L’île sous surveillance permanente
Taïwan est au cœur de la stratégie chinoise. Pékin a multiplié les exercices militaires autour de l’île, simulant des blocus, des débarquements, des frappes de missiles. Les avions de combat chinois traversent régulièrement la ligne médiane du détroit. Les navires de guerre patrouillent à quelques kilomètres des côtes taïwanaises. Les cyberattaques se multiplient. Tout est fait pour user les défenses taïwanaises, pour épuiser leurs ressources, pour saper leur moral.
Les États-Unis ont promis de livrer des F-16V à Taïwan. Mais les retards s’accumulent. Les livraisons, initialement prévues pour 2026, ne seront finalement complètes qu’en 2027. Pendant ce temps, la Chine modernise sa flotte, déploie de nouveaux missiles, et renforce ses capacités de déni d’accès (A2/AD). Taïwan se prépare à une invasion. Mais se prépare-t-on, nous, à une guerre ?
Je me souviens d’un général taïwanais, interviewé l’an dernier. Il avait dit : « Nous ne voulons pas la guerre. Mais nous ne pouvons pas non plus accepter la reddition. » Je me demande ce que ça fait, de se lever chaque matin en sachant que, d’un côté, il y a une superpuissance qui vous menace, et de l’autre, des alliés qui tergiversent. Je me demande ce que ça fait, de savoir que chaque jour qui passe, l’équilibre des forces se déplace un peu plus contre vous. Et je me demande : est-ce qu’on a le droit, nous, de les laisser seuls face à ça ?
Le Japon et la Corée du Sud : cibles et alliés
Le Japon et la Corée du Sud sont en première ligne. La Chine multiplie les provocations : survols des îles Senkaku, exercices militaires près d’Okinawa, pression économique sur Séoul. Pékin veut forcer Tokyo et Séoul à choisir : soit ils acceptent la domination chinoise, soit ils risquent un conflit.
Les États-Unis ont annoncé le déploiement de 36 F-15EX à Okinawa au printemps 2026. Une réponse à l’agressivité chinoise. Mais est-ce suffisant ? Les Chinois testent sans cesse les réactions américaines. Un incident, une collision, un malentendu, et tout peut déraper. La région est une poudrière.
Je pense à ces pilotes américains, japonais, sud-coréens. Ils volent, chaque jour, à quelques mètres des avions chinois. Ils savent qu’un faux mouvement, une erreur de jugement, et c’est l’escalade. Ils savent que, derrière eux, il y a des capitales qui hésitent, qui calculent, qui tergiversent. Et je me demande : est-ce qu’on réalise, nous, que chaque jour qui passe, le risque d’un accident, d’un incident, d’un conflit, grandit ? Est-ce qu’on réalise qu’on est en train de jouer avec le feu ?
La mer de Chine méridionale : un lac chinois ?
Les bases militaires et la milice maritime
En mer de Chine méridionale, la Chine a transformé des récifs en forteresses. Les îles Spratleys et Paracels sont désormais équipées de pistes d’atterrissage, de radars, de missiles. Les gardes-côtes chinois harcèlent les pêcheurs vietnamiens et philippins. Les milices maritimes bloquent les navires étrangers. Pékin a fait de cette mer une zone interdite.
Les Philippines résistent. Elles ont renforcé leur alliance avec les États-Unis, autorisé le déploiement de troupes américaines sur leur sol. Mais jusqu’où iront-elles ? La Chine ne recule pas. Elle avance, îlot par îlot, mètre par mètre.
Je regarde une carte de la mer de Chine méridionale. Des îles artificielles. Des bases militaires. Des navires chinois partout. Et je me demande : est-ce qu’on se rend compte, nous, que cette mer, c’est un peu comme l’Ukraine en 2014 ? Que chaque jour où on ne réagit pas, chaque jour où on laisse faire, chaque jour où on dit « ce n’est pas notre problème », on laisse la Chine avancer un peu plus ? Je me demande ça. Et je n’ai pas de réponse.
L’Inde : le partenaire encombrant
L’Inde est un cas à part. Elle achète du pétrole russe, mais elle craint l’expansionnisme chinois. Elle renforce ses défenses à la frontière himalayenne, où les tensions avec la Chine n’ont jamais cessé depuis les affrontements de 2020. New Delhi marche sur une ligne de crête : trop proche de la Chine, elle perd ses alliés occidentaux ; trop proche de l’Occident, elle risque un conflit avec Pékin.
Les États-Unis poussent l’Inde à réduire ses achats de pétrole russe. Mais l’Inde a ses propres intérêts. Elle ne veut pas être un pion dans la guerre froide entre Washington et Pékin. Elle veut être une puissance indépendante. Mais jusqu’où peut-elle aller ?
Je pense à l’Inde. À ce pays immense, puissant, fier. Qui refuse de choisir. Qui veut tracer sa propre voie. Et je me demande : est-ce qu’on lui en donne les moyens ? Est-ce qu’on lui offre autre chose qu’un choix binaire entre la Chine et l’Occident ? Est-ce qu’on lui propose une troisième voie ? Ou est-ce qu’on la pousse, elle aussi, dans les bras de Pékin ?
Les États-Unis : entre engagement et hésitation
La stratégie du « pivot » asiatique
Les États-Unis ont annoncé un pivot vers l’Asie. Plus de troupes, plus de navires, plus d’avions. Une volonté de contenir la Chine. Mais les moyens suivent-ils ? Les alliés asiatiques des États-Unis — Japon, Corée du Sud, Australie, Philippines — demandent plus. Plus d’armes, plus de soutien, plus de garanties.
Le Congrès américain a voté des fonds pour renforcer la présence militaire dans l’Indo-Pacifique. Mais les divisions politiques à Washington ralentissent tout. Pendant ce temps, la Chine avance. Elle construit des missiles hypersoniques, des sous-marins nucléaires, des drones autonomes. Elle modernise son armée à une vitesse folle.
Je pense à ces soldats américains, déployés à Okinawa, en Corée du Sud, aux Philippines. Je pense à ces diplomates, qui négocient, qui tentent de rassurer, qui essaient de construire des alliances. Et je me demande : est-ce qu’on leur donne les moyens de tenir ? Est-ce qu’on leur donne les moyens de résister ? Est-ce qu’on leur donne les moyens de gagner ? Ou est-ce qu’on les envoie, eux aussi, dans un piège dont on ne voit pas l’issue ?
L’Europe : l’absente
L’Europe est ailleurs. Elle est en Ukraine. Elle est dans ses crises internes. Elle est dans ses débats sur l’énergie, sur l’immigration, sur l’avenir de l’Union. Elle regarde l’Indo-Pacifique de loin. Trop loin. Pourtant, ce qui se joue là-bas la concerne. Si la Chine domine l’Indo-Pacifique, elle dominera le commerce mondial. Elle dominera les routes maritimes. Elle dominera l’avenir.
L’Europe parle de souveraineté stratégique. Mais où est-elle, cette souveraineté, quand il s’agit de l’Asie ? Où sont les navires européens ? Où sont les alliances ? Où est la voix de l’Europe ?
Je pense à l’Europe. À ce continent riche, puissant, mais divisé. Qui regarde vers l’est, vers l’Ukraine, et qui oublie l’asie. Qui parle de souveraineté, mais qui dépend des États-Unis pour sa sécurité. Et je me demande : est-ce qu’on réalise, nous, que si la Chine domine l’Indo-Pacifique, elle dominera le monde ? Est-ce qu’on réalise que notre avenir se joue aussi là-bas ? Pas seulement en Ukraine. Pas seulement au Moyen-Orient. Mais en Asie. Là où, aujourd’hui, la Chine construit les conditions de sa domination.
Le piège se referme
La normalisation de l’inacceptable
Le plus dangereux, c’est que tout cela devient normal. Les incursions chinoises ? Normales. Les exercices militaires près de Taïwan ? Normaux. Les menaces, les intimidations, les provocations ? Normales. On s’y habitue. On baisse les bras. On se dit que, de toute façon, on ne peut rien y faire.
Mais c’est exactement ce que veut la Chine. Qu’on s’habitue. Qu’on accepte. Qu’on ne réagisse plus. Qu’on laisse faire.
Je pense à cette normalisation. À cette lente, insidieuse, acceptation de l’inacceptable. Et je me demande : est-ce qu’on se rend compte qu’on est en train de perdre ? Pas une bataille. Pas une guerre. Mais quelque chose de bien plus précieux : notre capacité à dire non. Notre capacité à résister. Notre capacité à refuser ce qui est inacceptable. Je me demande ça. Et ça me terrifie.
Le choix qui nous reste
Il reste un choix. Toujours. Celui de regarder. Celui de comprendre. Celui d’agir. Celui de refuser de laisser la Chine imposer sa loi. Celui de soutenir ceux qui résistent. Celui de dire : non, ça suffit. Non, on ne peut pas accepter ça. Non, on ne peut pas laisser faire ça.
Il reste un choix. Celui de se tenir debout. Avec eux. Pour eux. Malgré tout.
Je ne sais pas comment ça va finir. Je ne sais pas si la Chine va reculer. Je ne sais pas si les États-Unis et leurs alliés vont tenir. Je ne sais pas si le monde va enfin ouvrir les yeux. Mais je sais une chose : je ne veux pas être du côté de ceux qui ont détourné le regard. Je ne veux pas être du côté de ceux qui ont choisi l’indifférence. Je ne veux pas être du côté de ceux qui ont laissé faire. Je veux être du côté de ceux qui résistent. De ceux qui espèrent. De ceux qui se battent. Même si c’est juste avec des mots. Même si c’est juste en refusant d’oublier.
L’Indo-Pacifique en 2026 : un avertissement
Ce qui se joue là-bas nous concerne tous
Ce qui se passe en Indo-Pacifique n’est pas un problème asiatique. C’est un problème mondial. Si la Chine domine cette région, elle dominera le commerce mondial. Elle dominera les technologies. Elle dominera l’avenir.
L’Indo-Pacifique, c’est 60% du PIB mondial. C’est 60% de la population mondiale. C’est l’avenir. Et cet avenir, aujourd’hui, est en danger.
Je pense à cet avenir. À ce monde où la Chine imposerait ses règles. Où la liberté de navigation serait une concession. Où les alliances seraient des soumissions. Où la résistance serait un crime. Et je me demande : est-ce qu’on veut vivre dans ce monde-là ? Est-ce qu’on veut laisser nos enfants grandir dans ce monde-là ? Est-ce qu’on veut leur dire, un jour, qu’on a laissé faire ? Qu’on a détourné les yeux ? Qu’on a choisi l’indifférence ?
Le dernier mot
La Chine en 2026 n’est plus une menace lointaine. C’est une réalité. Une réalité qui avance, qui s’installe, qui se normalise. Une réalité contre laquelle il faut résister.
Parce que si on ne fait rien, si on laisse faire, si on détourne les yeux, alors on aura choisi. Pas la paix. Pas la stabilité. Mais la soumission.
Je ne sais pas comment ça va finir. Je ne sais pas si le monde va réagir. Je ne sais pas si on va trouver la force de résister. Mais je sais une chose : je ne veux pas vivre dans un monde où la Chine impose sa loi. Où la liberté est une concession. Où la résistance est un crime. Je ne veux pas vivre dans ce monde-là. Pas moi. Pas nous.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur et analyste. Mon rôle est de décrypter les stratégies, de révéler les enjeux cachés, et de prendre position quand l’injustice ou la menace le nécessitent. Dans cet article, je ne me contente pas de décrire les activités militaires chinoises : je les dénonce, parce qu’elles menacent l’équilibre mondial et les valeurs démocratiques.
Méthodologie et sources
Les données factuelles proviennent de sources primaires : rapports du ChinaPower Project, analyses de Breaking Defense, du South China Morning Post, et des déclarations officielles des gouvernements américain, japonais, taïwanais et philippin. Les chiffres sur les déploiements militaires, les exercices, et les incursions sont vérifiés et croisés.
Les interprétations et prises de position sont les miennes, basées sur une analyse des tendances géopolitiques et des risques d’escalade.
Nature de l’analyse
Cet article est une opinion : une prise de position argumentée, étayée par des faits, mais assumant un parti pris clair contre l’expansionnisme chinois et pour la défense des démocraties asiatiques. Les passages en italique reflètent mon engagement personnel contre l’indifférence et pour la résistance.
Sources
Sources primaires
ChinaPower Project – Tracking China’s Increased Military Activities in the Indo-Pacific in 2025 – 5 février 2026
Breaking Defense – China to once again dominate the headlines: 2026 preview for the Indo-Pacific – 31 décembre 2025
RealClearWorld – China Is Turning the Indo-Pacific Into a Pressure Cooker – 3 janvier 2026
Sources secondaires
South China Morning Post – China-Japan military tensions: what lies ahead in 2026? – 8 janvier 2026
AEI – China & Taiwan Update, January 2, 2026 – 2 janvier 2026
South China Morning Post – How 1,000 Chinese J-20s could challenge US dominance in the Indo-Pacific – 22 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.