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ÉDITORIAL : Le Japon bascule dans l’ère Takaichi – quand le populisme triomphe par les urnes
Crédit: Adobe Stock

L’opposition, balayée

Face à cette vague, l’opposition s’est effondrée. Le Parti constitutionnel démocratique (PCD), principal rival du PLD, n’a même pas réussi à capitaliser sur les scandales de corruption qui ont ébranlé le gouvernement sortant. Pire : il a perdu des sièges. Les petits partis, comme le Sanseito (populiste) ou Team Mirai (centriste), ont progressé, mais sans menacer l’hégémonie du PLD. Le système politique japonais est désormais bipolarisé : d’un côté, le bloc Takaichi, de l’autre, une opposition divisée, affaiblie, incapable de proposer une alternative crédible.

Le pire, c’est que cette victoire légitime les excès. Les propos controversés de Takaichi sur Taïwan (elle a menacé d’intervenir militairement en cas de blocus chinois), ses positions anti-immigration, son mépris affiché pour les médias critiques, tout cela est désormais validé par les urnes. Les Japonais ont choisi. Ils ont choisi la fermeté, même si elle frôle l’autoritarisme. Ils ont choisi la sécurité, même si elle se paie par des libertés réduites. Ils ont choisi Takaichi.

Je repense à une image : Takaichi, dimanche soir, entourée de ses lieutenants, plantant des épingles rouges sur une carte du Japon, marquant les circonscriptions remportées. Son sourire est triomphant. Derrière elle, des hommes en costume noir applaudissent. Pas une femme en vue. Ironie de l’histoire : la première femme Premier ministre du Japon s’appuie sur un parti et une coalition dominés par des hommes, des traditionalistes, des conservateurs. Elle a brisé un plafond de verre, mais pour mieux servir une idéologie qui, ailleurs, aurait pu la maintenir sous ce plafond. Le féminisme n’était qu’un outil. Le pouvoir, lui, est bien masculin.

Les risques de la super-majorité

Avec une telle majorité, Takaichi peut tout faire. Elle peut réviser la Constitution, augmenter le budget militaire, durcir les lois sur l’immigration, censurer les médias critiques, museler l’opposition. Rien ne l’arrête. Et c’est là que le danger commence. Une démocratie sans contre-pouvoirs est une démocratie en péril. Le Japon, pays modèle de stabilité et de modération, entre dans une zone inconnue. Que fera Takaichi de ce pouvoir absolu ?

Elle a déjà annoncé ses priorités : renforcer l’alliance avec les États-Unis, augmenter les dépenses militaires, réformer la Constitution pour permettre à l’armée japonaise de combattre à l’étranger. Elle veut aussi réduire les impôts pour relancer l’économie, mais sans préciser comment elle financera ces baisses. Elle parle de réformer l’éducation pour y inscrire davantage de « valeurs japonaises ». Elle évoque même une loi contre les « fake news », une mesure qui, dans d’autres pays, a servi à museler la presse.

Et puis, il y a la Chine. Takaichi a promis de résister à Pékin, de protéger Taïwan, de renforcer les îles Senkaku, disputées par la Chine. Elle a reçu le soutien public de Donald Trump, qui l’a félicitée pour sa « victoire écrasante ». Un signe : le Japon s’aligne désormais clairement dans le camp des démocraties combatives, prêtes à affronter la Chine et la Russie. Mais à quel prix ? La guerre ? L’escalade ? L’isolement ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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