37% — Le nombre qui devrait hanter les républicains
Selon Gallup, l’approbation de Donald Trump en février 2026 est tombée à 37%. Selon Quinnipiac, à 36%. Selon CNN, à 39%. Peu importe l’institut, le verdict est le même : un Américain sur trois seulement approuve ce que fait le président.
Mais le vrai carnage se cache dans les détails.
Chez les électeurs indépendants — ceux qui décident les élections — l’approbation de Trump est tombée à 25% selon Gallup. 27% selon Economist/YouGov. 31% selon Quinnipiac.
Un indépendant sur quatre seulement approuve le président. Trois sur quatre désapprouvent.
Les républicains ont construit leur victoire de 2024 sur les indépendants qui ont basculé vers Trump. Ces mêmes indépendants sont en train de fuir en masse. Et les républicains font comme si ça n’existait pas.
La troisième force que Trump ignore
Stuart Stevens a mis le doigt sur la plaie : les électeurs indépendants sont devenus « in some way the nation’s third party ». Une troisième force politique. Pas affiliés aux démocrates. Pas affiliés aux républicains. Mais décisifs.
Ce sont eux qui ont fait basculer l’Arizona. La Géorgie. Le Michigan. La Pennsylvanie. Le Wisconsin. Et dans chacun de ces États aujourd’hui, Trump est sous l’eau de 11 à 15 points.
« Trump has incredibly low numbers with independents », a déclaré Stevens. « And there’s nothing they’re doing that’s going to try to change that. »
Rien. Ils ne font rien.
Le diagnostic Stevens : un parti qui se suicide
« Flailing » — Le mot qui résume tout
Stevens a utilisé un mot précis pour décrire la stratégie Trump : « flailing ». Se débattre. S’agiter frénétiquement. Comme un homme qui se noie et qui accélère sa propre noyade en paniquant.
Les tarifs douaniers sur la Chine, le Canada, le Mexique. Le DOGE d’Elon Musk qui licencie à tour de bras. Les revirements constants. Les mensonges quotidiens. Les posts en majuscules à trois heures du matin.
Flailing. Se débattre sans direction. Sans stratégie. Sans plan.
J’ai couvert des dizaines de présidences en crise. Je n’ai jamais vu un président transformer chaque jour en nouvelle catastrophe avec une telle constance. Le chaos n’est pas un accident. C’est devenu la méthode.
L’aveuglement volontaire du GOP
Et pourtant, le Parti républicain continue de marcher au pas. 89% des républicains approuvent encore Trump. 89%. Ils vivent dans une bulle hermétique où les sondages n’existent pas, où les indépendants n’existent pas, où la réalité n’existe pas.
Stevens le sait mieux que quiconque. Il a construit cette machine pendant quarante ans. Et il la regarde maintenant s’autodétruire.
« When you remove MAGA voters from polls and look at what’s left », a-t-il expliqué, le tableau est dévastateur. La base MAGA reste fidèle. Mais la base MAGA ne suffit pas à gagner des élections. Elle n’a jamais suffi.
Les midterms de 2026 : le mur qui approche
L’histoire ne ment jamais
Les analystes de Brookings ont compilé les données historiques. Le verdict est implacable : il n’existe aucun précédent moderne où un président sous les 50% d’approbation n’a pas fait perdre des sièges à son parti lors des midterms.
Trump est à 37%.
En 2018, avec une approbation similaire, les républicains ont perdu 40 sièges à la Chambre. Quarante sièges. Un raz-de-marée démocrate.
Aujourd’hui, selon Sabato’s Crystal Ball, les projections actuelles prévoient une perte de 12 sièges républicains. Selon d’autres modèles, jusqu’à 15 ou 20.
Les républicains ont une majorité de 7 sièges à la Chambre. Perdre 12 sièges, c’est perdre la majorité. Perdre 20 sièges, c’est perdre le pouvoir législatif pour des années. Et Trump continue de creuser.
Le vote générique : un signal d’alarme ignoré
Sur la question du generic ballot — pour qui voterez-vous au Congrès en novembre — les démocrates mènent de 14 points auprès des électeurs inscrits. Quatorze points.
C’est le même écart qu’en novembre 2017, exactement au même point du premier mandat Trump. Six mois plus tard, les démocrates balayaient les midterms.
L’histoire se répète. Et les républicains refusent de lire le livre.
Le DOGE : la bombe à retardement politique
212 000 emplois fédéraux supprimés
Elon Musk et son Department of Government Efficiency ont transformé Washington en champ de bataille. Depuis janvier 2025, 212 000 emplois fédéraux ont été supprimés. 9% de la fonction publique fédérale. Neuf pour cent.
Le Département de la Défense a perdu 60 000 employés. Le Trésor, 30 000. L’Agriculture, 20 000. En Kansas City seule, 2 800 emplois fédéraux ont disparu.
Et pourtant, les dépenses fédérales n’ont pas baissé. Au Wisconsin, les coupes ont éliminé 2 400 travailleurs fédéraux, mais les dépenses ont augmenté.
Le chaos. Sans les économies.
Musk licencie des dizaines de milliers de personnes pour afficher des « économies » qui n’existent pas. Et chaque licencié a une famille. Des amis. Des voisins qui votent. Le DOGE ne coupe pas dans le gras. Il coupe dans l’électorat républicain.
Les rehires : l’aveu d’échec
Le plus révélateur ? Les réembauches. Après avoir licencié à tour de bras, certaines agences ont commencé à rappeler les employés virés. Le DOGE était allé « too far, too fast », selon les propres mots des responsables.
Trop loin. Trop vite. Sans réfléchir.
Flailing.
Les districts swing : le cimetière républicain
21 sièges en danger — presque tous au nord
Selon les analyses électorales, 21 sièges républicains à la Chambre sont classés comme menacés, avec des marges inférieures à 8 points. Et voici le détail qui tue : un seul de ces sièges est dans le Sud.
Les républicains du Sud profond sont en sécurité. Ce sont les républicains des banlieues du Nord, de l’Ouest, du Midwest qui vont payer le prix.
Et pourtant, toute la politique de Trump est orientée vers sa base MAGA du Sud. Pas vers les électeurs swing qui ont fait la différence en 2024.
Trump gouverne pour ceux qui voteront républicain quoi qu’il arrive. Et il abandonne ceux qui pourraient changer d’avis. C’est la définition même de l’autosabotage électoral.
Arizona, Géorgie, Michigan : les dominos
Dans chaque État pivot — Arizona, Géorgie, Michigan, Nevada, Pennsylvanie, Wisconsin, Caroline du Nord — Trump est en territoire négatif. Désapprobation supérieure à l’approbation de 11 à 15 points.
Ce sont ces États qui décideront les midterms. Et dans chacun d’eux, Trump est un boulet.
Stuart Stevens : l'homme qui a vu le futur
« It Was All a Lie » — Le titre qui résume tout
En 2020, Stuart Stevens a publié un livre au titre prophétique : « It Was All a Lie: How the Republican Party Became Donald Trump ». C’était tout un mensonge. Comment le Parti républicain est devenu Donald Trump.
Sa thèse était simple et dévastatrice : Trump n’est pas une aberration. Il est le produit logique de cinquante ans de politique républicaine. Le racisme latent, l’hypocrisie sur les valeurs familiales, les mensonges sur le conservatisme fiscal — tout cela menait inévitablement à Trump.
Stevens avait raison en 2020. Il a encore raison en 2026.
Quand un homme qui a construit le parti pendant quarante ans dit que tout était un mensonge, on devrait l’écouter. Mais le GOP préfère ses mythes confortables à la vérité inconfortable.
Du stratège au dissident
Stevens était au sommet. Stratège en chef de Mitt Romney. Crédité d’avoir développé la stratégie qui a remporté les primaires de 2012. L’un des consultants politiques les plus respectés de Washington.
Et puis il a regardé son parti embrasser Trump. Et il a compris.
« The only way for the GOP to save itself is to lose », a-t-il déclaré. La seule façon pour le GOP de se sauver est de perdre. De perdre encore et encore jusqu’à ce que le message pénètre.
Les républicains n’écoutent pas.
L'économie Trump : les chiffres qui ne mentent pas
50 000 emplois en décembre — L’effondrement
Les politiques de tarifs et d’immigration de Trump ont produit leurs effets. En décembre 2025, l’économie américaine n’a créé que 50 000 emplois. Cinquante mille.
Sur l’année entière, 584 000 emplois créés, soit une moyenne de 49 000 par mois. C’est le pire chiffre de création d’emplois depuis la pandémie.
« Tariff is the most beautiful word in the dictionary », a déclaré Trump. Le tarif est le plus beau mot du dictionnaire.
Le dictionnaire de qui ?
Quand le président se vante de ses tarifs pendant que l’économie s’effondre, on n’est plus dans la politique. On est dans le déni pathologique.
L’inflation qui persiste
Les tarifs sur les importations ont contribué à maintenir l’inflation à des niveaux élevés. Les consommateurs paient plus cher. Les entreprises paient plus cher. Et Trump continue de promettre que les tarifs sont « magnifiques ».
La réalité économique rattrape toujours les discours politiques. Et elle rattrape Trump à la vitesse de la lumière.
Le silence républicain : complices ou otages ?
89% d’approbation interne — La prison dorée
89% des républicains approuvent encore Trump. Ce chiffre explique tout. Tout élu républicain qui critique Trump est mort politiquement. Primaires perdues. Carrière terminée. Fin de l’histoire.
Alors ils se taisent. Ils votent comme Trump leur dit de voter. Ils défendent ce qu’ils savent indéfendable. Et ils regardent le navire couler en espérant ne pas être à bord quand il touchera le fond.
Le Parti républicain n’est plus un parti politique. C’est un culte de la personnalité où la dissidence est punie de mort politique. Et les indépendants le voient. Ils le voient très clairement.
Les quelques voix qui osent
Stuart Stevens n’est pas seul. Le Lincoln Project continue de produire des analyses dévastatrices. Quelques anciens républicains osent parler. Mais ils sont marginalisés, qualifiés de « RINOs », de « traîtres ».
Et pourtant, ce sont eux qui ont raison. Chaque sondage le prouve. Chaque analyse le confirme. Trump coûte des sièges aux républicains. Et les républicains préfèrent perdre avec Trump que gagner sans lui.
Novembre 2026 : le mur de briques
9 mois pour changer de cap
Nous sommes en février 2026. Les midterms sont dans neuf mois. Neuf mois pour que Trump remonte de 37% à 50%. Neuf mois pour reconquérir les indépendants. Neuf mois pour arrêter le flailing.
Est-ce possible ?
Stevens a répondu : « There’s nothing they’re doing that’s going to try to change that. » Ils ne font rien pour changer ça.
Rien.
Trump ne sait faire qu’une seule chose : être Trump. Provoquer. Diviser. Mentir. Attaquer. C’est tout ce qu’il sait faire. Et c’est exactement ce qui fait fuir les indépendants.
La spirale descendante
Chaque crise crée une nouvelle crise. Les tarifs créent de l’inflation. L’inflation crée du mécontentement. Le mécontentement fait chuter les sondages. Les sondages en chute créent de la panique. La panique crée du flailing. Le flailing crée de nouvelles crises.
Et la spirale continue.
Le message Stevens : "Just Look"
Regardez. Juste regardez.
Le message de Stuart Stevens est d’une simplicité désarmante. Il ne demande pas aux républicains de changer d’idéologie. Il ne leur demande pas de devenir démocrates. Il leur demande juste de regarder.
Regardez les sondages. Regardez les chiffres. Regardez ce qui se passe dans les districts swing. Regardez comment les indépendants fuient.
Just look.
Mais regarder signifierait admettre qu’ils ont eu tort. Admettre que Trump est un désastre électoral. Admettre que tout ce qu’ils ont défendu depuis 2016 était une erreur. Et ça, c’est au-dessus de leurs forces.
L’histoire jugera
Stevens sera dans les livres d’histoire comme l’homme qui a vu venir le désastre et qui a sonné l’alarme. Les républicains qui ont choisi de l’ignorer seront dans ces mêmes livres comme ceux qui ont préféré couler avec le navire plutôt que de changer de cap.
L’histoire n’est pas tendre avec les lâches.
Conclusion : Le choix qui n'en est pas un
Trump ou le pouvoir — On ne peut pas avoir les deux
Stuart Stevens a posé l’équation de façon implacable. Les républicains peuvent choisir Trump. Ou ils peuvent choisir de gagner des élections. Ils ne peuvent pas faire les deux.
Chaque jour, Trump aliène un peu plus les indépendants. Chaque décret, chaque tweet, chaque mensonge pousse un peu plus d’électeurs vers la sortie. Et les républicains le regardent faire en applaudissant.
89% d’approbation interne. 37% d’approbation nationale. 25% chez les indépendants.
Les chiffres parlent. Les républicains n’écoutent pas.
Stuart Stevens a passé quarante ans à gagner des élections pour les républicains. Aujourd’hui, il leur dit qu’ils sont en train de tout perdre. Et ils préfèrent croire que c’est lui le problème. Dans neuf mois, les urnes trancheront. Et les républicains découvriront que les sondages ne mentaient pas. Que Stevens ne mentait pas. Que la réalité ne ment jamais. Mais il sera trop tard pour changer de cap. Il est peut-être déjà trop tard.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique analyse les avertissements de l’ancien stratège républicain Stuart Stevens concernant l’impact de Donald Trump sur les perspectives électorales du Parti républicain pour les midterms de 2026. L’auteur considère que les données de sondage actuelles représentent un signal d’alarme significatif pour le parti au pouvoir et que le refus de les prendre en compte constitue une forme d’aveuglement politique.
Méthodologie et sources
L’analyse s’appuie sur des données de sondage provenant d’instituts reconnus (Gallup, Quinnipiac, Pew Research, CNN, Economist/YouGov), sur les déclarations publiques de Stuart Stevens lors de son intervention sur MSNBC, ainsi que sur les analyses électorales de Brookings Institution, Sabato’s Crystal Ball et autres sources académiques. Les chiffres économiques proviennent des statistiques officielles du Bureau of Labor Statistics et les données sur les licenciements fédéraux des rapports gouvernementaux et journalistiques.
Nature de l’analyse
Il s’agit d’une chronique d’opinion qui interprète des faits documentés à travers le prisme de l’analyse politique. Les projections électorales sont basées sur des modèles statistiques et des tendances historiques, mais restent sujettes à évolution. L’objectif est d’éclairer le lecteur sur les dynamiques politiques en cours, non de prédire avec certitude les résultats des élections de novembre 2026.
Sources
Sources primaires
- HuffPost — « ‘Just Look’: Ex-GOP Strategist Warns Republicans That ‘Flailing’ Trump Will Cost Them » — Février 2026
- MSNBC (MS NOW) — Interview de Stuart Stevens — Février 2026
- Gallup — « Independents Drive Trump’s Approval to 37% Second-Term Low » — Février 2026
- Quinnipiac University Poll — Sondage présidentiel février 2026
- Pew Research Center — « Confidence in Trump Dips, and Fewer Now Say They Support His Policies and Plans » — Janvier 2026
Sources secondaires
- Brookings Institution — « As President Trump loses support, Republican prospects in the 2026 midterms grow darker » — 2026
- Brookings Institution — « What history tells us about the 2026 midterm elections » — 2026
- Newsweek — « Map Shows How DOGE Cuts Could Affect Republicans’ Chances in Midterms » — 2026
- TIME — « Trump’s Year of Government Cuts—and What Lies Ahead » — 2026
- NPR — « Trump approval is low, a new poll shows. Here’s who’s pulling away » — Février 2026
- The Hill — « Trump approval among independent voters hits new low » — 2026
- Sabato’s Crystal Ball — Projections Chambre des représentants 2026
- Stuart Stevens — « It Was All a Lie: How the Republican Party Became Donald Trump » — Knopf, 2020
- The Lincoln Project — Biographie Stuart Stevens
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.