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CHRONIQUE : 1445 jours de guerre en Ukraine — le prix du sang russe et ukrainien
Crédit: Adobe Stock

Les soldats russes : une génération sacrifiée

Derrière le chiffre de 1 245 290 soldats russes « éliminés », il y a des réalités qui donnent le vertige. Selon les estimations, entre 254 800 et 368 100 Russes ont été tués depuis le début de la guerre. Un million deux cent mille blessés, disparus, prisonniers. C’est toute une génération qui est en train de disparaître. 2% des hommes russes âgés de 20 à 50 ans ont été tués ou gravement blessés. Un homme sur cinquante. Imaginez : dans chaque classe d’école, dans chaque immeuble, dans chaque famille, il manque quelqu’un. Un frère, un fils, un mari, un père.

Et ce ne sont pas que des soldats de carrière. 16 756 étaient des mobilisés — des hommes arrachés à leur vie civile, jetés dans l’enfer sans préparation. 20 199 étaient des prisonniers, recrutés dans les geôles russes avec la promesse d’une liberté qu’ils n’ont jamais eue. 6 353 étaient des officiers, l’élite de l’armée russe, décimée. La Russie est en train de se vider de ses hommes. Dans certaines régions, comme la Buryatie ou la Tchétchénie, les pertes sont si lourdes que des villages entiers ont été rayés de la carte démographique. Des mères pleurent des fils qu’elles n’auront même pas le droit d’enterrer.

Et puis, il y a les disparus. 89 324 soldats ukrainiens sont portés disparus. 86 142 sont morts, leurs noms gravés sur des listes interminables. Des familles qui attendent, qui espèrent, qui prient pour un signe qui ne viendra jamais. Des enfants qui grandissent sans savoir si leur père est mort ou prisonnier quelque part en Russie. Des épouses qui regardent leur téléphone, jour après jour, année après année, dans l’attente d’un message qui n’arrivera jamais.

Je me souviens d’une mère ukrainienne, interviewée dans un reportage. Elle tenait une photo de son fils, un jeune homme souriant, en uniforme. « Il a 24 ans, disait-elle. Il est porté disparu depuis deux ans. Parfois, je me réveille la nuit et j’entends son rire. Puis je me rends compte que c’est juste un rêve. » Elle a sorti une boîte de ses affaires : son téléphone, son carnet de notes, une lettre qu’il lui avait écrite avant de partir. « Je ne sais pas s’il est mort, s’il est prisonnier, s’il a déserté. Je ne sais même pas s’il souffre. Le pire, c’est de ne pas savoir. » Je n’ai pas pu retenir mes larmes en l’écoutant. Parce que cette boîte, ces objets, cette attente, c’est le symbole de ce que la guerre fait aux familles. Elle ne tue pas seulement les soldats. Elle tue l’espoir, la paix, la possibilité de faire son deuil. Elle laisse des plaies ouvertes qui ne se refermeront jamais.

L’Ukraine : un pays qui saigne

Côté ukrainien, les chiffres sont tout aussi effroyables. Entre 500 000 et 600 000 soldats ukrainiens ont été tués ou blessés depuis le début de la guerre. 43 000 morts confirmés, mais le vrai chiffre est probablement bien plus élevé. 380 000 blessés, dont beaucoup ne se remettront jamais. Des amputations, des traumatismes crâniens, des brûlures qui marqueront leurs corps et leurs âmes à vie. Des jeunes hommes et femmes qui partaient défendre leur pays et qui reviennent brisés, parfois méconnaissables.

Et puis, il y a les civils. 14 999 morts, mais là encore, c’est une estimation basse. Des milliers de corps gisent sous les décombres des villes bombardées. Des enfantsau moins 461 tués depuis le début de la guerre, selon le procureur général ukrainien. Des écoles, des hôpitaux, des parcs transformés en champs de ruines. Des familles entières rayées de la carte par un missile, une bombe, un obus.

Et il y a les disparus. Entre 7 000 et 30 000 civils ukrainiens ont été enlevés par les forces russes dans les territoires occupés. Des déportations massives, des prisons secrètes, des camps de « rééducation ». Des gens arrachés à leur vie, à leur famille, à leur identité. Des enfants ukrainiens envoyés en Russie pour être « rééduqués », adoptés par des familles russes, effacés de leur histoire. Une génération volée.

Je me souviens d’un reportage sur les enfants déportés. Une petite fille de 8 ans, blonde, avec des nattes, racontait comment des soldats russes l’avaient arrachée à sa mère en pleurs. « Ils m’ont dit que ma maman ne voulait plus de moi, qu’elle m’avait abandonnée. » Elle était dans un « camp de vacances » en Russie, entourée d’autres enfants ukrainiens, tous avec le même regard vide. « Je veux rentrer à la maison », répétait-elle, comme une litanie. Et puis, il y avait les photos des enfants qui ne reviendront jamais. Des visages souriants sur des affiches « Disparu », collées sur les murs des villes ukrainiennes. Des parents qui errent, qui cherchent, qui espèrent contre toute raison. Comment peut-on faire ça à des enfants ? Comment peut-on leur voler leur enfance, leur famille, leur pays ? Je n’ai pas de mots. Juste une rage sourde, une douleur qui ne partira pas.

Sources

Sources primaires

Defense Express – Bilan des pertes russes en Ukraine, 7 février 2026

Index Minfin – Pertes militaires russes, 7 février 2026

Russia Matters – Rapport sur les pertes et avancées territoriales, 4 février 2026

Wikipédia – Bilan des pertes civiles et militaires, 6 février 2026

Sources secondaires

BBC – Estimations des pertes russes et ukrainiennes, 2026

CSIS – Analyse des pertes militaires et économiques, 2026

The Guardian – Impact humain de la guerre, 5 février 2026

Wall Street Journal – Dégâts sur les infrastructures ukrainiennes, 2026

The Economist – Crise énergétique en Ukraine, 4 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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