Un « bon début » qui ne mène nulle part
À Muscat, les négociations entre les États-Unis et l’Iran se terminent sur des mots rassurants. Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, parle d’un « bon début ». Les Américains parlent de « progrès ». On se donne rendez-vous dans quelques semaines pour continuer les discussions.
Pourtant, tout le monde sait que ces négociations ne mèneront nulle part. Parce que les positions sont trop éloignées. Parce que la méfiance est trop profonde. Parce que, au fond, personne ne veut vraiment céder.
Les États-Unis veulent un Iran sans capacité nucléaire. Une position intenable pour Téhéran, qui voit dans son programme nucléaire une question de souveraineté et de survie. Les Iraniens veulent la levée des sanctions qui étouffent leur économie. Une demande inacceptable pour Washington, qui y voit un moyen de pression essentiel.
Alors on négocie. On parle. On fait semblant d’avancer. On se donne rendez-vous dans quelques semaines pour continuer les discussions. Comme si de rien n’était. Comme si, quelque part, on croyait vraiment que les mots suffiraient à éviter la guerre.
Mais la vérité, c’est que personne ne croit vraiment à ces négociations. Ni les Américains. Ni les Iraniens. Ni même les médiateurs omanais. Parce que, dans ce jeu, la diplomatie n’est qu’un écran de fumée. Une façon de gagner du temps. Une façon de faire semblant qu’on fait quelque chose, pendant qu’on prépare le pire.
Je repense à toutes les fois où j’ai entendu parler de « bons débuts » et de « progrès » dans des négociations comme celles-ci. À chaque fois, on nous dit que c’est différent. Que cette fois, ça va marcher. Que cette fois, les deux parties sont vraiment déterminées. Et puis, quelques semaines plus tard, tout s’effondre. Les sanctions restent. Les tensions montent. La guerre menace. Alors aujourd’hui, je me demande : est-ce qu’on est en train de se mentir à nous-mêmes ? Est-ce qu’on croit vraiment que, cette fois, ça va marcher ? Ou est-ce qu’on est simplement en train de jouer un rôle, pour donner l’illusion qu’on fait quelque chose ? Parce que la vérité, c’est que personne ne veut vraiment céder. Personne ne veut vraiment faire de compromis. Personne ne veut vraiment la paix. Pas vraiment. Pas au prix où il faudrait la payer.
L’ombre de la guerre
Pendant que les diplomates discutent à Muscat, les militaires bougent. Dans le golfe Persique, les navires de guerre américains et iraniens se croisent, se surveillent, se provoquent. Un faux mouvement, et tout peut exploser. À Tel-Aviv, le gouvernement israélien observe, méfiant. L’Iran reste l’ennemi numéro un. Et si les États-Unis signent un accord avec Téhéran, Israël pourrait décider d’agir seul. Comme en 2025, quand ses frappes aériennes ont failli déclencher une guerre totale.
À Washington, on joue sur deux tableaux. D’un côté, on négocie. De l’autre, on prépare des plans de frappe. « Toutes les options sont sur la table », répète-t-on à la Maison Blanche. Une phrase qui, dans le jargon diplomatique, signifie une seule chose : nous sommes prêts à bombarder. Les Iraniens le savent. Les Saoudiens, les Émiratis, les Israéliens le savent aussi. Tout le monde sait. Pourtant, on continue à parler. Parce que parler, c’est toujours mieux que se battre. Même si, parfois, ça ne mène à rien.
Mais la vérité, c’est que personne ne croit vraiment à la paix. Ni les Américains. Ni les Iraniens. Ni même les médiateurs. Parce que, dans ce jeu, la diplomatie n’est qu’un écran de fumée. Une façon de gagner du temps. Une façon de faire semblant qu’on fait quelque chose, pendant qu’on prépare le pire.
Section 3 : Moscou – La violence comme réponse
Un général dans la ligne de mire
Le général Vladimir Alekseyev n’est pas un inconnu. C’est un homme qui a passé sa vie dans l’ombre, à organiser des opérations que personne ne doit voir. En Syrie, il a coordonné les frappes russes. En Ukraine, il a supervisé des cyberattaques et des assassinats ciblés. En Angleterre, il est accusé d’avoir orchestré l’empoisonnement d’un ancien espion russe. Un homme sans pitié, dit-on. Un soldat de l’ombre.
Ce matin du 6 février, il quitte son appartement comme d’habitude. Mais aujourd’hui, quelqu’un l’attend. Un homme, armé, qui se fait passer pour un livreur. Quand Alekseyev ouvre la porte, l’inconnu tire. Trois coups de feu. Le général s’effondre, blessé à la jambe, au bras, et à la poitrine. Il survit, mais à peine. L’assassin s’enfuit. La police russe arrive, scelle les lieux, commence son enquête. Très vite, les médias d’État désignent un coupable : l’Ukraine.
À Kyiv, on ne dit rien. Officiellement. Officieusement, on murmure que Alekseyev était une cible légitime. Qu’il avait du sang sur les mains. Que la guerre, ça se paie. Mais personne ne revendique. Parce que dans ce genre de jeu, avouer, c’est perdre. Et puis, il y a les négociations de paix en cours. Officiellement, du moins. Parce que comment parler de paix quand on tire sur les négociateurs de l’autre camp ?
Je pense à Alekseyev, allongé dans son lit d’hôpital, entre la vie et la mort. Je me demande à quoi il pense. Est-ce qu’il regrette ? Est-ce qu’il se dit que, peut-être, il aurait dû voir venir le coup ? Ou est-ce qu’il se dit que c’est le prix à payer ? Parce que Alekseyev, c’est l’incarnation de cette guerre qui n’en finit pas. Une guerre où on ne meurt pas seulement sur le champ de bataille, mais aussi dans son propre immeuble, un matin ordinaire. Et je me demande : est-ce qu’un jour, on arrêtera de se tirer dessus ? Est-ce qu’un jour, on comprendra que la violence, ça ne mène qu’à plus de violence ?
La réponse de Moscou : accusations et menaces
Le Kremlin ne met pas longtemps à réagir. Sergei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, accuse immédiatement l’Ukraine. « Un acte terroriste », dit-il. Un acte destiné à « saboter les négociations de paix ». Pourtant, personne ne sait vraiment qui a tiré. Personne ne sait si c’est l’Ukraine, un groupe dissident russe, ou simplement un règlement de comptes interne. Mais peu importe. Parce que dans ce genre de jeu, la vérité compte moins que la narration.
À Moscou, on en profite pour rappeler que la Russie ne se laissera pas faire. Que chaque attaque sera vengée. Que chaque coup sera rendu. Les médias d’État diffusent des images de l’immeuble d’Alekseyev, des enquêteurs qui sortent, des voisins sous le choc. On montre les impacts de balles, le sang sur les marches. On parle de « lâcheté », de « terrorisme », de « guerre hybride ». On prépare l’opinion. Parce que quand on tire sur un général, on tire sur la Russie toute entière. Et ça, ça ne peut pas rester sans réponse.
Alors on prépare la riposte. On parle de représailles. On parle de frappe. On parle de guerre. Parce que c’est tout ce qu’on sait faire. Parce que, dans ce monde, la violence appelle la violence. Et que personne ne semble vouloir briser ce cercle.
Section 4 : Le lien invisible entre Muscat et Moscou
Deux scènes, un même monde
À première vue, les deux événements n’ont rien à voir. D’un côté, des négociations à Oman. De l’autre, une tentative d’assassinat à Moscou. Pourtant, ils sont liés. Parce que dans les deux cas, il s’agit de pouvoir. De qui le détient. De qui le perd. De qui est prêt à tout pour le garder.
À Muscat, on parle de paix. Mais c’est une paix armée. Une paix où chacun garde un pistolet dans sa poche, au cas où. Où chaque mot est une menace déguisée. Où chaque sourire cache une lame. À Moscou, on tire. Parce que parfois, les mots ne suffisent plus. Parce que la violence, c’est le dernier argument des rois. Et dans ce monde, tout le monde veut être roi.
Alors oui, ce 6 février 2026, deux scènes se jouent en parallèle. Deux scènes qui, ensemble, racontent une seule histoire : celle d’un monde où la diplomatie et la violence sont les deux faces d’une même pièce. Où on négocie le matin et on tire le soir. Où on parle de désescalade en préparant l’escalade.
Et nous, dans tout ça ? Nous, on regarde. On lit les titres. On hoche la tête. On passe à autre chose. Jusqu’à la prochaine fois. Jusqu’à ce que, peut-être, un jour, on comprenne que c’est nous, aussi, qui paierons le prix.
Je repense à cette journée. À ces deux images qui s’entremêlent dans ma tête : Araghchi, assis à une table de négociation, et Alekseyev, allongé dans une mare de sang. Deux hommes. Deux destins. L’un essaie d’éviter la guerre. L’autre en est une victime. Et je me demande : est-ce qu’un jour, on choisira vraiment la paix ? Est-ce qu’un jour, on comprendra que les balles et les mots ne font pas bon ménage ? Ou est-ce qu’on est condamné à répéter les mêmes erreurs, encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ?
Section 5 : Les enjeux cachés – Ce que personne ne dit
L’Iran et la bombe : une question de survie
Derrière les sourires diplomatiques de Muscat, il y a une réalité crue : pour l’Iran, le programme nucléaire n’est pas une option. C’est une question de survie. Dans un Moyen-Orient où Israël a l’arme atomique, où les États-Unis ont des bases militaires partout, où l’Arabie Saoudite achète des missiles à la Chine, Téhéran ne peut pas se permettre d’être vulnérable. Les sanctions étouffent le pays. L’inflation explose. Les gens manifestent. Le régime tremble.
Alors oui, Araghchi parle de « bon début ». Mais il sait, comme tout le monde, que les Américains ne lâcheront rien. Que Donald Trump ne reculera pas. Que si l’Iran cède, ce sera vu comme une faiblesse. Et dans cette région, la faiblesse, ça se paie cher. Très cher.
Alors on négocie. On gagne du temps. On espère que quelque chose changera. Que les États-Unis auront besoin d’un accord pour une raison ou une autre. Que la Chine ou la Russie interviendront. Que quelque chose, n’importe quoi, fera pencher la balance. En attendant, on serre les dents. Et on prépare le pire.
Je pense aux Iraniens. Pas aux dirigeants, pas aux mollahs, mais aux gens. Ceux qui font la queue pour du pain. Ceux qui manifestent et se font tirer dessus. Ceux qui rêvent d’une vie normale, sans sanctions, sans guerre, sans peur. Et je me demande : est-ce qu’on se rend compte, nous, de l’autre côté, de ce que ça fait ? De vivre dans un pays où, tous les matins, tu te demandes si aujourd’hui sera le jour où tout explose ? Où tu regardes tes enfants en te demandant quel monde tu leur laisseras ? Parce que derrière les grands discours sur la « menace nucléaire iranienne », il y a des millions de vies. Des vies qu’on écrase avec des sanctions, des menaces, des bombes. Et je me demande : est-ce qu’un jour, on arrêtera de jouer aux échecs avec des vies humaines ?
La Russie et ses généraux : des cibles mobiles
À Moscou, on tire sur un général. Mais ce n’est pas la première fois. Depuis le début de la guerre en Ukraine, plusieurs officiers russes de haut rang ont été assassinés. Certains par l’Ukraine. D’autres par des groupes russes opposés à Poutine. D’autres encore dans des règlements de comptes obscurs. Alekseyev n’est qu’un nom de plus sur une liste qui s’allonge.
Pourquoi lui ? Parce qu’il était un symbole. Un homme qui avait négocié avec Prigozhin, avant que ce dernier ne meure dans un crash d’avion. Un homme qui savait trop de choses. Un homme qui, peut-être, en savait trop sur les failles du régime. Ou peut-être, simplement, parce qu’il était là, à portée de main.
Le Kremlin accuse l’Ukraine. Parce que c’est facile. Parce que ça permet de justifier la répression. Parce que ça donne une raison de frapper plus fort. Mais la vérité, c’est que personne ne sait. Et dans ce brouillard, tout le monde a intérêt à ce que la vérité ne sorte pas. Parce que si elle sort, c’est tout l’échafaudage qui s’effondre.
Section 6 : Les États-Unis – Entre le marteau et l’enclume
Trump et la politique du « zero nuclear »
De retour à la Maison Blanche depuis 2024, Donald Trump a une ligne claire : « zéro capacité nucléaire » pour l’Iran. Pas de compromis. Pas de demi-mesures. Soit l’Iran abandonne tout, soit les États-Unis frapperont. Une position qui plaît à son électorat. Qui rassure Israël et l’Arabie Saoudite. Mais qui rend toute négociation presque impossible.
Pourtant, les États-Unis négocient. Pourquoi ? Parce que la guerre, ça coûte cher. En vies. En argent. En réputation. Parce que personne ne veut d’un nouveau conflit au Moyen-Orient. Parce que, quelque part, même Trump sait que les mots valent parfois mieux que les bombes. Mais il ne peut pas le dire. Alors on envoie des amiraux à Muscat. On parle de « pression maximale ». On serre la vis. Et on espère que l’Iran craquera le premier.
Mais l’Iran ne craquera pas. Pas comme ça. Pas sans garanties. Pas sans levée des sanctions. Alors on est dans une impasse. Une impasse où chacun attend que l’autre cligne des yeux le premier. Une impasse où, à chaque minute, le risque d’une erreur de calcul grandit.
Je pense à Trump. À sa rhétorique de cow-boy. « Zero nuclear ». Comme si c’était aussi simple que d’appuyer sur un bouton. Comme si on parlait d’un jeu vidéo, pas de millions de vies. Et je me demande : est-ce qu’il se rend compte, lui, de ce que ça signifie ? Est-ce qu’il comprend que derrière ses grands discours, il y a des pères, des mères, des enfants ? Des gens qui, eux, n’ont pas le luxe de jouer à la guerre. Parce que pour eux, la guerre, c’est tous les jours. C’est la queue pour le pain. C’est la peur des bombes. C’est l’attente interminable d’un monde meilleur qui ne vient jamais. Et je me demande : est-ce qu’un jour, les dirigeants comprendront que leurs mots ont un poids ? Que leurs décisions se mesurent en vies humaines, pas en tweets ?
L’Ukraine et le jeu dangereux des assassinats ciblés
Officiellement, Kyiv ne dit rien. Officieusement, tout le monde sait que l’Ukraine a une liste. Une liste de généraux russes. De responsables du GRU. D’hommes qui, selon elle, méritent de mourir. Parce qu’ils ont ordonné des frappes sur des écoles. Parce qu’ils ont supervisé des tortures. Parce qu’ils sont les visages de cette guerre qui n’en finit pas.
Alekseyev était sur cette liste. Pas seulement parce qu’il était un général. Mais parce qu’il était un symbole. Un homme qui avait négocié avec Prigozhin. Qui avait supervisé des opérations en Ukraine. Qui, peut-être, savait où étaient les failles du régime russe. Alors on a tiré. Pas pour le tuer. Pour envoyer un message. Pour rappeler que, même à Moscou, personne n’est en sécurité.
Mais c’est un jeu dangereux. Parce que chaque assassinat, chaque attentat, donne à la Russie une raison de frapper plus fort. De serrer encore plus l’étau. De justifier la répression. Et à la fin, ce sont toujours les mêmes qui paient : les soldats sur le front, les civils sous les bombes, les familles qui attendent des nouvelles qui n’arrivent jamais.
Section 7 : Le rôle d’Oman – Le petit pays qui tente de sauver le monde
Un médiateur discret mais essentiel
Oman n’est pas un géant. Ce n’est ni les États-Unis, ni la Chine, ni la Russie. C’est un petit pays du Golfe, avec une population de quelques millions d’habitants et une économie dépendante du pétrole. Pourtant, depuis des années, c’est lui qui joue les médiateurs. Entre l’Iran et les États-Unis. Entre l’Arabie Saoudite et le Yémen. Entre Israël et le Hamas.
Pourquoi Oman ? Parce qu’il est neutre. Parce qu’il a des relations avec tout le monde. Parce qu’il croit, peut-être naïvement, que la diplomatie peut encore sauver des vies. Alors il accueille les négociations. Il offre son palais, son café, ses sourires. Il espère que, cette fois, ça marchera.
Mais Oman sait aussi que son rôle est fragile. Qu’un faux pas, une phrase malencontreuse, et tout peut s’effondrer. Qu’il suffit d’un attentat à Moscou, d’une frappe en Ukraine, d’un tweet de Trump, pour que tout soit remis en question. Pourtant, il continue. Parce que quelqu’un doit le faire. Parce que si même les petits pays baissent les bras, alors il ne reste plus rien.
Je pense à Oman. À ce petit pays qui, année après année, tente de ramasser les morceaux d’un monde brisé. Qui accueille les ennemis jurés autour d’une même table. Qui croit, contre toute évidence, que les mots peuvent encore quelque chose. Et je me demande : est-ce qu’on se rend compte de ce que ça représente ? De ce que ça coûte, émotionnellement, à un pays comme Oman, de voir ses efforts réduits à néant par une balle à Moscou, une frappe en Ukraine, un tweet enragé ? Est-ce qu’on comprend que, sans eux, il n’y aurait même plus l’illusion de la paix ?
Les limites de la médiation
Pourtant, Oman a ses limites. Il ne peut pas forcer les États-Unis à céder. Il ne peut pas forcer l’Iran à abandonner son programme nucléaire. Il ne peut pas empêcher la Russie de frapper l’Ukraine. Tout ce qu’il peut faire, c’est offrir un espace. Un lieu où, peut-être, les ennemis pourront se parler sans se tirer dessus.
Mais aujourd’hui, même ça semble de moins en moins possible. Parce que le monde est devenu trop polarisé. Trop violent. Trop pressé. Parce que personne n’a plus le temps pour la diplomatie. Parce que tout le monde veut des résultats, tout de suite. Et que les résultats, dans ce monde, se mesurent en bombes, pas en poignées de main.
Alors Oman continue. Parce que c’est tout ce qu’il peut faire. Parce que, quelque part, il croit encore que ça vaut le coup. Même si, au fond, il sait que le prochain coup de feu, la prochaine explosion, peut tout faire basculer.
Section 8 : Les victimes silencieuses – Ceux qu’on ne voit pas
Les Iraniens sous les sanctions
Pendant qu’on négocie à Muscat, les Iraniens souffrent. Les sanctions américaines les étouffent. Le rial s’effondre. Les prix explosent. Les médicaments manquent. Les gens meurent, faute de soins. Des enfants meurent, faute de lait. Des mères pleurent, faute d’espoir.
Pourtant, on ne parle pas d’eux. On parle de centrifuges, d’uranium enrichi, de « seuil nucléaire ». On parle de stratégie, de géopolitique, de rapports de force. Mais on ne parle pas des visages. Des mains qui tremblent en faisant la queue pour du pain. Des yeux qui brillent de larmes quand on parle d’avenir.
Pourtant, ils sont là. Ils attendent. Ils espèrent. Ils prient pour que, cette fois, les négociations marchent. Pour que, cette fois, on pense à eux. Pas seulement aux bombes. Pas seulement aux menaces. Mais à eux. Aux gens. Aux vies.
Je pense à ces Iraniens. Ceux qu’on ne voit jamais à la télé. Ceux dont on ne parle jamais dans les grands discours. Ceux qui, tous les matins, se lèvent en se demandant comment ils vont nourrir leurs enfants. Ceux qui, tous les soirs, prient pour que demain soit meilleur. Et je me demande : est-ce qu’on se rend compte, nous, de l’autre côté, de ce que ça fait ? De vivre dans un pays où, tous les jours, tu te sens comme un otage ? Où tu dépends des décisions de gens qui ne te connaissent même pas ? Qui ne savent même pas que tu existes ? Parce que moi, je les vois. Je les vois dans les files d’attente. Dans les regards épuisés. Dans les mains qui serrent les leurs. Et je me demande : est-ce qu’un jour, on arrêtera de les oublier ?
Les Ukrainiens dans l’ombre de la guerre
À Kyiv, on ne commente pas l’attentat contre Alekseyev. Officiellement. Officieusement, on sait que chaque général russe de moins, c’est une victoire. Une petite revanche. Un moyen de rappeler à Moscou que la guerre a un prix.
Mais derrière les communiqués triomphants, il y a la réalité. Celle des villes détruites. Des familles séparées. Des enfants qui grandissent sans père. Des mères qui enterrent leurs fils. Des pères qui partent au front en sachant qu’ils ne reviendront peut-être pas.
On parle d’Alekseyev. On parle de négociations. On parle de stratégie. Mais on ne parle pas d’eux. Ceux qui, tous les jours, paient le prix de cette guerre. Ceux qui, tous les soirs, prient pour que ça s’arrête. Ceux qui, tous les matins, se réveillent en se demandant si aujourd’hui sera le jour où tout bascule.
Pourtant, ils sont là. Ils résistent. Ils tiennent. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que, quelque part, ils croient encore que ça vaut le coup. Que la liberté, ça se paie. Même au prix du sang.
Section 9 : Le monde regarde – Et alors ?
L’indifférence internationale
Pendant qu’on négocie à Muscat, pendant qu’on tire à Moscou, le monde regarde. Et puis il passe à autre chose. Parce qu’il y a toujours une autre crise. Une autre guerre. Un autre scandale.
Les médias parlent des négociations. Ils parlent de l’attentat. Ils analysent, ils commentent, ils spéculent. Mais ils ne restent pas. Parce que l’attention, aujourd’hui, c’est une denrée rare. Parce que le public veut du sang, du drame, de l’émotion. Pas des négociations interminables. Pas des diplomates qui parlent pendant des heures sans rien décider.
Alors on passe à autre chose. On oublie. On tourne la page. Jusqu’à la prochaine fois. Jusqu’au prochain attentat. Jusqu’à la prochaine guerre.
Je pense à nous. À notre indifférence. À notre capacité à passer d’une tragédie à l’autre sans jamais vraiment nous arrêter. À notre façon de regarder les images de Muscat, de Moscou, de Kyiv, en hochant la tête avant de retourner à nos vies. Et je me demande : est-ce qu’on se rend compte ? Est-ce qu’on comprend que, derrière chaque titre, il y a des vies ? Des gens comme nous ? Des gens qui aiment, qui espèrent, qui souffrent ? Ou est-ce qu’on a simplement décidé que c’était trop dur ? Trop compliqué ? Trop loin ? Et je me demande : est-ce qu’un jour, on arrêtera de détourner le regard ?
L’ONU et l’impuissance des mots
À New York, l’ONU observe. Elle publie des communiqués. Elle appelle au calme. Elle rappelle les résolutions. Elle condamne la violence. Elle exige des enquêtes.
Mais personne n’écoute. Parce que l’ONU, aujourd’hui, c’est une coquille vide. Un lieu où on parle, où on discute, où on négocie. Mais où on n’agit pas. Parce que les grandes puissances ont le droit de veto. Parce que chacun défend ses intérêts. Parce que, au fond, personne ne veut vraiment que ça change.
Alors l’ONU continue à parler. Parce que c’est tout ce qu’elle peut faire. Parce que, quelque part, elle croit encore que les mots ont un pouvoir. Même si, de plus en plus, ils sonnent creux.
Section 10 : Et maintenant ? – Le lendemain d’un jour ordinaire
À Muscat, l’attente
À Muscat, les négociations se terminent. Les délégations rentrent chez elles. Araghchi parle d’un « bon début ». Les Américains parlent de « progrès ». Personne ne dit que c’est fini. Personne ne dit que c’est réussi. Personne ne dit que c’est un échec.
On se donne rendez-vous dans quelques semaines. Pour continuer à parler. Pour continuer à négocier. Pour continuer à espérer. Même si, au fond, tout le monde sait que rien ne changera. Que les positions sont trop éloignées. Que les enjeux sont trop grands. Que la méfiance est trop profonde.
Pourtant, on continue. Parce que c’est tout ce qu’il reste. Parce que, quelque part, on croit encore que ça vaut le coup. Que, peut-être, un jour, les mots l’emporteront sur les balles.
À Moscou, la colère
À Moscou, Alekseyev est toujours à l’hôpital. Les médecins disent qu’il survivra. Peut-être. Personne ne sait vraiment. Personne ne sait non plus qui a tiré. Personne ne sait si c’était l’Ukraine. Un groupe dissident. Un règlement de comptes.
Mais peu importe. Parce que le Kremlin a déjà sa version. Parce que Lavrov a déjà accusé Kyiv. Parce que les médias d’État ont déjà leur récit. Parce que, dans ce jeu, la vérité compte moins que la narration.
Alors on prépare la réponse. On parle de représailles. On parle de frappe. On parle de guerre. Parce que c’est tout ce qu’on sait faire. Parce que, dans ce monde, la violence appelle la violence. Et que personne ne semble vouloir briser ce cercle.
Section 11 : Le monde d’après – Ou l’illusion de la paix
Ce qui reste
Ce 6 février 2026, deux scènes se sont jouées. Deux scènes qui, ensemble, racontent une seule histoire : celle d’un monde où la paix et la violence coexistent. Où on négocie le matin et on tire le soir. Où on parle de désescalade en préparant l’escalade.
À Muscat, on a parlé. On a espéré. On a cru, peut-être, qu’on pouvait éviter le pire. À Moscou, on a tiré. On a rappelé à tout le monde que la guerre, elle, ne prend pas de pause.
Et maintenant ? Maintenant, on attend. On attend la prochaine négociation. La prochaine balle. La prochaine explosion. Parce que c’est ça, notre monde. Un monde où on alterne entre l’espoir et la désillusion. Entre les mots et les balles. Entre la paix et la guerre.
Et nous, dans tout ça ? Nous, on regarde. On lit les titres. On hoche la tête. On passe à autre chose. Jusqu’à la prochaine fois. Jusqu’à ce que, peut-être, un jour, on comprenne que c’est nous, aussi, qui paierons le prix.
Je repense à cette journée. À ces deux images qui s’entremêlent dans ma tête : Araghchi, assis à une table de négociation, et Alekseyev, allongé dans une mare de sang. Deux hommes. Deux destins. L’un essaie d’éviter la guerre. L’autre en est une victime. Et je me demande : est-ce qu’un jour, on choisira vraiment la paix ? Est-ce qu’un jour, on comprendra que les balles et les mots ne font pas bon ménage ? Ou est-ce qu’on est condamné à répéter les mêmes erreurs, encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ?
Ce qu’on pourrait faire
Peut-être qu’un jour, on arrêtera de jouer. Peut-être qu’un jour, on comprendra que la paix, ça ne se négocie pas avec des pistolets dans la poche. Que la diplomatie, ça ne se fait pas en tirant sur les négociateurs de l’autre camp. Que la sécurité, ça ne se construit pas en écrasant les autres.
Peut-être qu’un jour, on se souviendra que derrière chaque titre, chaque communiqué, chaque déclaration, il y a des vies. Des gens. Des familles. Des enfants qui grandissent dans la peur. Des parents qui pleurent leurs morts. Des soldats qui meurent pour des causes qu’ils ne comprennent pas.
Peut-être qu’un jour, on choisira vraiment la paix. Pas celle des communiqués. Pas celle des poignées de main en public et des couteaux dans le dos en privé. Mais celle, vraie, qui se construit dans la confiance. Dans le respect. Dans la volonté de vivre ensemble, pas les uns contre les autres.
En attendant, on continue. On négocie. On tire. On espère. On pleure. On recommence.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian, Al Jazeera, BBC, NPR, ABC News, Euronews, CBC, CBS News, Kyiv Post).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Iran says indirect talks between US and Iranian officials have ended in Oman after weeks of escalating tensions – 6 février 2026
U.S., Iran indirect talks conclude a U.S. Navy commander present Iran and the United States held indirect talks in Oman on Friday – 6 février 2026
Senior US and Iranian officials are set to continue discussions after talks in Oman – 6 février 2026
Iran and US to reopen nuclear talks in Oman after weeks of tension – 6 février 2026
Iran and the US held indirect Oman talks on Tehran’s nuclear programme, agreeing to continue negotiations despite ongoing tensions – 6 février 2026
Sources secondaires
Senior Russian officer shot in Moscow in apparent assassination attempt – 6 février 2026
Top Russian general shot in Moscow as talks stall on Ukraine ceasefire – 6 février 2026
Senior Russian officer in hospital after being shot in Moscow – 6 février 2026
Russian army general shot in Moscow as foreign minister blames Ukraine for « terrorist act » – 6 février 2026
Top Russian GRU general and cyber ops chief shot in Moscow attack – 6 février 2026
Moscow Blames Ukraine After Wagner-Linked GRU General Shot in Moscow – 6 février 2026
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