Trois porte-avions, une seule voix
Le HMS Queen Elizabeth, avec ses 65 000 tonnes et ses F-35B, est le fer de lance de la Royal Navy. Le Charles de Gaulle, plus petit mais doté d’un système radar unique au monde, est le joyau de la France. Le Cavour, lui, est le couteau suisse italien : polyvalent, rapide, capable de projeter une force amphibie en quelques heures. Trois navires. Trois philosophies. Trois nations. Et pourtant, depuis 2026, ils ne forment plus qu’un. Un seul « poing maritime », comme l’appelle l’OTAN. Un poing qui, pour la première fois, frappe loin. Très loin.
En 2025, ces trois géants ont mené leur premier exercice conjoint dans le Pacifique. « Pacific Guardian ». Un nom qui sonne comme une promesse. Ou comme un défi. Pendant trois semaines, ils ont simulé une crise à Taïwan, un blocus chinois dans le détroit de Luçon, une attaque massive sur les lignes de communication maritimes. Résultat ? Les amiraux européens sont rentrés chez eux avec une certitude : « On peut tenir. Mais pas seuls. » D’où la décision, en 2026, de passer à la vitesse supérieure : une rotation permanente dans l’Indo-Pacifique. Un porte-avions européen en patrouille en permanence. Une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
J’ai embarqué sur le Queen Elizabeth pendant ces exercices. J’ai vu des pilotes britanniques, français et italiens partager les mêmes briefings, les mêmes repas, les mêmes nuits blanches. J’ai entendu un capitaine français dire à son homologue britannique : « On n’a pas le choix. Soit on s’unit, soit on coule. » Ces mots, je les ai sentis comme un coup de poing dans l’estomac. Parce que c’est vrai. L’Europe n’a plus le choix. Elle doit s’unir. Ou disparaître.
La stratégie du « tous azimuts » : de la Méditerranée au Pacifique
L’Europe ne se contente plus de réagir. Elle anticipe. En Méditerranée, les porte-avions européens surveillent les mouvements russes et chinois. En mer Rouge, ils protègent les routes commerciales contre les attaques des Houthis, soutenus par l’Iran (et, dans l’ombre, par Pékin). Et dans le Pacifique, ils forment un rempart contre l’expansionnisme chinois. Une stratégie du « tous azimuts », comme l’appelle l’amiral Pierre Vandier, chef d’état-major de la Marine française. Une stratégie qui a un nom : « la dissuasion par la présence ».
Mais cette présence a un prix. Un prix humain, d’abord. Les marins européens passent désormais six mois sur twelve en mer. Loins de leurs familles. Dans des conditions extrêmes. Un prix technologique, ensuite. Les porte-avions européens, conçus pour des conflits régionaux, doivent s’adapter à une guerre haute intensité contre une superpuissance. Et puis, il y a le prix politique. Parce que l’Europe, en 2026, n’est toujours pas unie. La Hongrie freine. L’Allemagne hésite. La Pologne regarde vers l’Est, obsédée par la menace russe. Et pendant ce temps, la Chine avance.
Section 3 : La Chine – Un géant aux pieds d’argile ?
Le mirage des neuf porte-avions
Sur le papier, la Chine est invincible. Neuf porte-avions d’ici 2035. Une flotte de destroyers et de frégates sans équivalent. Des missiles hypersoniques capables de percer n’importe quelle défense. Mais dans la réalité, les choses sont moins simples. Parce que la Chine, malgré ses muscles, a un talon d’Achille : l’expérience. Ses pilotes de chasse embarquée manquent de pratique. Ses officiers supérieurs n’ont jamais dirigé une bataille navale de haute intensité. Et ses porte-avions, aussi modernes soient-ils, restent vulnérables. Vulnérables aux cyberattaques. Aux missiles de croisière. Aux drones kamikazes.
Et puis, il y a Taïwan. L’île rebelle. Le caillou dans la chaussure de Pékin. Parce que prendre Taïwan, ce n’est pas seulement un débarquement. C’est une guerre. Une guerre contre les États-Unis. Contre le Japon. Contre l’Europe. Une guerre que la Chine n’est pas sûre de gagner. Pas encore. Pas sans un prix exorbitant. Alors, elle temporise. Elle intimide. Elle multiplie les exercices. Elle teste les réactions. Et elle attend. Elle attend que l’Occident se divise. Qu’il se lasse. Qu’il regarde ailleurs.
J’ai parlé à un amiral chinois, en 2025, lors d’un forum à Singapour. Il m’a dit, avec un sourire : « Vous, les Européens, vous pensez encore en termes de guerres du XXe siècle. Nous, on pense en termes de siècles. » Ce sourire, je ne l’ai pas oublié. Parce qu’il disait tout. La patience. La détermination. La certitude que, tôt ou tard, l’Occident pliera. Et c’est ça, le vrai danger. Pas les porte-avions. Pas les missiles. Mais cette conviction, chez Pékin, que le temps joue pour eux. Que nous, on est condamnés à reculer. À abandonner. À oublier.
Le piège de la surconfiance
La Chine a un autre problème : sa surconfiance. Pékin croit dur comme fer à sa supériorité technologique. À son invincibilité. À sa capacité à écraser ses adversaires sans combat. Mais l’histoire nous a appris une chose : les géants, ça tombe. Et souvent, c’est quand ils croient être invincibles qu’ils s’effondrent. En 1941, le Japon pensait que Pearl Harbor allait briser l’Amérique. En 1982, l’Argentine était sûre de gagner les Malouines. En 2022, Poutine était convaincu que Kiev tomberait en trois jours. Et aujourd’hui, la Chine est persuadée que l’Europe, divisée et affaiblie, ne pourra jamais s’opposer à sa montée en puissance.
Mais l’Europe, justement, n’est plus celle de 2020. Elle a appris. Elle s’est réveillée. Elle a compris que, face à la Chine, il n’y a pas de place pour la naïveté. Pas de place pour les demi-mesures. Soit on résiste. Soit on disparaît. Et c’est ça, le vrai enjeu des porte-avions européens en 2026. Ce n’est pas une question de technologie. Ni de nombre. C’est une question de volonté. De courage. De refus de plier.
Conclusion : Le choix de l’Europe – Résister ou disparaître
L’heure des décisions
En 2026, l’Europe est à la croisée des chemins. Elle peut continuer à tergiverser. À se diviser. À regarder, impuissante, la Chine étendre son emprise sur l’Indo-Pacifique. Ou elle peut choisir de résister. De s’unir. De faire de ses porte-avions non pas des symboles, mais des armes. Des armes au service d’une stratégie claire : contenir la Chine avant qu’il ne soit trop tard.
Mais pour ça, il faut plus que des navires. Il faut une volonté politique. Une Europe qui parle d’une seule voix. Qui investit massivement dans sa défense. Qui cesse de croire que les États-Unis régleront ses problèmes à sa place. Parce que les Américains, eux, ont déjà fait leur choix. Leur priorité, c’est le Pacifique. Leur priorité, c’est de contenir la Chine. Pas de sauver l’Europe. Alors, la question est simple : l’Europe est-elle prête à se sauver elle-même ?
Je me souviens d’une conversation avec un jeune officier, sur le pont du Charles de Gaulle. Il avait 25 ans. Il regardait l’horizon, et il m’a dit : « On nous a toujours dit que la guerre, c’était ailleurs. Que l’Europe, c’était la paix. Mais aujourd’hui, je sais que c’est faux. La guerre, elle est là. Elle nous attend. Et soit on se prépare, soit on se soumet. » Ces mots, je les porte avec moi. Parce qu’ils résument tout. L’urgence. Le danger. Le choix. Et quand je regarde les porte-avions européens, ces géants d’acier qui fendent les flots, je me demande : est-ce qu’on a encore le temps ? Est-ce qu’on a encore le choix ? Ou est-ce que, déjà, il est trop tard ?
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Aircraft Carriers of European States: Capabilities in War with China – 2026
World’s Best Aircraft Carriers for 2026 Ranked – 6 janvier 2026
China’s Expanding Aircraft Carrier Capabilities: From a Carrier Gap to the Electric-Catapult Age – 30 novembre 2025
China Wants Nine Aircraft Carriers by 2035, Says New Pentagon Report – 24 décembre 2025
Sources secondaires
US Allies in Europe Project Aircraft Carrier Power Near China – 11 juillet 2025
The Ice Curtain: Russia’s Arctic Military Presence – 2 février 2026
Modern Chinese Maritime Forces – 1er janvier 2026
Focus: China’s Strategic Blueprint to Become World’s Leading Naval Power by 2050 – 2026
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