Les membres fondateurs du club
Regardons qui a deja dit oui. Arabie Saoudite. Emirats arabes unis. Qatar. Bahrein. Egypte. Turquie. Pakistan. Hongrie. Maroc. Kosovo. Albanie. Bulgarie. Argentine. Paraguay. Une liste qui ressemble moins a un conseil de paix qu’a un consortium d’autocraties et de nations dependantes economiquement de Washington. Le point commun? Aucun de ces pays n’a condamne le genocide a Gaza. Aucun.
Il y a une ironie cruelle a voir l’Arabie Saoudite — le regime qui a demembre Jamal Khashoggi a la scie a os — sieger dans un « Board of Peace ». Une ironie que seul Trump peut produire avec un visage parfaitement serieux. Car dans l’univers trumpien, la paix n’est pas l’absence de violence. C’est l’absence de resistance.
Le « Founding Executive Board » : la vraie table de decision
Au-dessus de ce conseil decoratif siege le vrai pouvoir : le « Founding Executive Board ». Jared Kushner, gendre de Trump et promoteur immobilier. Marco Rubio, secretaire d’Etat et faucon neoconservateur. Steve Witkoff, envoye special et ami personnel de Trump. Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique qui a menti sur les armes de destruction massive en Irak. Et Yakir Gabay, investisseur immobilier israelien qui a « joue un role cle » dans l’elaboration du plan.
Vous cherchez des diplomates? Des experts en resolution de conflits? Des representants des deux millions de Palestiniens concernes? Vous n’en trouverez pas. Ce « Board of Peace » est un conseil d’administration d’entreprise, pas un forum de paix.
Gaza : la "Riviera du Moyen-Orient" sur 72 000 cadavres
Les chiffres que Trump ne prononce jamais
72 027 Palestiniens tues depuis octobre 2023. 171 561 blesses. Et ce ne sont que les chiffres officiels — ceux que l’armee israelienne elle-meme a fini par accepter apres deux ans de deni. Les chercheurs du Max Planck Institute estiment le bilan reel a plus de 112 000 morts, en comptant ceux qui sont ensevelis sous les decombres et ceux qui meurent de faim et de maladie.
60 millions de tonnes de debris. C’est ce que Kushner devra deblayer avant de construire ses gratte-ciels. 60 millions de tonnes de beton, de verre brise, de jouets d’enfants, d’os humains. Et il promet de le faire en trois ans. Avec de l’argent du secteur prive. Avec des « opportunites d’investissement incroyables« .
Je relis ces mots et je les trouve obscenes. « Opportunites d’investissement. » Sur les ruines d’hopitaux. Sur les ecoles bombardees. Sur le cimetiere a ciel ouvert qu’est devenue Gaza. Kushner regarde un genocide et voit un terrain vague. Trump regarde deux millions de deportes et voit une « chance de recommencer a zero ».
Le plan de nettoyage ethnique en costume trois-pieces
Le 4 fevrier 2025, Trump a dit ce que personne n’osait dire tout haut : les Etats-Unis vont « prendre le controle » de Gaza et en « devenir proprietaires« . Il a propose de deporter les deux millions de Palestiniens vers d’autres pays. Lors d’une conference de presse conjointe avec Benjamin Netanyahu, il a parle de Gaza comme d’un « terrain de demolition » qu’il fallait « nettoyer« . Le senateur democrate Chris Van Hollen a nomme la chose : « nettoyage ethnique« . Il a declare : « Il vient de dire que ce sera la politique des Etats-Unis de deplacer de force deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza. C’est du nettoyage ethnique sous un autre nom. » Le secretaire general de l’ONU, Antonio Guterres, a prevenu du « risque de nettoyage ethnique« .
Et pourtant. Un an plus tard, Trump ne cache meme plus ses intentions. Le « Board of Peace » est l’instrument juridique pour normaliser ce que le droit international appelle un crime de guerre. La deportation forcee de populations civiles est interdite par l’article 49 de la Quatrieme Convention de Geneve. L’annexion de territoires par la force viole la Charte des Nations Unies. La privation du droit a l’autodetermination contredit des decennies de resolutions onusiennes. Tout cela, rebaptise « reconstruction » et presente comme une « chance » pour les Palestiniens.
Les Philippines dans l'echiquier : pourquoi cette invitation?
L’alliance militaire qui ne dit pas son nom
Les Philippines et les Etats-Unis celebrent 80 ans de relations diplomatiques. Mais cette relation a une saveur particuliere sous l’administration Marcos Jr. Le pays a recu 2,5 milliards de dollars d’aide militaire sur cinq ans. 500 exercices militaires conjoints sont prevus. Une Task Force Philippines a ete creee. L’Alliance Readiness Action Plan a ete finalise. Trump a qualifie Marcos de « grand leader » et de « negociateur coriace« .
Marcos Jr. est le premier dirigeant d’Asie du Sud-Est a etre recu a la Maison-Blanche sous le second mandat de Trump. Ce n’est pas un hasard. Les Philippines occupent une position strategique cruciale face a la Chine en mer de Chine meridionale. Et Trump a besoin d’allies qui ne posent pas de questions.
Voila le vrai marche. Les Philippines n’achetent pas une place au « Board of Peace ». Elles l’echangent contre leur silence sur Gaza, contre leur legitimite de nation en developpement, contre la sueur de leurs travailleurs. Trump ne veut pas leur argent. Il veut leur complicite.
La presidence de l’ASEAN : un equilibre impossible
Les Philippines president l’ASEAN en 2026. Une responsabilite qui exige neutralite et consensus regional. Comment concilier cette position avec une adhesion au « Board of Peace » — un projet que la Chine, la Russie, l’Indonesie et la plupart des nations du Sud ont condamne?
L’administration Marcos tente un equilibre precaire : renforcer l’alliance avec Washington tout en « stabilisant les relations avec Pekin » avant la visite prevue de Trump en Chine en avril. Mais cet equilibre a un cout moral. On ne peut pas se positionner comme champion de la paix en Asie tout en participant a un conseil qui planifie la deportation de deux millions de personnes au Moyen-Orient.
Le "Squad" : l'alliance qui redefinit le Pacifique
Australie, Japon, Etats-Unis, Philippines
C’est le nouveau cartel militaire de la region. Quatre nations unies par une obsession commune : contenir la Chine. Elles ont annonce un renforcement de la cooperation militaire sous un conseil de defense conjoint. Elles ont critique directement la posture « assertive » de Pekin en mer de Chine meridionale. Le secretaire americain a la Defense Pete Hegseth et son homologue philippin Gilberto Teodoro ont conjointement annonce la creation de la Task Force Philippines et la finalisation de l’Alliance Readiness Action Plan.
Mais voici ce que personne ne dit : cette alliance existe parce que les Etats-Unis ont besoin des Philippines. Pas l’inverse. Les bases militaires americaines sur le sol philippin — notamment les neuf sites ouverts sous l’Enhanced Defense Cooperation Agreement — sont essentielles a la strategie d’endiguement de Washington. Ces bases, situees strategiquement face a Taiwan et a la mer de Chine meridionale, permettent aux forces americaines de projeter leur puissance dans toute la region. Les Philippines ne sont pas un partenaire egal. Elles sont un terrain de deploiement, un porte-avions terrestre.
Le Congres americain a vote une resolution — S.Res.409 — reconnaissant le 74e anniversaire du Traite de defense mutuelle entre les deux pays et la « forte alliance bilaterale de securite » face a « l’agression croissante » de la Chine. Les mots sont forts. Mais les mots ont un prix. Et ce prix, c’est l’alignement total sur la politique etrangere de Washington — y compris au Moyen-Orient.
Et c’est la que l’invitation au « Board of Peace » prend tout son sens. Trump rappelle a Marcos qui tient les cordons de la bourse militaire. Qui fournit les Patriot, les HIMARS, les F-16. La « consideration » de Manille n’est pas libre. Elle est conditionnee par des milliards de dollars d’armement et la promesse de protection face a Pekin. Dans ce contexte, refuser le « Board of Peace » n’est pas une option diplomatique neutre — c’est un acte de defiance qui pourrait avoir des consequences sur l’ensemble de la relation de securite.
Le piege de la dependance
Avec une dette nationale de 19 billions de pesos, les Philippines n’ont pas les moyens de dire non a grand-chose. Le budget 2026 — 6,793 billions de pesos, le plus grand de l’histoire du pays — est deja insuffisant pour repondre aux besoins de base. L’education. La sante. La lutte contre la pauvrete. L’objectif d’un taux de pauvrete a un chiffre d’ici 2028 reste un mirage.
Dans ce contexte, l’offre de Trump est tentante. Pas d’argent a debourser. Juste des « ressources humaines« . Juste des travailleurs philippins qui iront construire des hotels de luxe sur les ruines de Rafah pendant que leurs familles continuent de vivre dans la precarite a Manille.
La question du droit international : ce que disent les experts
L’International Bar Association tire l’alarme
Le plan « Riviera » de Trump est « totalement contraire au droit international« , selon l’International Bar Association. La deportation forcee d’une population civile est un crime de guerre. L’annexion de territoires par la force est illegale. La privation du droit a l’autodetermination du peuple palestinien viole les principes fondamentaux du droit des peuples.
Et pourtant. Le « Board of Peace » continue de recruter des membres. Les reunions se planifient. La premiere session est prevue pour le 19 fevrier. Et aucune sanction n’est evoquee. Aucune consequence. Le droit international, face a Washington, n’est qu’un document de reference — pas une contrainte.
Il y a un mot pour decrire un systeme ou certains acteurs sont au-dessus de la loi : impunite. Les Etats-Unis peuvent proposer un nettoyage ethnique en direct a la television, creer un « conseil » pour le mettre en oeuvre, inviter des nations a y participer — et rien ne se passe. Le Conseil de securite de l’ONU est paralyse par le veto americain. La Cour penale internationale est ignoree. Le droit international est mort. Trump l’a tue en souriant.
Les reactions du monde : un silence assourdissant
L’Arabie Saoudite a declare que sa position sur un Etat palestinien etait « ferme » et « non negociable« . Puis elle a rejoint le « Board of Peace ». La Jordanie et l’Egypte ont rejete l’idee de deportation. Mais elles n’ont pas quitte les negociations. La Turquie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France ont « condamne« . Puis ils ont continue de vendre des armes a Israel.
Les mots sont faciles. Les actes sont rares. Et c’est precisement sur cette lachete collective que Trump compte. Il sait que personne n’osera aller au-dela des communiques de presse. Il sait que le monde preferera la stabilite a la justice. Il sait que les Philippines, comme tous les autres, finiront par « considerer » tres serieusement son offre.
Kushner et le conflit d'interets le plus visible de l'histoire
Un promoteur immobilier qui negocie la paix
Jared Kushner n’est pas diplomate. Il n’a aucune formation en resolution de conflits. Il n’a aucune experience en droit international humanitaire. Ce qu’il a, c’est un portefeuille immobilier, des liens familiaux avec Benjamin Netanyahu, et un historique de financement de colonies illegales en Cisjordanie occupee.
Et c’est lui qui a concu le plan « New Gaza« . Un plan de 30 milliards de dollars pour transformer la bande de Gaza en paradis touristique. Un plan ou les « fonds proviendront du secteur prive« . Un plan avec des « opportunites d’investissement incroyables« . L’analyste Khalil Jahshan a resume la situation : c’est un « projet immobilier PR » sans « participation significative des Palestiniens« .
Le conflit d’interets est si enorme qu’il en devient invisible. Kushner va superviser la reconstruction de Gaza. Kushner va decider ou iront les investissements. Kushner a des interets financiers dans la region. Et personne ne voit le probleme. Ou plutot, tout le monde le voit — mais personne n’ose le nommer.
Les « opportunites d’investissement » sur des fosses communes
Le plan Kushner prevoit une « New Gaza » et une « New Rafah« . Des gratte-ciels. Une « economie de marche libre« . Des hotels. Des centres commerciaux. Tout cela dans une zone ou 10 000 corps restent ensevelis sous les decombres. Ou les hopitaux ont ete systematiquement detruits. Ou 90% de la population a ete deplacee au moins une fois.
C’est la vision trumpienne de la paix : effacer les victimes, reconstruire par-dessus, et monetiser le resultat. Gaza n’est pas un peuple a proteger. C’est un « terrain vague » a developper. Les Palestiniens ne sont pas des etres humains avec des droits. Ce sont des obstacles a une « opportunite de marche ».
La reponse de Manille : deux semaines pour choisir
Ce que « considerer » veut vraiment dire
L’ambassadeur Romualdez a ete prudent. Les Philippines vont « considerer » l’invitation. Une reponse sera envoyee « dans les deux prochaines semaines« . C’est le langage de la diplomatie : ne rien promettre, ne rien refuser, gagner du temps.
Mais le temps joue contre Manille. La premiere reunion du « Board of Peace » est prevue pour le 19 fevrier. Si les Philippines n’ont pas repondu d’ici la, elles seront absentes de la table. Et dans le monde de Trump, etre absent, c’est etre contre.
Marcos Jr. est face a un choix qui definira son heritage. Rejoindre un conseil qui planifie un nettoyage ethnique et gagner les faveurs de Washington. Ou refuser et risquer de perdre le soutien militaire americain face a la Chine. C’est un choix impossible — mais c’est un choix qu’il ne peut pas eviter.
L’option de la contribution « humaine »
Romualdez a suggere que les Philippines pourraient contribuer en « ressources humaines » plutot qu’en argent. C’est une option qui semble moins couteuse. Mais elle pose des questions morales profondes. Les travailleurs philippins — les fameux OFW (Overseas Filipino Workers) — iraient reconstruire des hotels sur des terres dont les proprietaires legitimes ont ete tues ou deportes. Ces 12 millions de Philippins travaillant a l’etranger envoient chaque annee des milliards de dollars en remittances qui soutiennent l’economie nationale. Ils sont le veritable tresor du pays — et Trump veut les utiliser pour construire sa « Riviera ».
C’est une forme de complicite par le travail. Les mains philippines construiront la « Riviera » de Trump pendant que leurs propres communautes manquent d’ecoles, d’hopitaux, de logements. Le paradoxe est cruel : les Philippines n’ont pas d’argent pour leur propre developpement, mais elles ont des bras pour construire le reve immobilier d’un milliardaire americain sur des ruines palestiniennes. Les OFW qui partent travailler au Moyen-Orient le font generalement pour fuir la pauvrete chez eux — pas pour devenir les batisseurs d’un apartheid nouvelle generation.
Et que dira-t-on a ces travailleurs quand ils demanderont qui vivait dans les maisons qu’ils demolissent? Qui cultivait les oliviers qu’ils arrachent? Qui priait dans les mosquees qu’ils rasent pour faire place a des centres commerciaux? La « contribution humaine » des Philippines a un nom plus precis : c’est une participation active a l’effacement d’un peuple.
L'absurdite morale d'un monde qui regarde ailleurs
Quand « paix » devient synonyme de « profit »
Le « Board of Peace » de Trump represente une revolution semantique. Le mot « paix » — historiquement associe a la justice, a la reconciliation, au respect des droits — est desormais synonyme de « projet de developpement« . La paix n’est plus un etat a atteindre. C’est un marche a exploiter.
Cette perversion du langage est deliberee. Trump sait que personne ne peut etre « contre la paix« . En rebaptisant son projet de nettoyage ethnique « Board of Peace », il neutralise la critique. Quiconque s’oppose devient un « obstacle a la paix« . C’est du gaslighting a l’echelle planetaire.
Et nous, journalistes, commentateurs, analystes — nous avons une responsabilite. Celle de refuser ce vocabulaire. De rappeler que la vraie paix ne s’impose pas par la deportation. Que la vraie reconstruction ne se fait pas sur des cadavres. Que la vraie justice ne vient pas d’un conseil d’administration compose de promoteurs immobiliers et d’autocrates.
Le silence des nations du Sud
Ou sont les voix du Sud global? Ou est l’Afrique du Sud, qui a porte l’accusation de genocide devant la CIJ? Ou est le Bresil de Lula, qui a compare Gaza a l’Holocauste? Ou est l’Indonesie, plus grand pays musulman du monde? Ou est l’Inde, qui se positionne comme leader du monde multipolaire?
Le silence est assourdissant. Non pas parce que ces pays approuvent. Mais parce qu’ils calculent. Ils pesent les couts economiques d’une opposition frontale aux Etats-Unis. Ils evaluent les risques commerciaux. Ils comptent les dollars d’aide qu’ils pourraient perdre. Et ils se taisent.
Ce que l'histoire retiendra
Les « considerateurs » et les resistants
L’histoire jugera. Elle jugera ceux qui ont rejoint le « Board of Peace » — ces nations qui ont choisi le calcul politique plutot que la decence humaine. Elle jugera ceux qui ont « considere » — ces pays comme les Philippines, qui ont hesite assez longtemps pour que leur silence devienne complicite. Et elle jugera ceux qui ont refuse — s’il en reste.
Car le test moral de notre epoque n’est pas complique. Il est simple. 72 000 morts. Deux millions de deportes. Un projet immobilier sur leurs ruines. Et une invitation a y participer. La question n’est pas « qu’est-ce qu’on peut faire?« . La question est « qu’est-ce qu’on refuse de faire? »
Il y a 80 ans, apres l’Holocauste, le monde a dit « plus jamais« . Ce n’etait pas une promesse vague — c’etait un engagement solennel inscrit dans les conventions de Geneve, dans la Declaration universelle des droits de l’homme, dans les statuts de la Cour penale internationale. 80 ans plus tard, nous regardons un genocide en direct sur nos telephones, et nous « considerons » de rejoindre le conseil d’administration charge de monetiser les ruines.
Les Philippines ont deux semaines pour decider si elles veulent que leurs enfants lisent dans les livres d’histoire que leur pays a « considere » participer a un nettoyage ethnique. Deux semaines pour decider si le mot « paix » signifie encore quelque chose. Deux semaines pour choisir entre la facilite et l’honneur.
Le precedent que personne ne veut voir
Si le « Board of Peace » reussit, il creera un precedent. Un modele pour toutes les futures annexions. Vous voulez un territoire? Bombardez-le jusqu’a ce qu’il soit inhabitable. Deportez la population. Rebaptisez l’operation « reconstruction ». Invitez des nations a « investir ». Et appelez le tout « paix« .
La Chine observe. La Russie observe. Tous les regimes autoritaires du monde prennent des notes. Si les Etats-Unis peuvent transformer un genocide en « opportunite d’investissement » sans consequences, pourquoi pas eux?
Conclusion : Le prix de la "consideration"
Au moment ou je termine cet article, l’ambassadeur Romualdez attend probablement des instructions de Malacanang. Des fonctionnaires philippins pesent sans doute les « pour » et les « contre ». Des calculs strategiques sont faits. Des scenarios sont evalues. C’est ce qu’on appelle la « realpolitik » — cette discipline qui consiste a abandonner ses principes tout en pretendant n’en avoir jamais eu.
Mais il y a des moments ou la realpolitik n’est plus une strategie — c’est une capitulation morale. Et nous vivons un de ces moments. Le « Board of Peace » de Trump n’est pas une opportunite diplomatique. C’est un test. Un test de notre capacite collective a distinguer le bien du mal. Un test de notre volonte de nommer les choses par leur nom.
Les Philippines peuvent echouer ce test. Comme tant d’autres avant elles. Ou elles peuvent surprendre. Elles peuvent dire non. Elles peuvent rappeler au monde qu’il existe encore des nations qui refusent de construire sur des tombes. Elles peuvent choisir l’histoire plutot que la geographie.
Deux semaines. Le compte a rebours a commence. Et pendant ce temps, a Gaza, les bulldozers de Kushner attendent.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une position critique envers le « Board of Peace » de Donald Trump, considere comme un instrument de normalisation du nettoyage ethnique a Gaza. L’auteur considere que la neutralite face a un genocide documente n’est pas de l’objectivite — c’est de la complicite. Cette position est assumee et transparente.
Methodologie et sources
Les informations factuelles proviennent de sources primaires (declarations officielles de l’ambassadeur philippin, communiques de la Maison-Blanche, documents du « Board of Peace ») et de sources secondaires (reportages de Al Jazeera, South China Morning Post, NPR, GMA News, Philippine Star, Manila Times). Les chiffres sur le bilan humain a Gaza proviennent du Ministere de la Sante de Gaza, valides par l’IDF israelien en janvier 2026, et des estimations du Max Planck Institute for Demographic Research.
Nature de l’analyse
Cet article est une analyse editoriale, pas un reportage factuel neutre. Il combine des faits verifies avec une interpretation critique et un positionnement moral explicite. Les passages en italique representent les commentaires personnels du chroniqueur. Le lecteur est invite a consulter les sources primaires pour se forger sa propre opinion.
Sources
Sources primaires
Declarations officielles :
- Ambassade des Philippines a Washington — Declaration de l’ambassadeur Jose Manuel Romualdez sur l’invitation au Board of Peace (5 fevrier 2026)
- Maison-Blanche — Lettre d’invitation de Donald Trump a Ferdinand Marcos Jr.
- World Economic Forum, Davos — Ceremonie de lancement du Board of Peace (22 janvier 2026)
- Nations Unies — Declarations du Secretaire general Antonio Guterres sur le plan Gaza
- International Bar Association — Analyse juridique du plan « Riviera » de Trump
Sources secondaires
Medias cites :
- South China Morning Post — « Manila ‘will consider’ joining Trump’s ‘Board of Peace’: Philippine envoy to US » (9 fevrier 2026)
- Al Jazeera — « Trump’s Board of Peace: Who has joined, who hasn’t — and why » (21 janvier 2026)
- NPR — « What Jared Kushner’s ‘New Gaza’ plan includes, and what it leaves out » (2 fevrier 2026)
- The National — « New Gaza, new Rafah and a ‘free market economy’: Inside Kushner’s $30bn reconstruction plan » (22 janvier 2026)
- WAFA (Palestinian News Agency) — Bilans quotidiens du Ministere de la Sante de Gaza (fevrier 2026)
- Manila Times — « Trump invites Philippines to join Board of Peace » (5 fevrier 2026)
- Philippine Star — « Marcos signs P6.793 trillion national budget for 2026 » (6 janvier 2026)
- Inquirer — « PH debt stock projected to hit P19T by end of 2026 »
- CSIS — « The Uniquely Stable U.S.-Philippines Partnership » (2026)
- Foreign Policy — « The Philippines Are in for a Turbulent 2026 as ASEAN Chair » (19 janvier 2026)
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