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Le monde entre dans une ère d’incertitude nucléaire sans précédent : États-Unis et Russie naviguent en eaux troubles après l’expiration du traité New START
Crédit: Adobe Stock

Pavel Podvig, chercheur principal à l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement, a exprimé sa profonde inquiétude face à cette nouvelle configuration géopolitique. Selon lui, « la fin de cet accord ne rend certainement pas le monde plus sûr. La véritable perte réside dans la transparence », et sa disparition « accroît considérablement les risques politiques » auxquels la communauté internationale doit faire face. Ces propos, d’une sobriété remarquable compte tenu de la gravité de la situation, méritent d’être médités longuement par tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de la sécurité internationale.

Cette déclaration mérite une attention particulière, car elle émane d’un spécialiste reconnu internationalement pour son expertise en matière de contrôle des armements. La transparence à laquelle il fait référence ne constitue pas un simple agrément diplomatique ; elle représente le fondement même de la dissuasion stable. Sans information fiable sur les capacités adverses, les planificateurs militaires sont condamnés à formuler des hypothèses, souvent pessimistes, qui peuvent alimenter des spirales d’armement incontrôlées. C’est précisément cette logique du pire qui a conduit à l’accumulation insensée d’arsenaux nucléaires pendant la Guerre froide.

Les propos de Podvig révèlent une vérité inconfortable que nos dirigeants préfèrent ignorer : nous avons collectivement échoué à préserver l’un des rares mécanismes qui permettaient de maintenir un semblant de rationalité dans la gestion des arsenaux nucléaires, et cet échec pourrait avoir des conséquences irréversibles pour l’humanité tout entière.

D’autres analystes partagent cette évaluation sombre de la situation actuelle. Les communautés stratégiques des deux côtés de l’Atlantique s’accordent à reconnaître que l’absence de contraintes légales pourrait conduire les deux nations à adopter une planification fondée sur le « scénario du pire ». Cette approche prudente en apparence recèle en réalité des dangers considérables, car elle encourage chaque partie à surestimer les capacités de l’autre et à renforcer préventivement ses propres moyens de destruction. L’histoire de la Guerre froide démontre abondamment comment cette logique peut conduire à des courses aux armements ruineuses et déstabilisatrices.

Les experts soulignent également que la perte de transparence affecte non seulement les relations bilatérales russo-américaines, mais aussi l’ensemble du système international de non-prolifération. Comment convaincre des États non nucléaires de renoncer à l’arme atomique si les puissances qui en disposent refusent elles-mêmes de se soumettre à des contraintes vérifiables ? Cette question fondamentale mine la légitimité du Traité sur la non-prolifération et pourrait encourager de nouveaux acteurs à franchir le seuil nucléaire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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