L’Epstein Files Transparency Act : une loi, une promesse, une trahison?
En novembre 2025, le Congres americain vote a une ecrasante majorite bipartisane l’Epstein Files Transparency Act. Republicains et Democrates unis dans une meme cause : la transparence. La verite. La justice pour les victimes. Sur le papier, c’etait historique. Dans les faits, c’etait un piege.
Car qui controle la publication controle le recit. Et qui controle le recit echappe a la verite.
Le compte-gouttes de la honte
Un mois apres la date limite fixee par le Congres, l’administration Trump n’avait rendu public que moins de 1% des fichiers. Moins de 1%. Le reste ? Classe. Caviarde. Retenu. Pour des raisons de « securite nationale », nous dit-on. La securite de qui, exactement ?
Les 3 millions de pages finalement publiees le 30 janvier 2026 representent une fraction de ce qui existe. Combien de noms restent dans l’ombre ? Combien de victimes attendent toujours que leur histoire soit racontee ? Combien de predateurs dorment tranquilles cette nuit, proteges par le sceau de la « classification » ?
Trump et Epstein : une amitie documentee
Mar-a-Lago : le terrain de chasse
Virginia Giuffre avait 16 ans. Elle travaillait comme aide-spa au Mar-a-Lago Club, le palace dore de Donald Trump en Floride. C’est la que Ghislaine Maxwell, la complice d’Epstein, l’a reperee. Recrutee. Pieger.
Un detail tueur : dans un message de 2019 retrouve dans les dossiers, Epstein note qu’une victime travaillait a Mar-a-Lago. Il ajoute que Trump a demande a Maxwell d’arreter de recruter sur place. Arreter de recruter. Pas de denoncer. Pas d’appeler la police. Juste… arreter de recruter la.
Les 38 000 mentions
Trump, Melania Trump et Mar-a-Lago apparaissent plus de 38 000 fois dans pres de 5 000 fichiers Epstein. Les defenseurs du president s’empressent de preciser que « beaucoup de ces mentions sont anodines ». Des articles de presse. Des references indirectes. De la paperasse administrative.
Soit. Mais combien de mentions faut-il pour que ca cesse d’etre une coincidence et que ca devienne un pattern ? 38 000, manifestement, ce n’est pas encore assez pour certains.
Les accusations : ce que disent les documents
Le temoignage qui fait trembler
Un document du FBI revele dans les fichiers contient un resume d’accusation explosif. Trump aurait force une mineure de 13-14 ans a lui pratiquer une fellation. La victime presumee aurait mordu le president pendant l’acte. Elle aurait ensuite ete frappee au visage apres avoir ri de l’avoir mordu.
Je relis ces lignes. Puis je les relis encore. Il y a des phrases qu’on ne devrait jamais avoir a ecrire. Des phrases qui devraient n’exister dans aucun document officiel. Et pourtant. Et pourtant, elles sont la. Noir sur blanc. Dans des fichiers du FBI.
La plainte « Katie Johnson » : le fantome de 2016
En avril 2016, une femme utilisant le pseudonyme « Katie Johnson » depose une plainte en Californie. Elle accuse Trump et Epstein de l’avoir violee a repetition alors qu’elle avait 13 ans, lors de fetes pour mineurs dans la residence new-yorkaise d’Epstein en 1994.
La plainte reclame 100 millions de dollars de dommages. Elle est rejetee. Une nouvelle version est deposee a New York en juin. Une conference de presse est prevue le 2 novembre, quelques jours avant l’election. La plaignante devait apparaitre aux cotes de son avocate, Lisa Bloom.
Elle annule a la derniere minute. Menaces multiples, explique Bloom. La plainte est ensuite retiree. L’identite de « Katie Johnson » n’a jamais ete verifiee de maniere independante.
La defense Trump : le deni organise
« Des allegations fausses et sensationnalistes »
Le Departement de la Justice – celui-la meme que Trump controle – s’empresse de publier un communique. Certains documents « contiennent des allegations fausses et sensationnalistes contre le President Trump, soumises au FBI juste avant l’election de 2020 ». Ces accusations seraient « infondees et fausses ».
Permettez-moi de reformuler : l’administration Trump, via le Departement de la Justice qu’elle dirige, declare que les accusations contre Trump sont fausses. C’est un peu comme si l’accuse presidait son propre proces. Kafka n’aurait pas ose ecrire ca.
Le mot de Todd Blanche : « Ce n’est pas un crime de faire la fete »
Todd Blanche. Procureur general adjoint. Ancien avocat personnel de Trump. L’homme charge de superviser l’enquete sur son ancien client. Il apparait sur Fox News et prononce une phrase qui restera dans les annales : « Ce n’est pas un crime de faire la fete avec Jeffrey Epstein. »
Ce n’est pas un crime de faire la fete. Avec un predateur sexuel condamne. Un homme qui trafiquait des mineures. Un monstre dont les victimes se comptent par dizaines, peut-etre par centaines.
Le representant Ted Lieu reagit immediatement : « Je suis profondement trouble que le procureur general adjoint Todd Blanche vienne de se tromper sur la loi. » Si Epstein organisait des fetes avec trafic de mineures et que quelqu’un y participait en « consommant », c’est bien un crime federal. Le patronage fait partie de la loi sur le trafic sexuel.
Le cabinet des horreurs : qui d'autre dans les fichiers?
Elon Musk : l’ami de Noel
Les fichiers revelent que Elon Musk – desormais a la tete du DOGE et proche conseiller de Trump – entretenait une amitie bien plus etroite avec Epstein qu’il ne l’avait publiquement admis. Le jour de Noel 2012, Musk ecrit a Epstein : « Est-ce que vous avez des fetes de prevues ? Je veux vraiment faire la scene des fetes. »
La scene des fetes. Chez Jeffrey Epstein. L’homme aux fetes avec des mineures. Celui dont tout le monde, absolument tout le monde dans les cercles du pouvoir, connaissait les « preferences ».
Howard Lutnick : le secretaire au Commerce qui ment
Howard Lutnick, actuel Secretaire au Commerce de Trump, aurait visite l’ile privee d’Epstein pour un dejeuner en 2012. Il aurait meme invite Epstein a une levee de fonds pour Hillary Clinton en 2015. Cela contredit directement son affirmation publique selon laquelle il avait jure de ne « jamais etre dans la meme piece » qu’Epstein apres un incident en 2005.
Steve Bannon : les textos amicaux
Steve Bannon, ancien conseiller strategique de Trump, echangeait des textos amicaux avec Epstein. En 2019, Epstein lui demande s’il a recu l’Apple Watch qu’il lui a envoye pour Noel. Quelques jours plus tard, il l’invite a « venir le rejoindre » a New York.
La quasi-totalite des membres du cabinet Trump apparait au moins une fois dans les dossiers Epstein. Et pourtant, le Departement de la Justice affirme qu’il n’y aura aucune nouvelle inculpation.
Virginia Giuffre : la voix des victimes silenciee
Une mort qui interroge
Virginia Giuffre est morte en avril 2025. Suicide, selon les autorites. Elle avait 41 ans. Elle etait devenue le visage de la resistance des victimes d’Epstein. Sa voix, la plus forte, la plus determinee, s’est eteinte quelques mois avant la publication massive des fichiers.
Il y a des coincidences qui ne ressemblent pas a des coincidences. Il y a des silences qui hurlent plus fort que les mots. Virginia Giuffre ne lira jamais ces 3 millions de pages. Elle ne verra jamais les noms qu’elle avait tente de denoncer pendant des annees enfin exposes au grand jour.
Ce qu’elle avait dit sur Trump
Dans ses temoignages sous serment et ses memoires, Giuffre avait a plusieurs reprises refuse d’accuser Trump d’avoir participe aux abus sexuels d’Epstein. Elle avait declare qu’elle ne croyait pas que Trump etait implique dans les crimes d’Epstein.
Plus tard, elle avait nuance cette position, affirmant dans une deposition qu’elle ne se souvenait pas avoir jamais vu Epstein et Trump ensemble, ni avoir vu Trump dans une des residences d’Epstein.
Mais un memo du FBI indique qu’elle avait raconte aux enqueteurs comment elle travaillait adolescente au Mar-a-Lago, comment elle avait ete recrutee de la pour travailler pour Epstein, et les abus sexuels qu’elle dit avoir ensuite subis.
L'onde de choc internationale
Le Royaume-Uni en crise
Les fichiers Epstein ne secouent pas que l’Amerique. Le Royaume-Uni traverse une crise politique majeure. Keir Starmer, le Premier ministre, est eclabosse par les revelations concernant Peter Mandelson, nomme ambassadeur britannique aux Etats-Unis malgre ses liens documentes avec Epstein.
CNN titre : « La tempete Epstein pourrait faire tomber un dirigeant mondial – mais ce n’est pas Trump. » L’ironie est cruelle. Le president americain semble immunise contre les scandales qui terrrassent les autres.
La Norvege dans la tourmente
Meme la Norvege, d’habitude si tranquille, est emportee par les revelations. Des personnalites apparaissent dans les fichiers. Des carrieres vacillent. Des explications sont exigees.
Pendant ce temps, aux Etats-Unis, le president mentionne 38 000 fois dans les dossiers d’un trafiquant sexuel continue de gouverner.
Le sondage qui fait mal
63% des Americains croient a la dissimulation
Selon un sondage YouGov, pres des deux tiers des Americains – 63% – pensent que le gouvernement dissimule des preuves qu’il detient sur Epstein. Ce n’est plus de la theorie du complot. C’est la conviction majoritaire d’une nation.
Quand la majorite d’un peuple croit que son gouvernement lui ment sur un reseau de pedophilie impliquant les elites, ce n’est plus un probleme de « confiance ». C’est une crise democratique. C’est le fondement meme du contrat social qui s’effrite.
L’immunite de Trump
Trump semble « presque immunise » contre les dommages politiques lies aux questions de caractere, note CNN. L’affaire Epstein n’est qu’une des multiples crises qui tourbillonnent autour de lui – de sa repression de l’immigration au Minnesota qui a tue deux manifestants, a ses nouvelles tentatives de saper la confiance dans le systeme electoral avant les midterms.
Dans ce chaos perpetuel, chaque scandale est noye par le suivant. C’est peut-etre ca, la strategie. Le deluge comme protection.
Les manifestations : la colere qui monte
L’art protestataire sur le National Mall
Une installation artistique de protestation a ete installee sur Third Street SW le long du National Mall a Washington. Elle fait directement reference aux fichiers Epstein et au President Trump. L’art comme dernier refuge de la verite quand les institutions faillissent.
Parfois, quand les mots echouent, quand les lois sont detournees, quand les institutions sont corrompues, il ne reste que l’art pour dire ce que personne n’ose plus dire. Une carte d’anniversaire geante pour Trump, avec le visage d’Epstein. L’image vaut tous les discours.
Trevor Noah et la blague qui fait mal
Aux Grammy Awards 2026, le comedien Trevor Noah fait une blague sur Trump et l’ile d’Epstein. La reaction du president est immediate : il menace de poursuivre Noah en justice, affirmant que le comedien a « incorrectement » pretendu qu’il avait passe du temps sur l’ile. Trump qualifie Noah de « total loser ».
La veritable question n’est pas de savoir si Trump a visite l’ile. C’est pourquoi un homme mentionne 38 000 fois dans les fichiers d’un predateur sexuel s’offusque d’une blague plutot que de repondre aux accusations documentees.
L'impunite comme systeme
Quand l’accuse dirige l’enquete
Le conflit d’interets est si flagrant qu’il en devient absurde. Todd Blanche, qui supervisait la defense de Trump avant d’etre nomme procureur general adjoint, est maintenant charge de decider s’il y aura des poursuites liees aux fichiers Epstein. Sa reponse : non.
« Ce n’est pas un crime de faire la fete. »
On pourrait rire si ce n’etait pas aussi tragique. On pourrait pleurer si les larmes servaient a quelque chose. Alors on ecrit. On documente. On refuse d’oublier. Parce que la memoire est la seule arme qui reste quand la justice a ete confisquee.
Le message envoye aux victimes
Quel message envoie-t-on aux victimes d’Epstein ? Celles qui ont temoigne. Celles qui ont souffert. Celles qui ont espere, pendant des annees, que la justice finirait par arriver ?
Le message est clair : vous ne comptez pas. Vos souffrances sont moins importantes que les carrieres des puissants. Vos temoignages peuvent etre classes « faux et sensationnalistes » par ceux-la memes qu’ils accusent.
Virginia Giuffre est morte. Jeffrey Epstein est mort. Ghislaine Maxwell est en prison. Et les autres ? Ceux qui savaient, qui participaient, qui fermaient les yeux ? Ils sont au pouvoir. Ils sont dans les conseils d’administration. Ils sont a la Maison-Blanche.
Conclusion : La verite n'a pas d'heure limite
Ce qui ne peut pas etre efface
38 000 mentions. 3 millions de pages. 180 000 images. 2 000 videos. Des accusations de viol sur mineure. Des liens documentes avec tout le cabinet. Un Departement de la Justice qui se transforme en bureau de defense personnelle. Un pays ou la majorite croit que son gouvernement lui ment.
Steven Ekovich a raison : c’est bien « la crise la plus grave dans la carriere politique de Donald Trump ». Mais c’est aussi la crise la plus grave de la democratie americaine. Quand l’impunite devient systeme. Quand la verite est classifiee. Quand les victimes meurent avant de voir justice.
L’histoire jugera. Elle juge toujours. Pas au rythme des cycles electoraux ou des sondages d’opinion. Au rythme lent et implacable de la verite qui finit toujours par emerger. Les fichiers sont la. Les noms sont la. Les temoignages sont la. Ils attendront le temps qu’il faudra. Car la verite n’a pas d’heure limite. Et les monstres, eux, finissent toujours par etre nommes.
La question qui reste
Maintenant, vous savez. Vous savez que 38 000 mentions, ce n’est pas une coincidence. Vous savez que « ce n’est pas un crime de faire la fete » est une insulte aux victimes. Vous savez que la quasi-totalite du cabinet d’un president apparait dans les fichiers d’un trafiquant sexuel de mineures.
La question : qu’est-ce que vous allez en faire ?
Le silence aussi est un choix. L’indifference aussi est une position. Et l’histoire, elle, n’oublie rien. Ni les bourreaux. Ni les victimes. Ni ceux qui ont su et qui ont choisi de regarder ailleurs.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une posture editoriale assumee : celle de la defense des victimes et de l’exigence de verite. Je considere que la neutralite face aux abus sexuels sur mineurs et aux conflits d’interets flagrants n’est pas de l’objectivite – c’est de la complicite passive. Les faits presentes sont documentes. L’indignation qu’ils suscitent est legitime.
Methodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur les reportages de CNN, NBC News, ABC News, NPR, PBS, le New York Times, Newsweek, le Washington Post, BFMTV, Le Temps, Le Grand Continent, Radio-Canada et France Info. Les documents judiciaires cites proviennent des fichiers officiels publies par le Departement de la Justice americain dans le cadre de l’Epstein Files Transparency Act. Les declarations de Todd Blanche sont tirees de son interview sur Fox News. Les reactions du representant Ted Lieu proviennent de ses declarations publiques a C-SPAN.
Nature de l’analyse
Cet article est une chronique d’opinion basee sur des faits verifies. Il ne constitue pas une accusation formelle contre quelque individu que ce soit. Donald Trump n’a jamais ete inculpe ni condamne pour des crimes lies a Jeffrey Epstein. Les allegations mentionnees dans cet article proviennent de documents judiciaires et de temoignages, dont certains n’ont pas ete verifies de maniere independante. La presomption d’innocence reste un principe fondamental du droit.
Sources
Sources primaires
Departement de la Justice americain – Publication des fichiers Epstein (30 janvier 2026)
C-SPAN – Declarations du representant Ted Lieu sur les accusations dans les fichiers Epstein
Fox News – Interview de Todd Blanche, procureur general adjoint
BFMTV – Interview de Steven Ekovich, professeur a l’American University of Paris
Sources secondaires
CNN – « What 3 million new documents tell us about Trump’s ties to Jeffrey Epstein » (31 janvier 2026)
CNN – « The Epstein storm could topple a world leader – but it’s not Trump » (5 fevrier 2026)
NBC News – « Key takeaways: Epstein files rock the rich and powerful » (30 janvier 2026)
PBS News – « Epstein files reveal close ties to Trump’s influential inner circle » (31 janvier 2026)
Le Grand Continent – « Trump est plus mentionne dans les dossiers Epstein que Dieu et Jesus dans la Bible » (5 fevrier 2026)
Newsweek – « Donald Trump allegations in new Epstein Files release: Read in full » (30 janvier 2026)
The Hill – « Deputy AG Todd Blanche: ‘It’s not a crime to party’ with Jeffrey Epstein » (fevrier 2026)
ABC News – « What Virginia Giuffre has said about Trump and Jeffrey Epstein » (fevrier 2026)
NPR – « DOJ releases tranche of Epstein files, says it has met its legal obligations » (30 janvier 2026)
Radio-Canada – « Affaire Epstein : Trump veut passer a autre chose » (3 fevrier 2026)
France Info – « Affaire Epstein : Donald Trump souhaite passer a autre chose » (3 fevrier 2026)
Washington Post – « Peter Mandelson, Keir Starmer and the Epstein files political fallout » (8 fevrier 2026)
Le Club des Juristes – « Divulgation du dossier Epstein : quelles consequences pour Donald Trump ? »
CNBC – « Epstein files: Trump, Howard Lutnick, Steve Tisch among prominent names » (31 janvier 2026)
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