Une puissance de feu qui impressionne sur le papier
L’USS Defiant est concu pour etre une plateforme de destruction massive. Son armement principal comprend un systeme de missiles de croisiere nucleaires (SLCM-N), un systeme de missiles hypersoniques Conventional Prompt Strike a 12 cellules, et un systeme de lancement vertical Mark 41 avec 128 cellules. L’armement secondaire inclut un canon electromagnetique de 32 megajoules, deux canons de 5 pouces, et deux lasers de 600 kW.
Sur le papier, c’est impressionnant. Dans la realite, c’est un cauchemar logistique. Chaque systeme d’armes innovant que le Pentagone a tente d’integrer au cours des 20 dernieres annees a connu des retards, des depassements de couts et des echecs techniques. Le railgun? Toujours en developpement. Les lasers de cette puissance? Jamais deployes operationnellement. Les missiles hypersoniques? La Chine et la Russie sont en avance.
La doctrine navale moderne dit exactement le contraire
La doctrine navale contemporaine a evolue vers les operations distribuees. Le principe est simple : repartir la puissance de feu sur de nombreux navires plus petits pour reduire la vulnerabilite. Un essaim de drones. Des fregates. Des sous-marins. L’idee est de ne pas mettre tous les oeufs dans le meme panier de 20 milliards de dollars.
Le cuirasse Trump-class fait exactement l’inverse. Il concentre le risque sur une cible de valeur maximale. Un seul missile anti-navire hypersonique chinois — et la Chine en deploie — pourrait envoyer 20 milliards de dollars au fond de l’ocean. Bernard Loo, du S. Rajaratnam School of International Studies de Singapour, l’a dit clairement : la taille et la valeur de prestige de ces navires en font des cibles encore plus tentantes pour l’adversaire.
Le cout : quand les milliards s'envolent avant meme la construction
Les estimations du Congressional Budget Office
Le Congressional Budget Office a fait ses calculs. Le premier cuirasse Trump-class coutera entre 14,3 et 20,6 milliards de dollars s’il est commande aujourd’hui. S’il est commande en 2030, le prix grimpe a 22 milliards. Le Congressional Research Service estime que chaque navire supplementaire coutera environ 10 milliards de dollars. Pour une flotte de 25 cuirasses, on parle de plus de 250 milliards de dollars.
250 milliards. C’est plus que le PIB de la Finlande. C’est assez pour financer le systeme de sante americain pendant des annees. C’est assez pour reconstruire chaque pont, chaque route, chaque ecole en ruine aux Etats-Unis. Mais non. On va construire des cibles flottantes qui portent le nom d’un homme.
L’impact sur les programmes prioritaires
Les chantiers navals americains sont deja sous pression extreme. Les sous-marins de classe Columbia sont en retard. Les sous-marins d’attaque de classe Virginia accusent des delais de construction. Ces deux programmes sont centraux a la dissuasion nucleaire et a la competition sous-marine avec la Chine et la Russie. Et pourtant, le projet Trump-class va siphonner les ressources, la main-d’oeuvre qualifiee et les capacites industrielles.
Les critiques sont unanimes : un nouveau programme de super-combattant de surface ne va pas creer de nouvelles capacites. Il va cannibaliser les programmes existants. Les sous-marins sont plus survivables. Ils sont strategiquement plus importants dans un conflit potentiel avec la Chine. Et pourtant, on va les sacrifier sur l’autel de l’ego presidentiel.
La reaction de la Chine : quand l'adversaire applaudit
Des cibles plus faciles, disent-ils
La reaction de Pekin a ete revelatrice. Les officiels chinois ont qualifie les cuirasses Trump-class de cibles plus faciles. Pas de panique. Pas de renforcement urgent de leurs capacites. Juste un sourire diplomatique a peine dissimule. Quand votre adversaire strategique se rejouit de votre nouveau systeme d’armes, c’est peut-etre un signal d’alarme.
La Chine developpe des missiles anti-navire hypersoniques depuis des annees. Le DF-21D. Le DF-26. Des armes concues specifiquement pour couler les porte-avions americains. Et maintenant, on leur offre des cibles encore plus grosses, encore plus lentes, encore plus couteuses. C’est comme si on leur faisait un cadeau d’anniversaire.
L’avantage strategique passe a l’adversaire
19FortyFive, le site specialise en defense, a publie une analyse intitulee : Comment le cuirasse Trump-class pourrait nuire a la Marine americaine et aider la Chine. L’argument est simple : chaque dollar depense sur ces navires est un dollar qui ne va pas aux sous-marins, aux systemes sans pilote, aux stocks de munitions, aux navires logistiques. La Marine americaine s’affaiblit en se concentrant sur un symbole plutot que sur la substance.
Et pourtant, le projet avance. Le Secretaire de la Marine John Phelan a confirme que les navires porteront des missiles de croisiere nucleaires. L’escalade nucleaire sur un navire de surface vulnerable. Brillant.
Le probleme du nom : vanite ou strategie?
Un president qui met son nom sur tout
Les cuirasses americains portent traditionnellement des noms d’Etats. L’USS Iowa. L’USS Missouri. L’USS Wisconsin. Cette tradition remonte au 19e siecle. Elle reflete l’union nationale, la puissance collective des Etats-Unis. Mais Donald Trump a decide que la nouvelle classe porterait son nom. La classe Trump.
Il y a quelque chose de profondement revelateur dans ce choix. Un homme qui a passe sa vie a mettre son nom sur des tours, des casinos, des steaks, des universites frauduleuses. Un homme qui a transforme la presidence en extension de sa marque. Et maintenant, des navires de guerre de 20 milliards de dollars. Des monuments flottants a l’ego presidentiel.
L’obstacle politique : les midterms de 2026
Le projet Trump-class fait face a un obstacle majeur : le Congres. Les Democrates ne vont pas voter pour des navires qui portent le nom de Trump. Les elections de mi-mandat de 2026 pourraient changer la composition des comites des forces armees de la Chambre et du Senat. Si cela arrive, le projet Trump-class sera mort-ne.
Et pourtant, l’administration fonce. Des contrats sont signes. Des etudes preliminaires sont lancees. L’objectif est de creer des faits accomplis avant que le vent politique ne tourne. C’est une strategie classique du complexe militaro-industriel : rendre un programme trop gros pour echouer.
L'histoire se repete : les lecons non apprises
Le Zumwalt, le LCS, le Constellation : un schema recurrent
La Marine americaine a une longue histoire d’echecs dans la construction de nouveaux navires. Le Zumwalt : 32 navires prevus, 3 construits, 8 milliards l’unite. Le Littoral Combat Ship : cense etre economique et polyvalent, devenu un cauchemar de maintenance avec des problemes de propulsion chroniques. La classe Constellation : en retard et en depassement de couts avant meme que le premier navire soit acheve.
Chaque fois, le meme schema. Des promesses grandioses. Des technologies non prouvees. Des couts qui explosent. Des delais qui s’accumulent. Et a la fin, quelques navires orphelins qui cherchent leur mission. Le cuirasse Trump-class coche toutes les cases de la catastrophe annoncee.
Quand les concepteurs deviennent trop ambitieux
Responsible Statecraft l’a ecrit clairement : le gros et mechant cuirasse de Trump va echouer. Le probleme, c’est que les concepteurs veulent tout integrer. Railgun. Lasers. Missiles hypersoniques. Missiles nucleaires. Systemes de defense aerienne. Chaque technologie est un point de defaillance potentiel. Chaque systeme innovant ajoute des annees de developpement et des milliards de couts.
Le canon electromagnetique de 32 megajoules? La Marine travaille dessus depuis plus de 15 ans. Il n’a jamais ete deploye sur un navire operationnel. Les lasers de 600 kW? Les systemes actuels atteignent 60 kW au maximum. On parle d’un bond technologique de 10x qui n’a jamais ete realise.
Les voix critiques : de l'Amiral au think tank
Le Connecticut submarine country s’insurge
Le Representant Joe Courtney du Connecticut — un Etat ou les sous-marins sont construits et ou l’industrie navale emploie des milliers de personnes — a ete parmi les premiers a critiquer le projet. Son argument est simple : les cuirasses sont vulnerables et obsoletes. Le consensus en matiere de guerre navale favorise les sous-marins nucleaires, hautement manoeuvrables et letaux.
Quand un Representant dont l’Etat vit de la construction navale vous dit que votre projet de construction navale est une mauvaise idee, il faut peut-etre ecouter. Courtney n’est pas un pacifiste. C’est un defenseur de l’industrie de defense. Et il dit que les cuirasses Trump-class sont une erreur.
Les think tanks unanimes dans leur critique
Le CSIS. L’American Enterprise Institute. Le National Interest. Le Washington Monthly. Des think tanks de droite et de gauche s’accordent pour dire que le cuirasse Trump-class est une mauvaise idee. L’AEI a publie une analyse intitulee : Le bon diagnostic, la mauvaise prescription. Oui, la Marine americaine a besoin de plus de navires. Non, ce n’est pas ce type de navire dont elle a besoin.
Et pourtant, le projet continue. Parce qu’il ne s’agit pas de strategie. Il s’agit de symbole. Il s’agit de prestige. Il s’agit d’un homme qui veut que son nom soit grave sur des navires de guerre qui sillonneront les oceans pendant des decennies.
Le complexe militaro-industriel en fete
Qui profite vraiment de ce projet?
La question que personne ne pose assez fort : qui gagne avec le cuirasse Trump-class? Pas la Marine, qui va voir ses programmes prioritaires asphyxies. Pas les marins, qui vont servir sur des cibles flottantes. Pas les contribuables, qui vont payer des centaines de milliards. La reponse est evidente : les contracteurs de defense. Les chantiers navals. Les fournisseurs de systemes d’armes.
Un programme sur mesure, protege de la concurrence, vulnerable aux depassements de couts. C’est le reve de tout contracteur militaire. Des decennies de contrats garantis. Des milliards de dollars assures. Et si le navire ne fonctionne pas? Peu importe. L’argent aura deja ete verse.
Le siphonnage des ressources
Le CSIS a ete clair : ce projet va siphonner les ressources des combattants plus petits, des systemes sans pilote, des stocks de munitions et des navires logistiques. Autrement dit, tout ce dont la Marine a reellement besoin pour projeter sa puissance et gagner des guerres.
La Marine chinoise construit des navires plus petits, plus nombreux, plus rapidement. Elle a depasse la Marine americaine en nombre de coques. Et la reponse americaine? Construire moins de navires, plus gros, plus lentement, plus chers. C’est l’exact opposee de ce que la logique strategique exigerait.
La Golden Fleet : un reve dore ou un mirage?
L’ambition d’une flotte de 25 cuirasses
Donald Trump a annonce que la Golden Fleet comprendrait entre 20 et 25 cuirasses Trump-class. Faisons le calcul. A 20 milliards minimum par navire, on parle de 400 a 500 milliards de dollars. Sur combien d’annees? Personne ne le sait. Avec quelles capacites industrielles? Insuffisantes. Avec quel financement? Non defini.
La Golden Fleet. Un nom qui sonne comme une promesse de grandeur. Un nom qui evoque la Great White Fleet de Theodore Roosevelt. Mais Roosevelt avait une vision strategique. Trump a une vision de branding. La difference est tout.
Les chantiers navals ne peuvent pas suivre
Les chantiers navals americains font deja face a des penuries de main-d’oeuvre. Les soudeurs qualifies manquent. Les ingenieurs navals sont rares. Les delais s’accumulent sur tous les programmes existants. Ajouter un nouveau mega-programme ne va pas creer de capacite. Cela va aggraver les goulots d’etranglement.
Le Secretaire de la Marine parle de mettre l’industrie sur un pied de guerre. Mais les mots ne construisent pas de navires. Les travailleurs qualifies prennent des annees a former. Les infrastructures prennent des annees a construire. Et le cuirasse Trump-class est annonce pour une livraison en moins d’une decennie. C’est physiquement impossible.
Le verdict des experts : un navire qui ne naviguera jamais
La prediction de Mark Cancian
Mark Cancian, analyste senior au CSIS et ancien officier du Corps des Marines, a ete categique : le cuirasse Trump ne naviguera jamais. Une future administration annulera le programme avant que le premier navire ne soit mis a l’eau. C’est une prediction basee sur des decennies d’experience dans l’analyse des programmes de defense.
Cancian a vu des dizaines de programmes ambitieux s’effondrer. Il connait les signes avant-coureurs. Le cuirasse Trump-class les presente tous. Complexite excessive. Technologies non prouvees. Couts incontroles. Opposition politique. Inadaptation strategique. C’est un cas d’ecole de ce qu’il ne faut pas faire.
L’obstacle insurmontable : la realite
CNBC a titre son article : Le cuirasse Trump-class fait face a un obstacle majeur : la realite. Les technologies promises n’existent pas encore. Les chantiers navals sont satures. Le budget n’est pas la. Le soutien politique est fragile. Chaque element du projet est un point de defaillance.
Et pourtant, l’administration Trump avance. Parce que ce projet n’a jamais ete question de defense nationale. Il est question d’heritage. De monuments. De nom. Donald Trump veut que son nom soit associe a des navires de guerre pendant des generations. Peu importe si ces navires servent a quelque chose.
Conclusion : Le prix de la vanite presidentielle
Ce que nous perdons vraiment
Le cuirasse Trump-class n’est pas juste un mauvais investissement. C’est un cout d’opportunite massif. Chaque dollar qui va dans ce projet est un dollar qui ne va pas dans les sous-marins dont l’Amerique a desesprement besoin. Un dollar qui ne va pas dans les drones sous-marins. Un dollar qui ne va pas dans les missiles, les systemes de defense, la cyberdefense.
La Chine construit sa flotte a un rythme effrene. La Russie modernise ses capacites sous-marines. Et l’Amerique? L’Amerique construit des monuments flottants a l’ego d’un homme. C’est une trahison de la mission fondamentale des forces armees : proteger la nation, pas glorifier un individu.
Dans 20 ans, quand les historiens regarderont cette periode, ils se demanderont comment l’Amerique a pu etre aussi aveugle. Comment elle a pu sacrifier sa superiorite navale sur l’autel de l’ego presidentiel. Comment elle a pu transformer 20 milliards de dollars en aimant a bombes. La reponse sera simple : parce qu’un homme voulait voir son nom sur des navires de guerre. Et parce que personne n’a eu le courage de dire non.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une position editoriale critique vis-a-vis du projet de cuirasse Trump-class. L’auteur considere que les depenses militaires doivent servir la securite nationale plutot que les ambitions personnelles des dirigeants politiques. Cette position s’appuie sur les analyses convergentes de multiples experts de defense, think tanks et analystes militaires cites dans l’article.
Methodologie et sources
Cet article s’appuie sur les rapports officiels du Congressional Budget Office et du Congressional Research Service pour les estimations de couts. Les analyses strategiques proviennent du Center for Strategic and International Studies, de l’American Enterprise Institute, de 19FortyFive, de Breaking Defense et de Responsible Statecraft. Les reactions internationales sont documentees par des sources mediatiques incluant CNBC, Military Times et le South China Morning Post.
Nature de l’analyse
Cette chronique constitue une analyse editoriale et non un reportage factuel neutre. Elle exprime une opinion argumentee basee sur des faits verifiables et des analyses d’experts. Le lecteur est invite a consulter les sources primaires pour se forger sa propre opinion sur la pertinence strategique et economique du projet Trump-class.
Sources
Sources primaires
Congressional Budget Office — Estimation des couts du cuirasse Trump-class (janvier 2026)
Congressional Research Service — Analyse du programme Golden Fleet (2026)
Navy.mil — Communique de presse presidentiel sur le cuirasse Trump (decembre 2025)
Breaking Defense — « First Trump-class battleship could cost over $20 billion: CBO » (janvier 2026)
Sources secondaires
Center for Strategic and International Studies (CSIS) — « The Golden Fleet’s Battleship Will Never Sail » (2026)
19FortyFive — « How the Trump-Class Battleship Could Hurt the U.S. Navy and Help China » (fevrier 2026)
Responsible Statecraft — « Trump’s big, bad battleship will fail » (2026)
Washington Monthly — « The Trump-Class Battleship: Worst Idea Ever » (janvier 2026)
American Enterprise Institute — « The Right Diagnosis, the Wrong Prescription: Why a Golden Fleet Misses the Mark » (2026)
CNBC — « The Trump-class battleship faces a large obstacle in its way: Reality » (decembre 2025)
Military Times — « China calls Trump battleship ‘easier target' » (janvier 2026)
The Hill — « Trump’s new battleship project risks national security » (2026)
Hartford Courant — « Trump’s Golden Fleet plan to resurrect battleships meets sharp criticism in CT submarine country » (janvier 2026)
Common Dreams — « Trump’s ‘Bomb Magnet’ Fleet Could ‘Never Sail’ and Waste Billions of Dollars: Experts » (2026)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.