Septembre 2023 : 24 heures pour effacer 3000 ans d’histoire
Pour comprendre le TRIPP, il faut remonter au 19 septembre 2023. Ce jour-la, l’Azerbaidjan lance une offensive eclair sur le Haut-Karabakh. En 24 heures, c’est termine. Le territoire armenien historique tombe. La Republique d’Artsakh, qui existait depuis 1991, est dissoute le 1er janvier 2024.
Plus de 100 000 Armeniens fuient. Pas emigrent. Fuient. Avec ce qu’ils peuvent porter sur leur dos. Des familles entieres qui abandonnent des maisons habitees depuis des generations. Des cimetieres ou reposent leurs ancetres. Des eglises millenaires.
On appelle ca un nettoyage ethnique. Pas une « relocalisation ». Pas une « migration volontaire ». Un nettoyage ethnique. Les mots ont un sens. Et ce sens-la, il coule rouge.
Le rapport Freedom House : des preuves accablantes
Freedom House a documente l’ensemble. Executions extrajudiciaires. Blocus de plusieurs mois ayant affame la population. Deplacements forces. Destruction du patrimoine culturel armenien. Confiscation des biens.
Le rapport conclut sans ambiguite : les actions de l’Etat azerbaidjanais constituent un nettoyage ethnique par deplacement force. Une strategie methodique, complete, deliberee pour vider le Haut-Karabakh de sa population armenienne et effacer toute trace de sa presence historique.
Et pourtant, moins de deux ans plus tard, l’architecte de ce crime serre la main du president americain a la Maison-Blanche.
Ilham Aliyev : portrait d'un dictateur frequent
375 prisonniers politiques et un silence international
L’Azerbaidjan d’Ilham Aliyev n’est pas une democratie imparfaite. C’est une dictature. Le mot n’est pas une insulte. C’est une description factuelle.
En 2025, le pays comptait 375 prisonniers politiques. Journalistes. Avocats des droits de l’homme. Militants ecologistes. Opposants politiques. Tous arretes sur des charges fabriquees : « contrebande », « entrepreneuriat illegal », « possession de drogue ».
Les organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International sont bannies du territoire. Les medias independants — Abzas Media, Toplum TV, Meydan TV — ont vu leurs journalistes emprisonnes en 2024 et 2025 dans des proces qualifies d’iniques par les observateurs internationaux.
Quand on interdit aux temoins d’entrer, c’est generalement qu’on a quelque chose a cacher. Et ce qu’Aliyev cache, ce sont des cellules de prison remplies de gens dont le seul crime est d’avoir parle.
La COP29 : le greenwashing d’un regime criminel
En novembre 2024, l’Azerbaidjan a accueilli la COP29. La conference mondiale sur le climat. Dans un pays petrolier dirige par un autocrate. L’ironie serait delicieuse si elle n’etait pas tragique.
Human Rights Foundation a qualifie l’evenement de « mascarade ». Pendant que les delegations du monde entier discutaient reduction des emissions, Bakou intensifiait sa repression contre la societe civile. Le moment parfait : tous les regards tournes vers les panneaux solaires pendant que les portes des prisons se ferment.
Les prisonniers armeniens : le detail qu'on oublie de mentionner
Au moins 23 otages, dont des anciens presidents
Pendant que Trump celebre son accord de paix, au moins 23 prisonniers armeniens croupissent dans les geoles azerbaidjanaises. Des prisonniers de guerre captures pendant et apres le blocus du Haut-Karabakh.
Parmi eux, des noms lourds de sens. Ruben Vardanyan, philanthropiste et ancien ministre d’Etat. Les anciens presidents Arkadi Ghoukassian, Arayik Haroutiounian et Bako Sahakian. Le president de l’Assemblee nationale David Ishkhanian.
Le 7 fevrier 2026 — deux jours avant la visite de Vance — cinq d’entre eux ont ete condamnes a la prison a perpetuite. Deux autres a 20 ans. Les charges? Crimes contre l’humanite. Crimes de guerre. Genocide. Terrorisme.
L’inversion accusatoire dans toute sa splendeur. Le bourreau condamne ses victimes pour les crimes qu’il a lui-meme commis. Kafka n’aurait pas fait mieux.
Les appels ignores
L’ANCA (Armenian National Committee of America) a demande a Vance de faire pression pour la liberation des prisonniers pendant sa visite. Des senateurs americains, dont Ed Markey, ont ecrit a l’administration Trump pour exiger des actions concretes.
Ruben Vardanyan a entame une greve de la faim pour demander la liberation inconditionnelle de tous les detenus.
La reponse officielle? Le silence. L’accord TRIPP ne mentionne pas les prisonniers. La paix se negocie, les otages attendent.
TRIPP : anatomie d'un corridor controverse
43 kilometres, 99 ans, 74% de controle americain
Regardons les chiffres. Le TRIPP est un corridor de 43 kilometres (ou 27 miles) traversant le sud de l’Armenie, le long de la frontiere iranienne. Il reliera l’Azerbaidjan a son exclave du Nakhitchevan.
L’infrastructure comprendra : route, voie ferree, oleoduc, gazoduc, fibre optique, et potentiellement des lignes electriques.
Les Etats-Unis obtiennent des droits exclusifs de developpement pour 99 ans. Une societe de developpement TRIPP (TDC) sera creee avec 74% de participation americaine pendant les 49 premieres annees, puis 51% si l’accord est prolonge.
L’Armenie conserve theoriquement sa souverainete sur le territoire. Le corridor restera soumis au droit armenien.
Souverainete. Le mot est beau. Mais quand 74% du controle d’une infrastructure strategique traversant votre territoire appartient a une puissance etrangere pendant un demi-siecle, on peut se demander ce qu’il reste exactement de cette souverainete.
Le corridor Zanguezour : la demande originale de Bakou
Il faut comprendre ce que l’Azerbaidjan voulait initialement. Apres sa victoire de 2020, Aliyev a exige un « corridor de Zanguezour » — une route extraterritoriale a travers l’Armenie, echappant a la juridiction armenienne.
L’Armenie a refuse. La Russie, alors garante des accords de cessez-le-feu, n’a pas pu ou voulu imposer cette demande.
Le TRIPP est le compromis. L’Armenie garde la souverainete formelle. Mais le transit azerbaidjanais sera garanti. Et les Etats-Unis, pas l’Armenie, controlent le developpement.
L'opposition armenienne : "Nous sommes sur la table, pas a la table"
Un sondage qui en dit long
Selon un sondage realise apres le sommet de Washington, 58,9% des Armeniens se sont declares opposes au TRIPP. Plus d’un sur deux. Dans une democratie normale, ce chiffre devrait peser. En Armenie, sous pression, il est ignore.
Armen Roustamian, representant du Bureau de la Federation revolutionnaire armenienne (FRA), a resume la situation avec une formule devastatrice : « L’Armenie n’est plus un acteur souverain dans les negociations. Elle est devenue un objet — formellement presente a la table, mais ce sont d’autres qui determinent les resultats et les termes. »
Etre sur la table plutot qu’a la table. C’est la difference entre negocier son avenir et etre negocie. L’Armenie, en 2026, est un plat qu’on se partage.
Levon Zourabyan : le TRIPP est un corridor deguise
Levon Zourabyan, du Congres national armenien, a adopte une position critique tranchante. Pour lui, le TRIPP equivaut de facto au corridor que l’Azerbaidjan reclamait depuis le debut. Il compromet la souverainete armenienne et son levier economique a long terme.
Les critiques pointent egalement la repartition des parts dans la societe de gestion : 74-26 en faveur des Etats-Unis pendant 49 ans. Et les complications potentielles pour les relations de l’Armenie avec l’Iran, son voisin du sud dont la frontiere longe le trace du corridor.
Pachinian : le survivant qui n'a plus le choix
Un Premier ministre dos au mur
Nikol Pachinian defend le TRIPP. Il n’a pas vraiment le choix. Apres la defaite de 2020 contre l’Azerbaidjan, apres l’abandon du Haut-Karabakh en 2023, son gouvernement est affaibli, isole, en quete desesperee de protecteurs.
La Russie? Elle a trahi. L’accord de securite collective (OTSC) n’a pas bouge un doigt pour defendre l’Armenie. Moscou, empetree en Ukraine, n’a ni la volonte ni les moyens d’honorer ses engagements.
L’Union europeenne? Elle observe, condamne, s’inquiete. Mais n’agit pas.
Restent les Etats-Unis. Trump. Le deal.
Quand tous vos allies vous abandonnent, vous prenez ce qu’on vous donne. Meme si ce qu’on vous donne ressemble etrangement a ce qu’on vous prend. Pachinian signe parce que l’alternative, c’est disparaitre.
Les promesses de Washington
Pachinian met en avant les avantages : des centaines de millions de dollars d’investissements. Des garanties de securite implicites — car qui attaquerait une infrastructure controllee a 74% par les Americains? Une integration dans le Corridor du Milieu, cette route commerciale emergente de 6500 kilometres reliant la Chine a l’Europe via le Caucase.
La construction doit debuter fin 2026. L’Armenie deviendra un noeud strategique dans l’architecture commerciale mondiale post-Ukraine.
Sur le papier, c’est seduisant. Dans la realite, c’est un pari.
La geopolitique du TRIPP : qui gagne vraiment?
Les Etats-Unis : le grand gagnant
Pour Washington, le TRIPP est un coup de maitre. En un seul accord, les Etats-Unis :
Evincent la Russie : Moscou perd son role de mediateur dans le conflit armeno-azerbaidjanais. Le Groupe de Minsk de l’OSCE, co-preside par la Russie, a ete dissous a la demande conjointe d’Erevan et Bakou.
Contournent l’Iran : Le corridor passe le long de la frontiere iranienne, mais sous controle americain. Teheran, qui s’oppose a toute presence americaine a sa frontiere nord, est neutralise.
Defient la Chine : Le TRIPP s’insere dans le Corridor du Milieu, offrant une alternative aux Routes de la Soie chinoises sans troupes ni bases americaines sur le terrain.
Securisent des mineraux critiques : L’Azerbaidjan possede du cuivre, de l’alunite et du molybdene. L’Armenie a du cuivre, de l’argent et de l’antimoine. Dans la course aux chaines d’approvisionnement face a la Chine, ces ressources comptent.
Le TRIPP n’est pas un accord de paix. C’est un coup d’echecs geopolitique. La paix est l’emballage. Le contenu, c’est l’influence.
L’Azerbaidjan : le vainqueur militaire recompense
Aliyev obtient ce qu’il voulait depuis 2020 : une connexion directe avec le Nakhitchevan. Le nettoyage ethnique du Haut-Karabakh est enterre sous les congratulations diplomatiques. Les prisonniers armeniens restent en cellule pendant que les tractopelles se preparent.
Mieux : le regime reçoit une legitimite internationale. Serrer la main de Trump a la Maison-Blanche vaut toutes les absolutions.
L’Armenie : le survivant qui cede pour exister
L’Armenie obtient des investissements, une certaine protection americaine implicite, et l’espoir — fragile — que ce corridor ne deviendra pas un cheval de Troie. Elle cede une partie de son controle territorial, parie sur la bonne foi de partenaires qui ne l’ont jamais vraiment soutenue, et prie pour que ce deal ne soit pas un autre memorandum de Budapest.
Le spectre du memorandum de Budapest
1994 : l’Ukraine rend ses armes nucleaires contre des garanties
En 1994, l’Ukraine a renonce a son arsenal nucleaire — le troisieme au monde — en echange de garanties de securite de la Russie, des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Le Memorandum de Budapest promettait le respect de l’integrite territoriale ukrainienne.
En 2014, la Russie a annexe la Crimee. En 2022, elle a envahi l’Ukraine. Les garanties se sont revelee ce qu’elles etaient : du papier.
Les promesses internationales ont la solidite du verre dans un tremblement de terre. L’Armenie le sait. Elle signe quand meme. Parce que le verre, c’est mieux que rien.
Et pourtant, l’Armenie parie
Le TRIPP n’est pas un traite de defense. Il n’y a pas de clause d’intervention automatique. Les Etats-Unis ne s’engagent pas militairement. Ils investissent. C’est different.
L’espoir armenien repose sur une logique simple : si des milliards de dollars americains sont investis dans le corridor, Washington aura interet a ce qu’il reste en paix. L’argent comme bouclier.
C’est un calcul. Pas une garantie.
Trump et la diplomatie transactionnelle
Des deals, pas des valeurs
La politique etrangere de Trump a une constante : tout est transaction. Pas de valeurs. Pas d’ideologie. Des deals.
En janvier 2026, son administration a annonce le retrait de 66 organisations internationales, dont 31 liees a l’ONU. Elle a ferme USAID et Voice of America. Les experts en politique etrangere denoncent un affaiblissement de l’influence americaine mondiale au profit de la Chine et de la Russie.
Pendant ce temps, les dirigeants du monde traitent la gestion des emotions de Trump comme une priorite strategique. Des leaders europeens le flattent publiquement. Le secretaire general de l’OTAN l’appelle « daddy ». La Suisse lui offre un lingot d’or. Le Qatar, un avion de 400 millions de dollars.
Quand le president de la premiere puissance mondiale se gere comme un enfant capricieux a qui on offre des cadeaux pour eviter les crises, on peut legitimement se demander qui dirige qui. Et si les accords qu’il signe valent le papier sur lequel ils sont imprimes.
Le TRIPP dans le portefeuille Trump
Pour Trump, le TRIPP est un trophee. Un « Nobel moment », comme l’ont titre certains medias. Une victoire diplomatique a afficher. Peu importe les details. Peu importe que le dictateur azerbaidjanais garde des prisonniers politiques. Peu importe que 120 000 personnes aient ete ethniquement nettoyees.
Ce qui compte, c’est la photo. La poignee de main. Le titre.
La visite de Vance : symbole et substance
9-11 fevrier 2026 : trois jours dans le Caucase
JD Vance arrive en Armenie le 9 fevrier, puis en Azerbaidjan le 10. Il est accompagne de Jacob Helberg, sous-secretaire aux Affaires economiques. Le message est clair : c’est un voyage economique, pas humanitaire.
C’est la premiere visite d’un vice-president americain en Armenie. La premiere d’un haut responsable americain en Azerbaidjan depuis Dick Cheney en 2008.
La symbolique est forte. Washington montre qu’il prend le Caucase au serieux. Que le TRIPP n’est pas juste un papier. Que les Etats-Unis sont la pour rester.
Les symboles comptent. Mais les symboles ne liberent pas les prisonniers. Ils ne ramenent pas les morts. Ils ne reconstruisent pas les villages rases. Vance pose le pied sur le sol armenien. Les 120 000 deplaces du Haut-Karabakh, eux, ne peuvent plus poser le pied sur le leur.
Ce que Vance ne dira pas
Vance parlera investissements. Connectivite. Corridors commerciaux. Mineraux strategiques.
Il ne parlera probablement pas des 23 prisonniers armeniens condamnes a perpetuite deux jours plus tot. Il ne mentionnera pas les 375 prisonniers politiques azerbaidjanais. Il ne questionnera pas les conditions dans lesquelles le « partenaire » Aliyev dirige son pays.
La paix transactionnelle a ses priorites. Les droits de l’homme n’en font pas partie.
Conclusion : La paix des cimetieres
Ce que l’histoire retiendra
Dans dix ans, dans vingt ans, on se souviendra peut-etre du TRIPP comme d’un tournant. Le moment ou les Etats-Unis ont pris pied dans le Caucase. Ou la Russie a perdu une sphere d’influence. Ou un corridor de 43 kilometres a redessine les equilibres regionaux.
Ou alors, on s’en souviendra comme d’un autre Budapest. Une promesse brisee. Un accord signe sur le dos des vaincus.
L’Armenie a survecu a un genocide en 1915. Elle a survecu au nettoyage ethnique de 2023. Elle survivra peut-etre au TRIPP. Mais survivre n’est pas vivre. Et la paix qu’on construit sur des fosses communes a un gout de cendres.
La question qui reste
Le TRIPP est-il un vrai accord de paix? Ou est-ce un arrangement entre puissants qui se partagent un territoire, pendant que les victimes — les deplaces, les prisonniers, les morts — sont priees de ne pas deranger les negociations?
La reponse depend de qui pose la question. Et de qui a le privilege de ne pas avoir a y repondre.
Maintenant, vous savez. La question : qu’est-ce que vous allez en faire?
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette analyse adopte une posture critique envers la diplomatie transactionnelle de l’administration Trump et le traitement du regime Aliyev comme partenaire respectable malgre son bilan en matiere de droits humains et le nettoyage ethnique du Haut-Karabakh. Je considere que la neutralite face aux crimes documentes n’est pas de l’objectivite, mais de la complicite par omission.
Methodologie et sources
Cette chronique s’appuie sur des sources primaires (declarations officielles du Departement d’Etat americain, du ministere armenien des Affaires etrangeres, communiques de la Maison-Blanche) et des sources secondaires (analyses de l’Atlantic Council, Eurasianet, Freedom House, Human Rights Watch, reportages de Newsweek, PBS, RFE/RL, Euronews). Les chiffres cites proviennent d’organisations de defense des droits de l’homme reconnues internationalement.
Nature de l’analyse
Il s’agit d’une chronique d’opinion et non d’un reportage factuel neutre. Les faits presentes sont verifies, mais leur interpretation et leur mise en perspective refletent une lecture critique assumee des evenements. Le lecteur est invite a consulter les sources citees pour former son propre jugement.
Sources
Sources primaires
Departement d’Etat americain — Joint Statement on the Publication of the U.S.-Armenia Implementation Framework for TRIPP (janvier 2026)
Ministere armenien des Affaires etrangeres — Communique conjoint sur le cadre de mise en oeuvre TRIPP (14 janvier 2026)
Maison-Blanche — Declaration du sommet trilateral du 8 aout 2025
Sources secondaires
Newsweek — « Donald Trump’s TRIPP Is a Real Peace Agreement Between Armenian and Azerbaijan » (article d’opinion analyse)
Atlantic Council — « How Trump’s TRIPP triumph can advance US interests in the South Caucasus »
Eurasianet — « Armenian PM says TRIPP construction to start in 2026 »
Freedom House — Rapport sur le nettoyage ethnique du Haut-Karabakh par le regime azerbaidjanais
Human Rights Foundation — « Exposing Aliyev’s Masquerade: The Illusion of Democracy Behind COP29 »
RFE/RL — « Vance Heads to Armenia, Azerbaijan As US Pushes Peace, Trade, And Minerals Strategy »
Euronews — « Vance to visit Armenia and Azerbaijan as US advocates TRIPP corridor »
Armenian Weekly — « Sovereignty or strategy? U.S. to take majority stake in company managing TRIPP corridor »
PBS News — « Azerbaijan-Armenia peace plan hinges on narrow strip of land along Iran border »
CIVILNET — « What Armenia’s prime minister candidates say about TRIPP »
Geopolitical Monitor — « Power TRIPP: The Trump Route and the Logic of Transactional Diplomacy »
TIME — « How Trump’s Foreign Policy Gambits Are Reshaping the World »
Council on Foreign Relations — « Tensions Between Armenia and Azerbaijan » (Global Conflict Tracker)
Wikipedia — « Armenia-Azerbaijan peace agreement », « 2023 Azerbaijani offensive in Nagorno-Karabakh », « Nagorno-Karabakh conflict »
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