Skip to content
Importations européennes de GNL russe en hausse de 8% : anatomie pragmatique d’une dépendance que l’Europe ne peut trancher d’un coup de sabre
Crédit: Adobe Stock

La ventilation géographique des importations révèle des disparités considérables entre États membres, reflétant à la fois les capacités infrastructurelles et les choix stratégiques nationaux. En 2025, la France s’est positionnée comme le premier importateur européen de GNL russe en provenance de Yamal, avec près de 6,3 millions de tonnes représentant environ 42% du total des importations européennes depuis ce terminal. La Belgique arrive en deuxième position avec 4,2 millions de tonnes acheminées principalement vers le terminal de Zeebrugge, qui joue un rôle de plaque tournante pour la redistribution vers l’Europe occidentale.

Cette prééminence franco-belge s’explique par des facteurs essentiellement logistiques et contractuels. Les terminaux méthaniers français de Dunkerque, Montoir-de-Bretagne et Fos-sur-Mer disposent de capacités de réception considérables qui ont été dimensionnées pour accueillir des volumes importants de GNL quelle que soit leur provenance. Les contrats d’approvisionnement à long terme signés avant 2022, notamment par des acteurs comme Engie, comportent des engagements de volumes qui ne peuvent être rompus unilatéralement sans s’exposer à des pénalités financières substantielles et à des contentieux juridiques prolongés.

Le cas de TotalEnergies illustre particulièrement cette imbrication entre intérêts commerciaux et enjeux géopolitiques. Le groupe français détient 20% du capital de Yamal LNG aux côtés de Novatek (50,1%), CNPC (20%) et Silk Road Fund (9,9%). Cette participation, acquise bien avant le conflit ukrainien, place l’entreprise dans une position délicate où le désengagement se heurte à des obstacles juridiques, financiers et pratiques considérables. La direction de TotalEnergies a régulièrement défendu sa position en invoquant l’impossibilité légale de céder ses parts à des acheteurs russes en raison des sanctions, tout en soulignant qu’un abandon pur et simple constituerait une expropriation sans compensation.

Il serait réducteur de stigmatiser la France ou la Belgique pour leur position dans ce classement des importateurs. Ces pays disposent simplement d’infrastructures portuaires et gazières développées qui les rendent mécaniquement destinataires d’une part importante des flux de GNL vers l’Europe, quelle qu’en soit l’origine. La question pertinente n’est pas tant de savoir qui importe le plus, mais pourquoi l’Europe dans son ensemble n’a pas réussi à substituer ces volumes par des alternatives non russes malgré quatre années d’efforts proclamés.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu