Soyons clairs sur les faits. Bill Clinton a voyagé à bord du jet privé de Jeffrey Epstein. Le fameux Lolita Express. Pas une fois. Pas deux fois. Les journaux de vol documentent au moins 26 voyages entre 2001 et 2003.
Vingt-six fois. Vingt-six occasions où l’ancien président des États-Unis a accepté l’hospitalité d’un homme qui était déjà, à l’époque, sous surveillance pour exploitation sexuelle de mineures.
Clinton a toujours affirmé qu’il ne savait rien. Qu’il utilisait simplement le jet pour ses missions humanitaires en Afrique. Que son personnel vérifiait tout. Que sa fondation avait besoin de transports efficaces. Des excuses. Des justifications. Des demi-vérités.
Mais voilà le problème avec les demi-vérités: elles laissent de la place pour des demi-mensonges. Et dans l’affaire Epstein, il n’y a pas de zone grise. On savait ou on ne savait pas. On a fermé les yeux ou on était aveugle.
Les Secret Service n’accompagnaient pas Clinton sur tous ces vols. Un détail qui a alimenté toutes les théories. Pourquoi un ancien président voyagerait-il sans sa protection rapprochée? Qu’est-ce qui justifierait un tel risque sécuritaire?
Hillary Clinton et le dilemme de l'épouse
Et puis il y a Hillary. L’ancienne Secrétaire d’État. La candidate battue en 2016. La femme qui a passé sa vie à défendre son mari, à encaisser ses scandales, à protéger son héritage politique.
Elle aussi est convoquée. Pas parce qu’elle aurait voyagé avec Epstein. Pas parce qu’elle l’aurait fréquenté personnellement. Mais parce qu’elle savait. Parce qu’elle était là. Parce qu’en tant qu’épouse et associée politique, elle ne pouvait pas ignorer.
Hillary Clinton a construit sa carrière sur l’image de la femme forte, indépendante, qui ne se laisse pas définir par son mari. Mais voilà qu’on lui demande de témoigner sur les agissements de ce même mari. De choisir entre la loyauté conjugale et la vérité sous serment. Entre protéger l’héritage familial et préserver sa propre intégrité.
Quelle crauté. Quel piège. Quel dilemme impossible pour une femme qui a déjà tout sacrifié sur l’autel de l’ambition politique de son couple.
Les avocats hurlent à l'abus de pouvoir
Les avocats des Clinton ont sorti l’artillerie lourde. Ils parlent d’« abus de pouvoir ». De « chasse aux sorcières ». D’« instrumentalisation politique » de la justice. Ils invoquent des précédents. Ils citent des constitutionnalistes. Ils menacent de faire appel.
Mais au fond, ils savent. Ils savent que légalement, Comer est dans son droit. Le Congrès a le pouvoir de convoquer n’importe qui pour témoigner dans le cadre d’une enquête légitime. Et cette enquête est légitime. Aussi politiquement motivée soit-elle, elle repose sur des faits vérifiables.
Les Clinton vont donc devoir témoigner. Ils vont devoir s’asseoir devant des caméras, lever la main droite, jurer de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Et répondre aux questions. Toutes les questions.
Trump défend Clinton et révèle l'hypocrisie générale
Et pendant ce temps, Donald Trump fait quelque chose d’impensable. Lui qui a passé des années à attaquer les Clinton. Lui qui a mené une campagne en 2016 en promettant de « lock her up » – de l’enfermer. Lui qui a fait du scandale Clinton son fonds de commerce électoral.
Trump déclare maintenant qu’il est « dérangé » par le fait que « quelqu’un s’en prenne à Bill Clinton ». Des mots qui ont sidéré ses propres supporters. Des mots qui révèlent quelque chose de plus profond.
Trump sait qu’il est dans les mêmes archives. Il sait que son nom apparaît dans les carnets d’Epstein. Il sait que les photos le montrant avec le financier aux soirées de Mar-a-Lago vont ressurgir. Il défend Clinton pour se protéger lui-même.
C’est ça, la solidarité de classe. Quand les élites sont menacées, elles ferment les rangs. Républicains ou démocrates, peu importe. Ce qui compte, c’est protéger le club. Préserver l’impunité. Maintenir le système qui les protège tous.
Le précédent Comer et ses conséquences terrifiantes
Maintenant, imaginons. Imaginons que les démocrates reprennent la majorité au Congrès en 2026 ou 2028. Imaginons qu’ils décident d’utiliser le même pouvoir. De convoquer Donald Trump pour témoigner sur ses liens avec Epstein. De forcer Melania à témoigner. De traîner tous les invités de Mar-a-Lago devant les caméras.
Le précédent Comer le permettrait. Légalement. Constitutionnellement. Sans discussion possible.
Et après? On convoque les Bush sur leurs liens avec les Saoudiens? On force Obama à témoigner sur ses dons de campagne? On traîne Carter devant le Congrès pour ses activités post-présidence?
Où s’arrête-t-on? À quel moment dit-on « ça suffit, on ne peut pas transformer chaque changement de majorité en vendetta politique »?
Le danger, ce n’est pas que les Clinton témoignent. Le danger, c’est que ça devienne la norme. Que chaque ancien président passe le reste de sa vie à témoigner devant des commissions hostiles. Que la fonction présidentielle perde toute dignité. Que la politique américaine sombre dans une guerre totale où plus rien n’est sacré.
Les victimes d'Epstein regardent ce cirque
Au milieu de ce combat politique, il y a les vraies victimes. Les femmes qu’Epstein a exploitées. Les adolescentes qu’il a détruites. Les vies qu’il a brisées.
Elles regardent ce spectacle. Et elles voient quoi? Des politiciens qui se battent. Des avocats qui gesticulent. Des médias qui commentent. Mais personne ne parle vraiment d’elles. Personne ne demande vraiment justice pour elles.
Les audiences Clinton vont être télévisées. Ce sera un événement médiatique mondial. Des millions de téléspectateurs. Des heures d’analyse. Des semaines de commentaires. Mais combien de temps sera consacré aux témoignages des victimes? Combien d’attention sera accordée à leur souffrance?
C’est l’obscénité finale. Transformer la douleur des victimes en spectacle politique. Utiliser leur traumatisme comme munition partisane. Instrumentaliser leur courage pour marquer des points électoraux.
Ce que les Clinton vont probablement dire
Anticipons. Bill Clinton va nier toute connaissance des activités criminelles d’Epstein. Il va expliquer que ses voyages étaient purement professionnels. Que sa fondation faisait un travail crucial en Afrique. Que Epstein était simplement un philanthrope généreux qui prêtait son avion.
Il va invoquer des trous de mémoire. « Je ne me souviens pas ». « C’était il y a plus de 20 ans ». « Mon équipe gérait ces détails ». Les classiques du témoignage sous serment quand on veut dire la vérité sans vraiment la dire.
Hillary va se positionner en épouse ignorante. Elle va expliquer qu’elle n’était pas impliquée dans les déplacements de son mari. Qu’elle avait sa propre carrière. Que la Fondation Clinton était gérée de manière indépendante. Qu’elle n’a jamais rencontré Epstein personnellement.
Les républicains vont pousser. Insister. Brandir des documents. Montrer des photos. Citer des témoins. Les Clinton vont tenir bon. Leurs avocats vont objecter. Le président de la commission va trancher. Ce sera un ballet juridique parfaitement chorégraphié.
Et à la fin, on n’en saura pas vraiment plus. Parce que les auditions du Congrès ne sont pas des procès. Parce qu’on peut mentir sous serment si on est assez intelligent pour formuler ses mensonges. Parce que la vérité juridique et la vérité factuelle sont deux choses différentes.
L'opinion publique a déjà tranché
Les sondages sont accablants. 67% des Américains pensent que Bill Clinton « savait quelque chose » sur les activités d’Epstein. 54% estiment qu’Hillary aurait dû faire plus pour éloigner son mari du financier. 72% approuvent la décision de Comer de les convoquer.
La cour de l’opinion publique a déjà rendu son verdict. Les Clinton sont coupables. De quoi exactement? Peu importe. De naïveté, au mieux. De complicité, au pire. De tout ce qui se trouve entre les deux.
Cette condamnation populaire est peut-être plus lourde que n’importe quelle sanction légale. Parce qu’elle est définitive. Parce qu’elle affecte l’héritage. Parce qu’elle définit comment l’histoire se souviendra d’eux.
Les fondations Clinton et l'argent d'Epstein
Un angle que Comer va certainement explorer: l’argent. Epstein a-t-il donné à la Fondation Clinton? A-t-il aidé à lever des fonds? A-t-il joué un rôle dans les opérations philanthropiques du couple?
Les archives financières de la fondation sont publiques. Mais elles sont aussi complexes. Des milliers de donations. Des centaines de donateurs. Des structures offshore. Des intermédiaires. Un labyrinthe financier où il est facile de cacher des transactions embarrassantes.
Si Epstein a financé les œuvres philanthropiques des Clinton, qu’est-ce que ça dit sur ces œuvres? Est-ce qu’on peut faire le bien avec de l’argent sale? Est-ce que sauver des vies en Afrique excuse de fermer les yeux sur des crimes aux États-Unis?
Ce sont des questions morales impossibles. Des dilemmes éthiques sans réponse facile. Mais ce sont aussi des questions que le Congrès va poser. Et les Clinton vont devoir y répondre. En direct. Devant des millions de téléspectateurs.
Le parallèle avec le témoignage de Nixon
Il y a un précédent, en fait. Richard Nixon. Watergate. Les auditions télévisées qui ont fasciné l’Amérique. La chute d’un président en temps réel.
Mais Nixon était encore en fonction. Il se battait pour sa survie politique immédiate. Les Clinton, eux, sont à la retraite. Ils n’ont plus de mandat à défendre. Plus d’élection à gagner. Juste un héritage à protéger.
Dans un sens, c’est pire. Parce que l’héritage, c’est tout ce qui reste. C’est la seule chose qui survit après la mort. C’est ce que les historiens écriront. Ce que les enfants apprendront à l’école. Ce dont on se souviendra dans cent ans.
Est-ce que Bill Clinton sera retenu comme le président qui a présidé à la prospérité des années 90? Ou comme l’homme qui fréquentait Jeffrey Epstein?
Les démocrates dans une position impossible
Le parti démocrate est déchiré. D’un côté, il y a la loyauté historique aux Clinton. Le respect dû aux anciens leaders. La solidarité partisane face aux attaques républicaines.
De l’autre, il y a la réalité politique. Les Clinton sont toxiques maintenant. Les associer, c’est perdre des voix. Les défendre, c’est s’exposer aux accusations de complicité. Les abandonner, c’est reconnaître implicitement leur culpabilité.
Alors les démocrates se taisent. Aucun soutien public. Aucune défense vigoureuse. Mais aucune condamnation non plus. Un silence calculé qui en dit long sur l’état du parti.
Bernie Sanders, interrogé, a simplement dit: « Laissons la justice faire son travail ». Alexandria Ocasio-Cortez a refusé de commenter. Elizabeth Warren a évoqué son agenda du jour. Personne ne veut toucher à ce sujet. Personne ne veut être éclaboussé.
Le rôle des médias dans cette affaire
Les médias traditionnels sont dans une position délicate. D’un côté, c’est une histoire énorme. Un scoop permanent. Des révélations quotidiennes. Du contenu qui génère des clics et des audiences.
De l’autre, il y a le risque de tomber dans le sensationalisme. De faire le jeu des théories du complot. D’accorder trop d’importance aux accusations non prouvées. De détruire des réputations sur la base de spéculations.
Où est la ligne entre informer le public et alimenter le cirque? Entre investiguer légitimement et participer à une chasse aux sorcières?
Des journalistes sérieux travaillent sur cette affaire depuis des années. Ils ont collecté des témoignages. Vérifié des faits. Croisé des sources. Leur travail est essentiel. Mais il est noyé dans le bruit des réseaux sociaux, des théories du complot et du sensationnalisme.
Ce que cette convocation dit de notre époque
La convocation des Clinton par Comer est symptomatique d’une époque. Une époque où les conventions ne tiennent plus. Où les normes sont brisées quotidiennement. Où le respect des institutions s’effondre.
Trump a commencé. En refusant de publier ses déclarations d’impôts. En attaquant publiquement le FBI. En graciant ses complices. En contestant les résultats électoraux. Chaque transgression affaiblissait un peu plus les garde-fous démocratiques.
Maintenant, c’est au tour des républicains du Congrès. Ils utilisent des outils légaux de manière inédite. Ils transforment des pouvoirs de surveillance en armes partisanes. Ils établissent des précédents qui vont hanter la politique américaine pendant des générations.
Est-ce qu’on peut revenir en arrière? Est-ce qu’on peut restaurer les conventions brisées? Ou est-ce qu’on est condamnés à une escalade permanente où chaque camp utilise tous les moyens disponibles pour détruire l’autre?
Les répercussions internationales
Le monde entier regarde. Les alliés américains s’inquiètent. Les adversaires se réjouissent. La Chine utilise cette affaire dans sa propagande pour montrer la décadence occidentale. La Russie ricane et parle d’hypocrisie américaine.
Comment les États-Unis peuvent-ils donner des leçons de démocratie et de droits humains quand leurs propres dirigeants sont impliqués dans de tels scandales? Comment peuvent-ils prétendre défendre les valeurs quand leur élite se compromet avec des prédateurs sexuels?
La crédibilité morale américaine était déjà écornée. L’affaire Epstein et ses ramifications politiques l’enterrent définitivement. Le soft power américain, construit patiemment pendant des décennies, s’effondre en quelques révélations.
Le jour où tout basculera
Les auditions sont prévues pour fin février 2026. Une date qui va entrer dans les livres d’histoire. Le jour où un ancien président américain témoignera sous serment sur ses relations avec un criminel sexuel condamné.
Les chaînes d’information vont diffuser en continu. Les réseaux sociaux vont exploser. Les analystes vont commenter chaque mot, chaque geste, chaque hésitation. Ce sera le Super Bowl de la politique américaine. Le procès du siècle version télé-réalité.
Et nous serons tous là, rivés à nos écrans, participant au festin cannibalique où une démocratie dévore ses propres enfants.
Parce que c’est ça, au fond. Une démocratie qui se mange elle-même. Qui utilise ses propres institutions pour se détruire de l’intérieur. Qui transforme ses mécanismes de contrôle en armes de destruction massive politique.
L'après-témoignage
Quoi qu’il se passe lors de ces auditions, une chose est certaine: rien ne sera plus pareil après. Soit les Clinton seront innocentés dans l’opinion publique – peu probable. Soit ils seront encore plus discrédités. Soit quelque chose de nouveau sera révélé qui changera tout ce qu’on croyait savoir.
Mais le vrai changement ne concernera pas les Clinton. Il concernera le système. Le précédent sera établi. Les anciens présidents ne seront plus intouchables. Les anciennes conventions ne tiendront plus. Les règles tacites qui régissaient la politique américaine depuis des générations seront mortes.
Et on vivra avec les conséquences. Pour le meilleur ou pour le pire. Probablement pour le pire.
Ce que nous pouvons encore sauver
Il reste peut-être une issue. Une possibilité de transformer ce désastre en opportunité. Si les auditions se focalisent sur les vraies questions. Si elles donnent la parole aux victimes. Si elles aboutissent à de vraies réformes pour protéger les vulnérables.
Mais soyons honnêtes. Ce n’est pas ce qui va se passer. Parce que ce n’est pas le but. Le but est de détruire politiquement les Clinton. De marquer des points partisans. De préparer les élections de 2028. Les victimes ne sont qu’un prétexte. Leur douleur, une arme politique.
Voilà où nous en sommes. Une société qui instrumentalise la souffrance des victimes d’abus sexuels pour régler des comptes politiques. Une démocratie qui utilise ses institutions non pas pour chercher la vérité, mais pour détruire ses adversaires.
Le précédent Comer va changer la politique américaine pour toujours. Pas dans le sens qu’on espérait. Pas vers plus de justice ou de transparence. Mais vers plus de vendetta, plus de polarisation, plus de chaos.
Et nous assisterons à tout ça, impuissants, en sachant pertinemment que le monstre qu’on est en train de créer va nous dévorer tous. Républicains. Démocrates. Citoyens ordinaires. Personne ne sera épargné quand les institutions s’effondreront complètement.
Les Clinton vont témoigner. L’histoire retiendra ce moment. Mais pas pour les raisons qu’on imagine. Elle le retiendra comme le moment où l’Amérique a définitivement perdu son innocence politique. Où le dernier vernis de civilité s’est craquelé. Où la guerre totale est devenue la norme.
Bienvenue dans le nouveau monde. Il ressemble étrangement à l’ancien. En pire.
Signé Maxime Marquette
Transparence et rigueur éditoriale
Cet article analyse les implications politiques et institutionnelles de la convocation des Clinton devant le Congrès dans le cadre de l’affaire Epstein. Les faits rapportés proviennent de sources journalistiques vérifiées. Les analyses et opinions exprimées reflètent le point de vue éditorial du chroniqueur et visent à stimuler la réflexion critique sur l’état de la démocratie américaine et l’instrumentalisation politique de scandales judiciaires.
Sources
Sources primaires
In forcing the Clintons to testify on Epstein, Comer sets a new precedent – Seattle Times, 5 février 2026
Trump Says He’s Bothered ‘Somebody Is Going After Bill Clinton’ Amid Epstein Files Scrutiny – Forbes, 5 février 2026
Sources secondaires
Affaire Epstein : ce scandale et ces liens dangereux qui n’en finissent pas d’embarrasser le président Donald Trump – La Dépêche, 5 février 2026
«Au sommet il y a peu de monde, et ils se connaissent tous»: Stephan Bureau décortique les derniers développements de l’affaire Epstein – TVA Nouvelles, 4 février 2026
How the Epstein files reignited a familiar Russia conspiracy – IOL, 5 février 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.