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CHRONIQUE : L’art délicat de recoller les morceaux
Crédit: Adobe Stock

Les alliances en miettes

Il était une fois une époque où l’Occident formait un bloc plus ou moins cohérent. Cette époque semble révolue. Les relations transatlantiques, ce tissu conjugal tissé depuis 1945, ont été mises à rude épreuve. Les insultes, les demandes de remboursement pour la protection, les doutes sur l’article 5… Chaque mot a été un coup de ciseau dans le tissu. Aujourd’hui, la méfiance est installée. Elle est comme cette fine couche de poussière qu’on nettoie tous les matins mais qui revient toujours. Les Européens, autrefois les cousins naïfs et dociles, ont commencé à regarder ailleurs, à envisager leur propre autonomie stratégique, non plus par ambition, mais par nécessité de survie.

Restaurer ces liens demandera plus que de simples excuses. Il faudra du temps, beaucoup de temps. Du temps pour que les blessures narcissiques cicatrisent. Du temps pour que les diplomates retrouvent le langage de la courtoisie plutôt que celui de la provocation. C’est un processus douloureux, semblable à une thérapie de couple après une trahison majeure. On peut décider de se remettre ensemble, mais la confiance absolue, cette innocence première, est perdue à jamais. Nous devons construire une alliance plus mature, plus lucide, qui accepte les divergences sans pour autant briser le lien vital.

Et pourtant, dans ce champ de ruines, une lueur perverse apparaît. Peut-être que cette rupture brutale était nécessaire pour nous forcer à grandir, à arrêter de dépendre aveuglément d’un big brother de plus en plus capricieux.

La confiance, cette denrée rare

La monnaie de la politique internationale n’est pas le dollar, c’est la confiance. Et pendant quatre ans, cette monnaie a connu une hyperinflation négative. Quand la parole donnée ne vaut plus que le temps qu’il faut pour l’écrire sur un réseau social, comment peut-on négocier des traités de paix ou des accords climatiques ? La crédibilité d’un grand pays est comme la réputation d’un homme : des années à la bâtir, quelques secondes pour la détruire. Nous sommes aujourd’hui dans une période de pénurie. Personne ne croit plus vraiment aux promesses solennelles. Chaque déclaration est analysée, soupesée, suspectée de cacher un piège ou un revirement.

Cette défiance généralisée paralyse l’action. Elle rend les réponses aux crises mondiales, qu’elles soient sanitaires ou écologiques, lentes et inefficaces. Restaurer cette confiance passera par des actes concrets, répétés, inlassables. Par le respect scrupuleux des engagements, même les plus petits. C’est un retour à la morale publique, à cette idée qu’un chef d’État est un garant de la parole donnée, pas un animateur de télé-réalité en quête d’audience. C’est ennuyeux, c’est terne, mais c’est la seule fondation stable possible.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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