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ANALYSE : L’aide du Vatican à l’Ukraine révèle la nouvelle diplomatie de Léon XIV face à la Russie
Crédit: Adobe Stock

De l’ambiguïté à la dénonciation

Pour saisir la portée du repositionnement vaticane, il faut revenir sur ce que Léon XIV a hérité. Le pape François, malgré son engagement humanitaire réel, avait développé une relation avec le Kremlin qui frisait la complaisance diplomatique. Ses échanges réguliers avec le patriarche Kirill, ses suggestions de capitulation voilées sous le couvert de la paix, et surtout sa tendance à reprendre des éléments narratifs russes — comme l’affirmation que l’Ukraine faisait partie de la Russie — avaient créé un malaise profond à Kyiv et dans les capitales européennes.

Léon XIV, lui, a posé les jalons d’une toute autre approche dès avant son élection. Alors cardinal Robert Prevost, évêque de Chiclayo au Pérou, il avait qualifié l’invasion russe d’impérialiste — un terme que le vocabulaire diplomatique vaticane emploie avec une parcimonie extrême. Depuis son accession au pontificat en mai 2025, il a systématiquement dénoncé les bombardements contre les infrastructures civiles, appelé à une paix juste et durable qui exclut implicitement toute capitulation ukrainienne, et proposé le Vatican comme lieu de négociations — une offre qui, par sa seule existence, place le Saint-Siège en médiateur légitime plutôt qu’en observateur passif.

La distinction entre une paix juste et une paix tout court est la clé de voûte de la doctrine Léon XIV sur l’Ukraine. En ajoutant l’adjectif juste, le pape invalide toute solution qui récompenserait l’agresseur. C’est un positionnement théologique autant que géopolitique, et Moscou l’a parfaitement compris en rejetant l’offre de médiation.

L’audience générale du 4 février comme signal

Le 4 février 2026, lors de l’audience générale dans la salle Paul VI, le pape avait lancé un appel explicite en faveur de l’Ukraine, dénonçant les conséquences des bombardements qui ont recommencé à frapper les infrastructures énergétiques. Il avait également remercié les initiatives de solidarité des diocèses catholiques en Pologne et dans d’autres pays. Cet appel, formulé à peine 24 heures après la massive attaque du 3 février, constituait une réponse directe et sans ambiguïté aux frappes russes.

Plus significatif encore, dans la même allocution, Léon XIV avait mentionné l’expiration du traité New START — l’accord de réduction des armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie signé en 2010 — en appelant urgemment à ne pas abandonner cet instrument sans en assurer un suivi concret. En liant dans un même discours la situation ukrainienne et la prolifération nucléaire, le pape inscrivait la guerre en Ukraine dans le cadre plus large de la sécurité mondiale et du désarmement. Un message limpide : ce qui se passe en Ukraine n’est pas un conflit régional, c’est une menace pour l’ordre international.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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