Skip to content
ANALYSE : Le Fujian, fierté navale chinoise, handicapé par des failles de conception qui révèlent les limites de l’ambition de Pékin
Crédit: Adobe Stock

Le virage en cours de construction

Tout a commencé par une décision tardive et mal préparée. Selon plusieurs analystes navals et des sources proches du programme, le Fujian a été initialement conçu pour recevoir des catapultes à vapeur conventionnelles. En cours de construction, Pékin a décidé de passer aux catapultes électromagnétiques, une technologie plus avancée mais qui nécessite des rails plus longs. Ce changement majeur aurait dû entraîner une refonte complète du pont d’envol. Il n’en fut rien.

Les ingénieurs ont tenté d’intégrer les nouvelles catapultes dans une architecture déjà figée. Le résultat ? Un compromis bancal qui affecte chaque aspect des opérations aériennes. Les rails électromagnétiques sont significativement plus longs que les catapultes à vapeur qu’ils remplacent, mais l’espace disponible sur le pont n’a pas été agrandi en conséquence. Cette contrainte géométrique fondamentale a des répercussions en cascade sur l’ensemble du système opérationnel.

Imaginez un chirurgien qui, en pleine opération, décide de changer de technique sans adapter son équipement. Le patient survit, mais avec des séquelles permanentes. Le Fujian est ce patient.

L’erreur des six degrés

Le pont d’envol incliné du Fujian — la zone critique où les avions effectuent leurs appontages — ne forme qu’un angle de 6 degrés par rapport à l’axe central du navire. Sur les porte-avions américains, cet angle est de 9 degrés. Trois degrés de différence. Cela semble dérisoire. En réalité, c’est catastrophique.

Ces trois degrés manquants signifient que la zone d’appontage s’étend trop près de la proue, là où les avions sont positionnés pour le catapultage. Conséquence directe : l’une des trois catapultes empiète sur la zone d’atterrissage. Elle ne peut donc pas être utilisée lorsque des avions récupèrent sur le pont. Cette interférence entre les zones de lancement et de récupération est un défaut fondamental que même les mises à niveau logicielles les plus sophistiquées ne pourront jamais corriger.

Et pourtant, la Chine possède l’expertise pour concevoir des ponts d’envol. Elle a étudié pendant des décennies les configurations américaines et soviétiques. Mais la précipitation a primé sur la rigueur. Le désir de montrer au monde un porte-avions de nouvelle génération a pris le pas sur les impératifs d’ingénierie.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu