Juillet 2025 : l’ordre presidentiel au Texas
Donald Trump n’a pas demande. Il a ordonne. Au gouverneur du Texas, Greg Abbott, de redessiner les circonscriptions electorales en plein milieu de la decennie. Une manoeuvre sans precedent. L’objectif avoue: cinq sieges republicains supplementaires.
La carte actuelle donnait 25 sieges republicains contre 13 democrates. La nouvelle version vise 30 sieges republicains. Cinq familles entieres de representants democrates, effacees d’un trait de crayon. Leurs electeurs, dilues. Leurs voix, noyees.
Quand un president ordonne a un gouverneur de manipuler les cartes electorales pour garantir son parti au pouvoir, il ne s’agit plus de politique. C’est une attaque contre le principe meme de representation.
La Cour supreme donne son feu vert
Le 4 decembre 2025, la Cour supreme a tranche. 6 contre 3. La majorite conservatrice a autorise le Texas a utiliser ses nouvelles cartes pour 2026, malgre un tribunal de premiere instance qui avait conclu a un probable « gerrymander racial ».
La justification? Le tribunal inferieur aurait « echoue a honorer la presomption de bonne foi legislative ». Traduction: faites confiance aux legislateurs. Meme quand toutes les preuves pointent vers la manipulation.
Et pourtant, les chiffres ne mentent pas. Les nouvelles cartes decoupent systematiquement les communautes afro-americaines et hispaniques. Elles les dispersent entre plusieurs circonscriptions pour diluer leur poids electoral. C’est le gerrymandering racial dans sa forme la plus pure.
La riposte du Maryland : Moore veut jouer selon les memes regles
Une commission, une carte, un objectif
En novembre 2025, Wes Moore a forme une commission de redecoupage electoral. Leur mission: proposer une nouvelle carte qui redessinerait la 1re circonscription du Maryland, bastion du republicain Andy Harris, seul representant republicain de l’Etat.
La circonscription actuelle a soutenu Trump par 17 points. La nouvelle version aurait favorise Kamala Harris de 14 points. Un renversement de 31 points. Brutal. Efficace. Legal.
Si les republicains peuvent redesigner le Texas pour gagner cinq sieges, pourquoi les democrates ne pourraient-ils pas redesigner le Maryland pour en gagner un? La question n’est pas morale. Elle est existentielle.
La Chambre dit oui, le Senat hesite
Le 2 fevrier 2026, la Chambre des delegues du Maryland a approuve la nouvelle carte. 99 voix contre 37. Une seule democrate, Sheree Sample-Hughes, a vote contre.
Mais le Senat bloque. Le president du Senat, Bill Ferguson, democrate lui aussi, refuse de soumettre la carte au vote. Il craint les consequences juridiques. Les represailles republicaines. Le precedent dangereux.
Et pourtant, le precedent existe deja. Le Texas l’a etabli. Avec la benediction de la Cour supreme.
L'argument de Moore : la democratie ne se defend pas avec des gants blancs
« Nous avons l’obligation de debattre »
Sur CNN, Moore a ete direct: « Le Senat du Maryland a l’obligation de voter. » Pas de negocier en coulisses. Pas de tergiverser. Voter. Que ce soit pour ou contre, mais voter.
« Donald Trump ne choisira pas ce a quoi ressemble notre democratie », a-t-il ajoute. « Les habitants du Maryland choisiront ce a quoi ressemble notre democratie. »
Il y a une difference entre jouer selon les regles et accepter de perdre parce que l’adversaire triche. Moore a choisi de ne plus etre naif. Et cette lucidite derange.
Andy Harris crie au scandale
Le representant Andy Harris a qualifie la nouvelle carte d’« inconstitutionnelle ». Il a declare que « ce n’est pas bon pour la democratie quand vous n’etes pas represente par des gens qui pensent comme vous ».
L’ironie est si epaisse qu’on pourrait la couper au couteau. Le meme Andy Harris qui a soutenu les efforts de Trump pour inverser les resultats de 2020. Le meme Andy Harris qui a vote contre la certification des resultats electoraux. Lui parle de democratie.
Et pourtant, personne ne semble relever cette contradiction. Ou plutot, tout le monde prefere l’ignorer.
Le diner de la honte : quand Trump exclut le seul gouverneur noir
Une invitation retiree, un message envoye
Le 8 fevrier 2026, la Maison Blanche a annonce que le diner traditionnel de l’Association nationale des gouverneurs n’accueillerait que les gouverneurs republicains. Une rupture avec des decennies de tradition bipartisane.
Wes Moore a ete specifiquement desinvite. Lui et le gouverneur du Colorado, Jared Polis. Les autres gouverneurs democrates ont ete exclus de la reunion d’affaires, mais pas du diner. Moore et Polis, eux, ont ete exclus des deux.
Quand le president des Etats-Unis choisit qui peut entrer a la Maison Blanche en fonction de son affiliation politique, on n’est plus dans la gouvernance. On est dans le regne.
« Un manque de respect flagrant »
Moore n’a pas mache ses mots: « Un manque de respect flagrant » envers la cooperation bipartisane. Et il a ajoute quelque chose que peu d’autres auraient ose dire: « En tant que seul gouverneur noir du pays, je ne peux pas ignorer qu’etre specifiquement exclu de cette tradition bipartisane porte un poids supplementaire, que ce soit l’intention ou non. »
Le seul gouverneur noir d’Amerique. Desinvite. Pendant que Trump fait face a des scandales de racisme au sein de son administration. La coincidence est troublante. Et pourtant, la Maison Blanche nie tout lien.
Qui est Wes Moore? Le parcours d'un combattant
De Johns Hopkins a l’Afghanistan
Wes Moore est ne a Takoma Park, dans le Maryland, le 15 octobre 1978. Son pere est mort alors qu’il avait trois ans. Sa mere l’a eleve seule a New York. Il a failli sombrer. Et puis il s’est releve.
Johns Hopkins. Rhodes Scholar. Oxford. 82e Division Aeroportee. Combat en Afghanistan. Banquier d’affaires. Auteur de cinq livres. PDG de la Robin Hood Foundation. Et maintenant, premier gouverneur noir de l’histoire du Maryland.
On ne devient pas cet homme en acceptant l’injustice. On ne survit pas a l’Afghanistan en baissant les yeux. Moore sait ce que signifie se battre. Et il n’a pas oublie.
Le troisieme gouverneur noir de l’histoire americaine
Avant Moore, seuls deux hommes noirs avaient ete elus gouverneurs d’un Etat americain: Douglas Wilder en Virginie (1989) et Deval Patrick au Massachusetts (2006). En 2026, Moore est le seul gouverneur noir en fonction dans les cinquante Etats.
Et ce gouverneur-la, Trump a choisi de l’exclure. Specifiquement. Nominativement. Publiquement.
Et pourtant, certains continuent de pretendre que la race n’a rien a voir avec cette decision. Comme si l’histoire americaine n’existait pas. Comme si les patterns ne se repetaient pas.
La bataille du redecoupage : une guerre de tranchees democratique
Les Etats qui bougent
Le Maryland n’est pas seul. La Californie explore ses options. La Virginie hesite. Du cote republicain, le Texas a deja agi. La Floride se prepare. L’Ohio attend.
Au total, selon les projections, cette guerre de redecoupage pourrait faire basculer entre 12 et 14 sieges vers les republicains. Les democrates pourraient riposter avec environ 9 sieges. Mais tout depend des tribunaux. Et des votes legislatifs.
La democratie americaine se joue sur des cartes. Pas des bulletins. Celui qui dessine les lignes choisit les vainqueurs. Trump l’a compris. Moore aussi.
Le dilemme democrate
Les democrates sont divises. D’un cote, ceux qui refusent de jouer le jeu du gerrymandering, meme pour se defendre. De l’autre, ceux qui, comme Moore, estiment qu’on ne gagne pas une guerre en refusant de combattre.
Bill Ferguson, president du Senat du Maryland, incarne cette hesitation. Il a le pouvoir de bloquer la carte. Et il l’utilise. Par peur des represailles juridiques. Par crainte du precedent. Par calcul politique.
Et pourtant, le precedent existe. Trump l’a pose. La Cour supreme l’a valide. Continuer a hesiter, c’est choisir de perdre.
Le prix du silence : ce que coute l'inaction
2026 : une election decisive
Les midterms de 2026 determineront le controle du Congres. Avec lui, le pouvoir de bloquer ou d’approuver les nominations de Trump. De lancer ou d’enterrer des enquetes. De voter ou de rejeter des lois.
Chaque siege compte. Et Trump le sait. C’est pour ca qu’il a lance cette offensive de redecoupage. Pas par amour de la cartographie. Par calcul de pouvoir.
Quand l’adversaire joue pour gagner et que vous jouez pour avoir l’air propre, vous ne jouez pas le meme jeu. Et vous perdez.
Les communautes marginalisees paient le prix
Les nouvelles cartes du Texas diluent specifiquement le vote des communautes afro-americaines et hispaniques. Ce n’est pas un accident. C’est un design. Un gerrymandering racial que la Cour supreme a choisi d’ignorer.
Ces communautes perdent leur representation. Leurs voix comptent moins. Leurs besoins sont ignores. Et ca, ca a des consequences reelles. Sur le financement des ecoles. Sur l’acces aux soins. Sur la justice.
Et pourtant, ceux qui crient le plus fort contre le redecoupage democrate sont les memes qui ont approuve le redecoupage republicain. L’hypocrisie est totale. Et personne ne semble s’en emouvoir.
La question raciale : l'elephant dans la piece
Pourquoi Moore specifiquement?
Jared Polis, gouverneur du Colorado, a aussi ete exclu du diner. Mais Polis est blanc. Moore est noir. Et Moore est le vice-president de l’Association nationale des gouverneurs. Une position bipartisane, a laquelle ses pairs, republicains et democrates, l’ont elu.
Exclure le vice-president de l’organisation d’un diner de cette meme organisation. C’est plus qu’un affront. C’est une declaration.
Dans un pays ou l’histoire de l’exclusion raciale est si profonde, pretendre que cette decision n’a rien a voir avec la race, c’est soit de la naivete, soit de la mauvaise foi. Et Moore n’est ni naif ni de mauvaise foi.
Le poids de l’histoire
Moore porte sur ses epaules le poids de tous ceux qui sont venus avant lui. Frederick Douglass, ne esclave dans le Maryland. Thurgood Marshall, ne a Baltimore. Harriet Tubman, qui a guide des esclaves vers la liberte a travers le meme Etat.
Quand Trump exclut le premier gouverneur noir du Maryland, il ne fait pas que snober un politicien. Il envoie un message. A tous ceux qui pensaient que les barrieres etaient tombees. A tous ceux qui croyaient que le progres etait irreversible.
Et pourtant, Moore refuse de se taire. Il refuse de baisser les yeux. Il refuse d’accepter l’inacceptable. Et c’est ca, finalement, qui derange le plus.
La reponse de l'Association nationale des gouverneurs
Une deception officielle
Brandon Tatum, directeur executif par interim de l’ANG, a publie un communique: « Nous sommes decus par la decision de l’administration d’en faire une occasion partisane cette annee. » Il a ajoute que desinviter des gouverneurs « mine une opportunite importante de collaboration federale-etatique ».
Des mots mesures. Diplomatiques. Presque timides. Face a une violation flagrante des normes bipartisanes qui ont tenu pendant des decennies.
Quand l’organisation elle-meme ne peut que se declarer « decue » face a un affront aussi delibere, on mesure l’ampleur de l’erosion des normes democratiques. La surprise n’existe plus. Juste la resignation.
Les gouverneurs republicains restent silencieux
Pas un gouverneur republicain n’a condamne l’exclusion de Moore. Pas un n’a refuse d’assister au diner en signe de solidarite. Pas un n’a rappele que la tradition bipartisane existe pour une raison.
Le silence est une forme de complicite. Et dans ce silence, on entend quelque chose de plus inquietant que n’importe quel discours. On entend l’acceptation de l’inacceptable.
L'enjeu reel : la survie de la democratie americaine
Au-dela du Maryland
Cette bataille depasse le Maryland. Elle depasse Wes Moore. Elle depasse meme Donald Trump. Ce qui se joue, c’est la capacite des Americains a choisir leurs representants.
Quand un president peut ordonner le redessinement des cartes electorales. Quand une Cour supreme peut valider le gerrymandering racial. Quand un gouverneur peut etre exclu d’une reunion bipartisane parce qu’il ose resister. On n’est plus dans la democratie. On est dans autre chose.
La democratie ne meurt pas d’un coup. Elle meurt par petites erosions successives. Par des precedents qu’on laisse passer. Par des violations qu’on choisit d’ignorer. Par le silence de ceux qui devraient parler.
Le moment de verite
Moore l’a dit clairement: « Nous avons l’obligation de nous lever. » Pas demain. Pas apres les elections. Maintenant.
Le Senat du Maryland doit voter. Les gouverneurs republicains devraient condamner l’exclusion. Les citoyens devraient exiger des comptes. Mais le feront-ils?
Et pourtant, l’histoire nous enseigne que les moments de basculement sont rarement reconnus sur le coup. On les identifie apres. Quand il est trop tard. Quand les degats sont faits.
Conclusion : Le choix qui nous reste
Se battre ou accepter
Wes Moore a fait son choix. Il se bat. Avec les armes dont il dispose. Dans les limites de la loi. Mais sans naivete. Sans cette politesse qui confine a la lachete.
Le Maryland peut redesigner ses cartes. Le Senat peut voter. Les democrates peuvent cesser de se battre avec une main attachee dans le dos pendant que leurs adversaires utilisent toutes les armes disponibles.
Ou ils peuvent continuer a hesiter. A tergiverser. A esperer que les republicains jouent fair-play. Et perdre.
Il y a des moments ou la neutralite n’existe pas. Ou l’inaction est une action. Ou refuser de choisir, c’est choisir de perdre. Nous sommes dans un de ces moments. Et l’histoire jugera chacun selon ce qu’il aura fait. Ou refuse de faire.
Le mot de la fin revient a Moore
« Donald Trump ne choisira pas ce a quoi ressemble notre democratie. »
Sept mots. Simples. Directs. Et lourds de sens.
Parce que si Trump choisit, ce ne sera plus une democratie. Ce sera son systeme. Dessine pour lui. Maintenu par lui. Au service de lui.
Wes Moore l’a compris. La question est de savoir si le reste de l’Amerique le comprendra a temps.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence et sources
Positionnement editorial
Ce texte est une chronique engagee, pas un reportage neutre. Je considere que les manoeuvres de redecoupage electoral ordonnees par Trump constituent une attaque frontale contre la democratie. Je soutiens les efforts du gouverneur Moore pour y resister avec determination et courage. Ma position est claire et assumee.
Methodologie et sources
Les informations presentees proviennent de sources journalistiques verifiees: CNN, The Hill, NPR, PBS, Baltimore Sun, CBS Baltimore, et Wikipedia pour les elements biographiques. Les citations sont exactes et contextualisees. Les chiffres sur le redecoupage proviennent des analyses non partisanes et des decisions de justice documentees.
Nature de l’analyse
Cette chronique interprete les faits a travers une grille de lecture pro-democratie et anti-gerrymandering. Le lecteur est invite a verifier les sources et a se forger sa propre opinion. La transparence totale sur mon positionnement editorial permet au lecteur de calibrer sa lecture en consequence.
Sources primaires
Declarations de Wes Moore: Interview sur CNN State of the Union, 8 fevrier 2026. Communique de presse du bureau du gouverneur du Maryland suite a l’exclusion du diner de l’ANG.
Decisions de justice: Cour supreme des Etats-Unis, decision du 4 decembre 2025 sur le redecoupage texan. Tribunal de district, conclusions sur le gerrymandering racial au Texas.
Votes legislatifs: Chambre des delegues du Maryland, vote du 2 fevrier 2026 (99-37).
Sources secondaires
Sources primaires
Declarations de Wes Moore: Interview sur CNN State of the Union, 8 fevrier 2026. Communique de presse du bureau du gouverneur du Maryland suite a l’exclusion du diner de l’ANG.
Decisions de justice: Cour supreme des Etats-Unis, decision du 4 decembre 2025 sur le redecoupage texan. Tribunal de district, conclusions sur le gerrymandering racial au Texas.
Votes legislatifs: Chambre des delegues du Maryland, vote du 2 fevrier 2026 (99-37).
Sources secondaires
CNN: « Wes Moore confronts the limits of his own power in a fight with Maryland Democrats » (1er fevrier 2026); « Maryland House OKs new congressional map » (2 fevrier 2026).
The Hill: « Moore says Trump not inviting Democratic governors to White House is ‘particularly confusing' » (8 fevrier 2026); « Wes Moore pushes for Maryland Senate vote on redistricting » (8 fevrier 2026).
NPR: « After Texas ruling, Trump and Republicans head to 2026 with a redistricting edge » (8 decembre 2025).
PBS: « Texas governor signs new voting maps pushed by Trump » (2025); « Federal judges block Texas congressional map » (2025).
Baltimore Sun: « ‘Blatant disrespect’: Gov. Moore responds to Trump governors dinner snub » (8 fevrier 2026).
CBS Baltimore: « Maryland’s Wes Moore says he was singled out by White House » (8 fevrier 2026).
Wikipedia: Articles sur Wes Moore, le redecoupage electoral 2025-2026, et le redecoupage texan de 2025.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.