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BILLET : Le silence complice de Ghislaine Maxwell
Crédit: Adobe Stock

La double peine des survivants

Pendant que les avocats jonglent avec les articles de loi et que la presse s’agite des détails techniques de la procédure, où sont les victimes ? Elles sont là, invisibles, fantômes dans la salle, spectatrices d’un combat qui les concerne pourtant au premier chef. Pour elles, ce silence est une agression supplémentaire. Avoir eu le courage de briser le chapelet de la honte, de sortir de l’ombre pour raconter l’indicible, pour se heurter finalement à ce mur de marbre froid, doit être une torture psychologique inimaginable. On leur avait promis de la justice, ou au moins des réponses. On leur offre un spectacle d’impunité juridique. C’est la violence administrative : lente, procédurière, absolument dévastatrice.

Imaginez un instant le ressenti de ces femmes, anciennes adolescentes abusées. Elles se battent contre des démons intérieurs depuis des années. Elles reconstruisent leur vie morceau par morceau, souvent avec les moyens du bord. Et voici que l’architecte de leur enfer s’assoit sur un siège, parfaitement coiffée, et refuse simplement de dire comment ni pourquoi. La douleur ne se prescrit pas, mais la justice, elle, semble avoir une date d’expiration. C’est une rupture du contrat social. La société a failli à sa mission première : protéger les plus faibles contre les plus forts. Au lieu de cela, le système protège les forts contre les conséquences de leurs actes.

Ce silence juridique résonne comme le glas de l’espoir pour celles qui croyaient au pouvoir de la parole.

Quand la légalité étouffe la moralité

Il est terrifiant de constater à quel point la légalité peut être l’ennemie de la moralité. Tout ce que fait Ghislaine Maxwell est, techniquement, légal. Elle a le droit de se taire. Ses avocats font leur travail en le lui conseillant. Le système judiciaire fonctionne comme il a été conçu. Et pourtant, le résultat est moralement répugnant. Une société qui se cache derrière la légalité pour justifier l’immoralité est une société en perte de vitesse. Nous créons des monstres de rationalité qui permettent l’impunité. C’est la même logique qui a permis les crises financières, les pollutions industrielles, et maintenant, la protection de réseaux pédocriminels. Ce n’est pas un bug du système, c’est une de ses fonctionnalités les plus sombres.

Cette audition nous rappelle brutalement que la justice et l’équité sont deux choses différentes. La justice est une machine, aveugle et parfois sourde. L’équité est un idéal, humain et fragile. Aujourd’hui, la machine a gagné. Elle a broyé les espoirs des victimes sous le poids de la procédure. Le droit au silence ne devrait jamais pouvoir être utilisé pour étouffer les cris des innocents. C’est une perversion de l’esprit de la loi. Nous sommes en droit de nous sentir en colère, en droit de rejeter cette logique froide qui sacrifie l’humain sur l’autel de la technique juridique. C’est une question de survie de notre conscience collective.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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