1994 : Le jour où l’Ukraine a cru au monde
Pour comprendre l’obscénité de cette rencontre, il faut remonter à 1994. Cette année-là, l’Ukraine renonce à son arsenal nucléaire – le troisième plus important au monde. En échange? Des garanties de sécurité. Des promesses. Du vent.
Le Mémorandum de Budapest. Signé par les États-Unis. Signé par la Russie. Signé par le Royaume-Uni. Trente ans plus tard, Poutine bombarde Kyiv et l’Occident compte les morts en envoyant des communiqués de presse.
Voilà ce que valent les accords internationaux quand les puissants les signent. Le papier ne vaut rien. Les promesses valent moins. Et l’Ukraine paie le prix de sa naïveté en sang. Chaque jour. Depuis plus de quatre ans maintenant.
Le précédent qui hante les négociations
Netanyahu le sait. Trump le sait. Téhéran le sait. Un accord nucléaire ne vaut que ce que valent ses signataires. Et les signataires, ces derniers temps, ont la mémoire courte et la parole labile.
L’Iran a déjà été trahi une fois. Le JCPOA de 2015, cet accord péniblement négocié sous Obama, Trump l’a déchiré en 2018. Sans raison valable. Sans alternative. Juste parce qu’il portait la signature de son prédécesseur.
Chapitre 2 : Netanyahu - Le survivant aux mains rouges
Un homme qui fuit la justice
Benjamin Netanyahu est sous le coup de multiples inculpations pour corruption en Israël. Son procès traîne. Les témoins disparaissent des radars médiatiques. Les juges subissent des pressions. Et pendant ce temps, il reste Premier ministre.
Comment? En perpétuant la guerre. En maintenant l’état d’urgence. En faisant de chaque cessez-le-feu une menace existentielle pour Israël. Car si la guerre s’arrête, les questions commencent.
Netanyahu n’est pas un homme d’État. C’est un homme en fuite. Chaque décision militaire, chaque escalade, chaque refus de négocier – tout s’explique par cette simple réalité: il a besoin du chaos pour survivre. Gaza est son bouclier judiciaire.
Le bilan que personne ne veut regarder
Depuis octobre 2023, plus de 45 000 Palestiniens sont morts à Gaza selon les estimations les plus conservatrices. Des hôpitaux bombardés. Des écoles transformées en cimetières. Des convois humanitaires ciblés. Et pourtant, cet homme marche dans les couloirs de la Maison-Blanche comme un allié de confiance.
La Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt. Les États-Unis l’ignorent. L’impunité a un nom. Elle a un visage. Et ce visage sourit aux caméras en serrant la main de Donald Trump.
Chapitre 3 : Trump - L'homme aux 30 000 mensonges
Un bilan de vérité catastrophique
Le Washington Post a compté. Durant son premier mandat, Donald Trump a proféré plus de 30 000 déclarations fausses ou trompeuses. Trente mille. Ce n’est plus de la politique. C’est de la mythomanie systématique.
Et c’est cet homme qui négocie avec l’Iran. C’est cet homme qui reçoit Netanyahu. C’est cet homme dont la parole engage l’Amérique.
Je me demande parfois comment les diplomates font pour garder leur sérieux. Comment peut-on négocier un traité international avec quelqu’un dont chaque phrase doit être fact-checkée? Comment peut-on croire à une promesse signée par un homme qui a nié sa propre défaite électorale pendant des années?
L’insurrection du 6 janvier – Le fantôme dans la pièce
Le 6 janvier 2021, le Capitole a été pris d’assaut. Des insurgés portant des drapeaux MAGA. Des policiers blessés. Une démocratie au bord du gouffre. Et l’homme qui a attisé ces flammes est aujourd’hui de retour au pouvoir.
Netanyahu serre la main d’un insurrectionniste. D’un homme inculpé dans quatre procédures distinctes. D’un homme qui refuse encore aujourd’hui de reconnaître sa défaite de 2020. Et pourtant, c’est ensemble qu’ils veulent refaire l’ordre mondial.
Chapitre 4 : L'Iran - Le croquemitaine parfait
Une menace réelle mais instrumentalisée
Soyons clairs. Le régime iranien n’est pas une démocratie. Les Gardiens de la Révolution répondent à toute contestation par la répression brutale. Les femmes iraniennes qui ont osé retirer leur voile l’ont payé de leur liberté, parfois de leur vie.
Mais la menace iranienne, Netanyahu l’exagère depuis trente ans. En 1992, il affirmait que l’Iran aurait la bombe dans trois à cinq ans. Nous sommes en 2026. Trente-quatre ans plus tard. Et toujours pas de bombe.
Ce n’est pas que l’Iran ne soit pas dangereux. C’est que Netanyahu a crié au loup tellement souvent que plus personne ne sait démêler le réel de la propagande. Chaque exagération dessert la vérité. Chaque manipulation affaiblit la crédibilité. Et aujourd’hui, quand la menace est peut-être réelle, qui peut encore le croire?
Le programme nucléaire – Les faits
L’AIEA – l’Agence internationale de l’énergie atomique – surveille l’Iran. Ses rapports sont publics. Ils montrent une accélération de l’enrichissement depuis que Trump a quitté le JCPOA. Ironiquement, c’est en sortant de l’accord que les États-Unis ont accéléré le programme nucléaire iranien.
Avant 2018, l’Iran respectait les termes du JCPOA. Les inspecteurs le confirmaient. Après 2018, plus de contraintes. Plus de surveillance complète. Brillante stratégie.
Chapitre 5 : Les conditions impossibles
Ce que veut Netanyahu
Netanyahu veut des conditions plus dures. Concrètement, cela signifie des conditions que l’Iran ne peut pas accepter. Et c’est précisément le but.
Un accord avec l’Iran, c’est un Iran réintégré dans l’économie mondiale. C’est un Iran qui peut vendre son pétrole. C’est un Iran qui a quelque chose à perdre. C’est un Iran moins imprévisible.
Netanyahu ne veut pas d’accord. Il veut l’échec des négociations. Il veut pouvoir dire ‘je vous l’avais dit’. Il veut garder l’Iran comme menace permanente, comme justification éternelle de sa politique de fer. Un Iran normalisé, c’est un Netanyahu affaibli.
Le piège des maximalismes
Exiger l’impossible, c’est garantir l’échec. Garantir l’échec, c’est justifier l’escalade. Justifier l’escalade, c’est perpétuer la guerre. Et la guerre, pour Netanyahu, c’est la survie politique.
Les conditions demandées par Israël – arrêt total de l’enrichissement, démantèlement complet, inspections invasives illimitées – sont des conditions de capitulation. Aucun État souverain ne les accepterait. Netanyahu le sait. C’est pour ça qu’il les demande.
Chapitre 6 : Les victimes oubliées
Gaza – Le silence assourdissant
Pendant que Netanyahu parle sécurité à Washington, Rafah est en ruines. Khan Younis n’a plus d’hôpital fonctionnel. Les enfants de Jabalia n’ont plus d’école où aller.
Ahmad avait huit ans. Il voulait devenir médecin. Sa photo circulait sur les réseaux sociaux après le bombardement de son immeuble. Il ne sera jamais médecin. Il ne sera jamais rien. Il est mort sous les décombres pendant que le monde regardait ailleurs.
Chaque fois que Netanyahu prononce le mot ‘sécurité’, je pense à Ahmad. Je pense aux 15 000 enfants morts à Gaza. Je pense à ces familles qui cherchent encore les corps de leurs proches sous les gravats. Quelle sécurité pour eux? Quelle justice?
Les chiffres qui ne comptent plus
45 000 morts. Le chiffre est tellement énorme qu’il en devient abstrait. Alors permettez-moi de le traduire. C’est l’équivalent de la population entière de Rimouski. C’est plus que le nombre de soldats américains morts au Vietnam. C’est cent cinquante Bataclan.
Et cet homme, responsable de ces morts, est reçu à la Maison-Blanche avec les honneurs dus à un chef d’État.
Chapitre 7 : L'hypocrisie occidentale
Deux poids, deux mesures
Quand la Russie envahit l’Ukraine, l’Occident réagit. Sanctions. Exclusion du système SWIFT. Gel des avoirs. Fourniture d’armes à Kyiv. Poutine est un paria.
Quand Israël bombarde Gaza, l’Occident… exprime sa préoccupation. Appelle à la retenue. Continue de livrer des armes. Netanyahu est un allié.
Comment expliquer cette différence? Les morts ukrainiens comptent-ils plus que les morts palestiniens? Le sang des enfants de Bucha est-il plus rouge que celui des enfants de Rafah? Je cherche une explication rationnelle. Je n’en trouve pas.
Le droit international à géométrie variable
La CPI a émis un mandat d’arrêt contre Poutine. Les États-Unis ont applaudi. La même CPI émet un mandat d’arrêt contre Netanyahu. Les États-Unis menacent la cour de sanctions.
Le droit international n’existe que pour les ennemis. Pour les alliés, c’est l’impunité. Pour les amis, c’est le silence. Et pour les victimes, c’est l’oubli.
Chapitre 8 : Les négociations de façade
Un accord mort-né?
Les négociations avec l’Iran reprennent. Officiellement. Mais avec Netanyahu à Washington qui exige des conditions impossibles, et Trump qui a déjà trahi un accord précédent, quel Iranien sain d’esprit signerait quoi que ce soit?
L’Iran regarde le Mémorandum de Budapest. L’Iran regarde le JCPOA déchiré. L’Iran voit que les promesses américaines ont la durée de vie d’un tweet présidentiel.
Si j’étais iranien, je ne signerais rien. Je regarderais l’Ukraine, abandonnée malgré les garanties. Je regarderais la Libye, où Kadhafi a renoncé à ses armes pour finir traîné dans les rues de Syrte. Les leçons de l’histoire sont claires: seule la force protège. C’est tragique, mais c’est réel.
Le vrai objectif de Netanyahu
Netanyahu ne veut pas améliorer l’accord. Il veut le saboter. Un Iran isolé et désespéré est un Iran qui justifie n’importe quelle action israélienne. Un Iran négocié et contrôlé, c’est un Iran qui devient un problème diplomatique plutôt que militaire.
Et les problèmes diplomatiques, ça ne maintient pas un Premier ministre au pouvoir. Ça ne détourne pas l’attention des procès pour corruption. Ça ne fait pas taire les manifestants qui réclamaient son départ avant le 7 octobre 2023.
Chapitre 9 : L'Europe absente
Où est l’Union Européenne?
L’Europe se tait. Bruxelles publie des communiqués. Paris s’inquiète. Berlin reste prudent. Mais personne ne fait rien.
L’Union européenne avait été garante du JCPOA. Elle avait tenté de maintenir l’accord après le retrait américain. Elle a échoué. Et maintenant, elle regarde Trump et Netanyahu décider de l’avenir du Moyen-Orient sans même être invitée à la table.
L’Europe est devenue une puissance du commentaire. Elle observe, analyse, s’inquiète, déplore. Mais elle n’agit plus. Elle a renoncé à peser sur le cours des événements. Elle s’est résignée à être le greffier de l’histoire plutôt que son auteur.
La France en retrait
Emmanuel Macron avait tenté de jouer les médiateurs. Il avait invité les dirigeants. Il avait proposé des formats de discussion. Il s’était même rendu à Téhéran. Pour quel résultat? Aucun.
Aujourd’hui, la France regarde. Elle n’a plus ni les moyens ni la crédibilité d’influencer le cours des négociations. Elle est spectatrice de son propre déclin.
Chapitre 10 : Ce qui nous attend
Les scénarios possibles
Scénario 1: Les négociations échouent. L’Iran accélère son programme. Israël menace des frappes. Les États-Unis sont entraînés. L’escalade.
Scénario 2: Un accord bancal est signé. Personne n’y croit. L’Iran triche. Israël bombarde. Les États-Unis regardent. Le chaos.
Scénario 3: Un véritable accord est négocié de bonne foi. Avec des garanties réelles. Avec un mécanisme de vérification. Avec des conséquences pour les violations. L’utopie.
Je voudrais croire au scénario 3. Vraiment. Mais quand je regarde les acteurs en présence – un menteur pathologique, un criminel de guerre, et un régime théocratique – je ne vois pas comment la raison pourrait prévaloir. On ne construit pas la paix avec des hommes qui prospèrent dans le chaos.
L’horloge nucléaire
Les experts estiment que l’Iran pourrait produire assez de matière fissile pour une bombe en quelques semaines si la décision était prise. Ce n’est plus une question de capacité technique. C’est une question de volonté politique.
Et chaque jour où les négociations piétinent, chaque condition impossible ajoutée par Netanyahu, chaque tweet erratique de Trump, rapproche l’Iran de cette décision. L’ironie serait complète si c’était ceux qui prétendent empêcher la bombe iranienne qui finissaient par la provoquer.
Conclusion : Le théâtre des ombres
Ce que cette visite révèle
La visite de Netanyahu à Washington n’est pas une visite diplomatique. C’est un spectacle. Un spectacle pour les caméras. Un spectacle pour les électeurs israéliens. Un spectacle pour les donateurs républicains.
Derrière le spectacle, il y a des calculs cyniques. Des carrières à sauver. Des procès à éviter. Des guerres à perpétuer. Et des millions de vies qui ne sont que des pions sur l’échiquier.
Ce qui restera
Quand les historiens écriront l’histoire de cette époque, ils noteront l’obscénité de ces rencontres. Ils noteront que des hommes chargés de crimes étaient reçus avec les honneurs. Ils noteront que le droit international était devenu une plaisanterie.
Ils noteront aussi notre silence. Notre acceptation. Notre impuissance auto-infligée. Car nous savions. Nous voyions. Et nous n’avons rien fait.
Et pourtant, même dans cette noirceur, je refuse le désespoir total. Quelque part, des journalistes continuent d’enquêter. Des juges refusent de plier. Des citoyens manifestent. La vérité finit toujours par émerger. La justice finit toujours par rattraper les criminels. Parfois trop tard. Parfois après trop de morts. Mais elle vient. Elle viendra.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette analyse adopte une perspective critique envers les deux protagonistes principaux – Benjamin Netanyahu et Donald Trump – en se basant sur leurs bilans documentés respectifs. Le chroniqueur considère que la neutralité face aux violations du droit international n’est pas de l’objectivité mais de la complaisance.
L’analyse reconnaît la légitimité des préoccupations sécuritaires israéliennes face au programme nucléaire iranien, tout en contestant les méthodes et les motivations du gouvernement Netanyahu.
Méthodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur des sources primaires (déclarations officielles, rapports de l’AIEA, documents judiciaires) et des sources secondaires (couverture médiatique internationale, analyses d’experts). Les chiffres cités proviennent d’organisations reconnues (ministère de la Santé de Gaza, Nations Unies, Washington Post Fact-Checker).
Le chroniqueur a appliqué une grille d’analyse critique questionnant systématiquement: qui parle, qui bénéficie, qui est absent du récit, et pourquoi maintenant.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique d’opinion, pas un reportage factuel. Il assume une prise de position éditoriale tout en s’appuyant sur des faits vérifiables. Le lecteur est invité à consulter les sources citées et à se forger sa propre opinion.
Le chroniqueur n’a aucun lien financier ou personnel avec les parties mentionnées dans cet article. Il n’a reçu aucune compensation pour cette analyse.
Sources
Sources primaires
UNN – Netanyahu’s visit to Washington: Israel to demand tougher terms for Iran deal
AIEA – Rapports sur le programme nucléaire iranien
Cour Pénale Internationale – Mandats d’arrêt
Département d’État américain – Accords d’Abraham
Sources secondaires
Washington Post – Fact-Checker: Trump’s False or Misleading Claims
OCHA – Bureau de coordination des affaires humanitaires pour les territoires palestiniens occupés
Human Rights Watch – Israël et Palestine
Amnesty International – Israël et Territoires palestiniens occupés
International Crisis Group – Iran
Arms Control Association – Chronologie de la diplomatie nucléaire avec l’Iran
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.