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ANALYSE : Trump et l’Iran — Quand les tarifs deviennent une arme de guerre économique
Crédit: Adobe Stock

Une pression calculée

Derrière ce décret, il y a une logique implacable. Trump ne veut pas seulement punir l’Iran. Il veut forcer le régime à négocier. Ou, à défaut, le faire tomber. Pour cela, il utilise toutes les armes à sa disposition : les sanctions, les tarifs, la menace militaire. En juin 2025, il a déjà frappé fort en ordonnant des frappes aériennes contre des sites nucléaires iraniens. Aujourd’hui, il passe à l’étape supérieure : asphyxier économiquement ceux qui soutiennent Téhéran.

Mais cette stratégie a un coût. D’abord, pour les États-Unis eux-mêmes. Parce que taxer les importations en provenance de Chine, c’est aussi taxer les produits que les Américains consomment au quotidien. C’est risquer une hausse des prix, une récession, une colère des électeurs. Sans compter le risque de représailles : Pékin n’hésitera pas à riposter, notamment en restreignant ses exportations de terres rares, indispensables à l’industrie high-tech américaine.

Ensuite, pour la stabilité régionale. Parce que pousser l’Iran dans ses retranchements, c’est aussi risquer de déclencher une escalade militaire. Déjà, les tensions sont à leur comble : drones abattus, navires interceptés, menaces de frappes. Et si Trump a déployé un porte-avions dans le golfe Persique, c’est aussi pour envoyer un message clair : les États-Unis sont prêts à frapper. Mais jusqu’où ? Jusqu’à quel point ?

Il y a quelque chose de vertigineux dans cette stratégie. Comme si Trump jouait avec le feu, tout en étant convaincu qu’il peut maîtriser les flammes. Comme s’il était persuadé que la pression économique, les menaces militaires, les coups de bluff diplomatiques suffiraient à faire plier l’Iran. Mais l’histoire nous a montré que les régimes autoritaires, quand ils sont acculés, peuvent devenir encore plus dangereux. Alors oui, Trump veut éviter que l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire. Mais en asphyxiant le pays, ne risque-t-il pas de pousser le régime à commettre l’irréparable ? À déclencher une guerre plutôt que de capituler ? Parce que c’est ça, le paradoxe de cette stratégie : elle est conçue pour éviter le pire. Mais elle pourrait bien le provoquer.

Les limites du pouvoir américain

Le problème, c’est que Trump ne contrôle pas tout. Il peut signer des décrets, brandir des menaces, déployer des porte-avions. Mais il ne peut pas contrôler les réactions en chaîne. Il ne peut pas empêcher la Chine de riposter. Il ne peut pas empêcher l’Iran de trouver des moyens de contourner les sanctions. Il ne peut pas empêcher les alliés des États-Unis de s’inquiéter, de tergiverser, de chercher des alternatives.

Prenez l’Europe, par exemple. Les Européens, déjà mal à l’aise avec la politique unilatérale de Trump, pourraient bien voir dans ces nouveaux tarifs une raison de plus de se rapprocher de la Chine. Ou de l’Iran, justement. Pour contourner les sanctions, pour protéger leurs intérêts, pour éviter de se retrouver pris en étau entre Washington et Pékin.

Et puis, il y a la question de la légalité. Parce que ces tarifs, Trump les impose en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act. Un texte qui lui donne des pouvoirs étendus en cas d’urgence nationale. Mais cette urgence, est-elle vraiment justifiée ? La Cour suprême américaine doit justement se prononcer sur la question. Et si elle invalide ces mesures, ce sera un camouflet pour Trump. Et une victoire pour l’Iran.

Ce qui me frappe, dans cette histoire, c’est la solitude américaine. Trump agit seul, ou presque. Sans concertation avec ses alliés, sans négociation avec ses adversaires, sans même toujours consulter son propre Congrès. Comme si, dans sa tête, les États-Unis étaient assez puissants pour imposer leur volonté au reste du monde. Mais la réalité est bien plus complexe. Parce que le monde a changé. Parce que la Chine n’est plus ce qu’elle était. Parce que l’Europe ne suit plus aveuglément. Parce que l’Iran, même affaiblie, reste un acteur clé au Moyen-Orient. Alors oui, Trump peut signer des décrets. Il peut menacer, sanctionner, frapper. Mais à force de jouer solo, ne risque-t-il pas de se retrouver isolé ? De voir son propre pouvoir s’effriter ? Parce que c’est ça, le vrai danger : croire qu’on peut tout contrôler. Alors que, en réalité, on ne contrôle plus grand-chose.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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