L’offensive de Pokrovsk entre dans une phase critique
Les forces russes ont realise des avancees tactiques dans deux secteurs cles : la direction de Kostyantynivka-Druzhkivka et les environs de Pokrovsk. Le 4 fevrier, l’ISW a confirme la capture de Myrnohrad, une ville situee au sud-est de Pokrovsk. Une localite qui comptait des milliers d’habitants avant la guerre.
Les combats pour Myrnohrad ont ete acharnes. Un porte-parole du 7e Corps de reaction rapide des forces aeroportees ukrainiennes a indique que les forces ukrainiennes controlaient encore le nord de la ville au 1er fevrier, tandis que les Russes concentraient leurs troupes dans la partie sud pour attaquer vers le nord.
Myrnohrad. Encore une ville dont le nom sera associe a la resistance. Encore des rues defendues maison par maison. Encore des soldats ukrainiens qui tiennent bon face a un ennemi numeriquement superieur. Et pourtant, le monde regarde ailleurs.
La methode Pokrovsk appliquee a Kostyantynivka
L’ISW observe un schema tactique qui devrait alarmer tous les analystes : les forces russes appliquent a Kostyantynivka les lecons tirees de l’assaut de Pokrovsk. Campagne d’interdiction aerienne intensifiee, creation de conditions pour les operations offensives futures, pression constante sur plusieurs axes.
Le 6 fevrier, l’etat-major ukrainien a rapporte 137 affrontements sur l’ensemble de la ligne de front. Dans la seule direction de Pokrovsk, 40 attaques russes ont ete enregistrees. Les forces ukrainiennes ont signale avoir elimine 46 envahisseurs et detruit ou neutralise 156 drones dans ce secteur.
Hulyaipole : la chute d'une ville apres trois mois de combats
13 000 habitants avant la guerre, zero aujourd’hui
L’evaluation de l’ISW confirme la capture recente de Hulyaipole par les forces russes, une ville qui comptait environ 13 000 habitants avant le conflit. Trois mois de combats intensifs. Trois mois de resistance. Trois mois avant que les lignes ukrainiennes ne cedent face a la pression numerique russe.
Cependant, le rapport souligne une limite importante : les forces russes sont peu susceptibles de realiser des avances rapides au-dela de Hulyaipole sans desprioriser d’autres secteurs du front. Chaque gain territorial a un cout. Chaque avancee etire les lignes de ravitaillement. Chaque victoire tactique revele les limites strategiques de l’armee russe.
On parle de villes capturees comme de cases sur un echiquier. Mais derriere chaque nom sur une carte, il y a des vies brisees. Des maisons detruites. Des souvenirs ensevelis sous les decombres. Hulyaipole n’est pas qu’une position strategique. C’etait un foyer pour des milliers de personnes qui n’ont plus rien.
Les limites de la machine de guerre russe
L’ISW met en evidence une contradiction fondamentale dans la strategie russe. Moscou planifie de deployer ses reserves strategiques probablement limitees pour une offensive d’ete 2026 dans le sud et/ou l’est de l’Ukraine. Le probleme? Ces memes analystes estiment que l’armee russe manque probablement de reserves suffisantes pour adequatement preparer une telle offensive et atteindre ses objectifs.
La Russie brule ses ressources humaines a un rythme insoutenable. Les estimations convergent : plus de 1,24 million de pertes depuis le debut de l’invasion. Entre 267 000 et 385 500 morts selon les estimations les plus rigoureuses du BBC. Des journalistes de Meduza et du service russe de la BBC ont identifie nominativement plus de 173 000 soldats russes decedes depuis fevrier 2022.
L'infrastructure energetique sous attaque systematique
Le deficit energetique devient critique
Les chiffres sont accablants. L’Ukraine fait face a un deficit de 2,9 gigawatts pour une demande nationale de 15,5 gigawatts. Cela represente pres de 20% de la capacite energetique du pays qui manque a l’appel. Ukrenergo a confirme que des coupures d’urgence etaient en vigueur dans presque toutes les regions.
Les regions touchees le 7 fevrier : Kyiv, Poltava, Kirovohrad, Tcherkassy, Vinnytsia, Khmelnytsky, Rivne, Ternopil, Ivano-Frankivsk, Lviv et Zakarpattia. Du centre aux confins occidentaux du pays. Aucune region n’est epargnee.
Quatre ans de frappes systematiques ont atteint leur objectif : l’Ukraine ne peut plus generer suffisamment d’electricite pour repondre a la demande hivernale. Ce n’est pas un dommage collateral. C’est une strategie deliberee d’extermination par l’infrastructure.
La pause comme piege tactique
L’ISW le dit clairement : la Russie a exploite le moratoire temporaire sur les frappes energetiques pour reconstituer ses stocks. Chaque jour sans bombardement etait un jour de preparation pour le prochain massacre. Chaque heure de repit apparent etait une heure d’accumulation de munitions.
Cette revelation devrait enterrer definitivement l’illusion que la Russie respectera jamais un accord de cessez-le-feu en bonne foi. Les pauses ne servent qu’a recharger les arsenaux. Les negociations ne servent qu’a gagner du temps. La diplomatie n’est qu’une arme supplementaire dans l’arsenal du Kremlin.
La tentative d'assassinat contre le general Alekseyev
Le numero deux du GRU vise en plein Moscou
Le 6 fevrier 2026, le lieutenant-general Vladimir Alekseyev, premier adjoint du chef de la Direction principale du renseignement de l’etat-major des forces armees russes (GRU), a survecu a une tentative d’assassinat a Moscou. L’homme de 65 ans a ete atteint de plusieurs balles, dont une dans le dos, avant d’etre hospitalise.
Alekseyev n’est pas n’importe qui. Il occupe le poste de numero deux du GRU depuis 2011. Il a ete sanctionne par les Etats-Unis en 2016 pour avoir ete le cerveau des activites cyber malveillantes lors de l’election presidentielle americaine. Le Royaume-Uni l’a implique dans l’empoisonnement au Novichok de l’ancien espion russe Sergei Skripal en 2018.
Et pourtant, cet homme continue de vivre et d’operer librement. L’impunite des criminels de guerre russes est totale. Ils planifient des assassinats a l’etranger, orchestrent des cyberattaques mondiales, empoisonnent des opposants au Novichok — et personne ne leur demande jamais de comptes.
Moscou accuse immediatement l’Ukraine
Sans attendre les conclusions de l’enquete, Moscou a immediatement accuse l’Ukraine d’etre responsable de l’attaque. Le ministre des Affaires etrangeres Lavrov a qualifie l’incident d’acte terroriste. L’ironie ne semble echapper a personne — sauf aux responsables russes.
Le meme regime qui bombarde quotidiennement des hopitaux, des ecoles et des immeubles residentiels se pose en victime d’une attaque ciblee contre un officier militaire. L’inversion accusatoire est la marque de fabrique de la propagande du Kremlin.
La situation diplomatique : entre espoir et manipulation
Les negociations d’Abu Dhabi revelent le gouffre
Les 5 et 6 fevrier 2026, des responsables russes et ukrainiens se sont rencontres a Abu Dhabi pour un deuxieme cycle de negociations, medies par les emissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner. Une avancee concrete a emerge : un accord d’echange de prisonniers a ete conclu.
Mais le rapport de l’ISW est sans equivoque sur les divergences fondamentales : Les Etats-Unis poussent apparemment l’Ukraine a accelerer le processus de negociation et a accepter un accord de paix, tandis que la Russie retarde activement les negociations et rejette tout accord qui n’equivaudrait pas a la capitulation complete de l’Ukraine.
La formule est simple : Washington veut la paix avant les midterms. Moscou veut la victoire totale. L’Ukraine veut survivre. Trois objectifs incompatibles. Et devinez qui sera sacrifie sur l’autel des imperatifs electoraux americains?
La deadline de juin imposee par Trump
Selon Zelensky, les Americains proposent que la guerre se termine d’ici le debut de l’ete. Une echeance ambitieuse — voire irrealiste. Les ecarts entre les positions russes et ukrainiennes restent beants. Et l’Ukraine devra tenir un referendum sur l’accord de paix avant de le signer, un processus qui peut prendre plusieurs mois.
Le principal point d’achoppement reste le territoire. La Russie exige que l’Ukraine retire ses forces des parties du Donbass qu’elle controle encore. Pour la premiere fois, Moscou a accepte de discuter de la proposition americaine d’etablir une zone economique dans le Donbass — mais cela reste insuffisant.
Les reserves strategiques russes : le pari risque de Moscou
L’offensive d’ete 2026 planifiee mais compromise
L’ISW revele que le commandement militaire russe planifie de deployer ses reserves strategiques limitees pour une offensive d’ete 2026 dans le sud et/ou l’est de l’Ukraine. C’est un aveu de faiblesse deguise en plan offensif.
L’analyse est claire : l’armee russe manque probablement de reserves suffisantes pour simultanement preparer cette offensive et atteindre ses objectifs. La Russie joue son va-tout avec des ressources qui s’amenuisent. Les pertes quotidiennes — plus de 1 000 soldats tues ou blesses par jour selon les estimations ukrainiennes — grugent inexorablement le potentiel offensif russe.
La strategie russe repose sur un calcul simple : epuiser l’Ukraine avant de s’epuiser soi-meme. Mais les chiffres ne mentent pas. 1,24 million de pertes. Des reserves qui fondent. Une economie sous sanctions. Combien de temps avant que la machine ne s’enraye?
Starlink comme facteur decisif inattendu
Un element surprenant emerge du rapport : le blocage par SpaceX des terminaux Starlink non enregistres affecte les operations terrestres russes et les frappes tactiques. La connectivite satellite, dont depend l’armee russe pour certaines communications sur le terrain, devient un point de vulnerabilite.
L’ironie est mordante. Elon Musk, l’homme qui controle Starlink, est egalement un proche conseiller de Trump et a ete accuse de retarder des livraisons d’aide a l’Ukraine. Les liens entre le milliardaire et Moscou font l’objet de speculations constantes.
Le bilan humain : des chiffres qui defient l'entendement
Plus de 1,24 million de pertes russes
Les donnees compilees par l’etat-major ukrainien et verifiees par des sources independantes dressent un tableau apocalyptique. Entre le 24 fevrier 2022 et le 8 fevrier 2026, la Russie aurait subi plus de 1 246 330 pertes — tues, blesses et disparus.
En termes d’equipement : 11 650 chars detruits, 24 009 vehicules blindes, 37 036 systemes d’artillerie, 1 637 lance-roquettes multiples. Et 29 navires de guerre envoyes par le fond — dans un conflit terrestre.
Ces chiffres depassent l’entendement. Plus d’un million de jeunes hommes russes envoyes au hachoir de cette guerre d’agression. Des familles brisees. Des meres qui ne reverront jamais leurs fils. Et pour quoi? Pour les ambitions imperiales d’un dictateur vieillissant qui ne mettra jamais les pieds sur la ligne de front.
L’Ukraine paie aussi le prix du sang
Selon les estimations du CSIS de janvier 2026, l’Ukraine a subi entre 500 000 et 600 000 pertes militaires, incluant tues, blesses et disparus. Les morts ukrainiens seraient entre 100 000 et 140 000 depuis le debut de l’invasion.
Ces chiffres, aussi terribles soient-ils, revelent une asymetrie cruciale : la Russie perd deux fois plus d’hommes que l’Ukraine pour des gains territoriaux minimes. L’armee russe sacrifie ses soldats comme de la chair a canon dans une guerre d’usure qu’elle ne peut pas gagner militairement.
La direction de Slovyansk-Kramatorsk : le prochain front?
Les preparations russes stagnent
L’ISW note que les forces russes continuent d’etablir les conditions pour des operations futures dans les directions de Slovyansk-Kramatorsk et d’Orikhiv-Zaporizhzhia. Cependant, elles peinent a realiser des avances significatives dans ces zones strategiques.
Cette stagnation revele les limites de la strategie russe. Meme avec des ressources considerables, meme avec une superiorite numerique, l’armee russe ne parvient pas a percer les defenses ukrainiennes sur plusieurs fronts simultanement. Chaque percee exige une concentration de forces qui affaiblit les autres secteurs.
La Russie se heurte a un mur invisible : la resilience ukrainienne. Quatre ans de guerre n’ont pas brise la volonte de resister. Quatre ans de bombardements n’ont pas fait plier une nation. Et pourtant, certains voudraient qu’elle se rende pour le confort des calendriers electoraux occidentaux.
Les avances ukrainiennes pres de Borova
Dans un renversement bienvenu, le rapport de l’ISW signale des avances ukrainiennes pres de Borova. Ce n’est pas une contre-offensive majeure, mais c’est un rappel que les forces ukrainiennes restent capables d’actions offensives tactiques malgre la pression sur l’ensemble du front.
Ces gains locaux demontrent que la guerre n’est pas a sens unique. Les forces ukrainiennes exploitent les faiblesses russes, contre-attaquent quand l’opportunite se presente, et refusent de se limiter a une posture purement defensive.
Les garanties de securite : le noeud gordien des negociations
Zelensky pose ses conditions
Zelensky l’a affirme clairement : Il ne peut y avoir de fin a la guerre sans garanties de securite. Il souhaite signer ces garanties en premier pour renforcer la confiance du public ukrainien dans la realite de tout accord de paix.
C’est une position logique. L’Ukraine a deja fait l’experience du Memorandum de Budapest en 1994, quand elle a renonce a son arsenal nucleaire en echange de garanties de securite de la Russie, des Etats-Unis et du Royaume-Uni. On connait la suite. Ces garanties n’ont jamais ete respectees.
Pourquoi l’Ukraine devrait-elle faire confiance a de nouvelles promesses? Les promesses de 1994 sont enterrees sous les ruines de Marioupol. Les engagements d’hier sont pulverises par les missiles d’aujourd’hui. Seules des garanties contraignantes, verifiables et exigibles ont une valeur. Le reste n’est que du papier.
Le Kremlin rejette toute garantie significative
L’ISW est explicite : le Kremlin continue de rejeter toute garantie de securite significative qui protegerait l’Ukraine d’une capitulation diplomatique ou militaire complete. Moscou ne veut pas la paix. Moscou veut la victoire.
Toute formulation qui permettrait a l’Ukraine de maintenir sa souverainete, son integrite territoriale ou sa capacite de defense est inacceptable pour le regime de Poutine. La seule « paix » acceptable pour la Russie est la disparition de l’Ukraine en tant qu’Etat independant.
Conclusion : Le prix de l'illusion
La verite que ce rapport confirme
Ce rapport de l’ISW du 7 fevrier 2026 confirme ce que les observateurs lucides savaient deja. La Russie ne negocie pas de bonne foi. Chaque pause est une opportunite de rearmement. Chaque geste diplomatique est une manoeuvre tactique. Le seul langage que comprend le Kremlin est celui de la force.
L’Ukraine tient. Malgre les pertes. Malgre la fatigue. Malgre l’hiver. Malgre les hesitations de ses allies. Elle tient parce qu’elle n’a pas d’autre choix. Capituler serait disparaitre.
On peut negocier avec un adversaire qui veut la paix. On ne peut pas negocier avec un regime qui veut votre destruction. La Russie a fait son choix il y a longtemps. La question est de savoir si l’Occident finira par le comprendre — ou s’il continuera de sacrifier l’Ukraine sur l’autel de ses illusions.
Et maintenant?
L’offensive d’ete 2026 planifiee par Moscou revele l’intention russe de poursuivre cette guerre. Les attaques sur les infrastructures energetiques confirment la strategie d’extermination par l’infrastructure. La tentative d’assassinat contre Alekseyev montre que meme le coeur de l’appareil securitaire russe n’est pas a l’abri.
L’Ukraine a besoin d’armes, de defenses aeriennes et de soutien inconditionnel. Pas de pressions pour capituler. Pas de deadlines imposees depuis Washington. Pas de deals conclus dans son dos. Elle a besoin qu’on la laisse se defendre — et qu’on lui en donne les moyens.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette analyse reflete ma conviction que la neutralite face a une guerre d’agression n’est pas de l’objectivite — c’est de la complicite. L’Ukraine defend son existence. La Russie mene une guerre d’extermination. Ces deux positions ne sont pas moralement equivalentes.
Methodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur le rapport officiel de l’Institute for the Study of War (ISW) du 7 fevrier 2026, croise avec les bulletins de l’etat-major ukrainien, les estimations independantes du CSIS, les enquetes de Meduza et du BBC, et les declarations officielles des parties impliquees.
Nature de l’analyse
Il s’agit d’une analyse interpretative qui combine les faits documentes et une perspective editoriale assumee. Les donnees chiffrees proviennent de sources verifiables. Les conclusions refletent mon jugement professionnel.
Sources
Sources primaires
ISW Russian Offensive Campaign Assessment, February 7, 2026 – Kyiv Post
ISW Russian Offensive Campaign Assessment, Map and Update, February 6, 2026 – Kyiv Post
Sources secondaires
Russia’s Massive February 2026 Attack Disrupts Ukraine’s Energy System – Mezha
Russo-Ukraine War – 06 February 2026 – GlobalSecurity.org
Top Russian GRU general and cyber ops chief shot in Moscow attack – Euronews
Casualties of the Russo-Ukrainian war – Wikipedia
Russia plans Ukraine’s Kostiantynivka assault following Pokrovsk scenario – RBC-Ukraine
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.