Le virage en cours de construction
Tout a commencé par une décision tardive et mal préparée. Selon plusieurs analystes navals et des sources proches du programme, le Fujian a été initialement conçu pour recevoir des catapultes à vapeur conventionnelles. En cours de construction, Pékin a décidé de passer aux catapultes électromagnétiques, une technologie plus avancée mais qui nécessite des rails plus longs. Ce changement majeur aurait dû entraîner une refonte complète du pont d’envol. Il n’en fut rien.
Les ingénieurs ont tenté d’intégrer les nouvelles catapultes dans une architecture déjà figée. Le résultat ? Un compromis bancal qui affecte chaque aspect des opérations aériennes. Les rails électromagnétiques sont significativement plus longs que les catapultes à vapeur qu’ils remplacent, mais l’espace disponible sur le pont n’a pas été agrandi en conséquence. Cette contrainte géométrique fondamentale a des répercussions en cascade sur l’ensemble du système opérationnel.
Imaginez un chirurgien qui, en pleine opération, décide de changer de technique sans adapter son équipement. Le patient survit, mais avec des séquelles permanentes. Le Fujian est ce patient.
L’erreur des six degrés
Le pont d’envol incliné du Fujian — la zone critique où les avions effectuent leurs appontages — ne forme qu’un angle de 6 degrés par rapport à l’axe central du navire. Sur les porte-avions américains, cet angle est de 9 degrés. Trois degrés de différence. Cela semble dérisoire. En réalité, c’est catastrophique.
Ces trois degrés manquants signifient que la zone d’appontage s’étend trop près de la proue, là où les avions sont positionnés pour le catapultage. Conséquence directe : l’une des trois catapultes empiète sur la zone d’atterrissage. Elle ne peut donc pas être utilisée lorsque des avions récupèrent sur le pont. Cette interférence entre les zones de lancement et de récupération est un défaut fondamental que même les mises à niveau logicielles les plus sophistiquées ne pourront jamais corriger.
Et pourtant, la Chine possède l’expertise pour concevoir des ponts d’envol. Elle a étudié pendant des décennies les configurations américaines et soviétiques. Mais la précipitation a primé sur la rigueur. Le désir de montrer au monde un porte-avions de nouvelle génération a pris le pas sur les impératifs d’ingénierie.
L'anatomie d'un handicap : le pont d'envol dysfonctionnel
L’île qui bloque tout
Sur un porte-avions moderne, l’île — cette superstructure imposante qui abrite le pont de commandement, les radars de veille et les systèmes de communication — doit être positionnée avec une précision millimétrique. Trop au centre, elle réduit l’espace utilisable du pont. Trop proche du bord, elle crée des turbulences aérodynamiques qui perturbent les opérations aériennes.
Sur le Fujian, l’île est positionnée trop près du centre du pont d’envol par rapport aux standards américains éprouvés. Cette erreur de placement réduit l’espace disponible pour le stationnement et la manoeuvre des aéronefs. Elle crée des goulots d’étranglement permanents lors des opérations intensives. Quand un porte-avions doit lancer une vague d’attaque, chaque seconde compte. Chaque mètre carré de pont mal utilisé se traduit par des délais supplémentaires. Ces délais accumulés se transforment en avions non lancés. Ces avions non lancés se transforment en missions échouées et en objectifs manqués.
Un aéroport dont le terminal principal serait construit au milieu de la piste principale. Voilà ce qu’est le Fujian. Un géant dont les propres organes l’étouffent.
La malédiction de la propulsion conventionnelle
La cause profonde de ces problèmes réside dans un choix stratégique fondamental : le Fujian utilise une propulsion conventionnelle — turbines à gaz puissantes et générateurs diesel — plutôt qu’une propulsion nucléaire. Ce choix technique impose des contraintes architecturales considérables que les concepteurs chinois n’ont pas su surmonter.
Les cheminées d’évacuation des gaz de combustion nécessitent un volume important et une position précise. Les salles des machines massives occupent un espace considérable sous le pont. Ces impératifs techniques forcent les concepteurs à positionner l’île et les ascenseurs dans des emplacements sous-optimaux. Le Ford américain, avec sa propulsion nucléaire, n’a pas ces contraintes handicapantes. L’absence de système d’échappement massif libère de l’espace précieux et permet une flexibilité de conception bien supérieure.
60 % d'un Nimitz : la statistique qui tue
Le verdict des anciens commandants
Selon des analyses détaillées d’anciens officiers de l’US Navy rapportées par CNN, le Fujian ne pourrait générer que 60 % du rythme de sorties d’un porte-avions de classe Nimitz. Rappelons que le premier Nimitz a été mis en service en 1975. Le navire le plus récent de cette classe historique, l’USS George H.W. Bush, date de 2009.
Autrement dit : le fleuron de la marine chinoise, mis en service en 2025, est moins efficace qu’un navire américain conçu il y a un demi-siècle. Cette statistique accablante résume à elle seule l’ampleur du problème. Ce n’est pas un léger retard. C’est un gouffre opérationnel béant.
Cinquante ans. C’est le retard opérationnel que cache la coque rutilante du Fujian. Cinquante ans de différence entre l’image projetée et la réalité des opérations. Cinquante ans d’illusion.
Le calcul des catapultes
L’USS Gerald R. Ford dispose de quatre catapultes électromagnétiques. Le Fujian n’en a que trois. Cette différence numérique permet au navire américain de générer des sorties environ 33 % plus rapidement. Mais le problème structurel du Fujian va bien au-delà du simple nombre de catapultes.
Avec l’une de ses catapultes inutilisable pendant les phases de récupération, le navire chinois se retrouve souvent limité à deux catapultes opérationnelles seulement. Le Ford peut utiliser ses quatre catapultes simultanément tout en récupérant des aéronefs. L’écart réel est donc bien supérieur aux 33 % théoriques. Dans un combat aéronaval intense où chaque minute peut décider de la victoire ou de la défaite, ce handicap structurel est potentiellement fatal.
L'énergie comme limite ultime
Le gouffre énergétique
Les deux réacteurs nucléaires du Ford génèrent plus de 600 mégawatts d’électricité — le triple des porte-avions de classe Nimitz. Cette puissance considérable alimente non seulement les catapultes électromagnétiques, mais aussi les radars avancés, les systèmes de guerre électronique et les futures armes à énergie dirigée. C’est une réserve de puissance pour les technologies de demain.
Le Fujian, avec sa propulsion conventionnelle, ne peut tout simplement pas générer une telle puissance électrique. Ses catapultes EMALS fonctionnent grâce à un système d’alimentation en courant continu à moyenne tension — une première mondiale qui, sur le papier, serait plus fiable que le système en courant alternatif du Ford. Mais la quantité totale d’énergie disponible reste inférieure. La technologie est innovante. La puissance pour l’alimenter, insuffisante.
C’est comme équiper une voiture électrique d’un moteur de Formule 1 mais avec une batterie de scooter. La technologie est là. La puissance pour l’alimenter, non.
L’endurance tronquée
Un porte-avions nucléaire peut opérer pendant des mois entiers sans ravitaillement en carburant. Son autonomie exceptionnelle n’est limitée que par les vivres et le moral de l’équipage. Le Fujian, lui, doit transporter son propre carburant de propulsion, ce qui réduit l’espace précieux disponible pour le kérosène aviation, les munitions et les pièces de rechange.
Résultat : l’endurance opérationnelle du Fujian serait limitée à deux à trois semaines en haute mer avant de devoir se ravitailler. Un Ford peut tenir quatre fois plus longtemps. Dans une guerre prolongée dans le Pacifique, cette différence massive d’endurance se traduirait par une disponibilité opérationnelle radicalement inférieure.
L'aveu chinois : vers le nucléaire
Le Type 004 en construction
La meilleure preuve que Pékin reconnaît les failles du Fujian ? La construction déjà entamée de son successeur. Des images satellites récentes du chantier naval de Dalian, prises fin 2025, montrent des structures carrées massives descendues dans une coque en construction. Les experts occidentaux y voient des enceintes de confinement de réacteurs nucléaires.
Le Type 004, quatrième porte-avions chinois, sera nucléaire. Les estimations placent son déplacement massif entre 110 000 et 120 000 tonnes — potentiellement plus grand que le Ford lui-même et le plus imposant navire de guerre jamais construit en Asie. Il pourrait également être équipé de quatre catapultes électromagnétiques, corrigeant directement les limitations structurelles du Fujian. La Chine n’a pas attendu que le Fujian prouve sa valeur opérationnelle pour commencer à construire son remplacement.
Quand vous construisez déjà le remplacement avant même que le premier navire soit pleinement opérationnel, c’est un aveu. Un aveu silencieux mais assourdissant.
L’horizon 2027 et la question de Taïwan
Pékin espère achever le Type 004 d’ici la fin des années 2020. Cette échéance n’est pas anodine. Le Pentagone estime que la Chine vise à être capable de remporter une guerre pour Taïwan d’ici fin 2027. Le Fujian, avec toutes ses limites structurelles, devra assurer l’intérim stratégique.
Et pourtant, malgré ses défauts, le Fujian reste un navire formidable selon les standards régionaux. Aucun autre pays asiatique — ni le Japon, ni l’Inde, ni la Corée du Sud — ne possède de porte-avions de cette envergure. Dans un conflit limité au Pacifique occidental, ses limitations importeraient moins que sa simple présence.
La suie et le radar : les problèmes secondaires qui s'accumulent
Un mât qui s’encrasse
Au-delà des problèmes majeurs de pont d’envol, le Fujian souffrirait de problèmes plus prosaïques mais tout aussi préoccupants. Des analystes ont noté que la position de la cheminée d’échappement pourrait provoquer une accumulation excessive de suie sur le mât intégré situé juste devant.
Cette suie peut dégrader les performances des radars et des systèmes de communication essentiels. Un problème apparemment mineur qui, en opérations prolongées, peut devenir critique. La maintenance supplémentaire requise pour nettoyer ces systèmes sensibles représente du temps précieux et des ressources qui ne seront pas consacrés aux opérations de combat.
Les grands navires ne coulent pas toujours sous les torpilles. Parfois, ce sont les petits détails négligés qui les condamnent à l’inefficacité.
L’espace hangar insuffisant
Le groupe aérien embarqué du Fujian est estimé à environ 50 aéronefs : chasseurs J-35 furtifs, chasseurs-bombardiers J-15T, avions de guet aérien KJ-600, hélicoptères et appareils de guerre électronique. Le Ford, lui, peut embarquer plus de 75 aéronefs — une différence de 50 %.
Cette différence de capacité se traduit directement en puissance de frappe. Moins d’avions signifie moins de sorties quotidiennes, moins de bombes sur cible, moins de couverture aérienne. La qualité indéniable des appareils — et le J-35 est un chasseur furtif de cinquième génération remarquable — ne compense pas totalement la quantité.
Le J-35 et le KJ-600 : les joyaux dans l'écrin défaillant
Le premier chasseur furtif catapulté au monde
Si le Fujian a des défauts, ses avions n’en sont pas un. Le J-35, dérivé du prototype terrestre FC-31, est le premier chasseur furtif au monde conçu spécifiquement pour le catapultage. Lors des essais historiques de septembre 2025, il a démontré sa capacité à décoller avec des charges d’armement et de carburant plus lourdes que ne le permettrait un tremplin.
Comparable au F-35C américain, le J-35 offre une furtivité radar avancée, des capacités de combat réseau-centrées et une polyvalence air-air comme air-sol. C’est un appareil de premier plan mondial. Ses performances exceptionnelles en font une menace sérieuse pour toute force aérienne adverse. Le problème fondamental n’est pas l’avion. C’est le navire qui le transporte.
Le bijou est là. C’est l’écrin qui pose problème.
Les yeux du groupe aéronaval
Le KJ-600 est l’équivalent chinois du E-2D Hawkeye américain. Cet avion de guet aérien embarqué offre une détection à longue portée des menaces aériennes et maritimes, servant de centre de commandement volant pour coordonner les opérations complexes du groupe aérien.
Jusqu’au Fujian, les porte-avions chinois Liaoning et Shandong — équipés de tremplins — ne pouvaient pas faire décoller le KJ-600, trop lourd pour ce type de lancement. Ils dépendaient d’hélicoptères aux capacités bien inférieures. Le Fujian corrige cette lacune majeure. C’est l’un de ses véritables atouts opérationnels.
La course aux porte-avions : neuf navires d'ici 2035
L’expansion navale sans précédent
Malgré les défauts du Fujian, la Chine poursuit une expansion navale sans précédent. Des projections stratégiques suggèrent que Pékin pourrait aligner neuf porte-avions d’ici 2035. Six à sept d’ici le début des années 2030. Une montée en puissance vertigineuse pour une marine qui ne possédait aucun porte-avions il y a vingt ans.
L’US Navy maintient actuellement onze porte-avions en service actif. Mais ces navires sont dispersés à travers le globe, de la Méditerranée au Golfe Persique en passant par l’Atlantique. Dans le Pacifique occidental, zone d’opérations prioritaire pour la Chine, l’équilibre des forces pourrait basculer rapidement.
La quantité a sa propre qualité. Dix navires imparfaits peuvent submerger cinq navires parfaits. C’est le pari de Pékin.
Mai 2025 : la démonstration de force
En mai 2025, la marine chinoise a déployé pour la première fois deux porte-avions simultanément dans le Pacifique occidental — le Liaoning et le Shandong — à la distance la plus éloignée jamais atteinte par un groupe aéronaval chinois. Au même moment, l’USS Nimitz et l’USS George Washington patrouillaient également dans la région.
Cette confrontation silencieuse préfigure les tensions à venir. Avec le Fujian désormais en service actif, la Chine peut théoriquement aligner trois porte-avions — même si l’un d’eux opère à 60 % de son potentiel théorique. La présence physique d’un porte-avions, même imparfait, change l’équation stratégique.
Taïwan : le test ultime des capacités réelles
L’échéance de 2027
Chaque analyse des capacités navales chinoises ramène à la même question centrale : Taïwan. Le Pentagone estime que Xi Jinping a ordonné à ses forces armées d’être prêtes à envahir l’île d’ici 2027. Cette échéance redoutée — vraie ou exagérée — façonne toute la stratégie navale de la région indo-pacifique.
Dans ce contexte explosif, les défauts du Fujian prennent une dimension nouvelle. Un porte-avions qui ne peut lancer des sorties qu’à 60 % du rythme américain serait un handicap sérieux dans une guerre de haute intensité contre une coalition puissante menée par les États-Unis.
Mais qui dit que Pékin prévoit de combattre dans les règles américaines ? La guerre n’est pas un concours d’équipement. C’est un calcul de volontés.
La stratégie anti-accès comme filet de sécurité
La Chine ne compte pas uniquement sur ses porte-avions pour défendre ses intérêts vitaux. Sa stratégie globale repose sur un réseau complexe de missiles balistiques anti-navires, de sous-marins d’attaque, de bases terrestres fortifiées et de systèmes de surveillance avancés conçus pour interdire l’accès du Pacifique occidental aux forces américaines.
Dans cette architecture défensive, le Fujian n’est pas censé affronter seul un groupe aéronaval américain. Il doit opérer sous le parapluie protecteur de cette bulle anti-accès, projetant une puissance aérienne limitée mais suffisante pour des opérations de coercition ou de débarquement amphibie.
Conclusion : Le prix de la précipitation
Un géant aux pieds d’argile
Le CNS Fujian restera dans l’histoire navale comme un tournant pour la marine chinoise — mais pas nécessairement le tournant triomphal que Pékin espérait. Il marque l’entrée de la Chine dans le club exclusif des nations capables de construire des superporte-avions modernes. Mais il révèle aussi les limites d’une approche qui privilégie la vitesse à la maîtrise technique.
Les défauts de conception du Fujian — son pont mal configuré, son île mal positionnée, sa propulsion conventionnelle — ne sont pas des erreurs mineures. Ce sont des choix structurels fondamentaux qui hanteront ce navire tout au long de sa carrière opérationnelle. Aucune mise à niveau logicielle, aucune modification cosmétique ne pourra corriger ces failles inhérentes à sa conception originale.
Le Fujian naviguera. Il impressionnera lors des parades navales. Il fera les gros titres des médias d’État. Mais dans le silence des cabines de commandement américaines, on sait désormais que ce géant est handicapé par sa propre naissance. Et on planifie en conséquence.
La vraie question
La Chine apprend vite. Chaque porte-avions qu’elle construit est meilleur que le précédent. Le Liaoning, racheté à l’Ukraine, était un prototype de formation. Le Shandong était une copie améliorée. Le Fujian, malgré ses défauts structurels, représente un saut qualitatif considérable. Le Type 004 pourrait enfin atteindre la parité opérationnelle avec les navires américains.
La question stratégique n’est donc pas de savoir si la Chine rattrapera son retard technologique. Elle le fera. La vraie question est de savoir si les États-Unis et leurs alliés utiliseront ce répit stratégique — ces quelques années cruciales où le Fujian opérera à capacité réduite — pour renforcer leurs propres défenses dans le Pacifique.
Car le prochain porte-avions chinois n’aura peut-être pas les mêmes faiblesses structurelles. Et ce jour-là, l’équilibre des forces dans le Pacifique occidental aura définitivement et irréversiblement changé.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette analyse adopte une perspective critique mais factuelle sur les capacités navales chinoises. Elle s’appuie sur des sources ouvertes vérifiables — principalement des analyses d’experts occidentaux et des rapports de think tanks réputés — qui peuvent refléter des biais institutionnels. Les sources chinoises officielles, naturellement plus positives, sont également prises en compte pour équilibrer l’analyse.
Méthodologie et sources
Les informations techniques détaillées proviennent de publications spécialisées en défense navale, d’analyses d’imagerie satellite et de déclarations officielles des gouvernements chinois et américain. Les évaluations opérationnelles — notamment le chiffre de 60 % du tempo Nimitz — sont attribuées à des anciens officiers expérimentés de l’US Navy et doivent être considérées comme des estimations professionnelles plutôt que des certitudes absolues.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique d’analyse, pas un reportage factuel neutre. Il intègre des jugements de valeur et des interprétations qui engagent uniquement leur auteur. Les projections stratégiques — notamment concernant les intentions chinoises vis-à-vis de Taïwan — reflètent le consensus général des analystes occidentaux mais restent par nature spéculatives.
Sources
Sources primaires
Why China’s New Supercarrier Is « Crimped » by Design Flaws — 19FortyFive
China’s newest aircraft carrier not as capable as 50-year-old US ship — CNN
China’s Third Aircraft Carrier Has Some Serious Issues — The National Interest
China Commissions 3rd Aircraft Carrier Fujian — USNI News
How Advanced Is China’s Third Aircraft Carrier? — ChinaPower Project (CSIS)
Sources secondaires
Fujian’s flaws push China towards aircraft carrier with nuclear power — Interesting Engineering
China starts building Type 004 nuclear aircraft carrier — Army Recognition
China’s Plans to Dominate at Sea in 2026 — Newsweek
Chinese Supercarrier Fujian vs. USS Gerald Ford — Military Watch Magazine
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.