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CHRONIQUE : Le froid qui tue — Quand la Russie paie le prix de sa guerre
Crédit: Adobe Stock

L’hiver russe, arme de destruction massive

En Russie, l’hiver n’est pas une saison. C’est une force de la nature. Une menace qui plane, année après année, et contre laquelle on ne peut lutter qu’avec une seule arme : le chauffage. Quand il fait -15°C, -20°C, -25°C, une coupure de courant n’est pas un désagrément. C’est une condamnation à mort.

Les personnes âgées sont les premières victimes. Leur corps, fragilisé par les années, ne résiste pas au froid. Les malades, ceux qui dépendent de médicaments réfrigérés, de appareils respiratoires, se retrouvent en danger. Les enfants, dont le corps ne régule pas encore bien la température, sont exposés à des risques d’hypothermie. Et dans une ville comme Belgorod, où les infrastructures sont déjà fragilisées par des années de sanctions et de négligence, une coupure de courant n’est pas un accident. C’est une arme.

Et cette arme, l’Ukraine l’a découverte à ses dépens. Pendant l’hiver 2022-2023, les Russes ont systématiquement ciblé le réseau électrique ukrainien, plongeant des millions de personnes dans le noir et le froid. Des villes entières ont dû vivre sans électricité pendant des semaines. Des hôpitaux ont fonctionné avec des générateurs de fortune. Des personnes sont mortes — non pas à cause des bombes, mais à cause du froid, de l’absence de soins, de l’impossibilité de se chauffer.

Alors quand l’Ukraine décide de frapper les infrastructures énergétiques russes, ce n’est pas une revenge. C’est une leçon. Une leçon qui dit : « Vous nous avez fait ça. Maintenant, vous savez ce que ça fait. »

Je me souviens d’un médecin ukrainien que j’avais interviewé en 2023. Il travaillait dans un hôpital de Kharkiv, et il m’avait raconté comment, pendant les coupures de courant, ils devaient opérer à la lumière des lampes frontales, avec des générateurs qui pouvaient tomber en panne à tout moment. Il m’avait dit : « Le pire, ce n’est pas les bombes. C’est de savoir que tu ne peux pas sauver quelqu’un parce que tu n’as pas assez de lumière, pas assez de chaleur, pas assez d’électricité pour faire fonctionner tes machines. » Aujourd’hui, je me demande combien de médecins russes à Belgorod vivent la même chose. Je me demande s’ils comprennent, maintenant, ce que ça veut dire, vraiment, de se battre contre le froid quand on est censé soigner.

Les coupures de courant : une arme psychologique

Le froid, c’est une chose. Mais ce qui tue vraiment, c’est la peur. La peur de ne pas savoir quand la lumière reviendra. La peur de ne pas savoir si on aura assez de nourriture, assez de médicaments, assez de couvertures pour tenir encore une nuit. La peur de voir ses enfants grelotter, de les entendre demander : « Papa, maman, est-ce qu’on va mourir de froid ? »

Cette peur, les Ukrainiens la connaissent bien. Ils l’ont vécue pendant des mois, des années. Ils savent ce que c’est que de se réveiller en sursaut parce qu’une sirène hurle dans la nuit. De courir vers l’abri le plus proche en priant pour que les murs tiennent. De compter les secondes entre l’alerte et l’impact. De regarder ses mains trembler parce que le froid les a engourdies, et de se demander si on va pouvoir tenir encore une journées.

Et maintenant, c’est au tour des Russes de ressentir ça. Pas tous, bien sûr. Pas ceux qui vivent à Moscou, dans leurs appartements chauffés, leurs villas luxueuses, leurs bunkers climatisés. Non. Ceux qui paient le prix de cette guerre, ce sont les habitants de Belgorod, de Bryansk, de toutes ces villes frontalières qui, soudainement, se retrouvent en première ligne. Pas parce qu’elles ont choisi d’être là. Mais parce que leur gouvernement a choisi pour elles.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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