Des prix « low cost »… mais pas les plus bas
L’enquête d’Axios est accablante. Prenez l’exemple de l’insuline, un médicament vital pour des millions de diabétiques. TrumpRx la propose à 35 $ le flacon. Un prix déjà inférieur à celui des pharmacies traditionnelles (qui peut monter jusqu’à 300 $). Sauf que Mark Cuban Cost Plus Drug Company la vend à… 29,99 $. Et que des programmes comme Insulin Affordability (dans certains États) la proposent pour 30 $ maximum, voire gratuite pour les patients éligibles.
Autre exemple : le EpiPen, ce stylo auto-injecteur d’adrénaline qui sauve des vies en cas de choc allergique. TrumpRx le propose à 120 $ la boîte de deux. Un prix correct, mais GoodRx permet de l’obtenir pour 90 $ dans certaines pharmacies. Et avec des coupons de réduction, on peut même descendre à 70 $.
Le problème ? TrumpRx ne mentionne pas ces alternatives. Le site se contente de dire : « Voici nos prix bas », sans comparer avec ce qui existe déjà. Une omission qui frise la désinformation.
Ce qui me révolte, c’est l’arrogance du système. TrumpRx se présente comme une révolution, une libération pour les Américains écrasés par le coût des soins. Mais en réalité, c’est juste une vitrine — une vitrine avec le nom de Trump en gros, qui donne l’illusion d’une solution, alors qu’elle n’est qu’un mirage. Le pire, c’est que des gens, désespérés, vont y croire. Parce qu’ils n’ont pas le temps de comparer, pas les moyens de vérifier. Ils ont juste besoin d’un médicament pour survivre.
Un site qui surf sur la misère… et sur la marque Trump
TrumpRx n’est pas une pharmacie. C’est un intermédiaire qui redirige les clients vers des pharmacies partenaires, en prenant une commission au passage. Rien de nouveau sous le soleil : des sites comme GoodRx ou Blink Health font la même chose depuis des années. Sauf que eux, ils ne prétendent pas « sauver l’Amérique ».
Le vrai génie (ou le vrai cynisme) de TrumpRx, c’est d’avoir compris que dans l’Amérique de 2026, la marque Trump vaut plus que n’importe quelle expertise médicale. Les électeurs de Trump lui font confiance — ou du moins, ils lui font plus confiance qu’aux laboratoires, aux assureurs, ou au gouvernement. Alors si Trump dit : « J’ai négocié les meilleurs prix pour vous », ils y croient. Même si, en réalité, il n’a rien négocié du tout.
Et c’est là que le bât blesse. Parce que TrumpRx n’est pas une solution au problème des prix des médicaments. C’est une exploitation de ce problème. Une façon de monétiser la détresse des Américains, en leur faisant croire qu’ils obtiennent un bon deal, alors qu’ils pourraient avoir mieux ailleurs.
Les victimes collatérales : ceux qui paient le prix fort
Les malades chroniques, premières cibles
Qui sont les clients de TrumpRx ? Principalement des Américains sans assurance ou mal assurés, qui doivent payer leurs médicaments de leur poche. Des gens atteints de diabète, d’asthme, de maladies cardiaques — des affections qui nécessitent des traitements à vie.
Pour eux, chaque dollar compte. Alors quand ils voient TrumpRx promettre des prix bas, ils sautent sur l’occasion. Sans toujours prendre le temps de comparer. Sans savoir qu’ils pourraient économiser encore plus ailleurs.
Prenez l’exemple de Lisa Martinez, une mère célibataire du Texas interviewée par Axios. Elle achète son insuline sur TrumpRx depuis 6 mois, pensant faire une bonne affaire. Elle paie 35 $ par flacon. Quand on lui a montré qu’elle pouvait l’avoir pour 29,99 $ chez Mark Cuban, elle a éclaté en sanglots : « Personne ne m’a dit ça. Pourquoi personne ne m’a dit ça ? »
Des histoires comme celle de Lisa, il y en a des milliers. Des gens qui font confiance à TrumpRx, parce qu’ils font confiance à Trump, et qui paient le prix — littéralement.
Lisa Martinez, c’est le visage de l’Amérique que TrumpRx exploite. Une Amérique fatiguée, désespérée, prête à croire n’importe qui lui promet un peu de répit. Et Trump, lui, il sait ça. Il sait que ces gens n’ont ni le temps ni l’énergie pour vérifier, pour comparer, pour douter. Alors il leur vend du rêve. Ou plutôt, il leur vend l’illusion du rêve. Et pendant ce temps, les laboratoires pharmaceutiques, eux, continuent de s’en mettre plein les poches. Parce que TrumpRx, au fond, ne change rien au système. Il se contente d’y ajouter une couche de marketing.
Les petits pharmacies locales, les grands perdants
TrumpRx ne se contente pas de tromper les clients. Il écrase aussi les petites pharmacies locales, celles qui, depuis des décennies, servent leurs communautés avec dévolution et proximité.
Ces pharmacies n’ont pas les moyens de négocier des prix aussi bas que les géants en ligne. Elles n’ont pas non plus le pouvoir marketing de TrumpRx. Résultat : les clients, attirés par les promesses de réductions, désertent les pharmacies de quartier pour acheter en ligne.
À Springfield, dans le Missouri, la pharmacie « Johnson’s Drugs », ouverte depuis 1958, a dû licencier 3 employés en 2025, faute de clients. « Les gens viennent nous voir pour un conseil, puis ils commandent sur TrumpRx parce que c’est moins cher, explique le propriétaire, Robert Johnson. Sauf que souvent, ce n’est même pas vrai. Et même quand c’est vrai, on ne peut pas rivaliser avec leur machine à marketing. »
Ironie de l’histoire : Trump se présente comme le défenseur des petites entreprises. Pourtant, avec TrumpRx, il contribue à les tuer.
Le vrai problème : un système de santé à l’agonie
Les prix des médicaments, un scandale américain
Le problème de fond, ce n’est pas TrumpRx. C’est le système de santé américain, où les prix des médicaments sont jusqu’à 10 fois plus élevés qu’ailleurs dans le monde. Où les laboratoires pharmaceutiques ont un pouvoir de monopole quasi absolu. Où les assurances refusent de couvrir les traitements les plus coûteux. Où des millions de gens doivent choisir entre se soigner et manger.
TrumpRx ne résout aucun de ces problèmes. Il se contente de surfer sur la vague de la colère des Américains, en leur faisant croire qu’il est leur sauveur. Alors qu’en réalité, il est juste un autre acteur dans un système pourri jusqu’à la moelle.
Le vrai changement viendrait d’une réforme structurelle : un plafond sur les prix des médicaments, comme dans les autres pays développés. Une négociation centralisée des prix par le gouvernement, comme le propose Joe Biden depuis des années. Une transparence totale sur les coûts de production et les marges des laboratoires.
Mais ça, Trump ne le fera jamais. Parce que ça demanderait de s’attaquer aux vrais responsables : les Big Pharma, les lobbyistes, les actionnaires qui s’enrichissent sur le dos des malades. Et Trump, lui, préfère faire semblant.
Ce qui me rend malade — littéralement — c’est de voir à quel point on a normalisé la souffrance en Amérique. On a normalisé le fait que des gens meurent parce qu’ils ne peuvent pas payer leurs médicaments. On a normalisé le fait que des mères diluent l’insuline de leurs enfants pour qu’elle dure plus longtemps. On a normalisé le fait que des retraités choisissent entre leurs pilules et leur chauffage. Et dans ce contexte, TrumpRx arrive comme une bouffée d’oxygène… sauf que c’est de l’oxygène empoisonné. Parce que ça donne l’illusion qu’on fait quelque chose, alors qu’on ne fait que perpetuer le système.
Les vraies solutions existent… mais personne n’en parle
Pendant que TrumpRx fait les gros titres, des initiatives réelles et efficaces passent à la trappe. Par exemple :
– Mark Cuban Cost Plus Drug Company : une pharmacie en ligne qui vend les médicaments au prix coûtant + 15 %, sans marge excessive. Résultat : des prix jusqu’à 90 % moins chers que dans les pharmacies traditionnelles.
– Les programmes d’aide des États : plusieurs États, comme le Colorado ou le Maine, ont mis en place des plafonds de prix pour l’insuline et d’autres médicaments essentiels.
– Les coopératives pharmaceutiques : des groupes de patients qui s’organisent pour négocier ensemble des prix plus bas avec les laboratoires.
– La loi sur la négociation des prix du Medicare, adoptée sous Biden, qui commence enfin à faire baisser les coûts pour les seniors.
Mais ces solutions, elles, ne font pas de gros titres. Elles n’ont pas le nom d’un président en gros sur leur site. Elles ne promettent pas de « tout casser » en un clic. Alors on n’en parle pas.
TrumpRx, symbole d’une Amérique en trompe-l’œil
Le capitalisme de la désinformation
TrumpRx est le symbole parfait de l’Amérique de 2026 : un pays où la réalité est de plus en plus difficile à distinguer du marketing. Où les gens préfèrent croire à une promesse tape-à-l’œil plutôt qu’à une solution réelle mais moins médiatique.
C’est un pays où un homme comme Trump peut vendre du vent et se faire passer pour un sauveur, simplement parce qu’il a su capter la colère et la détresse des gens. Où les faits importent moins que les émotions. Où la vérité est ce que vous en faites.
Et c’est ça, le vrai danger. Pas TrumpRx en soi — mais ce qu’il représente : une Amérique où la démagogie l’emporte sur la raison, où le spectacle prime sur la substance, où on préfère une illusion de solution à une vraie réforme.
Je me demande parfois si on est encore capable, en Amérique, de faire la différence entre ce qui nous sauve et ce qui nous endort. TrumpRx, c’est de l’opium pour le peuple. Une dose de faux espoir qui nous empêche de voir que le système est pourri, et qu’il faut le changer en profondeur. Mais on préfère avaler la pilule — même si elle est plus chère qu’ailleurs — parce qu’elle a le bon goût. Celui de la révolte, de la promesse, de l’illusion qu’on va enfin gagner. Alors on ferme les yeux. Et on paie. Toujours.
Et maintenant ?
Alors, que faire ? Boycotter TrumpRx ? Oui, bien sûr. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut exiger des réformes réelles. Il faut soutenir les alternatives qui fonctionnent vraiment, comme la pharmacie de Mark Cuban. Il faut voter pour des élus qui osent s’attaquer aux laboratoires pharmaceutiques et aux assureurs.
Il faut, surtout, arrêter de croire aux miracles. Parce que TrumpRx n’en est pas un. C’est juste un autre business, un autre coup de pub, un autre moyen pour Trump de se présenter en sauveur, alors qu’il n’est qu’un profiteur.
L’Amérique mérite mieux que ça. Ses malades méritent mieux que ça. Il est temps de lever le voile sur ces illusions, et d’exiger des solutions — pas des mirages.
Conclusion : Le prix de l’illusion
Une arnaque de plus sur la pile
TrumpRx, au fond, c’est juste une arnaque de plus dans la longue liste des promesses non tenues de Donald Trump. Une opération marketing déguisée en révolution, qui profite de la détresse des Américains pour se faire de la pub.
Le pire, c’est que ça marche. Parce que dans un pays où les gens meurent faute de pouvoir payer leurs médicaments, une promesse de réduction des prix — même mensongère — est une bouée de sauvetage. Même si cette bouée est en carton.
Mais à quel prix ? À quel prix, cette illusion ? Celui de Lisa Martinez, qui paie 6 $ de trop par flacon d’insuline. Celui des pharmacies locales, qui ferment boutique. Celui d’un système de santé qui continue de s’effondrer, pendant qu’on se contente de pansements marketing.
Je repense à cette phrase de Upton Sinclair : « Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un quand son salaire dépend de ce qu’il ne comprenne pas. » Avec TrumpRx, on est dans la situation inverse : il est difficile de faire comprendre aux gens qu’ils se font arnaquer, quand leur vie dépend de croire qu’ils font une bonne affaire. Alors on ferme les yeux. On avale la pilule. Et on espère que demain, ça ira mieux. Mais demain, TrumpRx sera toujours là. Et les vrais problèmes aussi.
Le choix qui nous reste
Alors, que faire ? Ouvrir les yeux. Comparer. Exiger. Se battre.
Parce que TrumpRx, ce n’est pas une solution. C’est un symptôme. Le symptôme d’un pays où la démagogie a remplacé la politique, où le marketing a remplacé la médecine, où les illusions valent plus que les réalités.
Et si on veut que ça change, il va falloir arrêter de croire aux contes de fées. Même quand ils sont racontés par un ex-président.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques économiques, sociales et politiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies des acteurs publics et privés, à comprendre les mécanismes de pouvoir, et à proposer des perspectives critiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : enquête d’Axios sur TrumpRx (6 février 2026), données de prix comparatifs (TrumpRx, GoodRx, Mark Cuban Cost Plus Drug Company), témoignages de patients et pharmacies locales, communiqués officiels de TrumpRx.
Sources secondaires : analyses économiques (The New York Times, The Washington Post, Bloomberg), rapports sur le coût des médicaments aux États-Unis (Kaiser Family Foundation, Pew Research), études sur l’impact des plateformes de médicaments en ligne (Journal of the American Medical Association).
Les données statistiques citées proviennent d’institutions officielles et d’études reconnues dans le domaine de la santé publique.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques économiques et sociales contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires publiques et privées, et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs économiques et politiques.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Enquête d’Axios sur TrumpRx (6 février 2026)
Données de prix sur TrumpRx (consulté le 6 février 2026)
Comparaison des prix sur GoodRx (6 février 2026)
Prix chez Mark Cuban Cost Plus Drug Company (6 février 2026)
Rapport de la Kaiser Family Foundation sur les prix des médicaments (2025)
Sources secondaires
The New York Times – Analyse de TrumpRx (6 février 2026)
The Washington Post – L’impact de TrumpRx sur l’industrie pharmaceutique (6 février 2026)
Bloomberg – TrumpRx n’est pas aussi bon marché qu’il le prétend (6 février 2026)
Pew Research – Opinion des Américains sur les prix des médicaments (7 février 2026)
JAMA – Étude sur l’impact des plateformes de médicaments en ligne (2025)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.