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CHRONIQUE : Quand les drones ukrainiens frappent au cœur de la logistique russe — 60 km derrière les lignes
Crédit: Adobe Stock

Des drones « first-person view » : quand le jeu vidéo devient une arme de guerre

Les drones FPV — pour First-Person View — ne sont pas une invention ukrainienne. Ils sont utilisés depuis des années par les hobbyistes pour des courses ou des prises de vue spectaculaires. Mais c’est l’Ukraine qui a transformé ces jouets high-tech en armes de destruction massive. Le principe est simple : un pilote, souvent un soldat formé en quelques semaines, porte des lunettes de réalité virtuelle qui lui permettent de voir exactement ce que voit la caméra du drone. Avec un joystick, il guide l’engin vers sa cible, ajuste sa trajectoire en temps réel, et largue sa charge explosive au moment précis. Résultat : une précision inégalée, même par rapport aux missiles les plus sophistiqués.

Et le coût ? Dérisoire. Là où un missile de croisière peut coûter des millions de dollars, un drone FPV équipé d’une charge explosive ne dépasse pas les 5 000 à 10 000 dollars. Pour l’Ukraine, en guerre contre une puissance militaire bien plus riche et mieux équipée, c’est une aubaine. Cela permet de frapper plus souvent, plus loin, et avec un effet psychologique décuplé. Parce qu’un soldat russe, même à 60 km des lignes de front, sait désormais qu’il n’est plus en sécurité. Et cette insécurité, c’est peut-être l’arme la plus puissante de toutes.

Je me demande parfois ce que doivent ressentir ces pilotes ukrainiens. Assis dans un bunker ou une pièce sécurisée, les yeux rivés sur un écran, les doigts sur les commandes, ils sont à la fois loin et si proches de la mort qu’ils infligent. Ils voient la cible grossir, ils ajustent la trajectoire, ils entendent peut-être les voix de leurs camarades qui les guident… et puis ils appuient sur le bouton. BANG. Une vie s’éteint, à des kilomètres de là. Est-ce que ça les hante ? Est-ce qu’ils dorment la nuit en repensant à ces images ? Ou est-ce que, dans le feu de l’action, il n’y a pas de place pour ces questions ? Une chose est sûre : chaque frappe réussie est une petite victoire. Pas seulement militaire, mais humaine. Parce que chaque dépôt détruit, chaque camion en flammes, c’est un peu de cette guerre qui recule. C’est un peu d’espoir qui revient.

L’effet domino : quand la logistique russe s’effondre

Striker des dépôts logistiques, ce n’est pas seulement détruire du matériel. C’est saper les fondations mêmes de l’effort de guerre russe. Imaginez une armée comme un corps humain. Les soldats sur le front, ce sont les muscles, les os, la chair qui combat. Mais sans sang — sans carburant, sans munitions, sans nourriture — ces muscles s’atrophient, ces os se brisent. Et c’est exactement ce que font les drones FPV ukrainiens : ils coupent les artères qui alimentent la machine de guerre russe.

Prenez l’exemple d’une frappe récente, rapportée par Militarnyi : un dépôt de munitions situé près de Luhansk, une ville sous contrôle russe depuis 2014. Le dépôt était considéré comme inatteignable par les forces ukrainiennes, trop loin des lignes de front pour être touché par l’artillerie classique. Pourtant, un essaim de drones FPV a réussi à le localiser, à le survoler, et à le réduire en cendres. Résultat : des centaines de tonnes de munitions parties en fumée, et des semaines de retard dans les livraisons aux unités russes sur le front. Multipliez ce scénario par dix, par cent, et vous commencez à comprendre pourquoi les généraux russes tremblent.

Il y a une ironie cruelle dans tout ça. Pendant des mois, les Russes ont bombardé les villes ukrainiennes avec des missiles, des obus, des drones Shahed iranien, semant la terreur parmi les civils. Et maintenant, ce sont eux qui vivent dans la peur. Ce sont leurs dépôts qui explosent. Ce sont leurs soldats qui meurent dans des attaques qu’ils ne voient pas venir. La guerre a cela de terrible et de juste à la fois : elle finit toujours par rappeler à chacun le goût de sa propre médecine. Et quand cette médecine est administrée avec une précision chirurgicale, par des hommes et des femmes qui défendent leur terre pied par pied, c’est presque… poétique. Presque.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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