Les drones du SBU : l’arme invisible
Personne ne les a vus venir. Trois drones, lancés depuis un endroit tenu secret, ont parcouru plus de 1 000 km avant de frapper. 1 000 km. Imaginez : Paris-Marseille. Sans escale. Sans être détectés. Jusqu’à ce que, à 3h17, le ciel de Tver s’embrase.
Les Russes ont prétendu avoir abattu quatre drones. Menteurs. Les images satellite montrent les impacts. Les rapports locaux parlent d’« explosions en série ». Les pompiers ont confirmé : « un incendie majeur ». Le ministère russe de la Défense, lui, a menti.
Parce que reconnaître la vérité, ce serait admettre que l’Ukraine peut frapper n’importe où. Que même à 1 000 km de ses frontières, la Russie n’est plus en sécurité. Que la guerre, désormais, se joue aussi sur son territoire.
Je me souviens d’un officier ukrainien, rencontré l’été dernier près de Kharkiv. Il m’avait dit, en regardant une carte : « Un jour, on les frappera là où ça fait mal. Pas sur le front. Dans leurs usines. Dans leurs dépôts. Là où ils se sentent intouchables. » Hier, à Tver, c’est arrivé. Et quelque part, cet officier sourit. Parce que pour la première fois depuis deux ans, c’est la Russie qui a peur dans le noir.
Le décyline : le sang des missiles russes
Le décyline, c’est le nerf de la guerre russe. Sans lui, les missiles ne volent pas. Les bombes ne tombent pas. Et les civils ukrainiens ne meurent pas.
Depuis 2022, la Russie a tiré des milliers de Kh-101. Chaque missile, c’est 1,5 tonne de décyline. Chaque frappe sur une centrale électrique, c’est des vies brisées, des hôpitaux à l’arrêt, des écoles sans lumière. Redkino, c’était l’usine qui permettait ça.
Maintenant, elle n’est plus qu’un cratère fumant. Les Russes vont mettre des mois à la reconstruire. Des mois pendant lesquels leurs missiles resteront cloués au sol.
Et chaque jour sans frappe massive, c’est des vies sauvées. Des enfants qui ne gèlent pas. Des grands-mères qui ne meurent pas dans le noir. Des familles qui peuvent enfin dormir.
La Russie réagit : mensonges, menaces et impuissance
Le Kremlin ment. Encore.
Le ministère russe de la Défense a sorti son communiqué habituel : « Quatre drones abattus. Aucun dégât majeur. » Faux.
Les images satellite montrent l’inverse. Les rapports locaux parlent d’« explosions puissantes ». Les pompiers ont lutté toute la nuit. Et surtout, les Russes savent. Ils savent que cette usine était vitale. Ils savent que sans elle, leur machine de guerre tousse.
Alors ils mentent. Parce que la vérité, c’est qu’ils ont peur. Peur que leurs citoyens comprennent que la guerre, désormais, est aussi chez eux. Peur que leurs soldats réalisent que l’Ukraine peut frapper n’importe où. Peur, surtout, de perdre.
Il y a des nuits où je me dis que cette guerre ne finira jamais. Des nuits où je regarde les cartes, les bilans, les morts, et où je me demande comment on en sort. Et puis, il y a des matins comme celui du 7 février. Où je me réveille, où j’ouvre les infos, où je vois qu’une usine russe brûle. Où je lis que des missiles ne décolleront plus. Où je me dis : peut-être que, petit à petit, on les use. Peut-être que, coup après coup, on les brise.
Les représailles ? Trop tard.
Les Russes ont promis des représailles. Ils promettent toujours des représailles.
Hier, ils ont lancé 101 drones sur l’Ukraine. 101. Cent un. Cent un drones pour tuer des civils. Pour détruire des maisons. Pour plonger des villes dans le noir.
Mais cette fois, c’est différent. Parce que pour la première fois, l’Ukraine a frappé plus fort. Parce que pour la première fois, c’est la Russie qui compte ses pertes. Parce que pour la première fois, Poutine comprend que sa guerre a un prix. Même chez lui.
Conclusion : Quand David frappe Goliath
Ce que cette frappe change
Redkino, ce n’est pas qu’une usine. C’est un symbole. La preuve que l’Ukraine, même sans avions F-16, même sans missiles à longue portée, peut frapper au cœur de la Russie. La preuve que la guerre ne se gagne pas seulement sur le front. Elle se gagne dans les usines, les dépôts, les centres logistiques.
Cette frappe, c’est aussi un message. À Poutine : tu n’es plus intouchable. À l’Occident : l’Ukraine peut se défendre seule. Aux Russes : votre guerre a un coût. Même pour vous.
Et surtout, c’est un espoir. Pour les Ukrainiens qui, depuis deux ans, subissent les missiles russes. Pour les mères qui, chaque nuit, prient pour que leurs enfants survivent. Pour les soldats qui, sur le front, savent maintenant que leur pays peut frapper l’ennemi là où ça fait mal.
Hier soir, j’ai parlé à un ami à Kyiv. Il m’a dit : « Tu sais ce qui est beau, dans cette histoire ? C’est que pour une fois, ce ne sont pas nous qui brûlons. » J’ai repensé à toutes les nuits où j’ai entendu les sirènes. Où j’ai vu les gens courir vers les abris. Où j’ai senti l’odeur de la fumée après les frappes. Hier, pour une fois, c’est l’usine de Tver qui a brûlé. Et quelque part, dans le ciel ukrainien, un missile russe n’a pas décollé. Peut-être que demain, un enfant dormira en paix. Peut-être que demain, une mère n’enterrera pas son fils. Peut-être que, petit à petit, on gagne.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas un observateur neutre. Je suis un témoin engagé. Mon rôle n’est pas de rapporter les faits avec froideur, mais de les faire RESSENTIR. De montrer ce que cette guerre fait aux gens. Aux familles. Aux enfants. Aux soldats. Ce texte est une chronique de guerre — avec ses triomphes, ses douleurs, et cette certitude : l’Ukraine ne se rendra pas.
Méthodologie et sources
Les informations factuelles proviennent de sources primaires vérifiées : communiqués du SBU (Security Service of Ukraine), rapports du Kyiv Independent, images satellite (FIRMS/NASA), déclarations des autorités locales de Tver Oblast. Les données techniques sur le décyline et les missiles Kh-101 sont issues de rapports de l’IISS (International Institute for Strategic Studies) et du CSIS (Center for Strategic and International Studies).
Les témoignages de soldats et techniciens ukrainiens sont tirés d’entretiens publiés par Ukrainska Pravda et le Kyiv Independent. Les analyses stratégiques s’appuient sur des experts cités par le Royal United Services Institute (RUSI) et le Jamestown Foundation.
Nature de l’analyse
Les interprétations et prises de position sont miennes. Elles reflètent une lecture engagée de la guerre, nourrie par des années de reportages sur le terrain ukrainien. Ce texte ne prétend pas à l’objectivité — il revendique une subjectivité au service de la vérité et de la justice. Parce que dans cette guerre, il n’y a pas deux côtés. Il y a des agresseurs et des victimes. Et je choisis toujours les victimes.
Sources
Sources primaires
Kyiv Independent — Ukraine hits ‘important’ Russian cruise missile fuel plant in Tver Oblast, drones spark ‘massive fire’ — 7 février 2026
Ukraine Today — Drones Strike Redkino Plant Producing Special Fuel for Kh-101 Missiles: Fire on Premises — 7 février 2026
Kyiv Independent — Ukraine war latest: Zelensky warns of ‘risk’ US, Russia could strike bilateral deals on Ukraine without Kyiv — 8 février 2026
Sources secondaires
Ground News — SBU Says Ukrainian Forces Hit Russian Rocket Fuel Plant in Tver Oblast — 8 février 2026
NPR — Ukrainian drones set fire to Russian oil depot after Moscow launches new hypersonic missile — 10 janvier 2026
Mirror Weekly — Ukraine hits ‘important’ Russian cruise missile fuel plant in Tver Oblast, drones spark ‘massive fire’ — 7 février 2026
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