Les frappes de juin 2025 et leurs limites
En juin 2025, l’Opération Midnight Hammer frappait trois sites nucléaires iraniens. Fordow. Natanz. Ispahan. Quatorze bombes GBU-57A/B, les fameuses « bunker busters », larguées par des B-2 Spirit. Des missiles Tomahawk tirés depuis un sous-marin. Trump proclamait que les installations avaient été « complètement et totalement oblitérées ».
Et pourtant. L’évaluation du Pentagone en juillet 2025 estimait que le programme nucléaire iranien n’avait été retardé que de deux ans. Pas détruit. Retardé. Les premiers rapports de renseignement parlaient même de quelques mois seulement. La fanfaronnade trumpienne s’est heurtée à la réalité de la résilience iranienne.
Netanyahu le sait. C’est pourquoi, lors de sa rencontre avec Trump en décembre 2025 à Mar-a-Lago, il a soulevé la possibilité de frappes supplémentaires en 2026. De nouvelles attaques pour empêcher Téhéran de reconstruire ce qui a été détruit. Une guerre sans fin.
Deux ans de retard. Voilà ce que des milliards de dollars de bombes ont acheté. Deux ans pendant lesquels l’Iran a eu tout le temps de diversifier, de disperser, de se préparer. La violence comme seule politique étrangère produit toujours le même résultat : plus de violence.
Les négociations d’Oman : ce qui fait peur à Tel-Aviv
Le 6 février 2026, dans le sultanat d’Oman, quelque chose de significatif s’est produit. Des émissaires américains ont directement rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères. Pas des intermédiaires. Pas des messages transmis par des tiers. Une rencontre face à face. La première depuis la guerre de douze jours de juin 2025.
Le médiateur omanais, Badr al-Bousaidi, a qualifié les discussions de « très sérieuses ». Les deux parties ont « clarifié leur pensée et identifié des domaines de progrès possible ». Trump lui-même a annoncé que d’autres pourparlers étaient prévus la semaine suivante.
Pour Netanyahu, c’est un cauchemar. Si les États-Unis et l’Iran trouvent un terrain d’entente, même limité, même temporaire, cela signifie la fin de sa stratégie de confrontation permanente. Cela signifie qu’Israël ne pourra plus compter sur Washington pour frapper à sa place.
D’où cette visite avancée d’urgence. D’où cette panique mal dissimulée.
72 027 morts : le bilan que personne ne veut voir
Des chiffres qui hurlent dans le silence
Pendant que Netanyahu et Trump discuteront de missiles iraniens et de programmes nucléaires, un autre chiffre planera au-dessus de leurs têtes. 72 027. Le nombre de Palestiniens tués à Gaza au 7 février 2026. 171 561 blessés. 18 592 enfants morts. Environ 12 400 femmes. Et quelque 11 000 disparus, probablement ensevelis sous les décombres de leurs propres maisons.
Ces chiffres ne sont pas contestés. L’armée israélienne elle-même, lors d’un briefing pour des journalistes israéliens, a confirmé qu’environ 70 000 Palestiniens avaient été tués et que les données du ministère de la Santé de Gaza correspondaient largement à la réalité.
Soixante-douze mille morts. Dans un territoire de 365 kilomètres carrés. L’équivalent de 197 morts par kilomètre carré. Et pourtant. Le monde continue de fonctionner comme si de rien n’était. Les diplomates continuent de serrer des mains. Les avions continuent de décoller pour Washington.
Je cherche les mots pour décrire ce que je ressens. Mais il n’y a pas de mots. Juste cette rage froide, cette incrédulité permanente. 18 592 enfants. Des enfants qui jouaient, qui rêvaient, qui dessinaient des maisons qu’ils n’habiteront jamais. Et ceux qui les ont tués seront reçus avec les honneurs à la Maison-Blanche.
Une reconstruction impossible, une dépossession programmée
Gaza aujourd’hui, c’est 61 millions de tonnes de débris. Les Nations Unies estiment que le simple déblaiement durera jusqu’en 2032. La reconstruction complète? 2040. Seize ans pour reconstruire ce qui a été détruit en seize mois.
Et pourtant. Pas une seule brique n’a été posée. L’accès humanitaire reste entravé par des restrictions bureaucratiques et une présence militaire qui ne dit pas son nom. Plus de 90% des habitations ont été endommagées ou détruites. 1,9 million de Palestiniens n’ont plus de domicile permanent.
Certains plans évoquent la relocalisation de 40% de la population. L’Égypte serait prête à accueillir temporairement 500 000 Gazaouis dans le Sinaï. Le mot « temporaire » dans ce contexte a le goût de la Nakba. De l’exil permanent déguisé en solution humanitaire.
Le mandat d'arrêt de la CPI : l'éléphant dans la pièce
Un criminel de guerre en visite officielle
Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu. Les charges: crime de guerre de famine comme méthode de guerre, attaque intentionnelle contre des populations civiles, meurtre, persécution, et autres actes inhumains constituant des crimes contre l’humanité.
Les 125 États membres de la CPI sont théoriquement obligés de l’arrêter s’il entre sur leur territoire. La France. Le Royaume-Uni. L’Allemagne. Mais pas les États-Unis, qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome. Pas Israël non plus.
Netanyahu peut donc voyager librement à Washington. Il peut serrer la main de Trump. Il peut sourire aux caméras. Il peut planifier la suite de ses opérations militaires. En toute impunité.
La justice internationale existe. Elle a parlé. Elle a dit que cet homme était accusé de crimes contre l’humanité. Et nous le recevons quand même. Nous lui déroulons le tapis rouge. Nous lui servons des petits fours pendant que les corps s’entassent à Gaza. C’est ça, notre monde. C’est ça, notre « ordre international basé sur des règles ».
L’impunité comme politique étrangère
Israël a qualifié le mandat d’arrêt d’« antisémite » et de « absurde et faux ». La Hongrie de Viktor Orbán a refusé d’appliquer le mandat. Les États-Unis ont dénoncé la décision de la CPI. La communauté internationale s’est divisée entre ceux qui respectent le droit international et ceux qui le considèrent comme optionnel.
Cette visite de Netanyahu à Washington envoie un message limpide. Si vous êtes un allié des États-Unis, le droit international ne s’applique pas à vous. Vous pouvez bombarder des hôpitaux. Vous pouvez affamer des populations. Vous pouvez tuer 18 592 enfants. Et vous serez quand même invité à la Maison-Blanche.
Le message est reçu cinq sur cinq dans les capitales du monde entier.
Trump et l'Iran : entre menaces et négociations
La stratégie de la carotte et du bâton nucléaire
Donald Trump a une approche simple de la diplomatie: menacer fort, puis négocier. Avec l’Iran, il a appliqué cette recette à la lettre. En juin 2025, il a ordonné des frappes sur trois sites nucléaires. En février 2026, il envoie ses conseillers négocier à Oman. Le bâton d’abord, la carotte ensuite.
Lors des pourparlers d’Oman, seule la question nucléaire a été discutée, selon le ministre iranien Araghchi. Les États-Unis ont accepté de déplacer les négociations de Turquie à Oman, comme l’exigeait l’Iran. Ils ont accepté d’exclure les autres pays du Moyen-Orient qui voulaient participer comme observateurs.
Ces concessions inquiètent Netanyahu. Si Trump est prêt à faire des compromis sur le format et le lieu des négociations, jusqu’où ira-t-il sur le fond?
Trump négocie. C’est nouveau. C’est surprenant. Et c’est précisément ce qui terrorise Netanyahu. Parce que si Trump trouve un accord avec l’Iran — même imparfait, même limité — cela signifie qu’Israël perd son prétexte pour une guerre permanente.
Ce que Netanyahu veut obtenir de Trump
Netanyahu arrive à Washington avec une liste de demandes. Premièrement, que toute négociation avec l’Iran inclue des restrictions sur les missiles balistiques. Deuxièmement, que l’Iran mette fin à son soutien au Hezbollah, au Hamas, et aux Houthis. Troisièmement, que les États-Unis soient prêts à frapper à nouveau si l’Iran tente de reconstruire ses capacités nucléaires.
En d’autres termes, Netanyahu veut torpiller les négociations. Il veut des conditions si maximalistes qu’aucun accord ne soit possible. Il veut maintenir l’Iran dans un état de confrontation permanente avec l’Occident.
Trump l’écoutera-t-il? Lors de leur dernière rencontre à Mar-a-Lago en décembre, le président américain avait prévenu que si l’Iran tentait de reconstruire son programme nucléaire, les États-Unis le détruiraient à nouveau. Des paroles rassurantes pour Netanyahu. Mais les paroles de Trump ont une valeur… limitée.
Gaza : une pause, pas une paix
La phase deux du cessez-le-feu et ses pièges
En décembre 2025, Netanyahu a accepté de passer à la « phase deux » de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, négocié sous l’égide de Trump. Cet accord prévoit notamment le retour des restes du dernier otage israélien encore détenu — ou plutôt, de son corps. Et la démobilisation progressive du Hamas.
Trump a fait une promesse à Netanyahu: si le Hamas ne respecte pas l’accord, s’il ne commence pas à se désarmer, Israël aura le feu vert américain pour reprendre les opérations militaires. Cette promesse est une épée de Damoclès au-dessus de Gaza. Une garantie que la violence peut reprendre à tout moment.
Et pourtant. Les conditions posées au Hamas sont-elles réalistes? Peut-on demander à un mouvement de résistance de se désarmer pendant que l’occupation continue? Pendant que les colonies s’étendent en Cisjordanie? Pendant que Jérusalem-Est est systématiquement annexée?
On appelle ça un cessez-le-feu. Mais c’est une bombe à retardement. Chaque condition non remplie, chaque incident, chaque provocation peut servir de prétexte pour recommencer. Et les morts s’accumuleront à nouveau. 72 027 aujourd’hui. Combien demain?
Le Board of Peace : une farce tragique
Le 19 février, la Maison-Blanche organisera la première réunion du Board of Peace — l’initiative de Trump pour coordonner la reconstruction de Gaza et collecter des fonds. Des dirigeants arabes et musulmans sont invités. Netanyahu aussi.
Mais Netanyahu a planifié son départ pour le 12 février. Il sera à Washington le 11, repartira le lendemain. Il évitera soigneusement le Board of Peace. Il évitera de se retrouver dans la même pièce que les dirigeants dont les populations ont regardé, horrifiées, le carnage de Gaza.
Netanyahu a accepté l’invitation d’Israël à rejoindre le Board. Mais il n’a toujours pas signé la charte. Il veut les bénéfices de la participation sans les contraintes. Sans les engagements. Sans la responsabilité.
La politique intérieure israélienne : un homme acculé
Le procès pour corruption et la fuite en avant
Pendant que Netanyahu voyage à Washington, son procès pour corruption se poursuit à Jérusalem. Trois affaires distinctes. Des accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance. En décembre 2024, il est même monté à la barre — un moment sans précédent dans l’histoire d’Israël.
Sa coalition travaille activement à faire disparaître les charges. Un projet de loi est en cours pour abolir le délit de fraude et abus de confiance — précisément celui qui pèse contre Netanyahu dans les trois affaires. L’opposition parle de « mouvement mafieux » pour permettre au Premier ministre et à ses alliés d’échapper à la justice.
Netanyahu a demandé une grâce présidentielle au président Isaac Herzog. Mais en droit israélien, une grâce ne peut être accordée qu’après une condamnation et un aveu de culpabilité. Netanyahu veut la grâce sans la culpabilité. Il veut l’impunité totale.
Voilà l’homme qui va discuter de la sécurité du Moyen-Orient. Un Premier ministre sous le coup de trois procès pour corruption. Un homme dont la coalition modifie les lois pour le protéger. Un dirigeant qui fuit la justice de son propre pays autant que celle de la Cour pénale internationale. Et c’est lui qui va définir l’avenir de millions de personnes.
Les élections d’octobre 2026 : la guerre comme survie politique
Israël ira aux urnes le 27 octobre 2026. Dans moins de neuf mois. Netanyahu le sait. Il sait aussi que sa survie politique dépend de sa capacité à maintenir un état de tension permanente. À se présenter comme le seul capable de protéger Israël. À entretenir la peur de l’Iran, du Hamas, du Hezbollah.
La paix serait mortelle pour Netanyahu. Si les canons se taisent, si les négociations aboutissent, les Israéliens auront le temps de regarder autre chose. Ses procès. Sa corruption. Les divisions qu’il a créées dans la société israélienne.
La guerre est son assurance-vie politique. Chaque missile iranien, chaque menace du Hezbollah, chaque tension avec le Hamas est une bénédiction pour sa survie électorale.
Le silence complice de l'Occident
Quand le droit international devient optionnel
La Cour internationale de Justice a ordonné à Israël de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza. La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt. L’ONU a dénoncé, condamné, documenté. Les organisations humanitaires ont crié à l’aide.
Et pourtant. Les armes américaines continuent d’affluer vers Israël. Les F-35 larguent leurs bombes. Les munitions Made in USA pulvérisent des immeubles d’habitation. Le soutien diplomatique de Washington reste indéfectible.
On nous parle d’un « ordre international basé sur des règles ». Mais ces règles ne s’appliquent qu’à certains. Poutine envahit l’Ukraine, il est sanctionné, isolé, poursuivi par la CPI. Netanyahu rase Gaza, il est invité à la Maison-Blanche. Le deux poids, deux mesures n’est même plus caché. Il est assumé.
Je me souviens d’une époque où l’Occident prétendait incarner des valeurs. La démocratie. Les droits humains. La dignité. Aujourd’hui, ces mots sonnent creux. Ils sont devenus des armes rhétoriques, des outils de propagande. Appliqués quand ça arrange, oubliés quand ça dérange.
Les médias et la fabrique du silence
Combien d’articles lirez-vous sur la rencontre Netanyahu-Trump? Des centaines. Des milliers. Les analystes décortiqueront chaque mot, chaque geste, chaque poignée de main. Les éditorialistes spéculeront sur les implications pour l’accord nucléaire iranien.
Combien d’articles rappelleront les 72 027 morts? Combien mentionneront les 18 592 enfants tués? Combien poseront la question qui devrait hanter chaque journaliste: comment peut-on traiter normalement une rencontre entre deux hommes responsables de tant de souffrances?
Le silence médiatique n’est pas un accident. C’est une politique. Une façon de normaliser l’innommable. De transformer l’horreur en routine diplomatique.
Ce qui se joue vraiment ce mercredi
L’avenir du programme nucléaire iranien
Officiellement, c’est le coeur du sujet. Netanyahu veut s’assurer que les négociations américano-iraniennes ne se limitent pas au nucléaire. Il veut que les missiles balistiques soient inclus. Il veut que le soutien iranien aux proxies régionaux soit sur la table.
L’Iran, de son côté, refuse catégoriquement d’élargir le cadre des discussions. Araghchi a été clair: à Oman, seule la question nucléaire a été abordée. Téhéran n’acceptera pas qu’on lui demande de démanteler son influence régionale en échange d’un allègement des sanctions.
Trump est coincé entre deux feux. D’un côté, son instinct de négociateur qui lui dit qu’un accord, même imparfait, est préférable à une confrontation permanente. De l’autre, la pression de Netanyahu et du lobby pro-israélien qui veulent une politique de force.
Le nucléaire iranien est un prétexte. Le vrai sujet, c’est qui contrôle le Moyen-Orient. Qui décide de la guerre et de la paix. Qui peut bombarder qui, avec l’aval de qui. Netanyahu ne veut pas empêcher l’Iran d’avoir la bombe. Il veut empêcher l’Iran d’exister comme puissance régionale.
L’avenir de Gaza et de ses habitants
L’autre sujet, celui dont on parlera moins, c’est Gaza. Que devient ce territoire après seize mois de destruction? Qui le reconstruira? Avec quel argent? Et surtout: pour qui?
Les plans qui circulent sont inquiétants. Certains évoquent la relocalisation de 40% ou plus de la population. D’autres parlent de « reconstruction conditionnelle » — reconstruire seulement si le Hamas est éliminé, si les Palestiniens acceptent certaines conditions, si les « bonnes » autorités sont en place.
Ces plans ont un nom dans l’histoire palestinienne: transfert de population. Nettoyage ethnique en douceur. Déplacement « volontaire » de gens qui n’ont plus rien à perdre parce qu’on leur a tout pris.
La question que personne ne pose
Qui sont les vrais terroristes?
On nous dit que cette rencontre est nécessaire pour lutter contre le terrorisme iranien. Pour empêcher l’Iran d’avoir l’arme nucléaire. Pour protéger Israël et ses alliés.
Mais posons la question autrement. Qui a tué 72 027 personnes à Gaza? Qui a bombardé des hôpitaux, des écoles, des camps de réfugiés? Qui a utilisé la famine comme arme de guerre? Qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité?
L’Iran n’a tué aucun Américain depuis des décennies. L’Iran n’a pas envahi de pays voisin. L’Iran n’a pas rasé une ville de deux millions d’habitants. Et pourtant, c’est l’Iran qui est présenté comme la menace existentielle. C’est l’Iran qu’il faut contenir, sanctionner, frapper.
On a inversé le réel. Les victimes deviennent les agresseurs. Les bourreaux deviennent les victimes. Les criminels de guerre deviennent les partenaires de paix. George Orwell avait prévu tout ça. La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force.
Ce que cette rencontre dit de nous
Cette visite de Netanyahu à Washington n’est pas seulement un événement diplomatique. C’est un miroir tendu à l’Occident. Un miroir qui montre ce que nous sommes devenus. Ce que nous acceptons. Ce que nous tolérons.
Nous acceptons qu’un homme accusé de crimes contre l’humanité soit reçu avec les honneurs. Nous acceptons que 72 027 morts ne changent rien à nos relations diplomatiques. Nous acceptons que le droit international soit à géométrie variable.
Cette acceptation a un prix. Elle érode notre crédibilité. Elle détruit notre prétention à l’universalité des valeurs. Elle nous rend complices — pas seulement de ce qui s’est passé, mais de ce qui va continuer.
Conclusion : La honte programmée
Ce mercredi sera un jour ordinaire
Mercredi 11 février 2026, Benjamin Netanyahu serrera la main de Donald Trump. Les photographes captureront l’instant. Les communiqués parleront de « discussions productives » et de « partenariat stratégique ». Les experts analyseront les implications pour la sécurité régionale.
Et à Gaza, les survivants continueront de fouiller les décombres. À la recherche de corps. À la recherche de souvenirs. À la recherche d’une raison de continuer.
C’est ça, notre monde. Des rencontres au sommet entre criminels. Du champagne à Washington pendant que les enfants de Gaza n’ont pas d’eau potable. Des promesses de paix formulées par ceux qui ne connaissent que la guerre.
Je n’ai pas de conclusion optimiste. Je n’ai pas de phrase lumineuse pour terminer. Juste cette évidence: l’histoire jugera. L’histoire jugera ceux qui ont fait. Mais aussi ceux qui ont laissé faire. Ceux qui savaient et qui se sont tus. Nous serons tous jugés. Et nous serons tous trouvés coupables.
La mémoire contre l’oubli
Notre seul devoir, maintenant, c’est de ne pas oublier. De ne pas laisser cette rencontre devenir une parenthèse dans l’actualité. De rappeler, encore et toujours, que derrière les sourires diplomatiques, il y a 72 027 cadavres.
De rappeler leurs noms. Leurs visages. Leurs histoires. Les enfants qui ne grandiront pas. Les parents qui ne verront pas leurs enfants grandir. Les vieillards qui ont survécu à toutes les guerres pour mourir dans celle-ci.
Netanyahu rencontre Trump ce mercredi. Ce sera probablement un « succès diplomatique ». Mais ce ne sera jamais, jamais, une victoire morale.
Signé Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une position critique envers Benjamin Netanyahu et Donald Trump, ainsi qu’envers la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Elle refuse la neutralité face à ce que de nombreuses organisations internationales, experts juridiques et instances onusiennes qualifient de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. L’auteur considère que le journalisme a un devoir moral de nommer les choses et de refuser la banalisation de la violence d’État.
Methodologie et sources
Les informations factuelles proviennent de sources vérifiées: agences de presse internationales (Axios, Washington Post, Times of Israel, Al Jazeera), institutions onusiennes (OCHA, UNRWA), organisations de défense des droits humains (Amnesty International, Human Rights Watch), et la Cour pénale internationale. Les chiffres des victimes proviennent du ministère de la Santé de Gaza, confirmés par l’armée israélienne elle-même comme largement correspondant à la réalité.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique d’opinion. Il mêle information factuelle et analyse personnelle. Les interprétations des motivations politiques de Netanyahu et Trump reflètent l’analyse de l’auteur, fondée sur les déclarations publiques des intéressés et le contexte géopolitique. Le lecteur est invité à consulter les sources primaires et à se forger sa propre opinion.
Sources
Sources primaires
Rencontre Netanyahu-Trump: Axios – Netanyahu to hold urgent meeting with Trump Wednesday amid Iran negotiations, Times of Israel – Netanyahu to meet Trump in Washington on Wednesday, Washington Post – Israel says Netanyahu will meet with Trump on Wednesday about Iran talks
Negociations Iran-USA: Axios – Trump envoys met directly with Iran foreign minister in Oman, NPR – U.S. holds indirect talks with Iran, Washington Post – Iran, U.S. nuclear talks take place in Oman
Bilan humanitaire Gaza: OCHA – Reported impact snapshot Gaza Strip (4 February 2026), WAFA – Death toll in Gaza surges to 72,027, IMEMC – Daily Casualty Report Gaza
Sources secondaires
Frappes americaines sur l’Iran (2025): Wikipedia – United States strikes on Iranian nuclear sites, NPR – U.S. strikes 3 nuclear sites in Iran, CBS News – U.S. launches strikes on Iranian nuclear facilities
Mandat d’arret CPI: CPI – Page officielle Netanyahu, ONU News – ICC issues arrest warrants, PBS – War crimes court issues warrants
Board of Peace: Axios – White House plans Board of Peace meeting, CNN – US plans inaugural meeting of Trump’s ‘Board of Peace’, Al Jazeera – Trump’s ‘Board of Peace’ to convene in Washington
Procès Netanyahu: Wikipedia – Trial of Benjamin Netanyahu, Times of Israel – Coalition advances bill to cancel the criminal charge, CBS News – Israel’s Netanyahu takes stand in corruption trial
Reconstruction Gaza: Al Jazeera – How reconstruction became Israel’s new weapon of ‘silent transfer’ in Gaza, ONU News – New year dawns amid rubble and resolve in Gaza, UNRWA – Situation Report #200
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.