Une armée qui se vide, un pays qui se tait
Le Kremlin ne publie plus de bilans. Il cache, il ment, il minimise. Mais les 168 150 morts confirmés par Mediazona, les 1,1 million de victimes estimées par l’OTAN, les 275 000 à 325 000 morts avancés par le CSIS — tous ces chiffres racontent la même histoire : celle d’une armée qui saigne à blanc. Une armée où l’on envoie au front des prisonniers en échange d’une réduction de peine, des réservistes mal équipés, des conscrits à peine sortis de l’adolescence. Une armée où les officiers meurent en première ligne, où les unités sont reconstituées avec des hommes épuisés, traumatisés, jetables.
Et pourtant, la propagande tourne à plein régime. On parle de « défense de la patrie », de « dénazification », de « protection des russophones ». On brandit des drapeaux, on chante des hymnes, on célèbre des héros. Mais dans l’ombre, les mères des soldats manifestent, les veuves pleurent, les orphelins grandissent sans père. Et le pays, lui, se referme comme une huître, étouffant sous le poids du mensonge et de la répression.
Il y a quelque chose d’obscène à voir des généraux décorés alors que leurs hommes meurent par milliers. Quelque chose de monstrueux à entendre parler de « gloire » quand les hôpitaux militaires regorgent d’amputés, de brûlés, de traumatisés crâniens.
L’Ukraine, ce pays qui refuse de mourir
Face à cette machine à broyer des vies, l’Ukraine résiste. 55 000 soldats tués, selon Zelensky. 380 000 blessés. Des villes réduites en cendres, des millions de déplacés, des enfants qui grandissent dans des abris. Et pourtant, ils tiennent. Ils tiennent parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que se rendre, ce serait accepter l’effacement, la disparition, la mort de leur nation.
Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à quel prix ? L’Occident hésite, tergiverse, compte ses obus avant de les envoyer. Les États-Unis parlent de « fatigue de l’aide », l’Europe de « priorités économiques ». Pendant ce temps, les Ukrainiens meurent, un à un, sous les bombes, dans les tranchées, dans le froid glacial d’un hiver sans fin.
L’hiver, cette arme de guerre massive
Quand le thermomètre devient une sentence de mort
En février 2026, le thermomètre affiche -17°C à Kiev, -23°C à Kharkiv. Les centrales électriques sont en ruine, les canalisations gelées, les rues plongées dans le noir. La Russie a fait des infrastructures énergétiques sa cible privilégiée. Pas pour gagner la guerre, non. Pour briser le moral de la population, pour la forcer à plier, à céder, à supplier. Une stratégie aussi vieille que la guerre elle-même : affamer, geler, asphyxier l’ennemi jusqu’à ce qu’il n’ait plus la force de se battre.
Les civils meurent en silence. 15 000 tués depuis 2022, selon l’ONU. Des milliers de autres gagneront ce macabre décompte avant la fin de l’hiver. Des vieillards, des enfants, des malades. Des gens qui n’ont rien demandé, sinon le droit de vivre chez eux, en paix.
Je pense à ces grands-mères qui brûlent des meubles pour se chauffer, à ces mères qui enveloppent leurs bébés dans des couvertures trouées, à ces pères qui partent au front en sachant qu’ils ne reverront peut-être jamais leur famille. Je me demande comment on peut encore parler de « négociations » quand un pays entier est transformé en camp de concentration à ciel ouvert.
La communauté internationale, cette grande absente
Où sont-ils, les casques bleus ? Où sont-ils, les tribunaux internationaux ? Où sont-ils, les dirigeants qui osent dire « ça suffit » ? L’ONU lance des appels à la trêve, l’OTAN envoie des armes, l’UE discute des sanctions. Mais personne n’ose faire ce qu’il faudrait : arrêter cette boucherie. Parce que la Russie a le pétrole, le gaz, les missiles. Parce que la Chine regarde, attentive, prête à profiter du chaos. Parce que le monde a peur.
Et pendant ce temps, les morts s’accumulent. 2 500 civils tués en 2025, l’année la plus meurtrière depuis le début de l’invasion. 2026 s’annonce pire.
Les négociations, ce théâtre d’ombres
Abou Dhabi, ou l’art de parler pour ne rien dire
On négocie. On discute. On « reprend le dialogue militaire ». Mais personne ne parle de paix. Personne ne parle de retrait des troupes. Personne ne parle de justice pour les victimes. On parle de « gel du conflit », de « lignes de démarcation », de « solutions réalistes ». Des mots creux, des promesses vides, des trahisons en costume-cravate.
Poutine ne veut pas la paix. Il veut la victoire. Ou du moins, une victoire à sa mesure : un pays exsangue, un peuple à genoux, une Ukraine réduite à l’état de protectorat. Zelensky ne peut pas céder. Pas après 1448 jours de résistance. Pas après 55 000 morts. Pas après avoir vu son pays se transformer en champ de ruines.
Les négociations ne sont qu’un leurre, une façon de gagner du temps, de préparer la prochaine offensive, la prochaine vague de morts. Pendant qu’on parle, les obus tombent. Pendant qu’on signe des communiqués, les cercueils s’alignent.
Et si personne ne veut gagner ?
Peut-être que la vérité, c’est que personne ne veut vraiment gagner cette guerre. Pas la Russie, qui sait qu’une victoire totale lui coûterait 800 000 morts de plus. Pas l’Ukraine, qui sait qu’une défaite signifierait sa disparition. Pas l’Occident, qui craint l’escalade, le nucléaire, le chaos.
Alors on laisse faire. On laisse mourir. On laisse la guerre devenir une nouvelle normale, un fond sonore, une ligne dans les journaux du soir.
Le coût humain, cette dette que personne ne paiera
325 000 morts russes : et après ?
Que reste-t-il quand une nation a sacrifié 325 000 de ses fils ? Une génération perdue, des familles détruites, un pays marqué à jamais. La Russie paiera ce prix pendant des décennies. Pas en argent, pas en sanctions, mais en souffrance, en culpabilité, en honte.
Et l’Ukraine ? Elle paiera aussi. Elle paiera en deuil, en reconstruction, en mémoire. Elle paiera en enfants grandis sans père, en villes à rebâtir, en cicatrices qui ne se refermeront jamais.
Je me demande parfois ce qu’il restera de nous quand cette guerre sera finie. Pas les bâtiments, pas les routes, pas les usines. Non, je parle de notre humanité. De cette part de nous qui nous fait dire « plus jamais ça ». Parce que pour l’instant, le « plus jamais ça » est devenu « encore et encore ».
L’Europe, ce continent qui oublie
L’Europe regarde, horrifiée, mais impuissante. Elle envoie des armes, des fonds, des mots de soutien. Mais elle ne veut pas de cette guerre chez elle. Elle ne veut pas des réfugiés, des coupures de gaz, des risques d’escalade. Alors elle ferme les yeux, elle serre les dents, elle espère que ça passera.
Mais ça ne passera pas. Pas tant que Poutine sera au pouvoir. Pas tant que l’Ukraine refusera de se soumettre. Pas tant que le monde acceptera que des hommes meurent par centaines de milliers pour rien.
La mémoire, ce dernier rempart
Se souvenir, pour ne pas recommencer
Un jour, cette guerre sera finie. Un jour, on comptera les morts, on pleurera les disparus, on reconstruira les villes. Mais est-ce qu’on se souviendra ? Est-ce qu’on se souviendra des 325 000 soldats russes morts pour rien ? Des 55 000 Ukrainiens tombés pour leur pays ? Des 15 000 civils tués dans leur lit, dans leur cuisine, dans leur école ?
Ou est-ce qu’on oubliera, comme on a oublié la Syrie, le Yémen, l’Afghanistan ? Est-ce qu’on tournera la page, comme on tourne la page d’un mauvais rêve ?
Je crains que oui. Je crains qu’on oublie. Parce que le monde a la mémoire courte, et que les morts, une fois enterrés, ne font plus de bruit.
Écrire pour ne pas oublier
Alors j’écris. Parce que quelqu’un doit le faire. Parce que quelqu’un doit dire leurs noms, compter leurs vies, crier leur souffrance. Parce que si on ne le fait pas, qui le fera ?
Je n’ai pas de solutions. Je n’ai pas de réponses. J’ai juste cette colère, cette tristesse, cette honneur de témoigner.
Conclusion : Et maintenant, on fait quoi ?
Le choix qui nous reste
On peut continuer à regarder ailleurs. On peut continuer à compter les morts comme on compte les points dans un match. On peut continuer à parler de « stratégie », de « réalisme », de « raisons d’État ».
Ou on peut se lever. On peut exiger que ça s’arrête. On peut refuser que des hommes meurent pour des kilomètres de terre, pour l’ego d’un dictateur, pour l’indifférence du monde.
Je choisis de me lever. Pas avec des armes, pas avec des bombes, mais avec des mots. Parce que les mots, parfois, sont la seule chose qui reste quand tout le reste a été détruit.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet article est un billet, une réaction personnelle et engagée face à l’horreur de la guerre en Ukraine. Il ne prétend pas à la neutralité, mais à la vérité des émotions, des faits, des conséquences humaines d’un conflit qui dure depuis trop longtemps. Mon positionnement est clairement pro-ukrainien, non par nationalisme, mais par humanisme : parce qu’un peuple qui se défend contre l’agresseur mérite notre soutien, notre solidarité, notre mémoire.
Méthodologie et sources
Les chiffres cités proviennent de sources variées et croisées : Center for Strategic and International Studies (CSIS), Mediazona, BBC, ONU, état-major ukrainien, et déclarations officielles des dirigeants russes et ukrainiens. Les estimations varient selon les sources, mais toutes convergent vers un même constat : celui d’une hécatombe sans précédent en Europe depuis 1945.
Nature de l’analyse
Cet article mêle faits vérifiés, témoignages (quand disponibles), et analyse personnelle. Il ne s’agit pas d’un travail universitaire, mais d’un texte engagé, écrit pour éveiller les consciences et refuser l’indifférence.
Sources
Sources primaires
Radio-Canada – La guerre en Ukraine a fait près de 2 millions de victimes militaires, selon une étude (28 janvier 2026)
Armees.com – Guerre en Ukraine : le nombre de victimes franchira les 2 millions en 2026 (28 janvier 2026)
Dose Quotidienne – Analyse : La guerre en Ukraine en février 2026 (6 février 2026)
Mediazona – Les pertes russes dans la guerre contre l’Ukraine (30 janvier 2026)
BBC Afrique – Comment le nombre de morts parmi les soldats russes augmente dans la guerre en Ukraine (2 janvier 2026)
Sources secondaires
Euronews – Russia suffers more losses in its war against Ukraine than any other country since WWII (28 janvier 2026)
Tribune Juive – La Russie en Ukraine : guerre d’usure coûteuse, déclin stratégique (10 février 2026)
Dose Quotidienne – Ukraine 2026 : la guerre des drones et l’échec de la dissuasion occidentale (3 février 2026)
ONU – L’ONU et la guerre en Ukraine (9 février 2026)
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