Si la publication des dossiers Epstein devait apporter la transparence, elle a d’abord apporté une trahison supplémentaire pour les victimes. Le département de la Justice, chargé de caviarder les informations personnelles des survivantes avant publication, a échoué de manière spectaculaire. Des photos de victimes nues avec leurs visages non masqués ont été publiées en ligne. Des noms, des adresses courriel, des dates de naissance et des numéros de téléphone de survivantes se sont retrouvés accessibles au monde entier.
Le New York Times a trouvé des dizaines de photos non censurées de jeunes personnes nues dont les visages étaient parfaitement visibles. L’Associated Press a découvert un ensemble de plus de 100 images d’une jeune femme non identifiée — presque toutes caviardées sauf la toute dernière, un portrait de profil entièrement visible. Le caviardage numérique défaillant permettait au public de récupérer le contenu noirci. Des noms étaient séparés entre les documents — le prénom sur une page, le nom de famille sur une autre — rendant l’identification triviale pour quiconque prenait le temps de recouper.
Le DOJ a affirmé avoir déployé 500 réviseurs pour examiner les millions de pages. Il a reconnu un taux d’erreur de 0,1%. Mais 0,1% de 3,5 millions de pages, c’est 3 500 pages contenant des informations personnelles de victimes exposées au monde entier. Et ce chiffre ne tient compte que des erreurs identifiées.
Cinq cents réviseurs. Trois virgule cinq millions de pages. Et ils n’ont pas réussi à masquer les visages de jeunes femmes nues. Pas réussi à effacer les noms des survivantes. Pas réussi à protéger des numéros de téléphone. Soit c’est l’incompétence la plus monumentale de l’histoire du DOJ, soit c’est autre chose. Et « autre chose » est une possibilité que personne à Washington ne veut examiner de trop près.
« Weaponized incompetence » : les survivantes brisent le silence
Les survivantes d’Epstein n’ont pas mâché leurs mots. Annie Farmer, qui a témoigné avoir été agressée sexuellement par Epstein et Maxwell à l’âge de 16 ans, a qualifié les erreurs de caviardage d’« incompétence instrumentalisée ». Son nom était déjà public, mais sa date de naissance et son numéro de téléphone ont été exposés. « Il n’y a aucune explication pour que cela ait été fait de manière aussi catastrophique », a-t-elle déclaré à NPR. « Je ne crois pas que ce soit simplement une question de précipitation. »
Danielle Bensky, une autre survivante, a découvert que des conversations confidentielles avec le FBI avaient été publiées sans son consentement. « Ça donne l’impression que c’est délibéré », a-t-elle confié. Au moins une victime qui était restée anonyme a été identifiée publiquement pour la première fois à cause des erreurs de caviardage.
Les avocats des victimes Brittany Henderson et Brad Edwards ont été cinglants dans leur lettre au tribunal : « Il n’existe aucun degré concevable d’incompétence institutionnelle suffisant pour expliquer l’ampleur, la cohérence et la persistance des échecs — particulièrement lorsque la seule tâche ordonnée par le tribunal était simple : caviarder les noms des victimes avant publication. » Ils ont qualifié cette journée de « violation la plus grave de la vie privée des victimes en un seul jour dans l’histoire des États-Unis ». Un juge fédéral à New York a programmé une audience pour examiner la demande de fermeture du site web jusqu’au retrait complet des informations des victimes.
Les mots de Henderson et Edwards méritent d’être lus et relus. « Aucun degré concevable d’incompétence institutionnelle. » Ces avocats, qui se battent pour les survivantes depuis des années, n’utilisent pas ce langage à la légère. Quand les défenseurs des victimes emploient un tel vocabulaire juridique, c’est qu’ils voient quelque chose de beaucoup plus troublant qu’une simple erreur administrative. C’est un système qui, une fois de plus, traite les victimes d’Epstein comme des dommages collatéraux acceptables.
Bill Gates : les brouillons qui font trembler un empire
Parmi les révélations les plus explosives des dossiers Epstein figurent des brouillons de courriels concernant Bill Gates. Ces documents suggèrent que le cofondateur de Microsoft aurait utilisé les services d’Epstein pour des rencontres sexuelles. Des allégations de maladies transmissibles sexuellement y figurent également. Gates a démenti catégoriquement : les affirmations sont « fausses », les courriels n’ont « jamais été envoyés », et il « regrette chaque minute » passée avec Epstein.
Mais les documents soulèvent des questions fondamentales. Pourquoi l’un des hommes les plus riches et les plus influents du monde maintenait-il une relation avec un prédateur sexuel condamné ? La relation entre Gates et Epstein avait déjà été rapportée — elle a contribué à son divorce de Melinda Gates — mais les détails contenus dans ces fichiers du DOJ ajoutent des couches de gravité que les déclarations publiques précédentes n’avaient pas couvertes.
« Je regrette chaque minute. » Quatre mots qui, dans la bouche de Bill Gates, résonnent avec une intensité particulière. Car ces minutes se sont étendues sur des années. Des années après la première condamnation d’Epstein en 2008. Des années pendant lesquelles tout le monde savait qui était Jeffrey Epstein et ce qu’il faisait. « Chaque minute » est un aveu de choix délibérés, répétés, inexplicables pour un homme qui prétend consacrer sa fortune à sauver le monde.
Deepak Chopra : quand le gourou tombe le masque
Les dossiers Epstein ont révélé une correspondance extensive entre Jeffrey Epstein et Deepak Chopra, le célèbre auteur et gourou du bien-être. Le contenu de ces échanges est dévastateur. En mars 2017, Chopra a écrit à Epstein une phrase qui restera gravée dans l’histoire de l’hypocrisie publique : « God is a construct. Cute girls are real. » — « Dieu est un concept. Les jolies filles sont réelles. »
D’autres échanges montrent Chopra demandant à Epstein de lui « trouver une jolie blonde israélienne ». Chopra a présenté des excuses publiques, admettant un « manque de jugement ». Mais les documents révèlent aussi que Chopra sollicitait les conseils financiers d’Epstein, dépeignant une relation bien plus profonde et transactionnelle qu’un simple échange de courtoisie entre connaissances.
Un dîner prévu dans les fichiers réunissait Epstein, Chopra, le réalisateur Woody Allen et Miroslav Lajčák, alors haut diplomate slovaque. Cette constellation de noms autour d’une même table illustre avec une précision chirurgicale comment le réseau Epstein fonctionnait : mélanger célébrités, pouvoir politique et transactions louches dans un même espace social.
« God is a construct. Cute girls are real. » L’homme qui a vendu des millions de livres sur la spiritualité, la pleine conscience et l’éveil intérieur écrivait ces mots à un prédateur sexuel condamné. L’homme qui prêchait la compassion universelle demandait qu’on lui « trouve une jolie blonde israélienne ». La dissonance est si vertigineuse qu’elle donne la nausée. Et elle pose une question fondamentale : combien d’autres « guides spirituels » et « philanthropes » se cachaient derrière le paravent moral de leur image publique pendant qu’ils trempaient dans l’univers d’Epstein ?
Steve Bannon : les textos qui trahissent Trump
Les dossiers Epstein contiennent des messages textes entre Steve Bannon, ancien conseiller stratégique de Donald Trump, et Jeffrey Epstein. Le contenu est révélateur à plusieurs niveaux. Bannon y moque ouvertement Trump, le qualifiant de « Brother is out of gas » — « le frère est à sec » — et se référant au « Stable Genius bringing himself down » — le « Génie Stable qui se saborde lui-même ». Ces échanges révèlent le mépris que les membres les plus proches du cercle trumpien entretenaient en privé.
Fait troublant noté par NPR : dans ces messages textes, les visages des femmes étaient caviardés tandis que le visage de Trump dans un article de presse joint était noirci. Ce traitement différencié des caviardages a alimenté les interrogations sur les choix éditoriaux du DOJ. Le nom de Trump apparaît des centaines de fois dans les fichiers Epstein, bien que le président ait précédemment affirmé que certains documents avaient été « fabriqués par les Démocrates ».
L’ancien stratège en chef de la Maison-Blanche se moquait ouvertement du président dans ses messages privés avec un prédateur sexuel condamné. Le « Génie Stable qui se saborde. » Bannon, l’homme qui a façonné la machine politique MAGA, traitait son propre patron comme une blague dans ses conversations avec Epstein. On pourrait presque en rire si le contexte n’était pas aussi sinistre. Car la vraie question n’est pas ce que Bannon pensait de Trump. C’est pourquoi Bannon communiquait régulièrement avec Epstein.
Brad Karp : la chute d'un titan du droit américain
Brad Karp, président du cabinet d’avocats Paul Weiss, l’un des cabinets juridiques les plus prestigieux des États-Unis, a démissionné après que des courriels révélés dans les dossiers Epstein ont montré qu’il avait sollicité l’aide d’Epstein pour obtenir un travail à son fils sur un film de Woody Allen. La révélation a provoqué une onde de choc dans le monde juridique américain.
Paul Weiss est le même cabinet qui conseillait le gouvernement Trump sur des questions majeures. La démission de Karp illustre comment le réseau d’influence d’Epstein atteignait les sommets de l’establishment juridique américain. Que le président d’un tel cabinet se soit tourné vers un prédateur sexuel condamné pour une faveur personnelle en dit long sur la normalisation des relations avec Epstein dans les cercles du pouvoir.
Le président de Paul Weiss — l’un des cabinets les plus puissants d’Amérique, celui qui conseille littéralement la Maison-Blanche — demandait à un prédateur sexuel condamné de l’aider à placer son fils dans un film de Woody Allen. Chaque élément de cette phrase est plus ahurissant que le précédent. Et ce n’est pas un cas isolé. C’est le fonctionnement normal du réseau Epstein : des faveurs, des connexions, des services — un système de corruption sociale où la proximité avec un monstre était considérée comme un atout professionnel.
Miroslav Lajčák : une carrière diplomatique pulvérisée en 24 heures
Les dossiers Epstein ont fait leur première victime politique européenne. Miroslav Lajčák, conseiller à la sécurité nationale de Slovaquie, a démissionné le 31 janvier 2026 — moins de 24 heures après la publication des fichiers. Son nom est apparu dans des plans de dîner avec Epstein, Woody Allen et Deepak Chopra. Ancien président de l’Assemblée générale des Nations Unies et représentant spécial de l’UE pour le dialogue Belgrade-Pristina, Lajčák a vu sa carrière diplomatique de plusieurs décennies s’effondrer en un instant.
Sa démission éclair démontre que les dossiers Epstein ne sont pas seulement une affaire américaine. Les tentacules du réseau de prédation s’étendaient à travers les continents, touchant la diplomatie européenne, les institutions internationales et les plus hauts échelons du pouvoir mondial. D’autres noms européens pourraient encore émerger à mesure que les 3,5 millions de pages sont analysées par les journalistes et les chercheurs. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a publiquement appelé le prince Andrew à témoigner devant le Congrès américain au sujet de ses relations avec Epstein, ajoutant une dimension royale à un scandale qui ne cesse de s’élargir.
Vingt-quatre heures. C’est tout ce qu’il a fallu entre la publication des fichiers et la démission de Lajčák. L’homme qui représentait l’Union européenne dans les négociations les plus sensibles des Balkans dînait avec un prédateur sexuel condamné, un réalisateur accusé d’abus et un gourou qui demandait qu’on lui « trouve des jolies filles ». Combien d’autres diplomates, combien d’autres hommes de pouvoir européens tremblent en ce moment en parcourant ces 3,5 millions de pages ? L’onde de choc ne fait que commencer.
Les noms en périphérie : Martha Stewart, Katie Couric et le cercle infini
Au-delà des noms qui font la manchette, les dossiers Epstein révèlent un réseau social d’une étendue stupéfiante. Martha Stewart cherchait le numéro de cellulaire d’Epstein. Katie Couric, ancienne présentatrice vedette, lui envoyait des messages enthousiastes à propos de sa « lasagne incroyable ». Lawrence Krauss, physicien renommé, organisait des conférences aux Îles Vierges avec le soutien d’Epstein. Josh Harris, propriétaire d’équipes sportives, figure également dans les documents.
La liste est si longue, si variée, qu’elle dresse un portrait vertigineux de l’influence d’Epstein dans tous les domaines : médias, science, sport, divertissement, finance. Le FBI a confirmé qu’il n’existe pas de « liste de clients » à proprement parler. Mais les correspondances, les relevés téléphoniques et les agendas contenus dans les fichiers dessinent une cartographie des relations qui est, à bien des égards, encore plus accablante qu’une simple liste.
« ROCKIN lasagna. » C’est ce que Katie Couric — l’une des journalistes les plus célèbres d’Amérique — écrivait à Jeffrey Epstein. Des messages de courtoisie enjouée avec un homme qui violait des adolescentes. Martha Stewart qui cherche son numéro de cellulaire. Un physicien qui organise des conférences sur son île privée. La banalité du mal n’a jamais été aussi bien illustrée. Ce n’est pas que ces gens approuvaient les crimes d’Epstein. C’est qu’ils ne posaient pas de questions. Et dans un système où le silence est complicité, leur « ROCKIN lasagna » résonne comme un aveu collectif d’indifférence volontaire.
Interlochen : le terrain de chasse de la jeunesse
Les documents du DOJ révèlent qu’Epstein a fréquenté le centre Interlochen des arts, un camp artistique pour jeunes dans le Michigan, dès l’été 1967 comme élève. Les registres montrent qu’il participait à des programmes de basson, de radio et d’orchestre. Plus tard, de 1990 à 2003, Epstein a donné près de 400 000 dollars au centre.
Pendant le procès criminel de Ghislaine Maxwell, une femme a témoigné avoir rencontré le couple alors qu’elle était jeune fille, entre deux cours au camp Interlochen au début des années 90. Le couple aurait gagné la confiance de sa mère, et la jeune fille a déclaré avoir ensuite été manipulée et agressée sexuellement. Epstein et Maxwell auraient utilisé le campus comme un « terrain de chasse ». Interlochen a affirmé n’avoir trouvé « aucun dossier de plainte ou de préoccupation concernant Epstein » dans ses registres.
Un prédateur qui donne 400 000 dollars à un camp artistique pour enfants. Qui revient sur les lieux décennie après décennie. Qui « gagne la confiance des mères » sur le campus. Et l’institution ne trouve « aucun dossier de plainte ». Parce que les prédateurs de cette envergure ne laissent pas de plaintes. Ils laissent des chèques. Et les chèques achètent le silence, la gratitude, et ce regard détourné qui permet aux monstres d’opérer en plein jour pendant des décennies.
Zéro poursuite : le DOJ enterre la justice
Malgré 3,5 millions de pages de preuves, des correspondances accablantes, des photographies, des vidéos et des témoignages, le sous-procureur général Todd Blanche a déclaré sur ABC qu’aucune nouvelle poursuite n’est prévue. « Il y a beaucoup de correspondances, de courriels et de photographies », a-t-il admis, avant d’ajouter que les fichiers ne menaient nulle part en termes de poursuites criminelles.
Le FBI a confirmé qu’il n’existe pas de « liste de clients » d’Epstein. La Chambre des représentants s’apprêtait à voter pour tenir Bill et Hillary Clinton en outrage au Congrès pour avoir refusé de comparaître devant une sous-commission. Mais en termes de justice criminelle pour les complices d’Epstein, le bilan est nul. Ghislaine Maxwell purge sa peine. Epstein est mort. Jean-Luc Brunel, inscrit pour 5 millions de dollars dans le trust d’Epstein de 2012, est mort par suicide dans une prison française en 2020. Et tous les autres — les noms dans les courriels, les visages dans les photos, les contacts dans les agendas — continuent de vivre librement.
Des millions de pages. Des centaines de noms. Des photos. Des vidéos. Des correspondances détaillées avec des dates, des lieux et des témoins. Et la conclusion officielle du département de la Justice des États-Unis est : pas de nouvelles poursuites. Pas une seule. Le message est d’une clarté terrifiante : si vous êtes assez riche, assez connecté, assez puissant, vous pouvez dîner avec un prédateur sexuel, correspondre avec lui, profiter de ses « services », et le pire qui vous arrivera est un article embarrassant dans le New York Times. La justice américaine vient de confirmer ce que les victimes d’Epstein savaient depuis le début : le système protège les puissants. Toujours.
Le testament d'Epstein : la carte des complices dessinée par l'argent
Les documents du DOJ révèlent qu’Epstein a modifié et amendé son testament et son trust plus de deux douzaines de fois au fil des années. Ces changements réguliers offrent un aperçu fascinant des personnalités puissantes qui gravitaient dans et hors du cercle intime d’Epstein. Dans une version du trust d’Epstein datant de 2012, Jean-Luc Brunel, agent de mannequins et associé de longue date d’Epstein, est inscrit pour un héritage pouvant atteindre 5 millions de dollars.
Brunel a été arrêté en 2020 par les autorités françaises et inculpé de viol sur mineures et de trafic de mineures à des fins d’exploitation sexuelle. Avant de pouvoir être jugé, il s’est donné la mort dans une cellule française. Une évaluation psychiatrique de prison d’Epstein, publiée après son propre suicide en août 2019, révèle que le financier énigmatique avait peu d’amis proches malgré un cercle social immense. La solitude d’un prédateur entouré de courtisans.
Brunel : 5 millions de dollars dans le testament. Mort par suicide avant son procès. Epstein : mort par suicide avant son procès. Deux hommes au cœur du réseau de prédation sexuelle le plus documenté de l’histoire, tous deux morts dans leurs cellules avant de pouvoir parler. Les coïncidences, en matière criminelle, ont une date de péremption. Et celle-ci est largement dépassée. Le testament d’Epstein est la carte au trésor des complices — sauf que le trésor, c’est l’impunité, et la carte mène à des portes que personne ne veut ouvrir.
Encadré : Les chiffres vertigineux des dossiers Epstein
3,5 millions : nombre de pages publiées par le DOJ le 30 janvier 2026
180 000 : nombre d’images contenues dans les fichiers
2 000 : nombre de vidéos publiées
500 : nombre de réviseurs déployés par le DOJ pour le caviardage
3 500 : nombre estimé de pages contenant des informations de victimes non caviardées (0,1% du total)
400 000 $ : dons d’Epstein au centre Interlochen (1990-2003)
5 millions $ : montant inscrit pour Jean-Luc Brunel dans le trust d’Epstein de 2012
19 novembre 2025 : signature de l’Epstein Files Transparency Act par Trump
31 janvier 2026 : démission de Miroslav Lajčák, première victime politique européenne
0 : nombre de nouvelles poursuites criminelles annoncées par le DOJ
Sources primaires
Sources secondaires
CNN — Epstein files: Names, redaction failures and what we know
ABC News — Epstein files revelations: Gates, Chopra, Karp among names
LiveNOW FOX — Epstein victims blast DOJ for releasing nude photos, names in file dump
France 24 — Slovak diplomat resigns after name appears in Epstein files
AP News — Epstein files: DOJ redaction failures expose victim information
NBC News — Epstein file victims react to DOJ document release
Signé : Maxime Marquette
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.