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ÉDITORIAL : La croisade anti-« woke » de MAGA, ou comment 400 ans de racisme résistent encore
Crédit: Adobe Stock

L’esclavage, cette blessure ouverte

En 1865, l’esclavage était aboli. En théorie. Dans les faits, les lois Jim Crow ont maintenu les Noirs américains dans une citoyenneté de seconde zone pendant un siècle. En 1964, le Civil Rights Act était censé mettre fin à la ségrégation. Pourtant, en 2026, des écoles sont encore ségrégées de facto, des quartiers sont encore déshérités, et des vies sont encore sacrifiées sur l’autel du racisme. Le « woke » n’a pas créé ces inégalités. Il les nomme. Il les montre. Et ça, c’est insupportable pour ceux qui profitent du statu quo.

Prenez l’exemple de la loi « Don’t Say Gay » en Floride, qui interdit aux enseignants de parler d’orientation sexuelle ou d’identité de genre à l’école. Cette loi ne vient pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une longue tradition de contrôle des corps, des désirs, des identités. Elle rappelle les lois anti-métissage, les lois contre l’homosexualité, les lois qui ont toujours cherché à dire aux minorités : « Restez à votre place. » Mais en 2026, les minorités refusent de rester à leur place. Et ça, c’est ce qui fait peur.

Je repense à Ruby Bridges, cette petite fille noire de six ans qui, en 1960, a dû être escortée par des marshals fédéraux pour aller à l’école, parce que des Blancs hurlaient des insultes racistes. Aujourd’hui, ce sont des livres sur l’histoire noire ou sur les droits LGBTQ+ qu’on interdit dans les bibliothèques. La méthode change. La peur, elle, reste la même.

Le « woke » comme épouvantail

En 2024, le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, a signé une loi interdisant aux entreprises de proposer des formations sur la « diversité, l’équité et l’inclusion ». Son argument ? Ces formations « divisent » les Américains. La réalité ? Ces formations tentent de réparer 400 ans de divisions imposées par le racisme, le sexisme, l’homophobie. Mais plutôt que de reconnaître ces divisions, on préfère les nier. On préfère dire que parler de racisme, c’est « diviser ». Que parler d’injustice, c’est « semer la haine ».

C’est le monde à l’envers. C’est comme si on accusait les victimes de violence de « provoquer » leurs agresseurs. Comme si on disait aux Noirs américains : « Arrêtez de parler de racisme, vous créez des tensions. » Comme si on disait aux femmes : « Arrêtez de parler de sexisme, vous êtes trop sensibles. » Comme si on disait aux LGBTQ+ : « Arrêtez de demander des droits, vous êtes trop visibles. »

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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