Les six piliers de la prise de pouvoir
Le totalitarisme ne s’installe jamais d’un seul coup. Il s’infiltre. Il grignote. Il normalise l’inacceptable. Trump a compris cela. Chaque jour apporte sa nouvelle violation. Chaque semaine sa nouvelle purge. Le choc devient routine. L’outrage devient bruit de fond.
Premier pilier : la purge administrative. Le DOGE d’Elon Musk a methodiquement demantele l’expertise publique. Les fonctionnaires qui savaient, qui pouvaient alerter, qui pouvaient resister – ecartes. 50 000 postes rendus licenciables d’un trait de plume. La memoire institutionnelle effacee.
Deuxieme pilier : le controle de l’information. Associated Press bannie parce qu’elle refuse de dire « Golfe de l’Amerique ». Le Pentagone exige que les journalistes fassent valider leurs articles avant publication. Les blogueurs d’extreme droite remplacent les correspondants accredites.
Nous avons vu ce film. Nous connaissons cette histoire. Les dictatures commencent toujours par les mots. Controle le langage, tu controles la pensee. Force les journalistes a demander la permission, tu as deja gagne. Le poison du totalitarisme s’insinue d’abord dans les phrases qu’on s’interdit de prononcer.
Le pillage des donnees democratiques
Troisieme pilier : l’appropriation des donnees. Les equipes de Musk ont pris le controle du systeme de paiement du Tresor. 6 000 milliards de dollars de fonds federaux. Les numeros de securite sociale de tous les Americains. Les dossiers medicaux. Les salaires des fonctionnaires.
Un ancien responsable de la NOAA a denonce que les agents du DOGE ont « force l’acces » aux systemes informatiques contenant des informations confidentielles. Les juristes estiment que cela viole plusieurs lois federales sur la cybersecurite.
21 fonctionnaires du DOGE ont demissionne en bloc. Pres d’un tiers du personnel. Leur raison : ils refusaient d’utiliser leurs competences pour « fragiliser les systemes informatiques gouvernementaux cruciaux, compromettre les donnees sensibles des Americains, ou demanteler des services publics essentiels ».
La chasse aux "indesirables" : Le quatrieme pilier
L’ICE dechainee
Les arrestations « at-large » – dans les communautes, les rues, les quartiers – ont augmente de 600%. Le nombre de personnes sans casier criminel detenues par l’ICE a explose de 2 450%. Deux mille quatre cent cinquante pour cent.
Ce ne sont plus des criminels qu’on arrete. Ce sont des boucs emissaires. Des visages. Des familles. Des enfants qui ne comprendront jamais pourquoi on les a arraches a leur ecole, a leurs amis, a tout ce qu’ils connaissaient.
La 5e Cour d’appel a donne raison a l’administration Trump ce 6 fevrier : les detenus de l’immigration peuvent etre maintenus sans audience de liberation. Enfermes. Sans recours. Sans espoir. Indefiniment.
A quel moment on a accepte que des etres humains puissent etre enfermes sans audience? A quel moment on a decide que certains meritaient moins de droits que d’autres parce qu’ils etaient nes ailleurs? Le totalitarisme ne commence pas par les chambres a gaz. Il commence par les listes. Par les rafles. Par l’indifference de ceux qui regardent ailleurs.
La deshumanisation systematique
Trump parle d’« invasion ». De « vermine ». D’« empoisonnement du sang » de l’Amerique. Le langage n’est pas accidentel. Il est calcule. Delibere. Il prepare les esprits a l’inacceptable.
Quand on appelle des etres humains de la vermine, on prepare leur elimination. Quand on parle d’empoisonnement du sang, on ressuscite les pires heures de l’histoire. Les experts du fascisme l’ont compris depuis l’assaut du Capitole en 2021.
Depuis, le nombre d’historiens et de politologues qui qualifient le trumpisme de fascisme n’a cesse d’augmenter. Les promesses antidemocraties. Les actions ultranationalistes. La promotion de la violence. La deshumanisation des immigrants. Le culte de la personnalite.
Le cinquieme pilier : La soumission des contre-pouvoirs
Une Cour supreme aux ordres
La Cour supreme a ouvert la voie aux licenciements massifs de fonctionnaires voulus par Trump. Elle a enterre les decisions des juges federaux qui protegeaient les employes de l’Etat. Elle a valide la detention indefinie sans audience.
Le juge William Alsup avait pourtant ete clair : justifier les licenciements par de « mauvaises performances » constituait « un pretexte afin de contourner les obligations legales ». Mais la Cour supreme a renverse sa decision.
Six contre trois. La majorite conservatrice nommee par Trump et ses allies. Le rempart ultime de la democratie americaine transforme en instrument de pouvoir.
Quand le dernier garde-fou cede, que reste-t-il? Quand la plus haute cour du pays devient le bras arme de l’executif, quel recours ont les citoyens? La separation des pouvoirs n’etait pas une coquetterie de juriste. Elle etait le fondement meme de la Republique. Trump l’a comprise. Il l’a detruite.
Le Congres complice
Le Parti republicain a choisi son camp. Pas celui de la Constitution. Pas celui de la democratie. Celui du pouvoir. Du pouvoir brut. De la domination.
Les quelques voix dissidentes ont ete purgees. Marginalisees. Humiliees. Ceux qui restent ont compris le message : obeir ou disparaitre.
L’impeachment? Impossible avec cette majorite. Les enquetes? Enterrees. Le controle parlementaire? Une facade.
Le sixieme pilier : L'imperialisme decomplexe
Groenland, Canada : Les appetits territoriaux
Trump veut le Groenland. Il l’a dit. Redit. Martele. Il menace le Danemark de droits de douane de 10% – bientot 25%. Il menace huit pays europeens pour leur presence militaire sur le territoire.
Le Canada a du elaborer des plans pour envoyer des soldats au Groenland. Des exercices militaires avec les allies de l’OTAN. Pour proteger un territoire… de son propre allie.
Le premier ministre Mark Carney attendait de donner son approbation finale. L’impensable est devenu necessaire : se preparer a une agression americaine.
Les Etats-Unis menacent leurs propres allies d’annexion. L’Amerique de Trump ne reconnait plus les frontieres. Plus les traites. Plus le droit international. Elle ne reconnait que la force. Et pourtant, certains en Europe continuent de parler de « partenaire ». De « relation transatlantique ». De quel partenariat parle-t-on quand l’autre menace de vous envahir?
L’internationale de la honte
Trump n’est pas seul. Il est le pole politique, mediatique et symbolique d’une internationale neofasciste. Orban en Hongrie. Meloni en Italie. Wilders aux Pays-Bas. L’AfD en Allemagne.
Mais meme certains d’entre eux commencent a prendre leurs distances. L’imperialisme americain a franchi une ligne rouge. Menacer directement l’integrite territoriale des Etats, c’est trop meme pour les extremes droites europeennes.
Car elles ont compris : si Trump peut menacer le Groenland, il peut menacer n’importe qui. L’alliance des autocrates se fissure quand l’un d’eux devient trop gourmand.
Olivier Faure : Le courage tardif
Pourquoi maintenant?
Olivier Faure parle. Enfin. Mais pourquoi a-t-il attendu si longtemps? Pourquoi la gauche francaise a-t-elle mis plus d’un an a nommer ce que les citoyens ordinaires voyaient depuis le debut?
La diplomatie. Les interets economiques. La peur de froisser. La peur d’avoir l’air « extreme » en denoncant l’extremisme. La course au centre. La paralysie de la respectabilite.
Faure avait deja dit que Trump avait pris le monde « comme un self-service ». Qu’il ne reconnaissait que sa propre conscience comme boussole morale. Qu’il se croyait affranchi du droit international.
Il y a un moment ou la prudence devient complicite. Un moment ou le silence devient validation. La gauche francaise a trop longtemps joue les equilibristes, terrifiee a l’idee d’etre accusee d’exces. Mais quand la maison brule, celui qui refuse de crier au feu n’est pas un sage – c’est un complice.
La « folie gravissime » de la droite francaise
Faure denonce aussi « une folie gravissime » : voir une partie de la droite francaise s’aligner sur Trump. Accepter que le droit international soit completement bafoue.
Car le trumpisme n’est pas une affaire americaine. C’est un virus. Il se propage. Il contamine. Il normalise l’innommable partout ou il passe.
En France, des voix s’elevent pour relativiser. Pour comprendre. Pour nuancer. Pour dire que « les deux cotes » ont leurs torts. Comme si la victime et le bourreau meritaient le meme traitement.
L'Europe face au miroir
Le reveil douloureux
L’Europe decouvre – ou feint de decouvrir – ce qu’elle a refuse de voir pendant des annees. L’Amerique de Trump n’est pas un allie difficile. C’est un predateur.
Les droits de douane. Les menaces d’annexion. Le mepris affiche pour les traites. L’humiliation publique des dirigeants europeens. La destruction methodique de l’ordre international d’apres-guerre.
L’OTAN vacille. L’alliance transatlantique agonise. Et l’Europe se decouvre nue, dependante, incapable de se defendre seule.
Pendant des decennies, l’Europe a sous-traite sa securite aux Etats-Unis. Elle a cru que le parapluie americain serait eternel. Elle a laisse fondre ses armees, diviser ses politiques, stagner son integration. Aujourd’hui, elle recolte le fruit de sa naivete : un allie devenu menace, et aucun moyen de se proteger.
La question de la defense europeenne
L’Europe se dit « prete a se defendre » sur le Groenland. Mais avec quoi? Avec quelles armees? Avec quel commandement? Avec quelle volonte politique?
Les manifestants a Copenhague crient leur colere. Les gouvernements protestent. Mais les actes concrets tardent. La peur de la rupture paralyse plus que la realite de la menace.
Il faudrait des annees pour construire une defense europeenne credible. Trump n’attend pas des annees. Il agit maintenant.
Le fascisme americain : Debat ou realite?
Ce que disent les experts
Les historiens du fascisme sont divises. Certains refusent le terme : Trump serait un « populiste autoritaire » sans toutes les caracteristiques du fascisme historique. D’autres l’affirment : les promesses antidemocraties, l’ultranationalisme, la promotion de la violence, le culte du chef – tout est la.
Mais le debat academique masque l’essentiel. Qu’importe le mot si les effets sont les memes? Qu’importe l’etiquette si des gens souffrent? Si des institutions s’effondrent? Si des libertes meurent?
Le trumpisme ressemble au fascisme. Il agit comme le fascisme. Il produit les memes resultats que le fascisme. L’appeler autrement ne change rien a ce qu’il fait.
Le debat sur le mot « fascisme » est un luxe d’universitaires. Pour les immigrants traques, les fonctionnaires purges, les journalistes bannis, le debat est tranche. Ils vivent sous un regime qui les persecute. Le nom qu’on lui donne ne change rien a leur souffrance.
L’anatomie d’un fascisme moderne
Le magazine Politis l’a analyse en janvier 2026 : le trumpisme est un « fascisme moderne ». Adapte a l’ere des reseaux sociaux. Des milliardaires de la tech. De l’economie de l’attention.
Pas de chemises brunes, mais des tweets rageurs. Pas de propagande par affiche, mais des algorithmes qui enferment dans des bulles de haine. Pas de parti unique, mais un culte du chef qui devore tout sur son passage.
Le mecanisme reste le meme : une autorite qui se place au-dessus des lois, qui les bafoue ouvertement tout en pretendant les faire respecter.
Les victimes invisibles
Les fonctionnaires sacrifies
Maria travaillait au Departement de l’Education depuis 22 ans. Elle a appris son licenciement en arrivant au travail. Son badge ne fonctionnait plus. Personne ne lui a explique. Personne ne s’est excuse.
James etait expert en meteorologie a la NOAA. Trente ans de carriere. Des milliers de vies sauvees par ses previsions. Ecarte parce qu’il avait refuse de falsifier des donnees climatiques.
Sarah gerait les aides aux anciens combattants. 15 ans de service. Licenciee pour « mauvaise performance » trois jours apres avoir refuse de donner au DOGE acces a des dossiers medicaux confidentiels.
Chaque licenciement est une histoire. Une vie bouleversee. Une expertise perdue. Un service public affaibli. Mais pour Trump et Musk, ce ne sont que des chiffres. Des « economies ». De l' »efficacite ». Le langage de l’entreprise applique a la destruction de l’Etat.
Les immigrants traques
400 000 arrestations en un an. Des familles brisees. Des enfants orphelins du jour au lendemain. Des communautes terrorisees.
Rosa vivait aux Etats-Unis depuis 18 ans. Ses trois enfants sont nes la-bas. Elle n’avait jamais commis de crime. Elle a ete arretee devant l’ecole de sa fille.
Ahmed avait fui la guerre en Syrie. Il avait obtenu l’asile. Il travaillait comme medecin dans un hopital du Texas. Arrete lors d’un « controle de routine ». Personne ne sait ou il est.
La France, le monde : Que faire?
Les options de l’Europe
L’Europe peut negocier. Ceder. Esperer que Trump se calmera. C’est ce qu’elle fait depuis un an. Ca ne marche pas.
L’Europe peut resister. S’unir. Construire sa defense. Diversifier ses alliances. C’est long. Couteux. Douloureux. Mais c’est la seule voie qui preserve sa dignite et sa souverainete.
L’Europe peut se soumettre. Devenir une vassale. Accepter l’humiliation permanente. C’est ce vers quoi certains, en France et ailleurs, voudraient nous entrainer.
Il n’y a pas de compromis possible avec le totalitarisme. Pas de « juste milieu » entre la democratie et la tyrannie. L’Europe doit choisir. Et ce choix definira son avenir pour des generations.
Le role de la France
La France peut montrer l’exemple. Nommer les choses. Comme Faure vient de le faire. Refuser le double langage. Refuser la complaisance.
La France peut construire. Une defense europeenne. Une autonomie strategique. Une independance energetique. Des alliances nouvelles avec le Sud global.
La France peut inspirer. Prouver que la democratie peut survivre. Que les valeurs de liberte, d’egalite, de fraternite ne sont pas des reliques du passe.
Conclusion : Le temps du choix
L’Histoire jugera
Dans cinquante ans, on etudiera cette periode. On se demandera comment le monde a laisse faire. Comment l’Amerique, berceau de la democratie moderne, a sombre dans le totalitarisme.
On cherchera les coupables. Les complices. Les silencieux. On trouvera des noms. Des visages. Des decisions.
On cherchera aussi les resistants. Ceux qui ont dit non. Ceux qui ont nomme la bete. Ceux qui ont refuse de se soumettre.
La question qui reste
Olivier Faure a parle. D’autres suivront-ils? La gauche francaise va-t-elle enfin se lever? L’Europe va-t-elle s’unir?
Ou bien continuera-t-on a negocier avec la tyrannie? A esperer qu’elle se moderera d’elle-meme? A fermer les yeux sur ce qui se passe de l’autre cote de l’Atlantique?
Le totalitarisme ne gagne pas parce qu’il est fort. Il gagne parce que les autres sont laches. Parce que les democrates preferent le confort du silence a l’inconfort de la resistance. Parce qu’il est toujours plus facile de regarder ailleurs. Trump installe un Etat totalitaire. Faure l’a dit. Maintenant, c’est a nous de decider : sommes-nous des spectateurs ou des acteurs? Des complices ou des resistants? L’Histoire attend notre reponse.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique assume une position antifasciste et prodemocratique. Elle considere que la neutralite face aux derives totalitaires n’est pas de l’objectivite, mais de la complaisance. Elle refuse le « bothsideism » qui met sur le meme plan les victimes et les bourreaux.
L’auteur considere que Donald Trump represente une menace existentielle pour la democratie, aux Etats-Unis et dans le monde. Cette position n’est pas partisane mais ethique.
Methodologie et sources
Les faits presentes dans cette chronique proviennent de sources verifiees : agences de presse (Associated Press, AFP), medias de reference (New York Times, Washington Post, Le Devoir, Radio-Canada, France Info, BFMTV), rapports d’organisations (American Immigration Council, RSF), documents officiels et decisions de justice.
Les chiffres cites (317 000 departs de fonctionnaires, 66 000 detenus ICE, 400 000 arrestations, etc.) proviennent de sources officielles ou de documents gouvernementaux obtenus par des medias d’investigation.
Nature de l’analyse
Cette chronique est une analyse editoriale, pas un reportage factuel. Elle interprete les faits a travers une grille de lecture democratique et humaniste. Les conclusions tirees engagent l’auteur.
Les temoignages individuels (Maria, James, Sarah, Rosa, Ahmed) sont des reconstructions typiques basees sur des cas documentes, et non des personnes specifiques identifiables.
Sources
Sources primaires
BFMTV – Declaration d’Olivier Faure sur l’etat totalitaire, 8 fevrier 2026
La Presse – Le gouvernement Trump facilite le licenciement de fonctionnaires, 5 fevrier 2026
CBS News – Less than 14% of those arrested by ICE in Trump’s 1st year back had violent criminal records, 9 fevrier 2026
American Immigration Council – Immigration Detention Expansion in Trump’s Second Term, fevrier 2026
RSF (Reporters Sans Frontieres) – USA: 8 ways Trump is shrinking the space for press freedom, 2026
Department of Homeland Security – DHS Sets the Stage for Another Historic, Record-Breaking Year Under President Trump, 20 janvier 2026
Sources secondaires
Le Devoir – Verrons-nous le triomphe de l’autocratie aux Etats-Unis?, 2026
Politis – Le trumpisme, anatomie d’un fascisme moderne, janvier 2026
France Info – REPORTAGE: Une vendetta contre le service public, 2025-2026
Radio-Canada – Elon Musk etend ses tentacules dans l’administration publique americaine, 2026
La Revue des Medias (INA) – Un an apres le retour de Trump : Ceux qui nous ont remplaces sont des blogueurs d’extreme droite, 2026
Wikipedia – Liens entre Donald Trump et le fascisme; Deportation in the second Trump administration; Department of Government Efficiency
Le Grand Continent – Trumponomics: l’economie americaine va-t-elle s’effondrer en 2026?, janvier 2026
NBC News – DOGE may have misused Social Security data, Trump administration says, 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.