Des specifications impressionnantes sur le papier
Sur le papier, l’USS Defiant est une bete de guerre. 840 a 880 pieds de long — comparable aux legendaires cuirasses de classe Iowa. 35 000 a 40 000 tonnes de deplacement. 128 cellules de lancement vertical Mark 41 pour les missiles. 12 missiles hypersoniques Conventional Prompt Strike. Deux canons de 5 pouces. Des lasers de 300 a 600 kilowatts. Et ce fameux railgun qui n’existe pas. Le tout propulse par une centrale nucleaire qui permettrait au navire de naviguer pendant 25 ans sans ravitaillement en combustible.
Les specifications techniques donnent le tournis. C’est exactement le probleme. Plus un systeme est complexe, plus il a de chances d’echouer. La classe Zumwalt l’a demontre douloureusement. La classe Constellation, les nouvelles fregates de la Navy, vient d’etre annulee apres des retards et des depassements de couts insoutenables. Le secretaire de la Marine admet que dans le meilleur des cas, les programmes navals majeurs accusent six mois de retard et 57% de depassement de budget. C’est le meilleur des cas.
On nous vend un cuirasse du futur equipe de technologies qui n’existent pas, construit par des chantiers navals en crise, finance par un contribuable deja saigne a blanc. Chaque promesse technique est un chiffon rouge agite devant la realite. La question n’est pas de savoir si ce projet va deraper, mais de combien.
Le mythe du cuirasse invincible
L’ere des cuirasses s’est terminee le 7 decembre 1941 a Pearl Harbor. Ce jour-la, l’aviation japonaise a demontre que ces mastodontes d’acier etaient vulnerables aux attaques aeriennes. Le plus grand cuirasse jamais construit, le Yamato japonais, a ete coule par des avions americains en 1945. Il a fallu moins de deux heures et quelques centaines de bombes pour envoyer par le fond 72 000 tonnes d’acier et 2 498 marins.
Aujourd’hui, nous ne parlons plus de bombes larguees par des avions. Nous parlons de missiles hypersoniques volant a Mach 10. La Chine possede le DF-27 avec une portee de 5 000 a 8 000 kilometres. Le YJ-20 peut frapper a des vitesses impossibles a intercepter. Un expert naval chinois l’a dit sans detour : un cuirasse charge de munitions est une cible plus facile. Les medias d’Etat chinois ont accueilli l’annonce de Trump avec une ironie a peine voilee. Ils savent ce que nous refusons d’admettre.
La crise silencieuse des chantiers navals americains
250 000 travailleurs fantomes
Le secretaire de la Marine John Phelan a lance un appel : les chantiers navals americains doivent embaucher 250 000 travailleurs maritimes supplementaires au cours de la prochaine decennie. Deux cent cinquante mille. C’est plus que la population de nombreuses villes americaines. C’est un chiffre qui, selon Brent Eastwood, n’est tout simplement pas realiste. Aucune industrie ne peut trouver autant de nouveaux employes qualifies de nos jours.
Les chantiers navals souffrent deja d’une penurie criante de main-d’oeuvre qualifiee. Les travailleurs sont inexperimentes. Les chaines d’approvisionnement sont fragiles. Mark Cancian, conseiller principal au Center for Strategic and International Studies, note que les constructeurs navals americains etaient tellement en manque de travailleurs qualifies en 2025 qu’ils ont du augmenter les salaires pour debaucher les employes des chantiers concurrents. C’est un jeu a somme nulle : voler a Paul pour payer Pierre ne cree pas de nouvelle capacite.
Nous promettons de construire la flotte la plus puissante de l’histoire avec des chantiers navals qui n’arrivent meme pas a livrer les navires actuellement en commande. C’est comme promettre de construire une cathedrale quand on manque de macons. Les promesses presidentiel-les ne creent pas de soudeurs. Les discours enflam-mes ne forment pas d’ingenieurs navals.
Le gouffre financier qui engloutit les priorites
Chaque dollar investi dans le Trump-Class est un dollar non investi ailleurs. La Navy a des besoins urgents : des sous-marins pour contrer la menace chinoise dans le Pacifique, des munitions en quantites suffisantes, des capacites de reparation pour une flotte vieillissante. Le programme de destroyers de nouvelle generation DDG(X) risque d’etre sacrifie sur l’autel du cuirasse. Les responsables de la Navy suggerent que le premier remplacera le second.
Le Congressional Budget Office estime que les navires suivants couteront entre 9 et 13 milliards chacun si les commandes commencent maintenant. Si elles glissent a 2030, les couts exploseront davantage. Une flotte de 25 cuirasses a 10 milliards l’unite represente 250 milliards de dollars. C’est plus que le PIB de nombreux pays. C’est une somme qui pourrait financer des centaines de sous-marins autonomes, des milliers de missiles, une revolution dans la guerre navale distribuee.
L'ombre chinoise plane sur le projet
Quand l’adversaire dicte les regles du jeu
La Chine observe. La Chine calcule. La Chine developpe des armes specifiquement concues pour couler les grands navires de surface americains. Le concept est simple : pourquoi investir des milliards dans des cuirasses quand on peut investir des millions dans des missiles antinavires capables de les detruire? C’est l’asymetrie strategique dans toute sa brutalite. Un missile hypersonique coutant quelques millions peut envoyer par le fond un cuirasse de 20 milliards.
Les think tanks de defense americains tirent la sonnette d’alarme. Le Trump-Class est decrit comme un aimant a bombes — un bomb magnet dans le jargon militaire. Il concentre les risques sur un petit nombre de cibles de haute valeur. Il contredit la doctrine des operations distribuees que la Navy elle-meme preconise. Plus petit, plus nombreux, plus difficile a couler — voila ce que les strateges recommandent. Trump propose l’exact oppose.
L’ironie supreme : nous construisons les navires que nos adversaires revent de couler. Chaque dollar investi dans ces cuirasses est un dollar que Pekin economise en recherche. Ils n’ont pas besoin de developper des contre-mesures sophistiquees. Ils ont juste besoin d’assez de missiles pour submerger les defenses. Et ils en ont. Par milliers.
La menace des essaims de drones
Brent Eastwood pose la question qui fache : comment un cuirasse de 35 000 tonnes peut-il survivre a un essaim de mille petits drones navals attaquant simultanement? La reponse est qu’il ne peut pas. Pas avec les systemes de defense actuels. Pas meme avec les systemes de defense futurs. La saturation est l’ennemi ultime des grands navires de surface. Et les drones coutent des centaines de fois moins cher que les missiles intercepteurs.
La guerre en Ukraine a demontre l’efficacite des drones navals. Des vedettes sans pilote ukrainiennes ont endommage ou coule des navires russes valant des centaines de millions. Le Moskva, navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, a ete coule par deux missiles Neptune. L’avenir de la guerre navale est ecrit dans le sang des marins russes et dans l’acier tordu de leurs navires. Nous refusons de lire le message.
Le mirage technologique du railgun et des lasers
Des armes de science-fiction pour un navire reel
Le railgun promet de revolutionner la guerre navale. Un projectile accelere a Mach 7 par des champs electromagnetiques. Pas d’explosifs, juste l’energie cinetique pure. Une portee de 100 miles nautiques ou plus. Sur le papier, c’est devastateur. En realite, c’est une technologie qui n’existe pas sous forme operationnelle. La Navy a travaille sur les railguns pendant des decennies. Elle a abandonne le financement en 2021. Les prototypes souffraient de problemes fondamentaux.
L’erosion du canon apres quelques tirs rendait l’arme inutilisable. Le taux de tir soutenu etait impossible a maintenir. L’integration sur un navire posait des defis electriques et thermiques colossaux. Et pourtant, on promet ce meme railgun sur le Trump-Class. Comme si les problemes techniques allaient magiquement se resoudre parce qu’un president l’a decide. La physique ne vote pas. La physique ne se soucie pas des discours de campagne.
Promettre un railgun operationnel sur un cuirasse de 2030, c’est promettre une voiture volante pour le prochain Noel. La technologie n’est pas prete. Elle ne sera probablement pas prete dans dix ans. Mais les contrats seront signes, les milliards seront depenses, et quand l’echec sera evident, les responsables auront tous pris leur retraite.
Les lasers : progres reel, promesses exagerees
Les armes laser existent reellement, contrairement aux railguns. La Navy a deploye des systemes laser sur certains navires. Mais les capacites actuelles sont loin des 300 a 600 kilowatts promis pour le Trump-Class. Les lasers existants peuvent detruire des drones et des petites embarcations. Contre un missile hypersonique volant a Mach 10, leur efficacite reste theorique.
Le probleme des lasers haute puissance est la dissipation thermique. Plus le laser est puissant, plus il chauffe. Un tir laser haute puissance necessite un temps de rechargement et de refroidissement. Contre un essaim de centaines de drones ou de missiles, le laser devient un outil de dernier recours, pas une solution miracle. Les promesses du Trump-Class supposent des avancees technologiques qui n’ont pas encore eu lieu.
L'heritage empoisonne des megaprojets navals
Du Yamato au Zumwalt : les lecons ignorees
L’histoire navale est un cimetiere de megaprojets qui ont echoue. Le Yamato japonais, le plus grand cuirasse jamais construit, est devenu un symbole de gaspillage strategique. Les Britanniques ont perdu le HMS Prince of Wales et le HMS Repulse face a l’aviation japonaise en 1941 — la premiere fois que des navires capitaux etaient coules par des avions en haute mer. Ces lecons ont ete apprises au prix du sang.
Les Americains eux-memes ont appris cette lecon. Apres la Seconde Guerre mondiale, les cuirasses ont ete progressivement retires du service. Les Iowa ont ete brievement reactives pour leurs canons de 16 pouces en soutien des operations terrestres, mais ils ont finalement ete desactives definitivement. Le monde avait change. Les porte-avions, les sous-marins et les missiles avaient rendu le cuirasse obsolete. Et pourtant, nous voila en 2026, pretendant que rien n’a change.
Chaque generation doit-elle reapprendre les memes lecons dans le sang de ses marins? Le Yamato a coule en deux heures. Le Moskva a coule en quelques heures. Combien de temps faudra-t-il pour couler un Trump-Class? Et combien de marins americains paieront de leur vie notre refus d’apprendre de l’histoire?
Le fantome du DDG-1000 revient
Le DDG-1000 Zumwalt devait etre le navire du futur. Furtif, automatise, revolutionnaire. Le programme prevoyait 32 navires. Il en a produit trois. Le cout unitaire a explose de 1,4 milliard a 7,5 milliards. Le systeme d’armement principal — les canons de 155mm a munitions guidees — a ete abandonne parce que les munitions coutaient 800 000 dollars l’obus. Les canons sont maintenant retires pour faire place a des missiles hypersoniques.
Le Trump-Class promet de repeter les memes erreurs a une echelle encore plus grande. Des technologies non eprouvees. Des couts estimes qui exploseront inevitablement. Une doctrine strategique qui contredit les recommandations des experts. Et un calendrier de construction qui garantit que le navire sera obsolete avant meme de prendre la mer. Mark Cancian du CSIS ne mache pas ses mots : ce navire ne prendra jamais la mer.
La politique du spectacle plutot que la strategie
Mar-a-Lago comme theatre de la defense nationale
L’annonce du Trump-Class n’a pas eu lieu au Pentagone. Elle n’a pas eu lieu dans un chantier naval. Elle a eu lieu a Mar-a-Lago, entoure des ors et des dorures du club prive du president. Trump a declare qu’il aiderait lui-meme a designer les navires parce qu’il est une personne tres esthetique. La defense nationale reduite a une question d’esthetique. Les marins americains proteges par le bon gout presidentiel.
Le Foreign Policy Research Institute a publie une analyse devastatrice intitulee Le spectacle l’emporte sur la puissance de combat. C’est exactement cela. Le Trump-Class est concu pour impressionner, pas pour combattre. C’est un monument flottant a l’ego presidentiel, pas un outil de projection de puissance. Les adversaires ne seront pas impressionnes par l’or de la coque. Ils seront impressionnes par la taille de la cible.
Il y a quelque chose de profondement obscene a nommer une classe de navires de guerre d’apres soi-meme. Lincoln ne l’a pas fait. Roosevelt ne l’a pas fait. Eisenhower ne l’a pas fait. Mais nous voila avec le Trump-Class, annonce depuis un club de golf, designe par un president qui se considere esthetiquement qualifie pour definir l’avenir de la puissance navale americaine.
Le projet de vanite le plus cher de l’histoire
Les critiques sont unanimes : le Trump-Class est un projet de vanite. Ce n’est pas un programme d’acquisition serieux. C’est un exercice de communication politique. C’est un titre de journal, pas une strategie navale. 250 milliards de dollars potentiels pour des navires que les experts predisent ne seront jamais construits dans leur forme actuelle. Des annees de developpement qui pourraient etre perdues si une future administration annule le programme.
Et c’est probablement ce qui arrivera. Les programmes navals prennent des decennies. Le premier Trump-Class ne pourrait pas etre operationnel avant 2035 au plus tot. D’ici la, trois elections presidentielles auront eu lieu. Les priorites auront change. Les budgets auront ete realloues. Et les contribuables americains auront depense des milliards pour des etudes, des prototypes et des contrats qui n’aboutiront a rien. C’est le scenario le plus probable. C’est aussi le scenario le plus couteux.
Les voix dissidentes au sein de l'establishment militaire
Les experts tirent la sonnette d’alarme
Eric Labs, analyste au Congressional Budget Office, a presente les chiffres devant le Congres. 14,3 a 20,6 milliards par navire si commande maintenant. 22 milliards si les commandes glissent a 2030. Ces chiffres ne sont pas des estimations pessimistes. Ce sont des projections basees sur l’experience des programmes navals precedents — et ces programmes ont systematiquement depasse leurs budgets.
Mark Cancian du CSIS est encore plus direct. Il faudra des annees pour concevoir le navire. Il coutera 9 milliards minimum l’unite. Il contredit le nouveau concept d’operations de la Navy. Sa conclusion : ce navire ne prendra jamais la mer. Pas parce que la technologie est impossible, mais parce que la politique, l’economie et la strategie convergent vers un meme verdict. Ce projet est mort-ne.
Quand le Congressional Budget Office, le CSIS, le Foreign Policy Research Institute et des dizaines d’experts navals disent tous la meme chose, peut-etre faudrait-il ecouter. Mais ecouter les experts n’a jamais ete le point fort de cette administration. Les faits sont des obstacles. Les budgets sont des suggestions. Et les marins? Les marins sont des accessoires.
La Navy elle-meme a des doutes
Officiellement, la Navy soutient le projet. Officieusement, les doutes sont profonds. Les officiers superieurs savent que les chantiers navals sont en crise. Ils savent que les technologies promises ne sont pas pretes. Ils savent que concentrer les ressources sur quelques mega-navires va a l’encontre de la doctrine de guerre distribuee qu’ils preconisent depuis des annees. Mais on ne contredit pas un president en public.
Le programme de fregates Constellation vient d’etre annule. Le programme de destroyers DDG(X) est menace. Les sous-marins sont en retard. Les porte-avions coutent plus cher que prevu. Et maintenant, on ajoute le programme de cuirasses le plus ambitieux depuis la Seconde Guerre mondiale. Quelque chose doit ceder. La question est quoi — et a quel prix pour la securite nationale.
L'avenir incertain de la puissance navale americaine
Cuirasses ou sous-marins : le choix strategique
La Chine construit des sous-marins. Des dizaines de sous-marins. Des sous-marins nucleaires capables de menacer les lignes de communication maritimes dans tout le Pacifique. Les Etats-Unis ont besoin de plus de sous-marins pour contrer cette menace. Les chantiers navals qui pourraient construire des sous-marins seront occupes a construire des cuirasses. C’est un choix a somme nulle.
Les experts recommandent des flottes distribuees — beaucoup de petits navires plutot que quelques gros. Des navires autonomes capables d’operer sans equipage. Des missiles en quantite suffisante pour saturer les defenses ennemies. Des capacites cyber pour desactiver les systemes adverses. Tout cela coute moins cher qu’un seul Trump-Class. Tout cela serait plus efficace strategiquement. Tout cela est ignore.
Le choix n’est pas entre avoir des cuirasses ou ne pas en avoir. Le choix est entre une flotte adaptee aux guerres du 21e siecle et une flotte concue pour impressionner les foules. Nous choisissons le spectacle. Nos adversaires choisissent l’efficacite. Dans une guerre, seul un de ces choix compte.
Ce que l’histoire retiendra
Dans cinquante ans, les historiens etudieront le Trump-Class. Ils se demanderont comment une nation dotee des meilleurs experts navals du monde a pu ignorer leurs avertissements. Ils analyseront les documents, les temoignages, les budgets. Ils trouveront une reponse simple : l’ego a triomphe de la raison. La politique a triomphe de la strategie. Le spectacle a triomphe de la substance.
Peut-etre que le Trump-Class ne sera jamais construit. Peut-etre que le programme sera annule apres avoir englouti quelques milliards. Peut-etre qu’un ou deux navires seront construits avant que la realite ne rattrape les promesses. Dans tous les cas, le contribuable americain paiera. Dans tous les cas, la capacite navale americaine en souffrira. Dans tous les cas, les adversaires de l’Amerique auront gagne du temps. Et pourtant, le spectacle continue.
La question que personne ne pose
A qui profite vraiment ce projet?
Les chantiers navals recevront des contrats de plusieurs milliards. Les sous-traitants engrangeront des profits records. Les lobbyistes empocheront leurs commissions. Les politiciens des Etats ou se trouvent les chantiers celebreront les emplois crees. Tout le monde gagne — sauf le contribuable qui paie, le marin qui risque sa vie, et la nation qui perd sa superiorite navale.
C’est le complexe militaro-industriel dans toute sa splendeur. Le president Eisenhower avait averti les Americains en 1961. Ses paroles resonnent aujourd’hui avec une acuite douloureuse. Les interets prives dictent la politique de defense. Les profits passent avant la securite. Et quand le systeme echoue, quand les navires sont coules, quand les marins meurent, les responsables sont deja partis avec leurs bonus.
Suivez l’argent. C’est le conseil de base de tout enqueteur. Suivez l’argent du Trump-Class et vous trouverez des chantiers navals, des sous-traitants, des lobbyistes, des politiciens. Vous ne trouverez pas de strategie. Vous ne trouverez pas de securite. Vous trouverez des profits. Des milliards de profits construits sur des promesses impossibles.
Le silence des responsables
Ou sont les voix de l’opposition? Le Congres a recu les analyses du CBO. Les commissions de defense ont entendu les experts. Les budgets ont ete examines. Et pourtant, le projet avance. Parce que contester un projet de defense, c’est risquer d’etre accuse d’etre faible sur la securite nationale. Parce que les emplois dans les chantiers navals se traduisent en votes. Parce que le systeme recompense le silence et punit la dissidence.
Les experts qui tirent la sonnette d’alarme le font dans des rapports techniques que personne ne lit. Les journalistes qui posent les bonnes questions sont noyes dans le bruit mediatique. Et le public, le public qui paiera la facture, est distrait par le spectacle. Golden Fleet. USS Defiant. Trump-Class. Les noms sonnent bien. Les noms cachent la realite. Les noms sont tout ce qui restera quand les milliards auront ete depenses.
Conclusion : Un monument a l'arrogance flottant vers l'oubli
La tragedie annoncee
Le Trump-Class incarne tout ce qui ne va pas dans la politique de defense americaine. Des decisions prises pour des raisons politiques plutot que strategiques. Des technologies promises avant d’etre developpees. Des couts sous-estimes par conception. Des experts ignores par principe. Des contribuables saignes par defaut. C’est un microcosme de dysfonctionnement institutionnel, emballe dans de l’acier naval et vendu comme la solution aux problemes de securite nationale.
Les Chinois observent et prennent des notes. Ils voient une nation qui gaspille ses ressources sur des projets de vanite. Ils voient des chantiers navals en crise incapables de livrer les navires existants. Ils voient une doctrine strategique sacrifiee sur l’autel de l’ego presidentiel. Ils voient une opportunite. Pendant que l’Amerique construit des monuments flottants, la Chine construit une marine de guerre.
Nous sommes en train de perdre la course navale du 21e siecle, et nous ne le savons meme pas. Nous construisons les navires de guerre du 20e siecle avec la technologie du 19e siecle et les budgets du 22e siecle. Quand l’histoire jugera cette ere, elle sera sans pitie. Nous avions toutes les informations. Nous avions tous les avertissements. Nous avons choisi d’ignorer les deux.
Ce qui restera quand la fumee se dissipera
Peut-etre que le premier Trump-Class sera construit. Peut-etre qu’il prendra la mer, rutilant et imposant, symbole de la puissance navale americaine. Peut-etre qu’il naviguera pendant quelques annees avant que les problemes techniques ne s’accumulent. Peut-etre qu’il finira dans un musee, ou coule au fond de l’ocean par un missile hypersonique chinois. Dans tous les cas, il aura coute des dizaines de milliards et n’aura rien apporte a la securite nationale.
La vraie question n’est pas de savoir si le Trump-Class sera construit. La vraie question est ce que nous aurons perdu en le construisant. Les sous-marins non construits. Les missiles non achetes. Les technologies non developpees. Les capacites non deployees. L’avantage strategique non maintenu. Voila le cout reel du Trump-Class. Voila ce que l’histoire retiendra. Voila ce que nous refusons de voir.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette analyse adopte une position critique envers le projet de cuirasse Trump-Class. Cette position est fondee sur les analyses d’experts en defense, les rapports du Congressional Budget Office, et les etudes de think tanks reconnus comme le CSIS et le Foreign Policy Research Institute. Le ton sarcastique reflète l’indignation face a ce qui apparait comme un gaspillage delibere des ressources publiques au service de motivations politiques.
L’auteur considere que les projets de defense nationale doivent etre evalues sur leur merite strategique, non sur leur valeur symbolique ou politique. Les cuirasses de classe Trump echouent a ce test selon la majorite des experts consultes. Cette analyse ne pretend pas a la neutralite : la neutralite face au gaspillage n’est pas de l’objectivite, c’est de la complicite.
Methodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur les sources suivantes : les analyses du Congressional Budget Office presentees au Congres americain, les rapports du Center for Strategic and International Studies, les analyses du Foreign Policy Research Institute, les articles de 19FortyFive notamment ceux de Brent M. Eastwood PhD, ainsi que les reportages de Defense News, Breaking Defense, USNI News et Stars and Stripes.
Les chiffres de cout cites proviennent des estimations officielles du CBO. Les specifications techniques sont tirees des annonces officielles de la Navy et de la Maison Blanche. Les citations d’experts sont attribuees et verifiables. L’auteur a croise plusieurs sources pour chaque affirmation factuelle majeure.
Nature de l’analyse
Il s’agit d’une analyse critique combinant des elements factuels (couts, specifications, declarations officielles) et des elements d’opinion (evaluation strategique, critique politique). Le lecteur est invite a consulter les sources primaires pour former son propre jugement. Les passages en italique representent des commentaires editoriaux assumant une perspective subjective.
Cette analyse ne represente pas une position officielle de quelque institution que ce soit. Elle represente le point de vue informe d’un chroniqueur qui considere que les decisions de defense nationale meritent un examen critique rigoureux, surtout quand elles impliquent des centaines de milliards de dollars d’argent public.
Sources
Sources primaires
I Have Studied the U.S. Navy for Decades: The Trump-Class Battleship Has a Big Problem – 19FortyFive
The Golden Fleet’s Battleship Will Never Sail – CSIS
First Trump-class battleship could cost over $20 billion: CBO – Breaking Defense
Congress gets first internal analysis of proposed Trump-class battleship – Stars and Stripes
Sources secondaires
Trump-class battleship – Wikipedia
The Trump-Class Battleship: Spectacle Wins Out Over Combat Power – Foreign Policy Research Institute
Military Experts Declare Trump-Class Battleship a Bomb Magnet – 19FortyFive
Trump’s new battleship project risks national security – The Hill
China calls Trump battleship easier target amid mixed US reception – Defense News
Trump Battleship Will be Largest Surface Combatant Since WWII – USNI News
The strategic logic and industrial peril of Trump’s battleship plan for the US Navy – Navy Lookout
The Navy’s $22 Billion Trump-Class Battleship Is Now a Giant Headache – 19FortyFive
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