28 janvier 2026 : le jour où tout a basculé
Le 28 janvier 2026, des agents du FBI ont exécuté un mandat de perquisition dans un centre électoral du comté de Fulton, en Géorgie. Ils cherchaient des documents liés à l’élection de 2020. Six ans après. Ils ont saisi 24 palettes. 656 boîtes. Des bulletins de vote. Des registres. Des machines. Tout ce qui restait de la mémoire électorale d’un comté de 1,1 million d’habitants.
656 boîtes. Je veux que vous visualisiez ça. 656 boîtes empilées sur des palettes, chargées dans des camions, emportées vers une destination inconnue. Ce n’est pas une enquête. C’est une expropriation. On ne saisit pas 656 boîtes pour trouver une fraude. On saisit 656 boîtes pour envoyer un message.
La présence inexplicable de Tulsi Gabbard
Mais le plus troublant n’était pas ce qu’ils ont pris. C’était qui était là pour regarder. Tulsi Gabbard, directrice du Renseignement national, a été photographiée sur les lieux pendant que les boîtes étaient chargées. La cheffe des 17 agences de renseignement américaines. Présente à un raid du FBI sur un bureau électoral local.
Les explications ont changé trois fois. D’abord, Gabbard a dit que le président Trump avait « demandé » sa présence. Ensuite, Trump a déclaré que c’était la procureure générale Pam Bondi qui avait « insisté ». Deux hauts fonctionnaires ont confirmé anonymement que le Département de la Justice n’avait jamais demandé sa présence. Elle était là. Personne ne sait vraiment pourquoi. Et pourtant, tout le monde sait exactement pourquoi.
« Nationaliser les élections » : le mot qui fait frémir
Les paroles exactes de Trump
Le 3 février 2026, Donald Trump est apparu sur le podcast de Dan Bongino. Ses mots exacts : « Les Républicains devraient dire : nous voulons prendre le contrôle. Nous devrions prendre le contrôle du vote dans au moins… beaucoup… 15 endroits. Les Républicains devraient nationaliser le vote. »
« Nationaliser le vote. » Trois mots. Dans n’importe quel autre pays, on appellerait ça une déclaration d’intention autoritaire. En Amérique, on appelle ça un podcast du lundi. Le président des États-Unis vient de dire qu’il veut s’emparer des élections locales. Et le lendemain, on parle météo.
Les cibles nommées : Atlanta, Philadelphie, Detroit
Quand on lui a demandé de préciser, Trump a nommé trois villes : Atlanta, Philadelphie, Detroit. Trois villes à forte population noire. Trois villes dans des États pivots. Trois villes qui ont voté massivement contre lui en 2020 et 2024. La Constitution américaine donne aux États l’autorité exclusive sur les élections. Pas au président. Pas au gouvernement fédéral. Aux États.
Et pourtant, le voilà qui parle de « prendre le contrôle ». De « nationaliser ». Ce n’est pas une maladresse de langage. C’est un programme.
Le Département de la Justice : 24 États poursuivis
Une offensive juridique sans précédent
Depuis mai 2025, le Département de la Justice a exigé les listes électorales complètes et non expurgées d’au moins 44 États. Ces données incluent les numéros de permis de conduire, les numéros partiels de sécurité sociale, les dates de naissance. Des informations qui permettraient d’identifier et cibler chaque électeur individuellement.
Réfléchissez une seconde. Le gouvernement fédéral veut les numéros de sécurité sociale de 150 millions d’électeurs. Pour quoi faire? Pour « nettoyer » les listes, disent-ils. Nettoyer. Comme on nettoie une pièce. Comme on nettoie une liste d’indésirables.
La résistance des États
La plupart des États ont refusé. Ils ont fourni les versions publiques de leurs fichiers, celles qui ne contiennent pas les données sensibles. Le Département de la Justice a répondu en poursuivant 24 juridictions en justice. 23 États et le District de Columbia. Presque tous dirigés par des Démocrates.
Le prétexte juridique? Une disposition du Civil Rights Act — une loi votée pour protéger le droit de vote des Américains noirs dans le Sud ségrégationniste. Aujourd’hui, cette même loi est invoquée pour arracher des données personnelles aux États qui protègent leurs électeurs. Et pourtant, des tribunaux en Californie et en Oregon ont déjà rejeté ces demandes.
Porto Rico : le laboratoire de Gabbard
Des machines à voter saisies et « testées »
Avant la Géorgie, il y avait Porto Rico. Au printemps 2025, une équipe travaillant pour Tulsi Gabbard a obtenu et examiné des machines à voter sur l’île. L’objectif officiel : chercher des preuves d’un piratage vénézuélien. Le résultat : aucune preuve claire d’ingérence étrangère. Mais l’ODNI a quand même publié un communiqué parlant de pratiques « extrêmement préoccupantes » — sans fournir de détails.
Aucune preuve. Mais des « préoccupations ». C’est la recette parfaite. On lance une enquête. On ne trouve rien. On dit quand même que c’est « préoccupant ». Et le doute est planté. La prochaine fois, quand ils reviendront avec plus de pouvoir, on se souviendra qu’il y avait des « préoccupations ».
Un précédent dangereux
D’anciens responsables du renseignement ont qualifié cette intervention d’« sans précédent ». Le Bureau du Directeur du Renseignement national supervise les agences d’espionnage américaines. Son rôle est de surveiller les menaces étrangères, pas d’inspecter les infrastructures électorales domestiques. C’est le travail du FBI, du DHS, de l’EAC. Pas des espions.
Mais les lignes ont été effacées. Tulsi Gabbard était à la fois à Porto Rico en train d’examiner des machines et en Géorgie en train de regarder le FBI saisir des bulletins. La cheffe des espions est devenue la cheffe des élections.
Les responsables électoraux : une hémorragie silencieuse
50% de départs dans l’Ouest américain
Un rapport d’Issue One publié en février 2026 révèle une statistique terrifiante : 50% des responsables électoraux locaux dans les États de l’Ouest ont quitté leur poste depuis novembre 2020. La moitié. En Arizona, Californie, Colorado, Idaho, Montana, Nevada, Nouveau-Mexique, Oregon, Utah, Washington, Wyoming.
La moitié des gens qui savaient comment faire fonctionner la démocratie sont partis. Ils n’ont pas été licenciés. Ils ont fui. Ils ont fui les menaces, le stress, l’épuisement. Et maintenant, qui va compter les votes en novembre?
Les raisons du départ
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 70% des responsables électoraux interrogés ont subi de l’intimidation. 60% ont été harcelés. 30% ont reçu des menaces directes. Dans les comtés où l’élection de 2020 était serrée, le taux de rotation atteint 80%. Joe Gloria, registraire du comté de Clark au Nevada pendant près de 10 ans, a démissionné après que la police a dû vérifier sa maison toutes les heures — et que sa famille a été ciblée.
22% seulement des responsables électoraux encourageraient leurs propres enfants à faire ce métier. En 2020, c’était 41%. La démocratie est devenue un métier dangereux.
La réponse des villes ciblées
Atlanta, Philadelphie, Detroit : le front uni
Les responsables des trois villes nommées par Trump ont répondu immédiatement. À Philadelphie, la commissaire Lisa Deeley a qualifié les attaques de Trump d’« effort pour changer la conversation » — une diversion des sujets qui lui sont défavorables. À Detroit, la greffière a déclaré : « Detroit a un bilan solide d’élections équitables et transparentes. »
Ils ont beau se défendre, ils savent ce qui se passe. On ne cible pas Atlanta, Philadelphie et Detroit par hasard. On cible les villes noires. On cible les villes qui votent Démocrate. On cible les villes qui ont fait perdre Trump. Et on appelle ça « nationaliser ». Comme si voler le vote des minorités était une politique publique respectable.
Le mur des gouverneurs démocrates
Les 24 gouverneurs démocrates ont signé une déclaration commune. Ils ont qualifié la proposition de Trump d’« antidémocratique » et d’« tentative de réduire au silence le peuple américain ». Le secrétaire d’État de Pennsylvanie, Al Schmidt — un Républicain — a rejeté les allégations de fraude et rappelé que la Constitution donne aux États l’autorité exclusive sur les élections.
Même le leader de la majorité au Sénat, John Thune, a déclaré qu’il n’était « pas en faveur » du plan. Quand les Républicains du Congrès prennent leurs distances, c’est que même eux voient le précipice.
La convocation du 25 février : un piège?
Le courriel qui inquiète
Revenons à ce courriel envoyé aux 50 États. Une réunion le 25 février avec le FBI, le Département de la Justice, le Département de la Sécurité intérieure, le Service d’inspection postale, et la Commission d’assistance électorale. Sur le papier, c’est de la coordination normale avant les élections de mi-mandat.
Mais rien n’est normal. Quand le FBI vient de saisir 656 boîtes de bulletins. Quand le DOJ poursuit 24 États. Quand le président parle de « nationaliser » le vote. Dans ce contexte, une « invitation » devient une convocation. Une réunion devient un interrogatoire. Et « partenaires » devient un euphémisme pour « suspects ».
Le dilemme des responsables électoraux
Que font-ils maintenant? S’ils y vont, ils légitiment un processus qu’ils considèrent comme une attaque contre leur autorité constitutionnelle. S’ils n’y vont pas, ils risquent d’être accusés de non-coopération — un prétexte parfait pour une intervention fédérale. Le piège est parfait. Damned if you do, damned if you don’t.
Le mensonge fondateur : la fraude de 2020
Une fiction devenue politique d’État
Tout repose sur un mensonge. L’élection de 2020 a été volée. Trump a gagné. Les machines étaient truquées. Malgré 60 procès perdus. Malgré les audits dans tous les États contestés. Malgré le témoignage de responsables républicains qui ont supervisé ces élections. Malgré l’absence totale de preuves.
Ce mensonge est devenu politique officielle. Le raid en Géorgie cherchait des preuves d’une fraude qui n’existe pas. Les poursuites contre les États cherchent des « non-citoyens » sur les listes électorales — un problème qui représente moins de 0,0001% des votes. Tout ça pour un fantôme.
Ils cherchent une aiguille dans une botte de foin. Sauf qu’il n’y a pas d’aiguille. Alors ils brûlent la botte de foin et accusent le fermier de l’avoir cachée. C’est la logique parfaite de l’autocratie : créer le problème pour justifier la solution.
La fonction du mensonge
Le but n’est pas de trouver la fraude. Le but est de semer le doute. Si suffisamment d’Américains croient que les élections sont corrompues, alors n’importe quelle intervention devient acceptable. Raids du FBI? Nécessaires. Saisie des données personnelles? Indispensable. « Nationalisation » du vote? Inévitable.
Le mensonge est le carburant. La destruction de la confiance est le produit fini.
Ce que « nationaliser » signifie vraiment
Le scénario catastrophe
Si Trump réussit à « nationaliser » les élections — par voie législative, exécutive ou judiciaire — voici ce qui devient possible. Des agents fédéraux dans les bureaux de vote. Des listes d’électeurs contrôlées par Washington. Des contestations systématiques dans les comtés qui votent « mal ». Des invalidations de résultats sous prétexte de « fraude non prouvée mais préoccupante ».
On n’a pas besoin de voler une élection. On a juste besoin de la rendre contestable. Si chaque résultat peut être remis en question, si chaque défaite peut être annulée, alors les élections ne servent plus à rien. C’est ça, « nationaliser ». C’est remplacer le vote par le décret.
Le précédent international
Ce schéma a un nom. On l’a vu en Hongrie. On l’a vu en Turquie. On l’a vu au Venezuela — ironiquement, le pays que Gabbard accusait d’avoir piraté les machines à Porto Rico. Le leader dit que les élections sont truquées. Il centralise le contrôle. Il intimide les responsables locaux. Et quand les élections arrivent, elles produisent toujours le bon résultat.
Les élections de novembre 2026
Ce qui est en jeu
En novembre 2026, les Américains voteront pour renouveler l’intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Ces élections détermineront si Trump aura un Congrès compliant pour les deux dernières années de son mandat — ou un contre-pouvoir capable de le freiner.
C’est maintenant que les fondations sont posées. Pas en novembre. En février. Chaque raid, chaque poursuite, chaque déclaration sur la « nationalisation » est une brique dans le mur qui encercle la démocratie.
Novembre est dans neuf mois. Neuf mois pour détruire ce qui reste de confiance. Neuf mois pour chasser les derniers responsables électoraux honnêtes. Neuf mois pour transformer le vote en formalité. Le compte à rebours a commencé.
Un sur cinq ne reviendra pas
Selon les sondages, un responsable électoral sur cinq n’a pas l’intention de continuer jusqu’aux élections de 2026. 27% connaissent des collègues qui ont quitté leur poste pour des raisons de sécurité. Qui va les remplacer? Qui va vouloir un travail où vous recevez des menaces de mort, où votre famille est ciblée, où le président vous accuse publiquement de crime?
La réponse : des gens qui acceptent ces conditions. Des gens qui partagent les objectifs de ceux qui envoient les menaces. La purge est en cours.
Conclusion : Le silence ou le cri
Ce que Shenna Bellows nous dit vraiment
« La confiance a été totalement détruite. » Ces mots de la secrétaire d’État du Maine ne sont pas une lamentation. Ce sont un avertissement. Quand les responsables électoraux — les gardiens du processus démocratique — disent qu’ils ne font plus confiance au gouvernement fédéral, ce n’est pas une crise de communication. C’est une crise constitutionnelle.
Je ne sais pas comment ceci se termine. Personne ne le sait. Mais je sais comment ça continue si personne ne réagit. Ça continue avec d’autres raids. D’autres poursuites. D’autres démissions. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne pour dire non. Jusqu’à ce que « nationaliser » devienne un fait accompli. Jusqu’à ce que le vote devienne un rituel vide, une mise en scène pour rassurer les naïfs.
Ce qui reste à faire
Les tribunaux peuvent encore bloquer les demandes illégales de données. Les États peuvent encore refuser de coopérer. Les citoyens peuvent encore se présenter aux urnes en novembre et voter comme si leur démocratie en dépendait — parce que c’est le cas.
Mais tout cela nécessite que quelqu’un regarde. Que quelqu’un se souvienne. Que quelqu’un refuse d’accepter que 656 boîtes de bulletins saisies, c’est « normal ». Que quelqu’un refuse d’accepter que cibler Atlanta, Philadelphie et Detroit, c’est de la « bonne gouvernance ».
La confiance a été détruite. La question maintenant : qui va la reconstruire?
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique adopte une position critique envers les actions du gouvernement Trump concernant les élections. Cette position repose sur les faits documentés : raids sans précédent sur des bureaux électoraux, poursuites massives contre des États pour obtenir des données personnelles, déclarations présidentielles appelant à « nationaliser » le vote dans des villes à forte population noire. La défense de l’intégrité électorale et du fédéralisme constitutionnel n’est pas une position partisane — c’est un principe fondateur de la République américaine.
Méthodologie et sources
Cette chronique s’appuie sur des reportages vérifiés de médias nationaux américains (NBC News, CNN, ABC News, NPR, PBS), des organisations non partisanes spécialisées dans les élections (Brennan Center for Justice, Issue One, Votebeat), et des déclarations publiques de responsables électoraux des deux partis. Tous les chiffres et citations sont sourcés et vérifiables.
Nature de l’analyse
Cette chronique est une analyse éditoriale qui combine reportage factuel et commentaire d’opinion. Les faits sont présentés avec leurs sources. Les interprétations sont clairement identifiées comme telles. Le chroniqueur assume une perspective engagée en faveur de la démocratie électorale et contre ce qu’il considère comme des tentatives de l’affaiblir.
Sources
Sources primaires
- Raw Story — « Election officials call out Trump’s latest threat: ‘Trust has been absolutely destroyed’ » (9 février 2026)
- The Atlantic — Interview de Shenna Bellows, secrétaire d’État du Maine
- NBC News — Déclarations de Trump sur la « nationalisation » des élections et les villes ciblées
- Dan Bongino Show — Interview de Donald Trump (3 février 2026)
- CNN — Enquête sur le rôle de Tulsi Gabbard dans le raid de Géorgie et l’examen des machines à Porto Rico
Sources secondaires
- Brennan Center for Justice — Suivi des demandes du Département de la Justice pour les données électorales
- Issue One — Rapport sur le taux de rotation des responsables électoraux dans l’Ouest américain
- Stateline — Couverture des poursuites du DOJ contre les États
- Votebeat — Analyse des implications de la « nationalisation » pour les élections de 2026
- PBS NewsHour — Débat sur la sécurité électorale et l’autorité fédérale
- Common Dreams — Réactions à la convocation du FBI aux responsables électoraux
- Bangor Daily News / Maine Public — Déclarations de Shenna Bellows sur l’inconstitutionnalité des propositions de Trump
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.