Les chiffres que personne ne veut voir
Commençons par le commencement. Il est déjà illégal pour un non-citoyen de voter aux élections fédérales américaines. C’est la loi. Depuis des décennies. Et les cas documentés? Rarissimes.
La Heritage Foundation — une organisation conservatrice, rappelons-le — maintient une base de données de fraudes électorales prouvées. Sur 1 546 cas répertoriés, combien concernent des non-citoyens? 68. Sur plusieurs décennies. Et parmi ces 68, combien d’immigrants sans papiers? 10. Dix. Sur des milliards de votes exprimés.
Quand les propres données de ceux qui crient au loup démontrent que le loup n’existe pas, on entre dans le territoire de la fabrication de réalité. Et pourtant, on continue de crier.
L’incidence réelle : moins de 0,0001%
Faisons le calcul. Plus d’un milliard de votes ont été exprimés aux États-Unis depuis les années 1980. 68 cas prouvés de vote par des non-citoyens. Cela représente un taux de 0,0000068%. Moins d’un dix-millième de pourcentage.
Et qui sont ces « fraudeurs »? Pour la plupart, des résidents permanents — des détenteurs de carte verte — qui vivent légalement aux États-Unis depuis des années. Beaucoup ont voté parce qu’un fonctionnaire leur a donné des informations erronées. Pas des hordes d’immigrants illégaux orchestrant la chute de la démocratie américaine.
Trump parle de millions de votes illégaux. La réalité en compte quelques dizaines. Et pourtant.
Le Kansas : la preuve par l'échec
31 000 citoyens privés de leur droit de vote
On n’a pas besoin de deviner ce que produirait le SAVE Act à l’échelle nationale. On a un précédent. Le Kansas a tenté l’expérience en 2011.
Résultat? 31 000 citoyens américains se sont vu refuser l’inscription sur les listes électorales. Pas des non-citoyens. Des Américains. Nés aux États-Unis. Ou naturalisés. Mais incapables de produire les documents exigés dans les délais impartis.
31 000 personnes. C’est une petite ville. Rayée de la démocratie.
Et combien de non-citoyens la loi du Kansas a-t-elle détectés en deux décennies? 39. Trente-neuf. On a donc empêché 31 000 citoyens de voter pour en attraper 39 qui n’auraient pas dû. Le rapport est de 795 pour 1. Et on appelle ça de l’« intégrité électorale ».
Les tribunaux ont tranché
Les tribunaux fédéraux ont déclaré cette loi inconstitutionnelle. Elle n’est plus en vigueur au Kansas. Mais le SAVE Act veut répliquer cette expérience ratée à l’échelle de 50 États.
Les juges ont noté que le fardeau de la loi tombait principalement sur les jeunes électeurs et les électeurs sans affiliation partisane. Une coïncidence? Quand on sait que ces groupes votent majoritairement démocrate, la « coïncidence » ressemble étrangement à une stratégie.
21 millions d'Américains sans documents
Le chiffre qui devrait faire trembler
Voici le chiffre que les promoteurs du SAVE Act préfèrent ne pas mentionner : 21,3 millions d’électeurs américains éligibles déclarent ne pas avoir — ou ne pas pouvoir trouver rapidement — leur certificat de naissance, passeport, certificat de naturalisation ou certificat de citoyenneté.
C’est un adulte américain sur dix. Un sur dix.
Et pour 3,8 millions d’entre eux, il n’y a tout simplement aucun document à trouver. Pas de certificat de naissance. Pas de passeport. Rien.
Ces gens sont nés américains. Ont vécu américains. Mourront américains. Mais le SAVE Act leur dirait : « Prouvez-le, ou perdez votre voix. » Et pourtant, on nous jure que cette loi protège la démocratie.
Qui sont ces 21 millions?
Pas un échantillon aléatoire de la population. Les données montrent des disparités flagrantes. 3% des personnes de couleur n’ont aucun document de citoyenneté, contre 1% des Blancs non hispaniques. 11% des personnes de couleur ne peuvent pas y accéder rapidement, contre 8% des Blancs.
Les personnes âgées. Les personnes pauvres. Les personnes de couleur. Les mêmes groupes, encore et toujours, qui se retrouvent du mauvais côté de ces « réformes ».
Obtenir un certificat de naissance coûte de l’argent. Du temps. Parfois un déplacement dans un autre État. Pour quelqu’un qui travaille deux emplois au salaire minimum, c’est un obstacle insurmontable. Pour quelqu’un dans une maison de retraite sans famille pour l’aider, c’est mission impossible.
« Nationaliser le vote » : les mots ont un sens
Ce que Trump a vraiment dit
Revenons aux paroles exactes. Le 2 février 2026, sur le podcast de Dan Bongino, Trump a déclaré : « Les Républicains devraient dire : ‘On veut prendre le contrôle.’ On devrait prendre le contrôle du vote… dans au moins, 15 endroits. Les Républicains devraient nationaliser le vote. »
Et il a ajouté que les États sont « des agents du gouvernement fédéral pour compter les votes. S’ils ne peuvent pas compter les votes légalement et honnêtement, alors quelqu’un d’autre devrait prendre le relais. »
Quelqu’un d’autre. Le gouvernement fédéral. Sous contrôle républicain. Dans des États qui votent démocrate.
La Constitution américaine confie les élections aux États. C’est un principe fondamental du fédéralisme américain. Mais quand les résultats ne plaisent pas, soudainement, la Constitution devient un obstacle à contourner. Et pourtant, ces mêmes personnes se prétendent « constitutionnalistes ».
La clarification qui n’en est pas une
La Maison-Blanche a tenté le contrôle des dégâts. La porte-parole Abigail Jackson a affirmé que Trump « se soucie profondément de la sécurité de nos élections » et faisait référence au SAVE Act.
Mais Trump lui-même a doublé la mise le lendemain. Puis le surlendemain. À chaque fois qu’un assistant tentait de minimiser ses propos, il revenait avec plus de force. CNN a titré : « Trump détruit les efforts de ses assistants pour minimiser ses commentaires — encore une fois. »
C’est un schéma connu. Dire l’indicible. Laisser les assistants temporiser. Puis confirmer qu’on pensait exactement ce qu’on a dit.
Le passage à la Chambre : 220 contre 208
Une victoire serrée
La Chambre des représentants a adopté le SAVE Act avec 220 voix pour et 208 contre. Quatre démocrates ont voté avec la majorité républicaine. Un vote quasi-partisan sur une loi présentée comme « non-partisane ».
La version récente — le SAVE America Act — va encore plus loin. Elle exige non seulement la preuve de citoyenneté pour s’inscrire, mais aussi une pièce d’identité avec photo pour voter. Et l’interdiction du vote par correspondance sans excuse. Et l’interdiction de la collecte de bulletins.
Chaque nouvelle mesure, prise isolément, semble raisonnable. Mais empilées ensemble, elles forment une forteresse. Et devinez qui reste dehors.
L’obstacle du Sénat
Le Sénat est une autre affaire. Les Républicains détiennent 53 sièges. Mais pour passer, le SAVE Act a besoin de 60 voix — le fameux seuil du filibuster. Les Démocrates ont promis de bloquer.
Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate, a été catégorique : « Le SAVE Act des Républicains ressemble plus à un guide pratique de suppression des votes. Il va à l’encontre des fondements mêmes de notre démocratie. Cela ne passera pas au Sénat. »
Alors les Républicains parlent de modifier les règles du Sénat. D’abolir ou de contourner le filibuster. Pour cette loi. Maintenant.
La guerre civile républicaine
Filibuster ou pas filibuster?
Le filibuster — cette règle qui exige 60 voix pour clore un débat au Sénat — est un totem républicain. Ils l’ont défendu bec et ongles pendant des années. Ils ont bloqué d’innombrables projets de loi démocrates grâce à lui.
Mais maintenant? NBC News rapporte des « affrontements » entre sénateurs républicains sur la question. Certains veulent l’abolir — pour cette loi seulement, évidemment. D’autres craignent le précédent.
Le principe était sacré quand il servait à bloquer les autres. Il devient négociable quand il bloque les nôtres. C’est l’essence même de l’hypocrisie politique — et elle ne surprend plus personne.
La pression de la base
Trump exige le passage du SAVE Act. Sa base y croit. Les médias conservateurs martèlent le message : des millions d’« illégaux » votent. Pas de preuves? Pas grave. La répétition crée la vérité.
Les sénateurs républicains se retrouvent coincés. Voter contre, c’est s’attirer les foudres de Trump. Voter pour en abolissant le filibuster, c’est ouvrir une boîte de Pandore qu’ils pourraient regretter la prochaine fois qu’ils seront en minorité.
L'anatomie de la suppression de votes
Comment ça fonctionne, concrètement
Imaginons Maria. Soixante-douze ans. Née dans un petit village du Texas en 1954. Son certificat de naissance? Perdu dans l’incendie de la maison de ses parents en 1978. Elle n’a jamais eu de passeport — jamais voyagé à l’étranger. Elle a voté à chaque élection depuis 1976.
Avec le SAVE Act, Maria devrait obtenir un certificat de naissance de remplacement. Cela nécessite de contacter les archives de l’État. De prouver son identité. De payer des frais. D’attendre des semaines. Si les archives existent encore. Si l’orthographe de son nom n’a pas varié. Si le bureau est accessible.
Maria a voté pendant 50 ans. Mais soudainement, elle doit prouver qu’elle est américaine. Parce que… les non-citoyens volent les élections?
31 000 citoyens américains au Kansas ont vécu ce cauchemar. Et on veut le nationaliser.
Le fardeau invisible
Obtenir des documents coûte de l’argent. Certificat de naissance : entre 10 et 50 dollars selon les États. Passeport : 130 dollars minimum. Plus les photos. Plus les frais de déplacement si le bureau est loin. Plus le temps de travail perdu.
Pour une famille de la classe moyenne, c’est un inconvénient. Pour une mère célibataire travaillant au salaire minimum, c’est un mur. Et ce mur a un nom : poll tax déguisé.
La poll tax — l’impôt que les États du Sud imposaient pour voter — a été abolie par le 24e amendement en 1964. Mais si on oblige les gens à payer pour obtenir des documents pour voter, quelle est la différence?
Cui bono? À qui profite le crime?
Les groupes touchés
Résumons qui serait disproportionnellement affecté par le SAVE Act :
Les personnes âgées — qui n’ont souvent pas de passeport et dont les certificats de naissance peuvent être introuvables.
Les jeunes électeurs — qui votent pour la première fois et n’ont pas encore accumulé de documents.
Les personnes de couleur — trois fois plus susceptibles de manquer de documents.
Les personnes pauvres — qui ne peuvent pas se permettre les frais et le temps.
Les personnes sans domicile fixe — qui n’ont nulle part où recevoir du courrier.
Et maintenant, posons la question inconfortable : ces groupes votent-ils plutôt démocrate ou républicain? La réponse est connue de tous. Et pourtant, on nous jure que ce n’est pas le but.
Le calcul cynique
Si 21 millions d’Américains ont du mal à prouver leur citoyenneté, et que même 10% d’entre eux sont dissuadés de voter, cela représente 2,1 millions de votes en moins. Dans des élections souvent décidées par quelques milliers de voix, c’est un raz-de-marée.
En 2020, Biden a gagné l’Arizona par 10 457 voix. La Géorgie par 11 779 voix. Le Wisconsin par 20 682 voix.
Si le SAVE Act avait été en vigueur, combien de ces électeurs auraient-ils pu voter? La question n’est pas rhétorique. Elle est existentielle pour la démocratie américaine.
Le mensonge de l'élection volée : le retour
Le Big Lie, version 2.0
Trump n’a jamais accepté sa défaite de 2020. Il continue d’affirmer que l’élection lui a été « volée ». Sans preuve. Malgré 60 procès perdus. Malgré ses propres officiels qui ont certifié les résultats.
Le SAVE Act est le prolongement législatif de ce mensonge. Si des millions de non-citoyens votaient vraiment, alors oui, les élections seraient « truquées ». Mais ils ne votent pas. Les données le prouvent. Alors pourquoi la loi?
Parce que la loi n’est pas faite pour résoudre un problème. Elle est faite pour créer un récit. « On a passé le SAVE Act, et pourtant on a perdu? C’est donc que les Démocrates trichent encore. » Le piège est parfait.
Préparer le terrain pour contester
Les experts l’ont noté : le SAVE Act sert aussi à préparer le terrain pour contester les résultats des midterms de 2026 si les Républicains perdent. « On leur avait dit de vérifier la citoyenneté, ils ne l’ont pas fait, donc les résultats sont invalides. »
C’est un script écrit à l’avance. Une machine à douter de la démocratie. Et le SAVE Act en est une pièce maîtresse.
Les voix qui s'élèvent
La société civile contre-attaque
L’ACLU a pris position : le SAVE Act est « discriminatoire » et créerait des « barrières inutiles » pour les citoyens éligibles.
Le Brennan Center for Justice a publié des analyses détaillées montrant que « des millions d’Américains » seraient privés de leur droit de vote.
La League of Women Voters qualifie le SAVE Act de « piège » — une solution à un problème qui n’existe pas, au prix de droits réels pour des citoyens réels.
Le Campaign Legal Center documente comment la loi « menace tous les électeurs », pas seulement certains groupes.
Ces organisations ne sont pas partisanes. Elles défendent le droit de vote depuis des décennies. Quand elles sonnent l’alarme à l’unisson, peut-être faudrait-il écouter.
Les tribunaux, dernier rempart?
Même si le SAVE Act passait, il ferait face à des contestations judiciaires immédiates. Les précédents sont là : la loi du Kansas a été déclarée inconstitutionnelle.
Mais la Cour suprême de 2026 n’est pas celle de 2018. Sa composition a changé. Ses priorités aussi. Compter sur les tribunaux pour protéger le droit de vote est un pari de plus en plus risqué.
Ce que dit la Constitution
Les élections appartiennent aux États
La Constitution américaine est claire. L’Article I, Section 4 stipule que « Les temps, lieux et modes de tenue des élections pour les sénateurs et représentants seront prescrits dans chaque État par la législature de celui-ci. »
Les élections sont une compétence étatique. C’est un principe fondateur. Les Pères fondateurs ont voulu éviter qu’un gouvernement central puisse manipuler les élections à son avantage.
Et maintenant, Trump veut « nationaliser le vote ». Prendre le contrôle fédéral. Dans les États qui votent mal, selon lui.
C’est ironique : le parti qui hurle au « fédéralisme » et aux « droits des États » veut soudainement que Washington dicte comment on vote en Géorgie, en Arizona, en Pennsylvanie. Le principe s’efface devant l’opportunité.
Le précédent dangereux
Si le gouvernement fédéral peut imposer des règles d’inscription aux États, il peut tout imposer. Aujourd’hui, la preuve de citoyenneté. Demain? Des horaires de vote réduits. Des bureaux de vote fermés. Des zones entières privées d’accès.
Le SAVE Act ouvre une brèche. Une fois ouverte, elle ne se refermera pas.
Conclusion : La démocratie au bord du gouffre
Le choix qui s’impose
Résumons. Le vote des non-citoyens est déjà illégal. Les cas prouvés sont infinitésimaux. Les propres données des conservateurs le démontrent. Et pourtant, on veut une loi qui priverait des millions de citoyens de leur droit de vote.
Au Kansas, 31 000 citoyens ont été bloqués pour attraper 39 non-citoyens. Un ratio de 795 pour 1. Et on veut répliquer ça à l’échelle nationale.
21 millions d’Américains n’ont pas accès facile aux documents requis. Disproportionnellement pauvres. Disproportionnellement âgés. Disproportionnellement de couleur. Et pourtant, on nous dit que ce n’est pas de la suppression de votes.
La démocratie ne meurt pas toujours dans les ténèbres. Parfois, elle meurt en plein jour, devant des caméras, pendant qu’on applaudit. Le SAVE Act n’est pas une protection de l’intégrité électorale. C’est un cheval de Troie. Et une fois à l’intérieur des murs, il sera trop tard pour le regretter.
Ce qu’il faut retenir
Quand quelqu’un vous dit qu’il veut « sécuriser les élections » contre une menace qui n’existe statistiquement pas, posez-vous la question : que sécurise-t-il vraiment?
Quand quelqu’un veut « nationaliser le vote » dans un pays où les élections sont étatiques par design constitutionnel, demandez-vous : pour le bénéfice de qui?
Quand quelqu’un propose une « solution » qui bloquerait 795 citoyens pour chaque non-citoyen attrapé, interrogez-vous : est-ce vraiment le problème qu’on résout, ou le résultat qu’on cherche?
Les midterms de 2026 approchent. Et avec eux, un choix fondamental. Pas entre Républicains et Démocrates. Entre une démocratie où chaque citoyen peut voter et une démocratie où seuls certains citoyens peuvent voter facilement.
Le SAVE Act prétend protéger la première. Il institutionnaliserait la seconde.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette analyse part d’un positionnement assumé : le droit de vote est sacré et toute mesure qui l’entrave sans nécessité démontrée est suspecte. Je considère que les données disponibles — y compris celles des organisations conservatrices — ne justifient pas une loi aux conséquences aussi lourdes que le SAVE Act. Ce positionnement informe l’angle de cette chronique.
Méthodologie et sources
Les statistiques sur le vote des non-citoyens proviennent de la base de données de la Heritage Foundation, analysée notamment par l’American Immigration Council et le Brennan Center for Justice. Les données sur le Kansas proviennent des documents judiciaires des procès ayant invalidé la loi. Les chiffres sur les 21 millions d’Américains sans accès facile aux documents proviennent d’une enquête nationale de 2024 citée par NPR et le Campaign Legal Center. Les citations de Trump proviennent de la couverture médiatique du podcast Bongino et des conférences de presse subséquentes.
Nature de l’analyse
Il s’agit d’une chronique d’opinion fondée sur des faits vérifiables. L’interprétation de ces faits est la mienne. Je n’ai aucun lien avec les organisations citées, aucun intérêt financier dans cette question, et aucune affiliation partisane américaine. Mon seul biais déclaré : je crois que la démocratie fonctionne mieux quand plus de gens votent, pas moins.
Sources
Sources primaires
H.R.22 – 119th Congress (2025-2026): SAVE Act — Texte officiel de la loi, Congress.gov, Library of Congress.
Heritage Foundation Election Fraud Database — Base de données des cas de fraude électorale prouvés.
Documents judiciaires du Kansas — Fish v. Kobach, décision fédérale invalidant la loi de preuve de citoyenneté.
Déclarations officielles de la Maison-Blanche — Réponses de la porte-parole Abigail Jackson, février 2026.
Sources secondaires
Brennan Center for Justice — « SAVE Act Would Undermine Voter Registration for All Americans » et « Millions of Americans Don’t Have Documents Proving Their Citizenship Readily Available ».
Campaign Legal Center — « What You Need to Know About the SAVE Act » et fact sheet mis à jour janvier 2026.
American Immigration Council — « Unpacking Myths About Noncitizen Voting — How Heritage Foundation’s Own Data Proves It’s Not a Problem ».
NPR — « 1 in 10 eligible U.S. voters say they can’t easily show proof of their citizenship », enquête 2024.
Votebeat — « GOP election bills ahead of 2026 midterms would expand federal power » et « What Trump’s call to ‘nationalize the voting’ could mean for the 2026 elections ».
CNBC — « SAVE Act voter ID bill is on the minds of Trump and Congress: What to know », février 2026.
NBC News — « Republicans clash over the Senate filibuster and Trump-backed voter ID bill », février 2026.
ABC News — « Trump urges Republicans to ‘take over’ and ‘nationalize’ voting » et « House passes bill to require proof of citizenship to register to vote ».
CNN — « Analysis: Trump obliterates an aide’s efforts to downplay his comments – again » et « Trump wants Republicans to ‘nationalize’ US elections. The Constitution might get in the way ».
Bipartisan Policy Center — « Five Things to Know About the SAVE Act ».
League of Women Voters — « The Safeguard American Voter Eligibility (SAVE) Act is a Trick ».
Center for American Progress — « The SAVE Act: Overview and Facts ».
Democracy Docket — « GOP fast tracks monster voter suppression bill that could disenfranchise millions ».
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.