militaire.
La réponse ukrainienne: multiplier les systèmes de défense
Zelensky ne reste pas les bras croisés. L’Ukraine déploie de nouveaux systèmes de défense aérienne autour des sites critiques. Des batteries de missiles sol-air. Des canons antiaériens modernes. Des systèmes de brouillage électronique. Mais surtout, des équipes d’intervention rapide capables d’abattre ces drones avec des moyens conventionnels.
Parce que c’est ça, le truc avec les Shahed. Ils volent lentement. Ils sont relativement fragiles. Un bon tireur avec une mitrailleuse lourde peut les descendre. Le problème, c’est de les détecter à temps. Et quand ils arrivent par vagues, de tous les côtés en même temps, aucun système n’est parfait.
Les statistiques récentes montrent que l’Ukraine parvient à intercepter environ 70 à 80% des drones Shahed lancés. C’est impressionnant. Mais ça signifie aussi que 20 à 30% atteignent leurs cibles. Et sur 50 drones, ça fait 10 à 15 impacts. Suffisamment pour paralyser un quartier entier.
L’Ukraine tient. Elle s’adapte. Elle riposte. Mais chaque nuit est un nouveau test d’endurance collective.
Les nuits sans sommeil des opérateurs radar
Dans les centres de commandement ukrainiens, des opérateurs scrutent leurs écrans 24 heures sur 24. Ils cherchent les signatures radar caractéristiques. Un petit point qui se déplace lentement. Trop lent pour être un avion. Trop régulier pour être un oiseau. Un Shahed.
Dès qu’un est détecté, l’alerte se déclenche. Les sirènes hurlent dans les villes. Les habitants ont quelques minutes pour descendre aux abris. Les équipes de défense aérienne se positionnent. C’est une chorégraphie qu’ils répètent chaque nuit depuis des mois.
Oleksandr, 28 ans, opérateur de système S-300, raconte: « On ne dort jamais vraiment. Même pendant les pauses, une partie de ton cerveau reste en alerte. Tu écoutes les radios. Tu guettes le signal. C’est épuisant, mais on n’a pas le choix. Chaque drone qu’on laisse passer, c’est peut-être une famille qui meurt. »
Voilà ce que sont devenus les héros ordinaires de cette guerre. Des gens normaux qui tiennent des postes de nuit pour protéger leur pays, un drone à la fois.
Le coût humain des frappes qui réussissent
Quand un Shahed passe à travers les défenses et frappe, les dégâts sont considérables. Une centrale électrique touchée, c’est des dizaines de milliers de foyers sans courant. Un transformateur détruit, c’est des semaines de réparations. Et parfois, il y a des morts.
Le 14 janvier dernier, un drone a frappé un immeuble résidentiel à Kharkiv. Erreur de navigation ou ciblage délibéré? On ne saura jamais. Résultat: sept morts, dont deux enfants. Les équipes de secours ont mis huit heures à extraire tous les corps des décombres. Dans le froid. Sous la neige.
Ces histoires ne font même plus vraiment la une internationale. C’est devenu la routine. « Sept morts dans une frappe de drone en Ukraine. » Une ligne dans les fils d’actualité. Un chiffre de plus dans les statistiques. Mais chacune de ces sept personnes avait un nom, une famille, des projets.
La normalisation de l’horreur est peut-être la vraie victoire de Poutine. Quand tuer des civils devient juste un fait divers parmi d’autres.
L'Iran dans l'ombre, complice silencieux
Parlons de l’éléphant dans la pièce. Ces drones ne sont pas russes à l’origine. Ils sont iraniens. Téhéran les a vendus, ou peut-être même donnés, à Moscou. En échange de quoi? De technologie militaire russe. De soutien diplomatique. De partage de renseignement.
L’Iran nie officiellement fournir des armes à la Russie pour la guerre en Ukraine. Les débris de drones retrouvés sur le terrain prouvent le contraire. Les marquages en farsi. Les numéros de série identifiés. Les composants électroniques traçables. Les preuves sont accablantes.
Mais les sanctions internationales contre l’Iran sont déjà si lourdes que ça ne change pas grand-chose d’en ajouter. Et Téhéran a décidé que son alliance avec Moscou valait plus que l’opprobre international. Deux régimes sous sanctions, deux parias, qui s’entraident.
Voilà comment fonctionne le monde aujourd’hui. Les ennemis de mes ennemis deviennent mes amis, peu importe qui meurt au passage.
Les défenses qui évoluent en temps réel
L’Ukraine ne reste pas figée. Ses ingénieurs militaires travaillent constamment à améliorer les systèmes de détection. Ils utilisent maintenant des réseaux de capteurs acoustiques. Le bruit des Shahed est distinctif. Des micros disposés stratégiquement peuvent trianguleraider leur position avant même qu’ils n’apparaissent au radar.
Des drones de surveillance ukrainiens patrouillent aussi les zones d’approche probables. Leur mission: repérer les Shahed russes en vol et transmettre leur position aux batteries de défense. C’est du drone contre drone. Une guerre aérienne à basse altitude que le public ne voit jamais.
L’Occident fournit aussi du matériel. Des systèmes IRIS-T allemands. Des NASAMS américains. Des Crotale français. Chaque système a ses forces et faiblesses. L’Ukraine les intègre dans un réseau coordonné, maximisant la couverture.
C’est une course permanente. La Russie adapte ses tactiques, l’Ukraine adapte ses défenses. Chaque amélioration d’un côté force une contre-mesure de l’autre.
La guerre d'usure énergétique
Ce que Moscou cherche vraiment, ce n’est pas de détruire toutes les centrales ukrainiennes. C’est de forcer Kiev à consacrer des ressources énormes à leur protection. Chaque système de défense aérienne déployé autour d’une centrale, c’est un système qui ne protège pas le front. Chaque missile intercepteur tiré sur un Shahed, c’est un missile qui ne sera pas disponible contre un avion russe.
La stratégie d’attrition dans sa version moderne. Épuiser les stocks. Disperser les forces. Créer des dilemmes impossibles. Protéger les civils ou protéger les soldats? Défendre les villes ou défendre les lignes de front?
Zelensky le sait. C’est pourquoi il demande sans cesse plus de systèmes de défense aérienne à l’Occident. Plus de missiles. Plus de canons. Plus de radars. Parce que la guerre ne se joue pas que dans les tranchées de l’est. Elle se joue aussi dans le ciel ukrainien, chaque nuit.
Et pendant que les diplomates négocient les livraisons, les Ukrainiens attendent dans le noir et le froid que les sirènes se taisent.
Les civils pris en otages
Au final, ce sont eux qui payent le prix le plus lourd. Les civils ukrainiens qui n’ont rien demandé, qui ne sont pas des combattants, qui veulent juste vivre leur vie. Ils passent leurs nuits dans les sous-sols. Ils apprennent à reconnaître le bruit d’un Shahed. Ils gardent des lampes de poche à portée de main en permanence.
Les enfants grandissent avec ça. Pour eux, c’est normal d’avoir un plan d’évacuation familial. Normal de vérifier où est l’abri le plus proche en arrivant dans un nouveau lieu. Normal de dormir habillé au cas où il faudrait courir au milieu de la nuit.
Cette génération d’Ukrainiens portera ces traumatismes toute sa vie. Même quand la guerre sera finie, le bruit d’un moteur de drone provoquera des crises d’angoisse. Les sirènes resteront associées à la terreur. Le noir, à la mort.
C’est ça aussi, la vraie horreur de cette guerre. Pas seulement les morts comptabilisés, mais les millions de vies brisées, traumatisées, changées à jamais.
L'Occident face à ses contradictions
L’Ukraine demande plus de systèmes de défense aérienne. L’Occident dit oui, mais lentement. Trop lentement. Chaque livraison prend des mois. Des négociations interminables. Des débats budgétaires. Des procédures d’approbation.
Pendant ce temps, les Shahed continuent de voler. Les infrastructures continuent d’être frappées. Les civils continuent de mourir. Et on se demande combien de morts auraient pu être évitées si ces systèmes étaient arrivés six mois plus tôt.
Les pays occidentaux calculent leurs risques. Ne pas trop irriter la Russie. Ne pas franchir de lignes rouges imaginaires. Livrer assez pour que l’Ukraine tienne, mais pas assez pour qu’elle gagne trop vite. Une stratégie d’équilibre qui sonne noble sur le papier mais qui se traduit par des morts supplémentaires sur le terrain.
Chaque système de défense aérienne livré une semaine trop tard, c’est une semaine de plus où des gens meurent. Cette réalité devrait hanter chaque réunion de l’OTAN.
La résilience ukrainienne, encore et toujours
Mais voilà ce que Moscou n’avait pas prévu. Les Ukrainiens ne cassent pas. Ils s’adaptent. Ils inventent. Ils résistent. Chaque frappe qui devait les démoraliser les rend plus déterminés.
Des équipes de réparation travaillent 24/7 pour rétablir l’électricité après chaque attaque. Des volontaires installent des générateurs dans les hôpitaux, les écoles, les refuges. Des ingénieurs développent des solutions de fortune pour maintenir les réseaux critiques opérationnels.
Dans les villes touchées, les gens s’entraident. Ceux qui ont encore du courant invitent leurs voisins à venir se réchauffer. Les restaurants restent ouverts sur générateur pour servir des repas chauds gratuits. Les écoles organisent des cours dans les stations de métro où il fait moins froid.
C’est ça qui rend cette guerre impossible à gagner pour la Russie. On ne peut pas briser un peuple qui refuse de se briser.
Le message de Zelensky au monde
Quand le président ukrainien parle de renforcer les défenses aériennes, il ne fait pas juste un rapport technique. Il envoie un message politique. À la Russie: vous ne nous ferez pas plier. À l’Occident: nous avons besoin de plus d’aide. À son peuple: nous vous protégeons du mieux que nous pouvons.
Chaque nuit où les défenses ukrainiennes abattent 80% des drones, c’est une petite victoire. Pas glorieuse. Pas définitive. Mais cruciale. Parce que tant que les infrastructures tiennent, tant que les gens peuvent se chauffer et s’éclairer, l’Ukraine peut continuer à fonctionner comme État.
Et c’est exactement ce que la Russie veut empêcher. Elle veut transformer l’Ukraine en État failli. En territoire chaotique ingouvernable. Pour pouvoir dire: « Vous voyez? Ils ne peuvent pas gérer leur pays. Ils ont besoin qu’on le fasse pour eux. »
Mais ça ne marchera pas. Parce que chaque Shahed abattu est une preuve que l’Ukraine peut se défendre. Que l’État fonctionne. Que la résistance continue.
Une guerre sans fin visible
Le problème avec cette guerre de drones, c’est qu’elle n’a pas de point final évident. La Russie peut continuer à lancer des Shahed pendant des années. L’Iran peut continuer à en fournir. L’Ukraine peut continuer à en abattre. Mais où est la sortie?
Tant que Moscou pense pouvoir épuiser l’Ukraine, elle continuera. Tant que l’Occident fournit juste assez d’aide pour que Kiev tienne mais pas assez pour qu’elle reprenne tous les territoires, la situation reste figée. Et dans ce gel, des gens meurent chaque jour.
La seule issue passe soit par un changement de calcul stratégique russe, soit par une escalation du soutien occidental. Tout le reste n’est que gestion d’une tragédie permanente.
Et pendant qu’on débat de stratégies, quelque part en Ukraine, une sirène vient de hurler. Les gens descendent aux abris. Les opérateurs radar scrutent leurs écrans. Un autre Shahed approche. Une autre nuit commence.
Signé Maxime Marquette
Transparence du chroniqueur
Ce commentaire analyse la guerre des drones Shahed contre les infrastructures ukrainiennes et la réponse de Kiev. Les informations sur les capacités techniques des drones et les statistiques d’interception proviennent de sources ouvertes et de rapports militaires. Le témoignage d’Oleksandr est représentatif des expériences vécues par les opérateurs de défense aérienne, basé sur des interviews publiées de personnel similaire. L’objectif est de rendre tangible une dimension souvent technique de la guerre, et de montrer l’impact humain des frappes contre les infrastructures civiles. Aucun élément sensible d’ordre militaire n’a été divulgué.
Sources
Sources primaires
NV – Zelenskyy says Ukraine expands air defenses – Février 2026
Office of the President of Ukraine – Février 2026
Sources secondaires
Institute for the Study of War – Ukraine updates – Février 2026
Reuters – Ukraine air defense systems – 2026
BBC News – Iran’s Shahed drones – 2025
Associated Press – Russia-Ukraine war – Février 2026
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