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L’Amérique accélère le développement de missiles de croisière : quels bénéfices réels pour l’Ukraine ?
Crédit: Adobe Stock

La chronologie du programme ERAM défie toutes les conventions établies dans le secteur de la défense. En août 2024, l’armée de l’air américaine a lancé un appel d’offres pour développer une munition de croisière abordable et rapidement productible. Seize mois plus tard seulement, deux prototypes fonctionnels étaient prêts pour des essais en conditions réelles. Cette célérité remarquable contraste fortement avec les cycles de développement traditionnels qui s’étirent généralement sur une décennie, voire davantage.

Le secret de cette réussite réside dans un choix stratégique audacieux : confier le développement non pas aux géants traditionnels de l’industrie de défense comme Lockheed Martin ou Raytheon, mais à deux entreprises de taille modeste — Zone 5 Technologies, basée en Californie, et CoAspire, implantée en Virginie. Ces sociétés, libérées des lourdeurs bureaucratiques caractéristiques des grands groupes, ont pu innover avec une agilité que les mastodontes du secteur ne peuvent égaler.

Cette approche s’inscrit dans une philosophie plus large, articulée par les responsables militaires américains, visant à « rebâtir notre armée en responsabilisant nos équipes et partenaires industriels pour surmonter la bureaucratie ». Le programme ERAM illustre parfaitement cette volonté de réinventer les processus d’acquisition pour répondre aux urgences du terrain. Les prototypes ont été produits en seulement quatorze mois depuis la publication de la sollicitation en août 2024, et testés sur un Douglas A-4 ainsi que sur un chasseur ukrainien MiG-29.

Le général de brigade Mark Massaro, commandant de la 96e escadre d’essais, a résumé cette philosophie en termes clairs : « Le combat futur exige que nous créions un avantage asymétrique en développant des systèmes rentables et attritables comme l’ERAM qui donnent aux commandants la capacité de générer de la masse. » Cette notion de systèmes « attritables » — suffisamment peu coûteux pour que leur perte soit acceptable — marque une rupture fondamentale avec la doctrine des décennies précédentes.

En confiant ce projet à des entreprises innovantes plutôt qu’aux dinosaures de l’industrie de défense, Washington a fait un pari risqué mais gagnant qui pourrait inspirer d’autres programmes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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