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ANALYSE : Le cuirasse Trump-class BBG(X) de la Navy americaine est peut-etre trop gros pour echouer
Crédit: Adobe Stock

Le destroyer sacrifie sur l’autel du cuirasse

Pour financer ce pharaonique projet, la Navy a decide de suspendre le programme DDG(X), le destroyer de nouvelle generation qui devait remplacer les Arleigh Burke vieillissants. Un destroyer coutait entre 3,3 et 4,4 milliards de dollars. Un cuirasse coutera quatre a cinq fois plus. Le calcul est simple: au lieu de cinq destroyers polyvalents capables d’operer de maniere distribuee, la Navy aura un seul navire geant qui concentrera tous les oeufs dans le meme panier. Et pourtant, la doctrine navale americaine des dernieres decennies insistait precisement sur l’importance des operations distribuees, la repartition de la puissance de feu sur de nombreuses plateformes plus petites et moins couteuses a perdre. Le BBG(X) prend cette doctrine et la jette par-dessus bord. Litteralement.

Le rapport du Congressional Research Service a note que l’annonce de ce programme a pris de court certains responsables de la Navy eux-memes. L’analyste Ronald O’Rourke a souleve des preoccupations quant au fait que ni le programme BBG(X) ni le programme de fregates n’ont recu d’analyse suffisante avant leur lancement. Autrement dit, on suspend un programme etudie depuis des annees pour le remplacer par un projet annonce lors d’une conference de presse dans un club prive de Floride. La rigueur strategique a manifestement cede la place a l’effet d’annonce. Les chantiers navals de Bath Iron Works, Huntington Ingalls Industries a Ingalls Shipbuilding et Newport News Shipbuilding ont ete identifies comme les seuls capables de construire de tels monstres. Des contrats de gre a gre sont deja en preparation. Et pourtant, la construction ne commencera pas avant les annees 2030.

On sacrifie donc un programme qui aurait pu produire des navires dans les annees 2030 pour un programme qui ne sera peut-etre pas operationnel avant 2040. Une decennie perdue dans la course a la modernisation navale. Mais une decennie de contrats juteux pour l’industrie de la defense.

Les sous-marins attendent pendant que les cuirasses font rever

Pendant que l’administration Trump parle de cuirasses dores, la realite de la production navale americaine est nettement moins reluisante. Le taux de production des sous-marins Virginia-class n’est que de 1,2 bateau par an depuis 2022, alors que l’objectif est de deux par an. L’objectif de produire simultanement deux Virginia et un Columbia par an reste un voeu pieux. Le programme Columbia-class, qui doit remplacer les sous-marins lanceurs de missiles Ohio vieillissants, est la veritable priorite strategique. Ces sous-marins portent la composante sous-marine de la triade nucleaire americaine. Leur retard met en peril la capacite de dissuasion des Etats-Unis. Et pourtant, on parle de cuirasses.

Le budget de construction navale pour l’exercice 2026 s’eleve a 27,2 milliards de dollars pour 17 navires, incluant un Columbia-class, deux Virginia-class et trois Medium Landing Ships. Le secretaire a la Defense Pete Hegseth a lance un effort pour reorienter 50 milliards de dollars du budget du Pentagone. Les sous-marins d’attaque nucleaire Virginia sont consideres comme la priorite d’acquisition principale par la nouvelle administration. Mais le Columbia-class semble avoir glisse dans les priorites. On construit des cuirasses de prestige pendant que la dissuasion nucleaire sous-marine prend du retard. L’ordre des priorites interroge.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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