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ÉDITORIAL : Le porte-avions Trump, ce rêve d’égo qui pourrait couler avant même d’être lancé
Crédit: Adobe Stock

Des chantiers navals au bord de la rupture

Les chantiers navals de Newport News, en Virginie, sont le cœur battant de la construction des porte-avions américains. C’est là que naissent les Ford, ces géants de 337 mètres de long, capables d’embarquer 75 avions et 4 500 marins. Sauf que depuis des années, ces chantiers sont sous l’eau. Pas métaphoriquement. Littéralement. Les retards s’accumulent, les coûts explosent, et les ouvriers, épuisés, quittent en masse. Résultat : le deuxième Ford, l’USS John F. Kennedy (CVN-79), a mis neuf ans à être livré. Le troisième, l’USS Enterprise (CVN-80), est déjà en retard. Et Trump, lui, veut ajouter une nouvelle classe à ce chaos.

Son idée ? Des « Trump Class », des cuirassés géants, plus imposants encore que les Ford. « Chacun d’eux sera le plus grand navire de guerre de l’histoire de notre pays », a-t-il promis. Sauf que les ingénieurs, eux, savent une chose : plus un navire est gros, plus il est complexe, plus il est cher, et plus il est long à construire. Et quand on regarde l’état actuel des chantiers, une seule question s’impose : qui, au juste, va construire ces monstres ? Les ouvriers de Newport News sont déjà à flux tendu. Les sous-traitants sont au bord de la faillite. Et le Congrès, lui, commence à poser des questions gênantes : « Pourquoi dépenser des milliards pour un nouveau design alors que la classe Ford n’est même pas stabilisée ? »

J’ai parlé à un ingénieur de Newport News l’année dernière. Il m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit : « On n’a pas le temps pour ses conneries. » Pas de colère dans sa voix. Juste de la lassitude. La lassitude d’un homme qui passe ses nuits à essayer de faire tenir des technologies de pointe dans des coques d’acier, pendant que des politiques, à Washington, jouent aux petits chefs avec des projets pharaoniques. Et puis il a ajouté : « Vous savez ce qui me tue ? C’est qu’on pourrait construire des trucs incroyables, ici. Des navires qui changeraient vraiment la donne. Mais non. On nous demande de construire des ego. »

Le coût exorbitant d’un caprice

Un porte-avions de classe Gerald R. Ford coûte 13,5 milliards de dollars. Treize milliards et demi. Assez pour construire dix hôpitaux ultra-modernes. Assez pour scolariser un million d’enfants pendant dix ans. Assez pour éradiquer le paludisme en Afrique. Mais Trump, lui, veut plus. Il veut des navires « plus grands, plus puissants ». Combien ? Personne ne sait. Personne n’ose même avancer un chiffre. Parce que quand on regarde l’histoire récente, une seule chose est sûre : ça coûtera plus cher que prévu. Beaucoup plus cher.

Et puis, il y a la question du nom. Parce que nommer un porte-avions, ce n’est pas anodin. C’est un honneur réservé aux présidents morts, aux héros de guerre, aux figures qui ont marqué l’Histoire sans diviser le pays. Gerald Ford, John F. Kennedy, Dwight Eisenhower… Des noms qui rassemblent. Trump, lui, divise. Passionnément. Alors même au sein du Parti républicain, l’idée d’un USS Donald J. Trump fait grincer des dents. « Ce serait un cadeau empoisonné pour la marine », m’a confié un haut gradé sous couvert d’anonymat. « Imaginez un équipage devoir servir sur un navire nommé d’après lui… Certains refuseraient. D’autres démissionneraient. »

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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