Une base électorale qui a toujours fait la différence
Pour comprendre l’ampleur du séisme, il faut revenir aux fondamentaux. Les électeurs blancs ne sont pas simplement un segment démographique parmi d’autres dans la stratégie trumpiste. Ils en sont l’épine dorsale, le pilier central, la pierre angulaire. En 2024, lors de l’élection présidentielle qui a ramené Trump à la Maison-Blanche, cinquante-sept pour cent des électeurs blancs ont voté pour lui. C’est cette majorité confortable qui lui a permis de compenser ses faiblesses auprès des minorités ethniques et des électeurs urbains. Les électeurs blancs sans diplôme universitaire, en particulier, ont constitué le noyau dur de son mouvement MAGA. Ces Américains des zones rurales et des petites villes industrielles, ces travailleurs qui se sentent oubliés par les élites côtières, ces familles qui voient leur mode de vie traditionnel menacé par les transformations sociales et économiques. Trump leur a parlé. Trump les a écoutés. Trump leur a promis de rendre sa grandeur à l’Amérique. Et ils l’ont cru.
Il y a quelque chose de profondément humain dans cette relation entre Trump et ses électeurs blancs. Une connexion qui dépasse la simple politique. C’est viscéral. C’est émotionnel. C’est presque tribal. Et c’est précisément pour ça que la rupture actuelle fait si mal. Parce qu’on ne trahit pas seulement des promesses électorales. On trahit une confiance. On déçoit des espoirs. On brise quelque chose qui semblait indestructible.
Section 3 : Les signaux d'alarme se multiplient
Quand deux sondages majeurs racontent la même histoire
La convergence des résultats entre le sondage Marquette et celui du Times/Siena n’est pas anodine. Dans le monde des sondages politiques, quand deux enquêtes indépendantes, menées avec des méthodologies rigoureuses, arrivent aux mêmes conclusions, c’est rarement un hasard. Le sondage Marquette a interrogé mille trois adultes américains entre le 21 et le 28 janvier 2026, avec une marge d’erreur de plus ou moins 3,4 points de pourcentage. L’enquête du Times/Siena a sondé mille six cent vingt-cinq électeurs inscrits entre le 12 et le 17 janvier. Les deux études utilisent des panels probabilistes, des échantillonnages basés sur les adresses, des entretiens téléphoniques bilingues. Bref, tout ce qui fait la crédibilité d’un sondage sérieux. Et les deux arrivent à la même conclusion : Trump perd du terrain auprès de sa base blanche. Robert Y. Shapiro, professeur de sciences politiques à l’Université Columbia, ne mâche pas ses mots lorsqu’il analyse ces résultats pour Newsweek : « La base des électeurs blancs MAGA a maintenu stable le taux d’approbation de Trump, et c’est un signe d’alerte que cette érosion du soutien pourrait continuer. »
Les experts parlent de « signaux d’alerte ». Moi, je préfère parler de cris d’alarme. Parce que c’est exactement ce que sont ces chiffres. Des cris. Des hurlements silencieux d’une partie de l’Amérique qui commence à réaliser que les promesses ne seront peut-être pas tenues. Que le changement espéré ne viendra peut-être pas. Que le rêve américain, celui qu’on leur a vendu, ressemble de plus en plus à un mirage.
Section 4 : Le retournement spectaculaire depuis septembre 2025
De la majorité confortable à la minorité inquiétante
Le contraste est saisissant. En septembre 2025, le sondage Times/Siena montrait Trump avec une avance confortable auprès des électeurs blancs : cinquante-deux pour cent d’approbation contre quarante-six pour cent de désapprobation. Six points d’avance. Une marge rassurante pour un président en début de mandat. Quatre mois plus tard, en janvier 2026, la situation s’est complètement inversée. Quarante-sept pour cent d’approbation contre cinquante pour cent de désapprobation. Un retournement de neuf points en l’espace de quelques mois. Ce n’est pas une simple fluctuation statistique. C’est un mouvement de fond. Jacob Neiheisel, professeur de sciences politiques à l’Université de Buffalo, explique à Newsweek qu’il n’est « pas terriblement surpris » par ce déclin. « En l’absence d’un événement externe qui stimulerait les taux de favorabilité d’un président, comme la première guerre du Golfe ou le 11 septembre, la plupart des présidents voient leurs chiffres de sondage décliner avec le temps », analyse-t-il. Mais il ajoute un élément crucial : même les démographies les plus favorables au président ne sont pas immunisées contre les forces qui peuvent faire chuter sa popularité.
Neuf points en quatre mois. Laissez-moi répéter ça. Neuf points. En quatre mois. C’est vertigineux. C’est brutal. C’est le genre de chiffre qui devrait faire sonner toutes les alarmes dans les bureaux de la Maison-Blanche. Parce que si cette tendance se poursuit, si cette hémorragie ne s’arrête pas, alors les élections de mi-mandat de 2026 pourraient devenir un cauchemar pour les républicains. Et Trump le sait. Il le sent. C’est pour ça qu’il hurle au complot, qu’il dénonce les « sondages frauduleux », qu’il menace de poursuivre le New York Times en justice.
Section 5 : La réaction trumpiste face aux mauvaises nouvelles
Déni, attaque et théorie du complot
La réponse de Donald Trump aux sondages défavorables est devenue presque prévisible. Sur Truth Social, sa plateforme de médias sociaux, le président a publié un message cinglant le 22 janvier 2026 : « Les sondages faux et frauduleux devraient être, virtuellement, une infraction criminelle. Par exemple, tous les médias anti-Trump qui m’ont couvert pendant l’élection de 2020 ont montré des sondages qui étaient sciemment faux. » Il a ensuite annoncé que le sondage Times/Siena serait ajouté à sa plainte en diffamation contre le New York Times, exigeant que le journal conserve tous les documents sur la façon dont ils ont « calculé » ces résultats prétendument faux. La porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a adopté une ligne similaire, déclarant à Newsweek que Trump « tient ses promesses, et le peuple américain reste fermement aligné avec l’agenda du président pour rendre sa grandeur à l’Amérique, quels que soient les soi-disant sondages des médias grand public. » Le porte-parole Kush Desai a renchéri : « Près de quatre-vingts millions d’Américains ont donné au président Trump un mandat retentissant le jour de l’élection pour mettre fin au désastre économique et à la crise de l’immigration de Joe Biden. »
Cette stratégie du déni total, je l’ai vue tellement de fois que j’en ai presque la nausée. Attaquer les messagers. Nier la réalité. Crier au complot. C’est devenu le manuel de survie politique de Trump. Mais voilà le problème : ça ne change rien aux chiffres. Ça ne ramène pas les électeurs perdus. Ça ne répare pas la confiance brisée. Au contraire, ça creuse encore plus le fossé entre le président et une partie de son électorat qui commence à se demander si on ne leur ment pas.
Section 6 : Les raisons profondes du désenchantement
Entre déception économique et chaos politique
Pourquoi cette érosion du soutien ? Les experts avancent plusieurs explications. Robert Shapiro pointe du doigt « la déception économique » mais aussi « la perturbation et même le chaos dans les paroles et les actes de Trump et de son administration. » Il mentionne spécifiquement le contrecoup que subit l’agence d’immigration ICE et les menaces du président concernant le Groenland, qui ont même donné « une pause » aux républicains du Congrès. Le sondage Times/Siena révèle que dix-neuf pour cent des Américains considèrent l’économie comme le problème le plus important auquel le pays est confronté, tandis que neuf pour cent citent l’inflation et le coût de la vie. Douze pour cent mentionnent l’immigration ou l’application des lois sur l’immigration. Mais voici le chiffre le plus révélateur : douze pour cent des répondants disent que Trump et les républicains eux-mêmes sont le problème le plus important du pays. Onze pour cent citent l’état de la démocratie et la corruption. Ces chiffres racontent l’histoire d’un électorat qui commence à douter, à questionner, à remettre en cause les choix qu’il a faits.
La déception économique. Ces deux mots résument tellement de choses. Parce qu’au fond, c’est toujours l’économie qui fait et défait les présidents. Trump avait promis la prospérité. Il avait promis des emplois. Il avait promis de ramener l’industrie manufacturière. Et maintenant, les gens regardent leur portefeuille, leurs factures, le prix de l’essence, et ils se demandent où sont passées toutes ces promesses. Le chaos politique, lui, c’est juste la cerise sur le gâteau. Un gâteau amer que beaucoup d’électeurs blancs commencent à avoir du mal à avaler.
Section 7 : Les implications pour les élections de mi-mandat 2026
Un cauchemar républicain en préparation
Les élections de mi-mandat de novembre 2026 se profilent à l’horizon comme une menace existentielle pour les républicains. Jacob Neiheisel est catégorique : « Je dirais que les fortunes du Parti républicain aux élections de mi-mandat sont directement liées aux taux d’approbation de Trump. À mesure que l’approbation du président baisse, les espoirs du GOP de conserver le contrôle de la Chambre diminuent également. » Robert Shapiro va encore plus loin, affirmant que les républicains sont « en difficulté » et que Trump pourrait « très probablement l’année prochaine faire face à au moins une chambre du Congrès contrôlée par les démocrates. » Les conséquences seraient dévastatrices pour l’agenda trumpiste. « Cela empêchera Trump de faire passer une législation partisane, et la Chambre des représentants pourrait enquêter sur ce qu’ils considèrent comme les méfaits de l’administration », prévient Shapiro. Dans les États et districts qui décideront du contrôle du Congrès, même un glissement d’un ou deux points parmi le plus grand groupe démographique peut altérer le paysage stratégique. Le sondage Marquette, combiné aux résultats du Times/Siena, offre une indication précoce que le soutien de Trump parmi les électeurs blancs est vulnérable d’une manière qui était moins évidente lors des cycles précédents.
Les républicains qui ont lié leur destin à celui de Trump doivent commencer à transpirer. Sérieusement. Parce que si cette tendance se confirme, si Trump continue de perdre du terrain auprès de sa base blanche, alors novembre 2026 pourrait devenir un bain de sang électoral. Et le pire, c’est qu’ils le savent. Ils voient les mêmes chiffres que nous. Ils lisent les mêmes sondages. Mais ils sont piégés. Piégés entre leur loyauté envers Trump et leur instinct de survie politique. C’est presque tragique à regarder.
Section 8 : Le contexte plus large de l'impopularité présidentielle
Un président sous l’eau dans tous les sondages
La baisse auprès des électeurs blancs s’inscrit dans un tableau plus sombre de l’impopularité générale de Trump. Le sondage Marquette place son taux d’approbation global à quarante-deux pour cent, avec cinquante-huit pour cent de désapprobation, soit un solde net de moins seize points. Le CNN Poll of Polls montre une image similaire, avec une moyenne de trente-neuf pour cent d’approbation et cinquante-neuf pour cent de désapprobation, un solde net de moins vingt. Même le sondage Rasmussen, généralement plus favorable aux républicains, le place à quarante et un pour cent d’approbation et cinquante-sept pour cent de désapprobation, un solde net de moins seize. Ces chiffres sont historiquement bas pour un président en début de second mandat. Ils reflètent un mécontentement profond et généralisé qui traverse toutes les catégories démographiques, même si la baisse parmi les électeurs blancs est particulièrement significative étant donné leur importance dans la coalition trumpiste. Le sondage Pew Research Center, publié en janvier 2026, a révélé que seulement trente-sept pour cent des Américains approuvent le travail de Trump, tandis que soixante-deux pour cent le désapprouvent.
Quarante-deux pour cent. Trente-neuf pour cent. Quarante et un pour cent. Peu importe le sondage que vous regardez, le constat est le même : Trump est profondément impopulaire. Et ce n’est pas juste une question de perception médiatique ou de biais des sondeurs. C’est une réalité mesurable, quantifiable, indéniable. Les Américains, dans leur majorité, ne sont pas satisfaits de sa présidence. Point final. Et ça, aucun tweet rageur sur Truth Social ne pourra le changer.
Section 9 : Les voix qui s'élèvent contre Trump
Même les alliés commencent à douter
Les critiques ne viennent plus seulement des démocrates. Le gouverneur de Californie Gavin Newsom, réagissant au sondage Marquette, a publié un message cinglant sur X (anciennement Twitter) : « Incroyable de voir Stephen Miller (chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche) saboter Trump et le mouvement MAGA en temps réel ! » Cette attaque vise directement l’un des conseillers les plus proches de Trump, suggérant que même au sein de l’administration, les politiques mises en œuvre contribuent à l’érosion du soutien populaire. Les républicains du Congrès, eux, commencent à prendre leurs distances. Plusieurs élus ont exprimé publiquement leurs réserves sur certaines initiatives de l’administration, notamment concernant les politiques d’immigration jugées trop radicales et les déclarations controversées sur le Groenland. Cette fissure au sein du parti républicain est peut-être le signe le plus inquiétant pour Trump. Parce que lorsque vos propres alliés commencent à vous lâcher, c’est que la situation est vraiment grave. Les sondages montrent également que l’approbation de Trump parmi les républicains eux-mêmes a chuté, passant de niveaux historiquement élevés à des chiffres plus modestes, suggérant que même son noyau dur commence à vaciller.
Il y a quelque chose de profondément révélateur dans le fait que même les républicains commencent à prendre leurs distances. Parce que pendant des années, la loyauté envers Trump était absolue. Totale. Inconditionnelle. Critiquer Trump, c’était se condamner à l’ostracisme politique. Mais maintenant, les langues se délient. Les doutes s’expriment. Les critiques émergent. Et ça, c’est peut-être le début de la fin pour l’emprise de Trump sur le Parti républicain. Peut-être. Parce qu’avec Trump, on n’est jamais sûr de rien.
Conclusion : Le crépuscule d'une ère ou un simple accident de parcours
L’avenir incertain d’une présidence contestée
Alors, que nous disent vraiment ces sondages ? Sont-ils le signe avant-coureur d’un effondrement politique majeur ou simplement une fluctuation temporaire dans l’opinion publique ? La vérité, comme souvent, se situe probablement quelque part entre les deux. Ce qui est certain, c’est que la coalition électorale qui a porté Trump au pouvoir montre des signes de fragilité. Les électeurs blancs, ce socle supposément inébranlable, commencent à bouger. Pas massivement. Pas de manière spectaculaire. Mais suffisamment pour que les alarmes sonnent dans les quartiers généraux républicains. Les mois à venir seront cruciaux. Si Trump parvient à redresser la barre, à tenir ses promesses économiques, à apaiser les tensions politiques, alors ces sondages ne seront qu’un mauvais souvenir. Mais si la tendance se confirme, si l’érosion continue, alors novembre 2026 pourrait marquer un tournant historique dans la politique américaine. Les démocrates, eux, observent ces chiffres avec un mélange d’espoir et de prudence. Ils savent que rien n’est joué. Que les sondages peuvent se tromper. Que Trump a déjà prouvé par le passé qu’il était capable de renverser les pronostics. Mais pour la première fois depuis longtemps, ils ont des raisons d’espérer.
Je termine cette chronique avec un sentiment étrange. Pas de triomphalisme. Pas de certitude. Juste une interrogation profonde sur ce que ces chiffres révèlent de l’état de l’Amérique en 2026. Parce qu’au-delà des pourcentages et des marges d’erreur, ce sont des millions de vies qui sont en jeu. Des millions d’Américains qui ont cru en Trump, qui ont voté pour lui, qui ont espéré qu’il changerait leur vie. Et maintenant, beaucoup d’entre eux doutent. Ils se demandent s’ils ont fait le bon choix. Ils questionnent leurs convictions. Et ça, c’est peut-être le vrai drame de cette histoire. Pas la chute d’un président. Mais la désillusion d’un peuple qui croyait encore aux promesses.
Signé Jacques Provost
Sources
Marquette Law School Supreme Court Poll, « Trump Job Approval », sondage réalisé du 21 au 28 janvier 2026, publié le 7 février 2026, https://law.marquette.edu/
The New York Times et Siena College, « Presidential Approval Poll », sondage réalisé du 12 au 17 janvier 2026, publié le 22 janvier 2026, https://www.nytimes.com/
Newsweek, « Donald Trump’s Approval Rating Underwater With White Voters in New Poll », par Sam Stevenson, publié le 7 février 2026, https://www.newsweek.com/donald-trump-approval-rating-white-voters-poll-11482804
Newsweek, « Donald Trump Is Losing White Voters—Poll », par Andrew Stanton, publié le 22 janvier 2026, https://www.newsweek.com/donald-trump-losing-white-voters-poll-11402864
CNN Poll of Polls, données mises à jour en février 2026, https://edition.cnn.com/polling/approval/trump-cnn-poll-of-polls
Rasmussen Reports, « Daily Presidential Tracking Poll », février 2026, https://www.rasmussenreports.com/
Pew Research Center, « Confidence in Trump Dips », publié le 29 janvier 2026, https://www.pewresearch.org/
YouGov et The Economist, sondage réalisé du 16 au 19 janvier 2026, https://www.economist.com/
Emerson College Polling, sondage réalisé du 17 au 19 janvier 2026, https://emersoncollegepolling.com/
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