Ce que dit la fiche officielle
Le Sarma se presente sur un chassis KAMAZ-63501 a huit roues motrices. 24 tonnes de poids au combat. 390 millimetres de garde au sol. Six tubes de lancement au lieu des douze que porte son grand frere le Tornado-S. Une salve complete en 18 secondes. Et une portee qui varie selon les munitions : de 20 a 70 kilometres avec les roquettes non guidees classiques, jusqu’a 120-130 kilometres avec les missiles guides 9M542, 9M544 et 9M549.
Le systeme de guidage combine navigation inertielle et correction satellitaire GPS/GLONASS. La precision annoncee : environ 0,21% de la distance de tir. Sur le papier, c’est impressionnant. Sur le papier, la Russie fabrique des merveilles technologiques. Sur le papier, tout est parfait.
Mais le papier ne saigne pas. Le papier ne crie pas. Le papier ne s’effondre pas sous les bombardements. La vraie question n’est pas de savoir ce que ces armes peuvent faire en theorie. C’est de savoir ce qu’elles font en pratique. Et en pratique, les armes russes detruisent des vies. Point final.
Le contexte du developpement : ne en urgence, ne de la defaite
Ce que TASS oublie commodement de mentionner, c’est que le Sarma est ne de l’urgence. Le developpement a commence en 2022, aux Usines Motovilikha. La premiere mention officielle date de juin 2023. La premiere presentation publique d’un vehicule experimental remonte a septembre 2025. Soit trois ans apres le debut de l’invasion de l’Ukraine.
Ce calendrier n’est pas anodin. Le Sarma n’est pas le fruit d’une planification strategique de longue date. C’est une reaction panique aux HIMARS americains qui ont decime les depots de munitions russes, les postes de commandement, les concentrations de troupes. C’est une tentative desesperee de combler un gouffre technologique que la guerre a cruellement expose.
Le World Defense Show : Un salon de la mort au pays de l'or noir
Riyad, nouvelle capitale du commerce des armes
Le World Defense Show 2026 se tient du 8 au 12 fevrier au Riyadh International Convention and Exhibition Center. 800 000 metres carres d’espace d’exposition. 925 exposants venus de 80 pays. Une piste d’atterrissage operationnelle de 2 700 metres. Des demonstrations en direct de vehicules blindes et de systemes d’artillerie. Le tout sous le theme « L’avenir de l’integration de la defense ».
L’Arabie saoudite ne cache plus ses ambitions. Mohammed ben Salmane veut faire de son royaume un hub mondial de l’industrie de defense. Et pour cela, tous les marchands de mort sont les bienvenus. Lockheed Martin presente ses F-35. Plus de 50 entreprises chinoises occupent les stands. Et la Russie, malgre les sanctions, malgre les crimes de guerre, malgre les mandats d’arret internationaux contre son president, parade tranquillement avec ses nouvelles merveilles.
On ne peut pas pretendre defendre les droits humains d’un cote et acheter des armes a des criminels de guerre de l’autre. L’Arabie saoudite fait son choix : celui du cynisme absolu. Celui du profit par-dessus les cadavres. Celui d’un monde ou la morale est un concept optionnel quand les contrats sont juteux.
Rosoboronexport fait ses debuts internationaux
Rosoboronexport, le vendeur d’armes officiel de l’Etat russe, fait sa premiere apparition internationale au World Defense Show. Une presentation est programmee pour le 9 fevrier, mettant en avant un « systeme de reconnaissance et de frappe » equipe du Sarma, accompagne du drone Supercam S350 pour la reconnaissance des cibles et du systeme Planshet-A pour l’automatisation du controle de tir.
Et pourtant, ce meme Rosoboronexport est sous sanctions internationales. Et pourtant, les armes qu’il vend servent a tuer des Ukrainiens pendant que les commerciaux font leur presentation PowerPoint. Et pourtant, le monde regarde et laisse faire, comme si les regles du commerce international s’arretaient aux portes des salons d’armement.
La mythologie des armes miracles russes : Un historique accablant
Du Kinzhal a l’Armata : le cimetiere des promesses
La Russie a une longue tradition d’armes miracles qui ne tiennent jamais leurs promesses. Le missile hypersonique Kinzhal, presente comme « imparable », a ete intercepte a plusieurs reprises par les systemes Patriot ukrainiens. Le char T-14 Armata, cense revolutionner la guerre blindee, n’a jamais ete deploye en nombre significatif sur le front. Le Su-57, chasseur de cinquieme generation, reste un objet de curiosite plus qu’une realite operationnelle.
Cette inflation rhetorique sert deux objectifs. Sur le plan interieur, elle nourrit la propagande du regime, convainquant les citoyens russes que leur pays reste une superpuissance technologique. Sur le plan exterieur, elle vise a intimider les adversaires et a attirer les acheteurs potentiels, surtout ceux qui n’ont pas acces aux armes occidentales.
Chaque fois qu’un nouveau systeme d’arme russe est devoile avec tambours et trompettes, je pense aux soldats ukrainiens qui vont devoir l’affronter. Et puis je pense aux soldats russes qui vont mourir en le manipulant, mal formes, mal equipes, envoyes au front par un regime qui les considere comme de la chair a canon. La propagande tue des deux cotes.
Les vraies performances sur le terrain ukrainien
Le Sarma serait deja « teste en zone d’operation militaire speciale », selon TASS. Traduction : des prototypes sont envoyes en Ukraine pour etre evalues en conditions reelles. C’est l’Ukraine qui sert de terrain d’essai. Ce sont les civils ukrainiens qui servent de cobayes pour calibrer les nouvelles armes russes.
Mais que nous disent les rapports du terrain sur les performances reelles des systemes russes ? Les taux de defaillance des missiles de croisiere russes depassent parfois 40%. Les bombes planantes ratent regulierement leurs cibles. Les drones Shahed d’origine iranienne sont interceptes en masse par la defense antiaerienne ukrainienne. La realite operationnelle est bien loin des brochures commerciales.
Le marche des armes russes : Vendre malgre les sanctions
Quinze milliards de dollars en 2025
Vladimir Poutine l’a annonce fin janvier 2026 : la Russie aurait engrange 15 milliards de dollars de ventes d’armes en 2025, fournissant du materiel militaire a plus de 30 pays. Le Kremlin evoque 340 projets conjoints avec 14 pays en cours ou en developpement. Et les volumes d’exportation devraient encore augmenter en 2026.
Mais ces chiffres officiels sont contestables. Les analystes occidentaux estiment que les vrais montants sont significativement inferieurs aux declarations de Moscou. La Russie gonfle systematiquement ses performances exportatrices pour des raisons de prestige international et de propagande interieure.
Et pourtant, meme si les chiffres reels sont inferieurs aux annonces, ils restent colossaux. Chaque dollar represente des balles, des missiles, des bombes qui vont tuer quelque part dans le monde. Et les principaux clients ? Des regimes africains sous sanctions. Des dictatures asiatiques. Des pays qui n’ont pas acces aux armes occidentales parce qu’ils violent allegrement les droits humains. La Russie ramasse les miettes que l’Occident refuse de servir.
L’Afrique et le Moyen-Orient : les nouveaux terrains de chasse
Le Kremlin a reoriente sa strategie d’exportation d’armes. Face aux restrictions occidentales, la Russie cible desormais l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient — des regions qui ne sont pas directement concernees par les sanctions imposees apres l’invasion de 2022. Les Etats africains representent une part croissante des ventes russes, particulierement ceux qui sont eux-memes sous sanctions internationales ou qui ont un acces limite aux equipements de defense occidentaux.
Le World Defense Show de Riyad s’inscrit parfaitement dans cette strategie. L’Arabie saoudite, malgre ses liens historiques avec Washington, diversifie ses sources d’approvisionnement. Et la Russie est la pour proposer des alternatives — moins sophistiquees, peut-etre, mais moins regardantes sur l’usage qui en sera fait.
Le Sarma face aux HIMARS : Une comparaison revelatrice
Pourquoi les Russes parlent de « reponse aux HIMARS »
Les medias russes presentent le Sarma comme la « reponse » aux HIMARS americains. Cette formulation est revelatrice. Elle admet implicitement que les HIMARS ont change la donne sur le champ de bataille ukrainien. Elle reconnait que la Russie a ete prise de court par l’efficacite de ce systeme occidental. Elle avoue qu’il a fallu developper en urgence une contre-mesure.
Le HIMARS a demontre son efficacite devastatrice des l’ete 2022, detruisant des dizaines de depots de munitions russes bien derriere les lignes de front. Sa precision, sa mobilite, sa capacite a frapper et disparaitre ont force les forces russes a reorganiser entierement leur logistique. Trois ans plus tard, la Russie presente une « reponse ». Un peu tard, peut-etre.
On ne « repond » pas a une arme qui vous a fait mal pendant trois ans. On la subit. Et quand on finit par developper quelque chose de vaguement equivalent, on ne peut plus parler de « reponse » — on parle de rattrapage. La Russie court apres la technologie occidentale depuis le debut de cette guerre. Le Sarma n’est qu’un episode de plus dans cette course-poursuite.
Six tubes contre douze : allegement ou compromis ?
Le Sarma ne porte que six tubes de lancement, contre douze pour le Tornado-S. Cette reduction est presentee comme un avantage : plus de mobilite, changement de position plus rapide apres le tir, meilleure survivabilite face aux contre-batteries. Mais cette meme reduction peut aussi etre lue comme un compromis : moins de puissance de feu par vehicule, necessite de deployer plus d’unites pour obtenir le meme effet de saturation.
Et pourtant, le choix de six tubes rappelle etrangement la configuration des… HIMARS. Six missiles GMLRS de 227 mm sur le systeme americain. Six roquettes de 300 mm sur le Sarma russe. La « reponse » ressemble fort a une copie. L’inspiration est a peine deguisee.
Les clients potentiels : Qui achete des armes a un criminel de guerre ?
Le profil type de l’acheteur d’armes russes
Qui sont les clients du Sarma et des autres systemes russes presentes a Riyad ? Generalement, des pays qui remplissent au moins l’un de ces criteres : sous sanctions occidentales, regimes autoritaires avec des bilans desastreux en matiere de droits humains, engages dans des conflits ou la communaute internationale refuse de fournir des armes, ou simplement a la recherche de materiel moins cher que les equivalents occidentaux.
La Russie ne pose pas de questions. La Russie ne conditionne pas ses ventes au respect des conventions de Geneve. La Russie ne s’embarrasse pas de clauses d’utilisation finale. Vous avez l’argent, vous avez les armes. Ce que vous en faites ensuite ne regarde personne — certainement pas Moscou, qui fait bien pire chez ses voisins.
C’est le marche de l’impunite. Le supermarche de la mort sans conditions. Venez comme vous etes, avec vos dictatures, vos guerres civiles, vos violations massives des droits humains. La Russie vous ouvrira ses bras — et ses catalogues d’armement. L’argent n’a pas d’odeur, meme quand il sent le sang.
L’Arabie saoudite et le Yemen : un cas d’ecole
L’Arabie saoudite elle-meme illustre parfaitement le cynisme de ce commerce. Engagee depuis 2015 dans une guerre au Yemen qui a provoque l’une des pires crises humanitaires du monde, elle continue d’accumuler les systemes d’armes les plus sophistiques. Les bombes qui tombent sur les marches, les hopitaux, les ecoles yemenites viennent de partout — Etats-Unis, Royaume-Uni, France. Pourquoi pas la Russie demain ?
Le World Defense Show de Riyad n’est pas un evenement commercial ordinaire. C’est une declaration de principe : les armes sont un business, et dans le business, la morale est un handicap concurrentiel. Les 925 exposants presents l’ont bien compris. Et les acheteurs potentiels aussi.
La propagande TASS et l'Ukraine comme laboratoire
Ce que disent les mots choisis
L’article de TASS est un modele du genre en matiere de communication d’Etat. Chaque formulation est calibree. Le Sarma n’est pas « nouveau » — il est « le plus recent ». Il n’est pas « deploye » — il « subit des tests » dans la « zone d’operation militaire speciale ». Il n’est pas « vendu » — il fait l’objet d’une « presentation ». Tout est dans la nuance, dans l’euphemisme, dans le flou artistique qui permet toutes les interpretations.
La « zone d’operation militaire speciale » : ce terme, desormais celebre, est a lui seul un condense de propagande. Pas de « guerre ». Pas d’« invasion ». Juste une « operation speciale » — comme si bombarder des maternites et deporter des enfants etait une procedure administrative ordinaire.
Les mots comptent. Les mots tuent, parfois. Quand TASS ecrit « operation militaire speciale », elle participe a l’effacement de la realite. Elle normalise l’inacceptable. Elle transforme le crime de guerre en communique de presse. Et nous, lecteurs, nous devons decoder, traduire, retablir la verite derriere le vernis lisse de la propagande d’Etat.
Tester ses armes sur une population civile
Le fait que le Sarma soit « teste » en Ukraine devrait nous glacer le sang. Cela signifie que des armes experimentales, pas encore pleinement maitrisees, sont tirees sur un territoire ou vivent des millions de civils. Cela signifie que les eventuelles defaillances — les roquettes qui devient, les systemes de guidage qui dysfonctionnent — auront des consequences humaines sur des gens qui n’ont rien demande.
Et pourtant, ce n’est pas une nouveaute. L’Ukraine sert de terrain d’essai pour les armes russes depuis 2022. Les missiles hypersoniques, les bombes planantes, les drones kamikazes — tout est teste grandeur nature sur des cibles civiles. Les retours d’experience servent ensuite a ameliorer les systemes avant de les proposer a l’export.
Les silences eloquents de TASS
Ce que TASS ne dit pas est aussi revelateur que ce qu’elle dit. Aucune mention du cout unitaire du Sarma — environ 155 millions de roubles, soit 1,9 million de dollars selon d’autres sources. Aucune mention du fait que l’armee russe n’a commande que 12 lanceurs en 2024 — un nombre derisoire pour un systeme cense etre revolutionnaire. Aucune mention des pertes colossales de materiel que la Russie a subies en Ukraine.
Ces silences sont eloquents. Le Sarma est peut-etre une arme prometteuse. Mais si le Kremlin y croyait vraiment, il en aurait commande des centaines, pas une douzaine. La presentation a Riyad ressemble davantage a une operation de relations publiques qu’a un lancement commercial serieux.
L'absurdite morale : Quand les criminels font du commerce
Le mandat d’arret et le stand d’exposition
Rappelons une realite juridique : la Cour penale internationale a emis un mandat d’arret contre Vladimir Poutine pour deportation illegale d’enfants ukrainiens. Le president russe est recherche par la justice internationale. Et pourtant, son pays parade dans les salons d’armement. Et pourtant, Rosoboronexport fait sa premiere internationale. Et pourtant, les acheteurs potentiels se pressent devant les stands russes.
Cette dissonance est vertigineuse. D’un cote, un systeme juridique international qui condamne. De l’autre, un systeme commercial qui normalise. L’argent et le droit ne parlent pas la meme langue. Et dans ce dialogue de sourds, c’est toujours l’argent qui gagne.
On nous dit que la communaute internationale isole la Russie. On nous dit que les sanctions fonctionnent. On nous dit que Poutine est un paria. Mais a Riyad, les commerciaux russes distribuent leurs cartes de visite et serrent des mains. L’isolement a des limites. Ces limites s’appellent les petrodollars.
La complicite par l’achat
Chaque pays qui achete des armes russes devient complice. Pas au sens juridique du terme — le droit international est trop faible pour ca. Mais au sens moral, au sens historique. Ces achats financent la machine de guerre russe. Ces dollars permettent de fabriquer les missiles qui tombent sur Kyiv. Ces contrats sont signes avec le sang des Ukrainiens comme encre invisible.
Et pourtant, cette complicite reste sans consequence. Aucun pays n’a jamais ete sanctionne pour avoir achete des armes a la Russie. Aucun dirigeant n’a jamais ete tenu responsable d’avoir contribue a l’effort de guerre du Kremlin. Le commerce des armes reste une zone de non-droit moral ou tout est permis tant que les paiements sont effectues.
Ce que le Sarma revele de la Russie en 2026
Un pays qui court apres sa propre propagande
Le Sarma est symptomatique de la Russie de 2026. Un pays qui a besoin de presenter des armes nouvelles pour maintenir l’illusion de puissance. Un pays dont l’industrie de defense est sous tension maximale depuis trois ans de guerre intensive. Un pays qui perd du materiel plus vite qu’il ne peut en produire, malgre le passage en economie de guerre.
Le fait meme que la Russie doive developper en urgence de nouveaux systemes prouve que ses arsenaux existants sont insuffisants. Le fait qu’elle doive parader a Riyad prouve qu’elle a besoin de devises etrangeres. Le fait qu’elle presente le Sarma comme une « reponse aux HIMARS » prouve qu’elle a accuse le coup des armes occidentales.
Derriere la fanfaronnade, il y a la panique. Derriere les stands luxueux du World Defense Show, il y a une industrie qui tourne a plein regime pour compenser des pertes colossales. Derriere le sourire des commerciaux de Rosoboronexport, il y a un regime qui a desesperement besoin de clients. Le Sarma n’est pas une demonstration de force. C’est un cri d’appel deguise en brochure marketing.
Les contradictions internes du systeme
La Russie affirme que ses armes sont les meilleures du monde. Mais alors, pourquoi a-t-elle besoin d’importer des drones iraniens et des obus nord-coreens ? La Russie affirme que son industrie de defense est florissante. Mais alors, pourquoi les usines fonctionnent-elles en trois-huit avec des ouvriers epuises et du materiel vieillissant ? La Russie affirme que ses exportations d’armes atteignent des records. Mais alors, pourquoi les analystes independants estiment-ils des chiffres bien inferieurs ?
Ces contradictions ne sont pas des accidents. Elles sont structurelles. La propagande russe a toujours fonctionne sur le decalage entre le discours officiel et la realite. Le Sarma s’inscrit dans cette tradition : une belle histoire a raconter, quitte a ce qu’elle ne corresponde pas tout a fait aux faits.
Conclusion : Le commerce qui salit tout le monde
Un miroir tendu au monde
Le World Defense Show de Riyad n’est pas qu’un evenement russe. C’est un evenement mondial. 925 exposants de 80 pays. Des democraties cote a cote avec des dictatures. Des defenseurs autoproclamees des droits humains partageant le meme hall que des regimes qui les pietinent. Le Sarma russe n’est qu’un produit parmi d’autres dans ce supermarche de la mort.
Nous ne pouvons pas pointer du doigt la Russie sans pointer du doigt tous ceux qui participent a ce systeme. Les Etats-Unis qui vendent des F-35. La France qui exporte ses Rafale. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie… Chacun a sa part de responsabilite dans ce commerce mondial qui alimente les guerres, les repressions, les massacres.
Le Sarma est une arme parmi des milliers d’autres exposees a Riyad. Ce qui le distingue, c’est qu’il est fabrique par un pays en guerre, teste sur des civils, presente par un regime sous sanctions, vendu par un marchand d’Etat lie a des crimes documentes. Mais dans le fond, toutes les armes exposees dans ce salon ont vocation a tuer. C’est leur fonction. C’est leur raison d’etre. Et nous faisons collectivement semblant de l’oublier chaque fois qu’on parle de « defense » au lieu de « mort ».
La question qui reste
Que faire de cette information ? Le Sarma existe. Il sera vendu. Il sera utilise. Des gens mourront sous ses roquettes — en Ukraine d’abord, ailleurs ensuite. La machine continue de tourner, indifferente aux indignations, aux condamnations, aux articles comme celui-ci.
Mais l’indifference serait pire encore. Nommer les choses, documenter les faits, etablir les responsabilites — c’est le minimum. Pas parce que ca changera quoi que ce soit immediatement. Mais parce qu’un jour, peut-etre, les comptes seront demandes. Et ce jour-la, il faudra pouvoir montrer qui savait, qui a fait quoi, qui a profite. Le journalisme est aussi une forme de memoire. Une archive pour le futur.
Le Sarma n’est qu’une arme de plus. Mais chaque arme de plus est une mort de plus. Et chaque mort de plus merite qu’on la regarde en face.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une posture explicitement critique envers le regime russe, ses exportations d’armes, et les pays qui participent a ce commerce. Cette position n’est pas neutre et n’a pas vocation a l’etre. Le chroniqueur considere que la neutralite face a une guerre d’agression et aux crimes de guerre documentes equivaut a une forme de complicite morale. Le sarcasme utilise concernant les « armes miracles » russes s’appuie sur un historique documente de decalages entre les annonces officielles et les performances reelles.
Methodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur l’article original de TASS (source primaire, agence de presse d’Etat russe), croise avec des sources independantes (medias specialises en defense, analystes occidentaux, rapports d’organisations internationales). Le chroniqueur a systematiquement signale quand une information provenait de sources officielles russes pour permettre au lecteur d’evaluer sa fiabilite. Les specifications techniques du Sarma proviennent de multiples sources pour verification croisee.
Nature de l’analyse
Ceci est une chronique d’opinion, pas un reportage factuel. Les faits presentes sont verifies, mais leur interpretation, leur mise en perspective et les conclusions tirees engagent la responsabilite editoriale du chroniqueur. Le lecteur est invite a consulter les sources listees ci-dessous pour se forger sa propre opinion.
Sources
Sources primaires
TASS – Russia’s newest MLRS Sarma unveiled at World Defense Show (article original)
World Defense Show – Site officiel
GAMI – World Defense Show (Arabie saoudite)
Sources secondaires
Army Recognition – Sarma 300mm MLRS specifications
Army Recognition – Russia Fields New Sarma as Answer to HIMARS
Army Recognition – Russia Showcases Sarma in Saudi Arabia
Defence Industry Europe – Rostec to debut Sarma at WDS 2026
Militarnyi – Russian Army ordered Sarma MLRS
UNITED24 Media – Russia unveils Sarma after battlefield losses
Voennoye Delo – Rostec Sarma uses guided rockets proven in Ukraine
Breaking Defense – What to expect at World Defense Show 2026
Army Recognition – Saudi Arabia opens World Defense Show 2026
Defense News – Russia claims $15 billion in 2025 arms exports
Defence Blog – Russia confirms $15B arms exports to 30 countries
RAND Corporation – Russian Arms Sales and Sanctions Monthly Snapshot
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